ANTOINETTE VONLANTHEN
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Cultiver l’art de l’autodérision, c’est aller à l’autre bout de la terre




À l’aéroport de New York, un manager appelle un taxi. Dans la voiture, le chauffeur lui demande l’adresse de la destination:

– où que vous vouliez, on m’attend partout !

L’humour propage des vibrations bienfaisantes et prouve que savourer le moment présent est un art total de l’estime de soi. Il faut du courage pour pouvoir ronronner en surfant sur le dos des vagues : « J’aime la vie, je me sens capable, je maîtrise la peur, j’avance, j’y vais, j’assume ». Se mettre des lauriers de cette manière est un trésor rarissime à l’époque où la vitesse du temps nous dépasse; expérience immersive et moment d’extase dans une réalité culturelle allant au-delà du virtuel. Rire de soi ouvre sur une dimension théâtrale dans laquelle le temps ne joue aucun rôle, où nous sentons nos racines avec ce que nous faisons. Nous nous rassurons en mettant nos angoisses et notre côté mesquin en lumière. Soudain, nos traits névrotiques nous rassurent et disparaissent. « J’ai besoin de réfléchir, je suis partout et nulle part » c’est dire avec grandeur « J’en ai marre ». Ce travail de haute qualité spirituelle m’a émue à plusieurs reprises. En plongeant au fond de moi dans des situations dramatiques, j’ai oublié la peur de déranger, assumé ma fragilité. Instinctivement, un potentiel caché a surgi : prendre le temps d’entrer dans la vague de la vie et se détacher du réel.

Se justifier par la montagne de travail ou par un agenda complet reflète un comportement inaccessible à l’imprévu. Mais, lorsque nous permettons au temps de s’arrêter, l’autodérision nous guérit par une montée puissante et forte en émotion.

Bannir les phrases suivantes de son quotidien « Je n’ai pas le temps, je suis pressé, j’ai beaucoup de travail, je suis stressé », provoque un effet magique. Grâce à cette lucidité, nous accédons par le jeu à prévoir l’aléatoire, exercice décisif dans notre relation à soi et aux autres.

Se proposer de s’organiser, malgré les occupations qui nous envahissent, c’est la moitié du chemin fait dans un esprit libre et amusant. La mise en scène philosophique facilite le condensé des choses et de notre histoire, comme un cercle qui se perpétue. Il stoppe l’engrenage infernal de la limite que les autres nous imposent ou que nous nous infligeons à nous-mêmes. Si nous apprenons de cette expérience, nous sommes totalement dans l’air du temps. L’art de l’autodérision divertit et cultive comme une musique de Wagner. Moment fabuleux de faire des choix et de préserver le meilleur en soi.


Un bagage spirituel

Face à l’autre, une personne bienveillante engendre parfois des malentendus, comme le désir de séduction. Reconsidérer la bonté à un niveau élargi consiste non pas à développer la sentimentalité, mais à entraîner la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, donc,  à

  • développer l’autonomie et la créativité
  • apprendre à s’analyser
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude
  • s’accepter

Une femme bienveillante est considérée comme bien socialisée. Par contre, un homme bienveillant signalise un comportement paternaliste quelque peu déplacé. Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité ou encore mieux, comme la perte de l’autorité. Elle entre dans le catalogue de la qualité de travail uniquement si elle sert à satisfaire des rapports de force, considérés comme un signe d’assurance et de détermination. Comme chez les animaux, la prise de pouvoir est dictée par un sentiment unilatéral de survie, un désir de domination, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. Cette angoisse archaïque nécessite une prise de conscience et un entraînement spirituel difficiles. Mêler l’autorité à la bienveillance est un arrangement charismatique dans lequel l’émotion et la force du raisonnement sont étroitement liées. C’est exactement le fondement des méthodes agiles, si préconisées de nos jours.

 

 

S’exprimer avec succès signifie dire l’essentiel au bon endroit au bon moment.

S’exprimer verbalement est un processus en constante évolution qui nécessite un grand entraînement mental. Il implique la volonté d’écouter, d’observer et de découvrir. Apprendre une nouvelle langue nous met au défi de revoir notre discours dans notre langue maternelle. Nous réalisons soudainement que nous utilisons les habitudes et le vocabulaire de nos ancêtres! De ce point de vue, la nouvelle langue nous semble une trahison, car il nous est impossible de traduire les anciennes habitudes dans la nouvelle langue. Cette honte diffuse entraîne des blocages, des peurs et des inhibitions. Heureusement, dans la plupart des cas, ils sont temporaires et ouvrent la porte au changement.

L’apprentissage d’une langue déclenche un processus qui va bien au-delà de la langue. Il nous place devant de nouvelles situations, perspectives et décisions qui suscitent la peur de la perte de pouvoir et d’influence. Cette résistance au changement peut faire référence au système organisationnel de l’entreprise dans laquelle nous travaillons ou au système familial dans lequel nous vivons. Avec l’information accélérée de ces dernières années, les gens sont fatigués de la multitude de nouveautés qui leur tombe constamment dessus. Nous ne pouvons définir les priorités et faciliter le processus de renouvellement que lorsque nous savons ce dont nous avons besoin et où nous voulons aller. Cela semble facile, en réalité il faut parfois des années pour comprendre pourquoi nous agissons d’une certaine manière.

À partir de là, sur la voie du progrès, la mémoire peut mémoriser de nouveaux mots et les laisser résonner. Dans le même temps, nous pouvons de plus en plus nous exprimer de manière crédible dans différents contextes.

Französisch sprechen: Das Loslassen von Gewohnheiten lässt uns offen werden für Neues

Erfolgreich sprechen heisst, im richtigen Moment am richtigen Ort das Richtige sagen.

