ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Kategorie: Coaching canton de Berne

APPRENDRE À SE DÉFENDRE

Si chacun transmettait sa colère et sa déception auprès des personnes qui ont causé un désagrément, il y aurait moins de dépressions. La peur de s’exprimer en face renforce le désir de se plaindre auprès des amis, des collègues de travail ou des membres de la famille. C’est inutile!
Il faut dire les choses directement, se faire entendre à tout prix. Non pas qu’il faille s’attarder sur le moindre détail qui ne nous plaît pas, il s’agit de se positionner pour nos droits et nos valeurs. Dans le monde des affaires, de nombreux managers pratiquent systématiquement la politique de l’autruche lorsqu’il s’agit de se confronter aux thèmes désagréables. La loyauté et l’égalité sont considérées comme des valeurs subjectives, donc non rentables. Ils s’attardent sur leur propre statut, sur le bilan de l’entreprise sans prendre en considération la satisfaction des employés ou de la clientèle, bien qu’elle soit mise en avant dans leur publicité ou leur stratégie de communication. De plus en plus, le marketing sonne faux et tend un piège à l’observateur le plus chevronné, celui qui pourrait devenir un employé, un partenaire, un client potentiel. Le management fondé sur la peur et le bluff ne correspond plus aux valeurs et aux normes de la société et la met en danger.

Encore dernièrement, un fournisseur privé dans la télécommunication me disait: «Avec nos 33 000 clients, si l’on devait rembourser chaque erreur que nous faisons, nous pourrions fermer la boutique.» Je lui ai répondu que lors des 70% de mes achats ou mandats, par exemple un travail de support informatique, une publicité professionnelle dans un journal ou autre, je devais signaler une erreur au prestataire et que je perdais non seulement de l’argent mais surtout du temps à devoir expliquer, respectivement argumenter. Comme la personne est de moins en moins protégée dans son identité, de nombreuses entreprises en profitent et exigent de la clientèle une tolérance qui dépasse le bon entendement. Selon mon expérience, ces entreprises sont sur la pente du déclin, la communication est à l’agonie.

Pour en revenir aux prestations fournies: à partir du moment où le client paie, il a le droit d’exiger un produit impeccable. Il est capital de s’exprimer, quitte à se faire traiter de personne pénible.
Il est plus facile de se faire entendre lorsque nous nous exprimons à travers le «Je». Donc, dire «Je ne suis pas satisfaite de votre produit» et non «Votre produit ne vaut rien.»
«J’aimerais être dédommagée» ou «Je trouve que vous devriez me dédommager» et non «Vous devez me dédommager.»

Il suffit également de s’écouter soi-même. Dès que nous élevons la voix, il faut la réajuster pour ne pas provoquer inutilement l’interlocuteur. Mais, parfois, il s’agit de trouver une stratégie de communication un peu plus radicale. Lorsque j’appelle quelqu’un que je ne connais pas, pour régler une affaire professionnelle, par exemple, et que cette personne crie en s’annonçant (Je trouve cette manière de faire choquante), je crie à mon tour en prononçant mon nom comme si j’étais au militaire. Ensuite, je continue avec une voix sereine. La personne au bout du fil a compris qu’elle devait ménager sa tonalité, respectivement son interlocutrice.

Les managers intéressés aux relations humaines, à la qualité des prestations,  au rendement économique à long terme, acceptent les revendications de leurs employés ou de leurs clients. Dans le cas contraire, ils perdent leurs plus chers collaborateurs et clients. Pire, ils perdent leur dignité.

Dans mes coachings de communication, je précise qu’il n’existe aucun miracle, à part celui de s’assumer et d’apprendre à se défendre. De ce point de vue, la vie n’est pas marrante du tout, mais sommes-nous au monde pour nous «marrer»? C’est bien étroit comme vision. Lorsque nous avons gagné quelquefois après s’être défendu ou battu, nous découvrons un champ d’alternatives riches en émotion et compassion. Une porte s’ouvre «TOUTE GRANDE». Et ça, c’est encore plus beau que de se marrer.

 

 

Le succès de Jules Brand (Une conversation chez les Benoît)

Aujourd’hui, à dîner, M. Benoît et Germaine ont eu une conversation vraiment intéressante. A peine assise à table, Germaine a demandé à son père:

— Pourquoi as-tu justement choisi ce Jules Brand comme apprenti, au bureau, ce matin?

