«Automne»
Les arbres s'empourprent de feuillages fastueux

C’est toujours un lieu sans pareil que les jardins de Versailles; mais il est un instant où ils atteignent une beauté insolite et où ils donnent aux yeux une fête incomparable qui est comme le moment de leur gloire suprême. C’est celui où l’automne, prince de l’année, les visite et y promène sa mélancolie sous sa couronne de feuilles d’or. À Versailles, l’automne est souverain; son sceptre y crée une féerie. Pour le recevoir, les arbres se teintent des plus riches et des plus somptueuses couleurs, se dorent, s’empourprent de feuillages fastueux, jochent les allées et les bassins, emplissent la solitude de l’éclat de leur parure.

Jamais Versailles n’est plus royal qu’en ces jours d’apothéose qui durent peu et qu’il ne faut pas laisser passer sans en aller admirer l’éblouissant brièveté. Comme un feu d’artifice auquel ce prodigieux spectacle ressemble, il n’en reste bientôt plus que des branches noires et dénudées.

Le prestige s’est évanoui, la splendeur s’est éteinte: la semaine des arbres est terminée.

 

 

(Dictée d’un auteur inconnu)