Kommunikation ist ein sich ständig im Aufbau befindlicher Prozess, der täglich unsere Lernbereitschaft fordert. Sich Gedanken darüber zu machen, wie wir lernen, hilft uns, auch über unsere Muttersprache nachzudenken. Plötzlich kommen wir zur Einsicht, dass wir uns jahrelang der sprachlichen Gepflogenheiten und Floskeln unserer Vorfahren bedient haben. Aus diesem Blickwinkel betrachtet, kommt das Erlernen einer Fremdsprache einem Verrat gleich, weil es für uns unmöglich ist, alte Gewohnheiten in die neue Sprache zu übertragen. Dies führt zu Blockaden, Ängsten und Hemmungen. Glücklicherweise sind sie in den meisten Fällen nur vorübergehend und öffnen die Tür zum Wandel.

Das Erlernen einer Sprache, z. B. Französisch, löst einen Prozess aus, der weit über die Sprache hinausgeht. Es stellt uns vor neue Situationen, Perspektiven und Entscheidungen, die die Angst vor Machtverlust und Einfluss auslösen. Dies kann sich auf das Organisationssystem des Unternehmens, in dem wir arbeiten, oder auch auf das Familiensystem, in dem wir leben, beziehen. Angesichts der beschleunigten Informationen der letzten Jahre sind die Menschen müde – ich zähle mich dazu – von der Vielzahl von Neuheiten, die sie ständig hören, sehen und lesen. Erst wenn wir wissen, was wir brauchen, können wir Prioritäten setzen und den Erneuerungsprozess ermöglichen.

Allein auf dem Weg des Fortschritts kann sich das Gedächtnis neue Worte einprägen und sie mitschwingen lassen. Zugleich können wir uns in unterschiedlichen Kontexten zunehmend glaubwürdig ausdrücken.

ÜBER DEN KONFLIKT

Unter Konflikt versteht jede Person, jede Gruppe und jede Firma, ja sogar jede einzelne Kultur etwas anderes. Hauptsächlich von Männern höre ich regelmässig: «Kein Problem!» Kaum ist dieser Satz ausgesprochen, beginnt auch schon der Konflikt!

Methoden und Strategien tragen nur bedingt zur Konfliktlösung bei. Aus psychoanalytischer Sicht scheint es eine Realität zu sein, dass (fast) jeder von uns es vorzieht, die eigenen Fehler auf andere zu projizieren. Wirkt eine Person oder eine Situation bedrohlich, entsteht daraus schnell ein Konflikt.

Für Menschen, die an sich selbst oder unter der Leitung eines Psychotherapeuten in Balint-Gruppen arbeiten, liegt es eher auf der Hand, Konflikte zu analysieren.

In der Partnerschaft, in der Familie oder im Unternehmen sind die Struktur der Leitlinien, die Hierarchie, die Definition von Funktionen sowie die Rollen und Ziele nach identischen oder variablen Mustern aufgebaut. Konflikte, obwohl sie nicht verallgemeinerbar sind, entwickeln sich meistens, wenn konkrete Antworten auf die folgenden Fragen fehlen: Welche Ressentiments, Fakten und Umstände müssen geklärt werden? Wer besitzt das Geld, wer verfügt darüber und kontrolliert es, welche Interessen gibt es und wie ist die Macht verteilt?

Hinter Geldfragen verbergen sich weitere individuelle Ursachen, die zu Konflikten führen. Dazu gehören beispielsweise Armut, Arbeitslosigkeit, Gesundheitsprobleme, Persönlichkeitsstörungen wie Eifersucht, geringes Selbstwertgefühl, Dominanz, Hass, Rivalität, Diskriminierung, Faulheit, lineares Denken, Prestige und übertriebenes Verlangen nach Ablenkung.

Noch viel zu wenig werden Konflikte aufgrund von Werten wie Wohlstand, Gesundheit, Persönlichkeitsstärke, Empathie, Selbstwertgefühl, Gleichheit, Teilen, Wohlwollen, Toleranz, Initiative, Querdenken, kulturellem Reichtum und Tiefe angegangen.

Diskussionen mit kreativen Köpfen sind manchmal unerträglich. Sie betonen Schwierigkeiten, um sie bewusster zu machen. Wenn das Gefühl der Zugehörigkeit zur Gruppe gegeben ist, sind Lösungen eher möglich.
Für schöpferisch denkende Leute steht nicht allein das Thema Geld im Zentrum des Lösungsprozesses, sondern das Zusammenspiel von Ursachen und Lösungen. Dieser Ansatz bedeutet nicht, dass diese Menschen von einem altruistischen Geist geleitet sind. Ganz im Gegenteil, sie erheben Anspruch auf das Teilen der Verantwortung.

Personen, die viel reden und alles besser wissen wollen, die auf Fragen eine sofortige Antworte parat haben und eine schnelle Lösung für jedes Problem finden, oder diejenigen, die aus falscher Bescheidenheit schweigen, neigen dazu, ihre eigenen Schwächen in den Mittelpunkt eines Konflikts zu stellen.

Es scheint also, als ob die goldene Regel darin besteht, das Richtige zum richtigen Zeitpunkt am richtigen Ort zu sagen.

Gespräche im medizinischen Alltag auf Französisch.

Die Digitaltechnologien und das autonome Lernen verändern unser Denken und Verhalten. Vorgegebene Schemen und Programme in der Informatik und in den Sozialen Medien verstärken die Tendenz, sich anpassen zu müssen und sich gegen aussen zu richten. Die Sprache orientiert sich nach Erwartungen und Mustern, die nicht unbedingt unserem wahren Selbst entsprechen, was viele Missverständnisse und auch Leid verursacht. Müssen Sie zudem noch Französisch sprechen, ist das Chaos programmiert! Nicht immer fehlt das Vokabular, oft geht es um nonverbale Kommunikation. Glaubwürdigkeit und Attraktivität beginnen im Kopf!