— Eh, ma fille, Jules Brand n’a-t-il pas l’air intelligent et comme il faut?

— Je veux bien… Mais sur les neuf candidats qui se sont présentés, lui seul est venu sans certificats, sans recommandations et nous ne connaissons même pas sa famille.

— Cela est vrai, Germaine. Mais les Brand sont sûrement des gens d’ordre et de propreté.

— Comment le sais-tu papa?

— Je vais te le dire. Avant d’entrer dans mon bureau, ce jeune homme a frappé discrètement à la porte. Puis, il s’est soigneusement essuyé les pieds sur le paillasson. Ensuite, il a ôté poliment son chapeau et, sur mon invitation, s’est assis tranquillement sur une chaise et non brusquement comme les autres… N’est-ce pas la preuve que Jules Brand est bien élevé?

— Si, papa, mais encore?

— Ensuite, il a dit simplement et distinctement ce qu’il avait à dire. Il a écouté attentivement mes questions et m’a avoué franchement qu’il ne sait rien ou peu de chose. Il a ramassé promptement une feuille de papier tombée à terre, au lieu de marcher dessus comme les autres jeunes gens, pourtant chaudement recommandés … Cette action …

— Ah ! Je comprends maintenant …

— Oui, ma fille, cette action a suffi pour me déterminer. J’ai engagé Jules Brand tout de suite, parce que ses certificats et ses recommandations, il les porte sur lui et dans sa conduite …

Les frères et sœurs de Germaine ont écouté silencieusement cette conversation. Mais, en sortant de table, Charlot s’est dit: Oh! Plus tard, je veux aussi faire comme Jules Brand.

 

 

Cours intuitif de français, deuxième année, À LA MAISON von Albert Schenk und Ernest Trösch, Verlag W. Trösch, 1922, Leçon 24, page 60, Lecture

La question de l’engagement

Antoinette Vonlanthen

Vouloir se comprendre entre individus exige un regard bienveillant sur sa propre trajectoire de vie. La rencontre avec des personnes engagées a un lien étroit avec la relation que nous entretenons avec nous-même. Rester dans de mauvaises relations favorise les mauvaises énergies et donne l’illusion de pouvoir être libéré un jour de nos responsabilités. Face au devenir adulte, la réalité quotidienne reflète une coupure brutale avec notre désir d’être compris. C’est comme apprendre à jouer d’un instrument. La voix et la mélodie, ça se peaufine. Apprendre à peindre, les formes et les couleurs, ça se travaille. S’exercer à entrer en contact avec les autres, créer une relation, s’investir personnellement, démontre la capacité à gérer les contraintes émotives tout en étant capable d’intégrer la notion de conflit et de solution. À la base du contact personnel, il y a la joie que procure la rencontre, le désir du partage d’idées et d’informations. Ensuite, dans la relation, il y a le désir du partage des valeurs, de la coopération, de biens matériels et immatériels. Beaucoup de personnes ont un esprit encombré et font la distinction continuelle entre contact, rencontre, échange relationnel et relation amoureuse, échange entre homme et femme – le couple –, entre hommes – homosexuels –, entre femmes – lesbiennes–, entre parents et enfants, entre membres de la famille, entre employeurs et employés. Être en contact avec une personne est une chose simple, spontanée, une expérience directe. Changer le cours de l’histoire ne se restreint ni à la connaissance intellectuelle, ni au contrôle permanent de l’individu afin de mieux le maîtriser.

