ANTOINETTE VONLANTHEN
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Kategorie: Améliorer son français

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

Cultiver l’art de l’autodérision, c’est aller à l’autre bout de la terre




À l’aéroport de New York, un manager appelle un taxi. Dans la voiture, le chauffeur lui demande l’adresse de la destination:

– où que vous vouliez, on m’attend partout !

L’humour propage des vibrations bienfaisantes et prouve que savourer le moment présent est un art total de l’estime de soi. Il faut du courage pour pouvoir ronronner en surfant sur le dos des vagues : « J’aime la vie, je me sens capable, je maîtrise la peur, j’avance, j’y vais, j’assume ». Se mettre des lauriers de cette manière est un trésor rarissime à l’époque où la vitesse du temps nous dépasse; expérience immersive et moment d’extase dans une réalité culturelle allant au-delà du virtuel. Rire de soi ouvre sur une dimension théâtrale dans laquelle le temps ne joue aucun rôle, où nous sentons nos racines avec ce que nous faisons. Nous nous rassurons en mettant nos angoisses et notre côté mesquin en lumière. Soudain, nos traits névrotiques nous rassurent et disparaissent. « J’ai besoin de réfléchir, je suis partout et nulle part » c’est dire avec grandeur « J’en ai marre ». Ce travail de haute qualité spirituelle m’a émue à plusieurs reprises. En plongeant au fond de moi dans des situations dramatiques, j’ai oublié la peur de déranger, assumé ma fragilité. Instinctivement, un potentiel caché a surgi : prendre le temps d’entrer dans la vague de la vie et se détacher du réel.

Se justifier par la montagne de travail ou par un agenda complet reflète un comportement inaccessible à l’imprévu. Mais, lorsque nous permettons au temps de s’arrêter, l’autodérision nous guérit par une montée puissante et forte en émotion.

Bannir les phrases suivantes de son quotidien « Je n’ai pas le temps, je suis pressé, j’ai beaucoup de travail, je suis stressé », provoque un effet magique. Grâce à cette lucidité, nous accédons par le jeu à prévoir l’aléatoire, exercice décisif dans notre relation à soi et aux autres.

Se proposer de s’organiser, malgré les occupations qui nous envahissent, c’est la moitié du chemin fait dans un esprit libre et amusant. La mise en scène philosophique facilite le condensé des choses et de notre histoire, comme un cercle qui se perpétue. Il stoppe l’engrenage infernal de la limite que les autres nous imposent ou que nous nous infligeons à nous-mêmes. Si nous apprenons de cette expérience, nous sommes totalement dans l’air du temps. L’art de l’autodérision divertit et cultive comme une musique de Wagner. Moment fabuleux de faire des choix et de préserver le meilleur en soi.


S’exprimer avec succès signifie dire l’essentiel au bon endroit au bon moment.

S’exprimer verbalement est un processus en constante évolution qui nécessite un grand entraînement mental. Il implique la volonté d’écouter, d’observer et de découvrir. Apprendre une nouvelle langue nous met au défi de revoir notre discours dans notre langue maternelle. Nous réalisons soudainement que nous utilisons les habitudes et le vocabulaire de nos ancêtres! De ce point de vue, la nouvelle langue nous semble une trahison, car il nous est impossible de traduire les anciennes habitudes dans la nouvelle langue. Cette honte diffuse entraîne des blocages, des peurs et des inhibitions. Heureusement, dans la plupart des cas, ils sont temporaires et ouvrent la porte au changement.

L’apprentissage d’une langue déclenche un processus qui va bien au-delà de la langue. Il nous place devant de nouvelles situations, perspectives et décisions qui suscitent la peur de la perte de pouvoir et d’influence. Cette résistance au changement peut faire référence au système organisationnel de l’entreprise dans laquelle nous travaillons ou au système familial dans lequel nous vivons. Avec l’information accélérée de ces dernières années, les gens sont fatigués de la multitude de nouveautés qui leur tombe constamment dessus. Nous ne pouvons définir les priorités et faciliter le processus de renouvellement que lorsque nous savons ce dont nous avons besoin et où nous voulons aller. Cela semble facile, en réalité il faut parfois des années pour comprendre pourquoi nous agissons d’une certaine manière.

À partir de là, sur la voie du progrès, la mémoire peut mémoriser de nouveaux mots et les laisser résonner. Dans le même temps, nous pouvons de plus en plus nous exprimer de manière crédible dans différents contextes.