Wörter widerspiegeln die eigene Persönlichkeit, Französisch sprechen hat mit Charisma zu tun:

  • Sprechen Sie mit den Patienten „personenzentriert“
  • denken Sie nach wie Sie Deutsch sprechen
  • lernen und verbessern Sie Schritt für Schritt Französisch und suchen Sie Berufskollegen (oder Trainer, Trainerinnen) mit denen Sie „en face-à-face“ diskutieren können
  • gehen Sie sparsam mit Kommunikations-, Lern- und Arbeitsabläufen um
  • stellen Sie souverän Ihre Eigenart in den Vordergrund
  • entwickeln Sie eine ganzheitliche Denkweise, die sowohl Ihre Sensibilität als auch Ihren Intellekt miteinschliesst
  • schreiben Sie Ihre Gesprächsabsichten auf und setzen Sie diese bewusst um
  • bilden Sie kurze Sätze, sprechen Sie klar und deutlich
  • führen Sie heikle Gespräche in dem Sie das Vokabular nach bestimmten Kriterien gestalten
  • berücksichtigen Sie die eigene Identität und die des Unternehmens, des Spitals, der Praxis
  • gestalten Sie Gespräche zwischen Frau und Mann neu
  • beobachten Sie Missverständnisse zwischen den Linien oder auf nichtsprachlicher Ebene
  • lösen Sie blockierte Kommunikation zwischen mehreren Hierarchieebenen
  • nehmen Sie Integritätsverletzungen und Einschränkungen der Selbstbestimmung von Frauen wahr und formulieren Sie Ihre Einwände
  • seien Sie zuerst herzlich, dann sachlich
  • zeigen Sie Wertschätzung und schenken Sie viel Zeit. In der heutigen Zeit ist es ein Zeichen von Exzellenz!
  • bauen Sie authentische Beziehungen auf
  • suchen Sie nicht nur den Erfolg

 

Das Einzeltraining „Ärztliche Gespräche auf Französisch führen“ findet im Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE) in 4900 Langenthal, statt: +41 31 312 68 68

 

 

 

 

La bienveillance, une compétence à développer en toute urgence

24Heures publie le 27 août sous la rubrique « Santé psychique »: Les tentatives de suicide explosent chez les jeunes filles. Nombreuses étudiantes ruminent de bien sombres pensées. Un phénomène complexe, difficile à expliquer (Lucie Monnat) .

Mes réflexions se dirigent d’abord vers de nouvelles voies dans la formation continue et la communication verbale. Celles-ci sont construites sur un modèle psychanalytique. Comment pourrait-il en être autrement? Mieux comprendre les interactions humaines, la transformation des rôles entre les hommes et les femmes, l’augmentation de la violence physique et morale, les conditions environnementales et la dégradation des écosystèmes, les exigeances excessives sur le marché de l’emploi et dans le domaine professionnel, où tout se définit à travers la fureur du marketing et des diplômes,  demande une lucidité extrême. Même si la plupart des adultes, hyperactifs, rechignent à réfléchir sur leurs comportements, préférant la tyrannie de la routine, ils suivent les mêmes mécanismes depuis leur enfance et refusent de grandir. Ils tiennent pour responsables de tous les maux ceux qui pensent différemment. Cette constatation me pousse à poser la question de savoir dans quelle mesure la bienveillance pourrait redonner un certain équilibre dans une société axée sur le divertissement, la rentabilité et l’efficacité. Le marketing des entreprises diffuse la promesse de la qualité alors que les employés, à plus de 60% des cas, se sentent bernés, deviennent dépendants de leurs supérieurs hiérarchique et, finalement, perdent leurs emplois. Non seulement les jeunes voient leur avenir avec angoisse, ils vivent chaque jour le drame des adultes, impuissants devant les défis de la société. Les entreprises créatives rassemblent des personnes autonomes, dont les perspectives de vie sont basées sur la constructivité et l’innovation.

Les souvenirs agréables nourrissent l’espoir

Avoir vécu une enfance dans laquelle la communication verbale a été au centre des relations sociales, facilite plus tard l’attention portée aux autres. Elle comporte également la capacité à gérer la pensée divergente et l’accueillir naturellement. De nombreux exemples montrent qu’il est possible de transformer le sentiment d’abandon ou de haine. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste français, après avoir été recueilli dans son enfance par une institutrice bordelaise pendant l’Occupation en 1941, en témoigne sur ses recherches et récits dus à la résilience et la construction de la personnalité.

Dans la dynamique des relations humaines, la bienveillance va bien au-delà de l’intimité entre les personnes. Elle touche l’identité, c’est-à-dire l’existence de la personne. Aimer l’enfant pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il devrait être est un modèle également valable dans l’éducation des adultes. L’interprétation de la bienveillance est souvent confondue au désir du contact amoureux, voire physique. Cette attente répond plus souvent à l’imaginaire de l’adulte, son ego, ses fantasmes, plutôt qu’au plaisir de partager ou de construire. Dans ce contexte, que signifie « le développement de l’intelligence artificielle » si le message renvoie à la disparition de l’interaction humaine, de la bienveillance et de la tendresse, voire de la race humaine ? Comment redéfinir notre vocabulaire et nos actes ? Être capable de porter un sentiment sincère d’amitié, une attention délicate à quelqu’un, devient une vraie compétence.