La simplicité facilite les relations humaines

La fragmentation des formes de relations humaines, l’avarice, la fermeture sur soi, l’anxiété, séparent les individus, elle les effraie, les déstabilise. Ils ne comprennent alors pas qu’ils puissent être la source d’intérêt authentique et se ferment aux autres. La peur de trop donner est devenue une stratégie de survie. Les mauvaises expériences se cristallisent dans un modèle standard. Prendre sur soi la frustration, le négativisme dévalorise profondément l’humain. Il s’installe la méfiance, un calcul froid, une exigence démesurée face aux autres, loin de la sagesse potentielle de son propre fonctionnement. La générosité et l’ouverture renforcent la sensitivité et l’émotion. L’impression de trop avoir donné et de ne pas en avoir reçu autant cache un désespoir profond. Je pense aux parents d’enfants handicapés mentalement, ou aussi aux enfants dont un parent est malade et qu’ils doivent accompagner. Je pense surtout à tous ces innocents traités comme des objets, les personnes du troisième âge, considérées comme inutiles dans une société de performance. Curieusement, ce ne sont pas eux qui se plaignent. Non, ce sont ceux qui s’ennuient dans la vie, courent après les fantômes et cherchent des fautifs à leur malheur. Les arbres, les oiseaux, les montagnes, le vent, tout ce qui se meut dans le monde les endurcit alors que la simplicité est une ouverture aux signes intérieurs des choses. Au lieu de nourrir un esprit souple, clair et vif, ils propagent une énergie destructrice autour d’eux parce qu’ils veulent tout: un statut honorable, un bon travail, la voiture, la villa, la résidence secondaire – souvent vide –, les vacances, la richesse, l’amour, le glamour. Ils restent fermés dans leur système de pensée, de solitude, car ils semblent plus protecteurs que l’engagement personnel.

Lorsque j’entre en contact avec une personne, je prends l’initiative de m’investir dans cette interaction, je n’éprouve pas le besoin de l’instruire, de la faire changer de pensée. J’essaie de partager avec elle quelque chose de moi-même, mon expérience. La communication interpersonnelle n’est pratiquement jamais réalisée entièrement. Se sentir compris par une personne que nous ne connaissons pas est une expérience rare, unique, porteuse d’espoir. Le désir du partage avec autrui et l’ouverture envers les autres valent la peine d’être vécus. Porter de l’intérêt aux divergences nous aide à mieux nous connaître.

S’ouvrir aux autres, demande des efforts considérables

«Être intéressé à sa propre conscience et comprendre le processus de notre fonctionnement est un exercice ardu. Nous ne devons laisser subsister aucune réserve intérieure, nous devons donc être mus par une impulsion irrésistible à connaître jusqu’au tréfonds de soi-même le processus de notre être, ce qui sous-tend d’être éveillés à chaque appel intérieur, à chaque murmure, à nos craintes, à nos espoirs et y pénétrer tout en se libérant, de plus en plus. Ce n’est qu’alors – lorsque l’esprit et le cœur sont réellement simples, non cristallisés −, que nous pouvons résoudre les nombreux problèmes qui se dressent devant nous.» (Jiddu Krishnamurti).

Encore aujourd’hui, l’expérience de l’investissement personnel est considéré comme une valeur morale intime et non pas comme un processus de changement dans la détermination des valeurs. Chaque compétence professionnelle doit être supervisée, la connaissance est soumise à des contrôles permanents bien que la perte d’emploi devienne vertigineuse. Désobéir est mal, gagner de l’argent est bien, apprendre dans un cursus universitaire est hautement désirable, lire pour le plaisir n’est pas recommandable, tricher est intelligent, aimer son prochain constitue le plus grand bien, quitte à lui mentir s’il devient une charge trop lourde, même si un sentiment de honte, de peur, de méfiance, de désespoir l’envahit. Sortir de son cadre de référence représente une forme de trahison dans le système familial. Malgré l’avancement des nouvelles technologies, l’homme moderne est fondamentalement aliéné par rapport à lui-même. La conséquence est visible dans l’augmentation des dépressions et l’obésité, mais également dans le nombre élevé de suicides en Suisse, dans la manière complexe et peu compréhensible de communiquer, de garder son intelligence et ses richesses pour soi. Est-ce que ce n’est justement pas ce qui engendre l’envie, l’intolérance, le désir de vengeance et finalement la violence généralisée au niveau mondial?

Que veut dire «avoir le courage de s’investir et de vivre des relations interpersonnelles»?

Ci-dessous, quelques caractéristiques:

• connaître ses capacités
• être en confiance avec son intuition
• être simple, authentique
• être libre de choisir
• ne pas se sentir obligé de satisfaire les attentes des autres
• reconnaître, jongler et accepter ses propres limites
• accepter le doute et être capable de le formuler
• pouvoir faire une erreur et en supporter les conséquences
• chercher à être clair
• avoir la capacité de s’amuser avec sa connaissance, avec les faits
• jouer avec les mots
• accepter d’être critiqué
• aller au bout de soi, sans calcul
• savoir recevoir
• favoriser la découverte
• se dépasser
• innover

et aussi

• se faire respecter
• refuser la manipulation
• refuser une manière de communiquer infantilisante