À peine savent-ils parler, les enfants sont confrontés aux recommandations des adultes : « Dis bonjour à la dame! », « Dis bonjour au monsieur! » ou encore: « Qu’est-ce qu’ON dit ? ». Cette manière  de mettre la pression ressemble fortement à la caractétistique des robots ! Les petits enfants ignorent les convenances et ont besoin de développer un sentiment naturel du « déjà vécu ». À l’école, sur 10 élèves, au moins 2* subissent des situations de violence physique, d’abus ou de maltraitance sous différentes formes. Tous, comme il se doit, apprennent à bien se comporter. Sur les réseaux sociaux, une forme de courtoisie est devenue un vrai programme. Son contraire également, le blocage, la dénonciation, l’insulte, le dénigrement ! Ce n’est qu’une retransmission modifiée de ce qui se vit au réel, mais fait perdre énormément de temps et d’énergie au faible maillon de la société.

Un tabou dans le monde du travail

Nos émotions basiques se répercutent dans tous les systèmes dans lesquels nous vivons: notre entourage, un parti politique ou un domaine d’activité particulier. Encore de nos jours, une barrière féroce s’élève entre vie privée et vie professionnelle. Pourtant, le mode des interactions sociales professionnelles est identique à celui de la vie privée: qui aime dicter dans sa famille, dicte dans l’entreprise, qui s’abaisse devant son père s’abaisse devant le directeur, qui ne veut pas chercher sa propre vérité, bafouille dans ses contradictions !

Les tabous explosent sous différentes formes : les transgressions sexuelles sont de plus en plus dénoncées, les relations amoureuse secrètes provoquent des conflits d’intérêts au niveau hiérarchique de l’entreprise, le résultat des bilans baigne (saigne) dans l’intransparence ! Gérer une quantité de chiffres demande un système de pensée linéaire. L’émotion étant absente lors d’attachement excessif à l’argent, elle déséquilibre la structure du raisonnement. La fermeture, la rigidité, les blocages, sont propices à toutes sortes de dérèglements.

La bienveillance crée la confiance et favorise le raisonnement

La chaleur humaine provient d’une énergie individuelle s’exprimant sous différentes formes. Ni le langage codé des collègues tactiles, forme d’attouchement paternaliste pour démontrer sa supériorité, ni les bisous et les accolades, souvent exagérés dans les entreprises, ne manifestent des attentions délicates. Ces comportements justifient une sorte de collégialité mais excluent parallèlement toute personne ayant un système de pensée différent. L’émancipation des femmes a bouleversé les rôles. L’exigence professionnelle, la dureté des jeux de pouvoirs les a rendues plus réservées, plus froides, hautaines, moins serviables et moins tolérantes. Ce comportement, certainement transitoire, est le résultat d’une grande fragilité en rapport avec l’égalité entre hommes et femmes.

Je me souviens d’une belle expérience lorsque jeune mère, j’avais repris mon activité professionnelle à Berne. Une collègue de travail tapait chaque matin à la porte de mon bureau et l’entrouvrait : « Bonjour, je vous souhaite une bonne journée! »

Je rapporte ici également le récit d’une femme qui, à une époque de sa vie, était très malade. Le médecin spécialiste l’avait examinée, puis il s’était intéressé à ses activités. Elle lui avait raconté que dans ses moments de désespoir, elle faisait de la confiture. « Vous avez utilisé quels fruits? » Elle avait répondu : « Des abricots séchés ». Le médecin : « Des abricots séchés? Comment avez-vous procédé ? » Étonnée de son intérêt, elle lui avait expliqué qu’elle avait créé la recette elle-même. En se concentrant sur la partie saine de la patiente, il avait renforcé le lien de confiance avec elle.

Ce comportement avant-gardiste présente une forte probabilité de contribuer à l’évolution de notre société.

Une société en plein malaise

Que ce soit chez un homme ou une femme, la bienveillance engendre des malentendus et des attentes irréalistes, débouche sur des fantasmes, comme le désir d’une relation amoureuse. Reconsidérer la générosité à un niveau élargi nous remet en question, ce qui est parfois désagréable et pourtant si utile.

Développer non pas la sentimentalité, mais la bonté et l’intuition

Elles constituent un bagage spirituel utile à la survie de la communauté. Contrairement aux méthodes modernes relaxantes, il importe d’entraîner également la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, à l’adaptation à des situations déplaisantes à certains moments de la vie, donc :

  • développer l’autonomie
  • apprendre à s’aimer
  • développer la pensée constructiviste
  • développer la créativité
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • offrir des mots, partager sa résidence secondaire, offrir des fleurs, partager ses repas
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude

Voir ce qui est bien chez l’autre, et le lui dire en face (et pas seulement sur les réseaux sociaux)

Contrairement à l’admiration, la générosité et l’ouverture sauvent du désespoir, n’importe où et n’importe quand : par exemple, être capable d’exprimer spontanément à une personne ce que nous voyons de bien en elle. Bien que le face-à-face reste le luxe de l’interaction humaine, l’objectif premier de Facebook était le partage social, une forme de bienveillance « en ligne ».

Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité. La prise de pouvoir est déterminée par un sentiment unilatéral de survie, par un rapport de forces entre plusieurs groupes, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. Le sentiment de survie est alors mêlé, comme chez les animaux, au désir de domination. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. La bienveillance n’entre pas dans le catalogue de la qualité de travail et ne sert pas à créer du potentiel. Par contre, le passage de l’émotion à l’action nécessite la force du raisonnement. Cette énergie pourrait être un modèle en vue de trouver des solutions face à la violence, à la pollution de l’air, à la capacité à s’exprimer dans plusieurs langues, mener une entreprise pour le bénéfice de tous.

La bienveillance évoquée provient de cet échange particulier auquel nous aspirons : créer des relations humaines lucides et courageuses où ni l’âge, l’état civil, la profession et le statut, la nationalité et ni l’appartenance à un groupe ne jouent un rôle et où la divergence d’opinions mène à des solutions.

 

 

 

 

 

*Les enfants exposé∙e∙s à la violence conjugale : état des lieux de leur prise en charge dans la République et Canton du Jura
Août 2015

La promenade de Camille et Virgule

Sur le chemin parsemé de cailloux, de sable mêlé à la terre, quelques brindilles de foin pendent aux buissons épineux. Camille, avec une joie féerique, marche d’un pas alerte, tenant en laisse le Briquet Griffon vendéen. Les yeux de Virgule, foncés et vifs, avec des sourcils bien prononcés, garnissent le contour de l’œil.

Par cette chaude journée d’été de juillet, la jeune fille, déterminée et pleine d’initiative comme son ami Virgule, s’arrête pour écouter un oiseau, le suivre des yeux, pour tremper le pied dans l’eau claire ou rebrousser chemin pour suivre un lézard.

Dans le léger sac au dos, un livre, qu’elle vient de trouver à la bibliothèque, l’accompagne. S’asseyant sur une grosse pierre, elle le dépose sur ses genoux et choisit une page au hasard. Une de ces phrases sur le concept du refoulement, imaginé par Sigmund Freud, l’exalte à en méditer le sens. Attentive au bruissement du feuillage, elle s’en sert d’interprétation : la tendresse au cœur du refoulement peut-être ? Elle se souvient de cette vipère qu’elle avait vue autrefois dans les montagnes, lors d’une course d’école. De couleur brune grise, glissant entre les pierres dorées au soleil, elle avait disparu rapidement comme si elle avait pour unique raison d’être de faire trembler de peur les promeneurs.

« Cette dangereuse bête lui apparaissait comme une preuve de l’indifférence de cette nature qui n’a d’autre souci que de multiplier la vie, bienfaisante ou meurtrière, avec la même inépuisable prodigalité »¹.

Établir un lien entre les choses, entre les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes, entre les animaux et les êtres humains, entre les sortes d’arbres et de fleurs, mais également entre les idées et les désirs, les contraires animent la jeune fille. Toute chose coupée du monde lui renvoie une image trouble de la vie. Bien qu’elle en ait parlé à ses camarades, ils avaient souri d’un air angoissé, les lèvres serrées, les sourcils tombant sur les paupières, comme immergés par la honte.

À cet instant, Camille avait compris que la vérité appartenait à chaque individu, comme une entrée au paradis ou en enfer, ou éventuellement avec un pied au paradis et un pied en enfer. Cette idée, rejoignant la pensée triviale que tout était séparé, l’avait persuadée qu’il devait y avoir une dimension spirituelle aussi apaisante que la rivière devant elle. Une force à peine nommable s’était emparée d’elle. Son moi intérieur s’était alors dressé comme un édifice que personne ne pouvait ébranler.

Maintenant, le ciel bleu devenu rose attendrit les petites vagues de l’eau. Ni tumulte, ni hâte, tout semble réglé selon un ordre majestueux de la lumière et de la température.

Sous le tilleul, Virgule jappe en suivant des yeux les moineaux, sautillant d’une branche à l’autre. L’Aar, la rivière dont personne ne peut retenir le courant, se la coule douce, le jour comme la nuit. Sans sortir de son lit, elle se laisse pousser par l’air du temps.

Camille imagine vivre avec les arbres, les pierres et les animaux. Avec l’autorité d’une reine, elle se dresse soudain devant un saule pleureur monumental. Lui caressant l’écorce du tronc, une voix s’élève de l’arbre :

– Toi, tu es différente des autres humains, dit le saule.

– En quoi suis-je différente? demande Camille.

– Les individus bougent sans arrêt. Tu es tranquille à me regarder et à sentir mes rainures. La plupart des êtres vivants se déplacent continuellement, poursuivent des activités ennuyeuses et fatigantes. Moi, je reste des années au même endroit sans me lasser. Sur le chemin, je vois courir des hommes et des femmes, leurs visages grimaçants, les muscles du corps figés par l’effort. Quand ils voyagent dans leur cage en métal, le bruit de la ferraille me casse les oreilles, dit le saule.

–  Tu ne désires pas voir autre chose que la rivière, les buissons et le ciel ? demande Camille.

–  Tu parles comme une fille de l’humanité, dit l’arbre, étonné. Viens, appuie le dos contre moi et regarde : la rivière change d’habit à tout instant. De ses reflets, jaillissent des perles au soleil, le vert turquoise fond dans un bleu azur, puis le vent remue les coloris au brun. La couleur des vagues s’adapte aux humeurs du ciel. Dans la splendeur de l’hiver, le lever du soleil miroite sur les vagues et danse le tango. Au coucher du soleil, l’horizon flambe et la rivière appelle les pierres à glisser avec elle.

Le saule continue:

–  les humains se dispersent et perdent le sens de la beauté. En vain, ils s’efforcent d’oublier ou alors, ils cachent leurs angoisses, mais ils perdent l’orientation pour le vrai. L’expression de leur visage distant m’attriste. Moi, je m’engage dans une grande entreprise naturelle. Je ne fuis pas la solitude comme le font les individus. Lorsque la pluie tombe, je laisse déverser les nuages de leurs larmes. Lorsque le vent souffle, mes rameaux baissent les bras et pleurent avec la pluie. Lorsque le vent souffle, mes branches se dépensent sans compter. En hiver, elles craquent sous le blanc de la neige.

–  Dis-moi, saule pleureur, as-tu déjà entendu parler de Noël? demande Camille.

–  Oui, bien sûr! Les sapins s’en effraient. Lorsqu’ils arrivent à leur plus bel âge, les êtres humains les scient pour les vendre aux hyperactifs. Pour le peu d’heures où les individus restent assis dans le salon, bien au chaud, mes amis les sapins sont garnis de guirlandes et de bougies. Je ne sais pas ce qu’il faut en penser. Certains de mes amis sont terrifiés de se voir ainsi tronqués. Ils se sentent traités avec injustice. Mais, je connais également des sapins généreux, prêts à offrir leur vie uniquement pour faire le bonheur des enfants à Noël. Il existe des sapins, pour qui cette fête est une révélation, car jamais de leur vie ils ne sont tant admirés. Ils ne comprennent pas que c’est uniquement la parure qui excite les individus et non leurs branches et les aiguilles vertes.

Tandis que l’arbre parle ainsi, Camille s’éloigne de lui. Non loin, elle s’assied sur un tronc coupé et couché au bord de la rivière. Virgule prend place près de la jeune fille. Tous deux, impressionnés par la personnalité du saule, restent pantois. Virgule, assommé par tant de vérité, pose son menton sur les genoux de son maître.

Camille lui passe la main sur la tête et, remplie de doutes, lui demande :

– Tu crois, toi, ce que raconte le saule ?

– Pourquoi poses-tu cette question? répond Virgule. Accepte ses paroles comme lui, il laisse tomber la pluie, comme il subit la tempête et honore le soleil. Il ne faut pas lui en vouloir. As-tu vu comme il s’est mis en quatre pour nous faire profiter de sa science? L’air fâché, Virgule aboie sans méchanceté :

– Allons jouer!

Les deux, joyeux et insouciants, se mettent à gambader le long de la rivière.

– Virgule, regarde ! Un nuage de moustiques! s’exclame Camille.

Avec ses bras, elle cherche à s’en protéger alors que Virgule cherche à les attraper avec son museau.

– Des centaines et des centaines ! s’exclame Camille d’une voix étonnée.

Du sol, une voix s’élève:

– On ne compte pas les moustiques!

Camille regarde par terre et aperçoit une pierre plate, vert gris, avec un filet doré sur le dos.

– Pourquoi pas? s’offusque-t-elle.

– Te viendrait-il à l’idée de compter combien nous sommes de pierres, ici, au bord de la rivière ?

– Mais, c’est impossible! rétorque la jeune fille.

– Tu vois! Et pourtant, vous, les êtres humains, vous comptez tout ce qui vous tombe sous la main. Vous définissez la vie à travers les chiffres. Vous n’y comprenez rien. L’argent file comme les moustiques s’envolent au vent. Nous, les pierres, nous avons la chance de vivre une éternité sans compter.

– Nous, les êtres humains, nous vivons parfois jusqu’à cent ans, réplique Camille.

– Ah! Encore ces chiffres, grimace la pierre.

– Oui, imagine, je vais bientôt fêter mes 16 ans. Nous, les êtres humains, nous avons reçu une âme, raison pour laquelle je peux en toute liberté réfléchir, me réjouir, discuter avec toi, avec l’arbre, avec Virgule, avec les moustiques, mais aussi avec ma famille. Si j’aime compter, c’est aussi parce que je préfère mettre cent pierres dans ma poche que d’avoir un cœur de pierre.

La pierre, stupéfaite, se tait et se laisse ramasser par Camille qui l’emporte dans sa main et la dépose précieusement dans sa poche.

– Viens, Virgule, nous devons rentrer, la nuit tombe, dit-elle.

 

 

 

 

 

¹Le disciple, 1889, IV, Confession d’un jeune homme d’aujourd’hui, paragraphe II, Mon milieu d’idées.

26 juin 2018

Gute Vorträge auf Französisch halten – worauf es ankommt

Weshalb ist es für Deutschsprachige so schwierig, eine Rede auf Französisch zu halten? Meistens deshalb, weil genau die gleichen Fehler passieren wie auf Deutsch: zu wenig vorbereiten, zu viel in eine Rede verpacken, kompliziert und langweilig sprechen, unpassende Kleidung tragen, oberflächlich-locker – aber nicht charmant – sprechen. Worauf sollten Sie als Referent oder Referentin besonders achten? Erobern Sie die Herzen des Publikums, zeigen Sie eine starke Präsenz, die kombiniert ist mit Gesprächsführung, Zentriertheit, Empathie, Originalität und Liebe zum Detail im richtigen Moment:

  • Sprechen Sie unverkrampft, deutlich und langsam Französisch.
  • Lassen Sie Ihre Persönlichkeit durch die Sätze fliessen.
  • Unterscheiden Sie zwischen Information, Kommunikation und Zielvorgaben,
    stellen Sie diese leicht verständlich dar.
  • Atmen Sie tief, entspannt und locker aus.
  • Tragen Sie nur stilvolle Kleider, die zu Ihrer Persönlichkeit passen („Individuell“ heisst nicht „exzentrisch“oder „teuer“).
  • Lassen Sie sich nichts von der Mode diktieren.
  • Achten Sie auf natürliche Gesten.

Ein gutes Referat zu halten bedingt ausserdem:

  • Sich Zeit nehmen für die Vorbereitung.
  • Sich des Abstands und der Nähe zum Publikum, bewusst sein.
  • Eine Strategie erarbeiten

a) aufgrund einer Vision,
b) mit den vielfältigen Informationen, die zur Verfügung stehen, und: mit Erfahrungen ergänzen.

  • Parallele und wertvolle Ziele benennen.
  • Auf Stimme und Intonation achten, Gesichtsmuskulatur trainieren, um besser Französisch zu sprechen und den deutschen Dialekt loszuwerden.

 

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In Beziehung zu sich und mit der Welt

Wissen, was gute Lehre ist, gehört zu den Zielen einer jeden pädagogischen Institution. Die Humanwissenschaften vermitteln uns neue Erkenntnisse, die uns helfen, den Menschen in seiner Ganzheit besser zu verstehen. Bei genauer Betrachtung zeigt sich, dass sich diese Themen seit Jahrhunderten wiederholen. In einer Fachzeitung für Supervision und Organisationsentwicklung vom Dezember 2015 habe ich folgendes Zitat gelesen: «Der Mensch hat geistige, psychische und materielle Bedürfnisse» (Glasl und Lievegoed 2011). Es gab wohl kaum eine Epoche, in welcher dieser Gedanken die Menschheit nicht beschäftigte und jeder versucht hat, darauf Antworten zu finden aufgrund seiner Herkunft, seines Wissens und seiner Überzeugung.

Die Rechthaberei der guten Lehre

Die Essenz der Vernunft der guten Lehre liegt in obigem Zitat darin, dass jeder von uns gefordert ist, täglich seine geistigen, psychischen und materiellen Bedürfnisse wahrzunehmen, um ein erfülltes Leben führen zu können. Das Zitat suggeriert aber auch die Meinung, die meisten Menschen seien unfähig zu denken, unwissend und naiv. Die Zeiten, in denen Forscher und Wissenschaftler allein das Monopol auf die Wahrheit besassen, sind längst vorbei. Akademiker zu werden, ist heute nicht mehr das Mass aller Dinge. Die gute Lehre ist die, die Kinder beobachten, forschen und experimentieren lässt, damit sie etwas auf ihre eigene Art und Weise umsetzen können. Wenn Erwachsene, Eltern, Lehrer und andere Pädagogen sie im Namen der Besserwisserei, des pädagogischen Diktats eines Denksystems oder mangelnden Selbstwertgefühls in ihrem Entdeckerdrang hindern, damit sie nachahmen, was ihnen vorgezeigt wird, liegt es auf der Hand, dass sie als Erwachsene zutiefst depressiv werden. Erziehung und gute Lehre fordern einen klaren Rahmen, Regeln und verständliche Inhalte. Für mich bedeuten diese beiden Begriffe Förderung, Begleitung, Ermunterung und Unterstützung. Ich bin mit dem Wort «Liebe» zurückhaltend, da es nicht ins Denkschema der guten Lehre passt und jeder von uns etwas anderes darunter versteht. Reine Intellektualität und rationales Handeln führen zu Minderwertigkeitsgefühlen und zu Gewalt, beeinflussen das Zusammenleben im privaten und beruflichen Bereich sowie die politische und wirtschaftliche Auseinandersetzung.

Die freudsche Verdrängung

Die Unterdrückung – oder das Ignorieren – des kindlichen Vorstellungsvermögens (Kreativität) seitens der Erwachsenen hat einen neuen Beruf hervorgebracht: den Coach. Seine Mission ist es, vereinfacht gesagt, Strategien wie im Sport zu entwickeln, um dem Klienten sein Potenzial und seine Einzigartigkeit erkenntlich zu machen. Eigentlich genau das, was dem Kind vorenthalten wurde. Kinder haben sich schon immer gerne bewegt, Sport getrieben, die Welt in ihren eigenen Worten erklärt. Durch allwissende Menschenkenner wurde ihnen jedoch ihre Fähigkeit des Denkens entzogen. Später sprachen Fachpersonen von ethischen Werten in Erziehung, Politik und Wirtschaft, die zwar gut klingen, jedoch kaum in einer zielgerichteten kapitalistischen Gesellschaft durchsetzbar sind.
Kapital und Wachstum sind die bestgeeignetsten Bausteine, um eine Gesellschaft effizient zu entwickeln. Der dramatische Klimawandel hat seinen Ursprung in der Zerstörung des Natürlichen, dem Fundament der menschlichen Seele. Er ist die Quittung für die Besserwisserei.

Die natürliche Intelligenz des Menschen zu unterdrücken, wirkt wie ein Pestizid und kann eine Ursache für Depressionen, Gewichtszunahme, Rauchen und Drogenkonsum sein. Dies erinnert fast ein wenig an das Sterben der Bienen.

Die verlorene Kindheit teuer zurückkaufen

Auf dem Arbeitsmarkt spriessen heutzutage Coachs wie Unkraut auf einem ausgetrockneten Boden. Sie verfolgen meist ähnliche Ziele: die Wiederentdeckung der Menschlichkeit und der Menschenwürde sowie das Umdenken. Doch wie soll dieses Umdenken erfolgen?
Umdenken findet individuell statt und ist kein leichtes Unterfangen. Das Fertigprodukt der Coachings lautet: Lebensglück, Effizienz und Erfolg. Menschlichkeit und Strategien zur Förderung der Humanwissenschaften sind unser Kapital und unsere Innovationsfähigkeit. Sagt «man». Dabei ist „Verstehen“ kein intellektueller Prozess.

Müssen sich die Erwachsenen ihre verlorene Kindheit wieder zurückkaufen? In den Coaching-Angeboten erscheinen immer mehr Inhalte auf Englisch, weil es zum guten Ton gehört. Es gibt immer mehr Schweizer Unternehmen, die nur noch zwei Geschäftssprachen zulassen: Deutsch und Englisch. Französisch wird dabei ignoriert. Es ist eine Besserwisserei, eine Arroganz sondergleichen, wenn der Staat die Kinder zwingt, mehrere nationale Sprachen zu beherrschen, während einige Parteien daran denken, die Grenzen zu schliessen: JA zur Internationalität im Namen des Kapitals, NEIN hingegen zu mehr Globalität und Verbindlichkeit im eigenen Land. Worin unterscheidet sich dies von gravierenden Grenzverletzungen und den Fehlern der Banken? Jeder dritte Erwachsene in der deutschen Schweiz wird einmal in seinem Leben gezwungen, sich mit der französischen Sprache auseinanderzusetzen. Und wir staunen, dass der Rechtsextremismus wächst? Nicht jeder hat die nötigen Mittel, um sich seine verlorene Kindheit zurückzukaufen.

Reputation als kostbares Gut

«Menschlichkeit» wird immer mehr zur käuflichen Ware und verkörpert Qualität in Bezug auf die menschliche Leistungsfähigkeit. Das Wort «authentisch» ist gerade bei Coachs sehr beliebt, nicht wahr? Wer nicht authentisch ist, ist tot, unmenschlich, bewegungslos, man könnte auch sagen «dumm».

Unter Psychotherapeuten, Psychologen, Ärzten, Pädagogen, Supervisoren, Heilern, Wissenschaftlern, Lehrern und Ingenieuren herrscht Uneinigkeit, wie das Ganze einzuordnen ist, wenn Coachs bezüglich der psychischen Symptome beim Menschen mitreden. Und wie ist das Verhältnis der Coachs untereinander? Wie gehen sie mit ihren beruflichen «Konkurrenten» um? Sie ziehen selten am gleichen Strick, obwohl sie so tun, als ob sie zum Wohle der Menschheit alle das Gleiche wollen: andere zum Umdenken bringen, damit alles besser wird. Früher wussten nur Pfarrer, was unter «menschlich» zu verstehen ist. Mediziner und einige Heiler kannten die Definition von «gesund». Heute hat sich die Bedeutung dieser Worte verändert. «Gesund sein» ist gleichbedeutend mit «menschlich sein». Wer seine Grenzen kennt, überfordert sich weniger und ist produktiver. Wer nicht raucht lebt länger. Wem kommt das nicht bekannt vor? Wer lügt kann alt werden und kommt vielleicht nie zur Vernunft, weil er nie etwas von Moral gehört hat. Oder wer kreativ wird, wird aus seinem seelischen Tief herausfinden.

Was wollen also all diese Coachs oder Berater? Ich würde sagen, ein grosses Stück Lebenserfahrung vermitteln, aber eben auch vor allem die Wahrheit als Produkt verkaufen. Denn ein Berater ist auf keinen Fall ein Coach. Und ein Mediziner ist – leider – kein Berater, so gut wie ein Psychiater kein Psychologe ist. Man könnte es auch so zusammenfassen: Ein Apfelbaum ist kein Birnbaum, und Erdbeeren sind keine Brombeeren. Die einen sind im Frühling, die anderen im Spätsommer reif. Dies ist der immer gleichbleibende Rhythmus der Natur. Der Mensch in seinem natürlichen Drang nach Veränderung versucht seit je, Früchte, Gemüse und Pflanzen zu kreuzen. Dies fordert die Auseinandersetzung mit der Molekulargenetik. Dazu muss man Begriffe kennen wie Zelle, Eukaryoten, Prokaryoten, Zellkern, Chromosomen, Mitose, Meiose, DNA, Transkription, Translation und Proteinbiosynthese sowie deren Vorgänge verstehen.

Jetzt kann man sich vorstellen, wie schwierig es für einen Coach ist, sein Fachjargon so zu beherrschen, dass er es überzeugend und leicht verständlich vermitteln kann, damit sich seine Klienten erfolgreich weiterentwickeln und ihr Leben einigermassen harmonisch und mutig gestalten können.
Wer alles so klar, wie oben anhand der Molekulargenetik dargestellt, unterscheiden und trennen kann, dem wird nachgesagt, er sei «sachlich und prägnant». Diese Ausdrücke werden auch oft im Zusammenhang mit der Politik gebraucht. Jede Partei hat die Wahrheit für sich gepachtet: die einen wollen Velos für alle, die anderen befürworten den Individualverkehr, weil sie ein Leben ohne Auto als realitätsfern betrachten. Die Mitteparteien schlagen vor, das Velo auf dem Dach des Autos zu befestigen, weil beides notwendig ist und somit weniger Veloabstellplätze benötigt werden. Niemand weiss, was die Realität ist, zumindest kann sie niemand sachlich erklären. Niemand nimmt die Warnsignale der Erde wahr, die sie beispielswiese wegen des Klimawandels aussendet. Jetzt schliesst sich der Kreis. Wir befinden uns im Bereich der Philosophie, in dem sich zahlreiche Coachs als «Lebenserfinder» betätigen.

In Unternehmen tummeln sich Coachs in allen Abteilungen, mit der Folge, dass mit der Zeit beinahe allen Mitarbeitenden der gesunde Menschenverstand abhandenkommt. Eines ist sicher: Manager werden immer unfähiger, selbst zu denken, zu urteilen und zu entscheiden. Renditen sind möglich dank Leuten, die noch nicht verstanden haben, dass das Denken und die Eigenständigkeit der Verantwortung bei ihnen selbst liegen, was nichts anderes bedeutet, als dass Wissen und Erfahrung gute Lehre sind.

In Beziehung zu sich und mit der Welt

Doch mit welchem Recht gehe ich mit Coach-Kollegen so hart ins Gericht?
Weil Lernen immer mehr mit Erfolg verbunden wird, weit entfernt von Aufmerksamkeit, Konzentration und Beziehungsfähigkeit. Der Zwang nach Erfolg bedeutet, dass wir fertige Rezepte haben wollen. In der Tat heisst es, dass wir träge, autoritätsgläubig und abhängig sind.
Wer emotionale Reife vermitteln kann bringt uns weiter: einander begreifen.

Psychohygiene, eine riesige Kulturarbeit

Emotionen und Gefühle zulassen, uns selbst betrachten und erforschen, bewusst lernen, sprechen und handeln, ist Beziehungs- und Arbeitsfähigkeit zugleich.

 

 

©Antoinette Vonlanthen