Comprendre le désengagement pour mieux y faire face

Sur le lieu du travail, lors de voyages, de réceptions, nous sommes parfois en présence de personnes que nous n’avons pas choisies. Elles nous donnent l’occasion de nous ouvrir à notre propre expérience et à intégrer en soi le processus même du changement. Mais, que faire lorsqu’un interlocuteur est fermé, introverti, refuse le dialogue? L’expérience dans notre entourage, la connaissance en sciences humaines nous apprend, par exemple, que les enfants manipulés psychologiquement, c’est-à-dire exploités par leurs parents, ou qui ont subi des actes de violence ou ont été abusés sexuellement, restent souvent jusqu’à un âge avancé, ou même durant toute leur vie, dans l’incapacité de formuler leur pensée, de mettre des mots sur leurs émotions. Le corps et l’âme sont déchirés.
Pour croire profondément en l’humain, il est intéressant de saisir les raisons diverses du désengagement personnel. Derrière les façades, le cynisme glacial et l’arrogance peuvent se cacher la maladie, la pauvreté, les envies suicidaires, la peur existentielle, l’ignorance et aussi la méchanceté, la frustration, un comportement destructeur. Le refus de s’investir et d’entretenir des relations représente l’incapacité de franchir les limites d’un monde étriqué, d’un quotidien figé. Celui dans lequel chacun de nous est vite emprisonné si nous ne faisons pas de l’investissement personnel un exercice quotidien.

L’indépendance d’esprit, la créativité, la confiance en soi sont facilitées lorsque l’autocritique et l’autoévaluation sont considérées comme fondamentales et que l’évaluation par autrui est vue comme secondaire. Suivre des cours de français, ou une autre langue, chercher à mieux communiquer, sont des moyens puissants pour se libérer des contraintes qui nous sont imposées ou que nous nous imposons à nous-même! Bien que les relations humaines ne puissent être définies dans un simple catalogue, il est intéressant de connaître les valeurs que nous voulons défendre et suivre un fil rouge de notre développement personnel.

Quelles sont les qualités attribuées à une personne libre et engagée?

Elle

a.   répond à vos questions, à votre lettre et e-mails
b.   pose des questions si elle ne comprend pas
c.   s’intéresse à vous, à vos idées
d.   cherche à vous faire plaisir
e.   vous remercie
f.    ne cherche pas à vous séduire pour obtenir quelque chose de vous
g.   sait convaincre par des mots simples
h.   sait écouter
i.    montre ses émotions
j.    n’a pas peur de donner des raisons à ses refus
k.   encourage le partage
l.    ne mentionne jamais le temps qu’elle pourrait perdre
m.  ne dit jamais «pas de problème»
n.   vous fait sentir que vous êtes important
o.   formule ses propres doutes
p.   se fait excuser si elle fait des erreurs
q.   ne délègue pas une demande personnelle qui lui est adressée
r.   vous donne son avis si vous le lui demandez
s.   vous conseille spontanément si vous le lui demandez et ne vous répond pas immédiatement «C’est à vous de savoir»
t.   vous fait de meilleures propositions si elle critique votre activité
u.  prend contact avec vous si la sympathie s’installe et n’attend pas que vous fassiez le premier pas
v.   a le courage de parler avec «je» et non pas «on / nous» lorsqu’il s’agit de prendre position et de décider
w.  vous critique en donnant des raisons concrètes
x.   pense ce qu’elle dit et elle fait ce qu’elle dit
y.   se réjouit que vous pensiez différemment d’elle
z.   vous sourit et a un minimum d’humour

L’investissement personnel est comme une marque protégée, une marque de santé. Elle se trouve partout et nulle part; là où l’on s’y attend le moins!

Le goût du risque

Dans notre société moderne, se sentir victime est devenu une banalité, presque une mode: sous l’emprise des responsables politiques, d’un système familial malsain, d’une entreprise visant des rendements toujours plus élevés, la liste est longue. Chacun de nous a vécu au moins une fois un événement traumatique ou même plusieurs, graves parfois. Cela ne justifie pas notre mauvaise habitude de donner plus de pouvoir aux autres qu’à nous-même et de croire qu’ils participeront à la résolution de nos conflits. Apprendre à s’investir devient possible lorsqu’il n’y a pas d’autre choix que de risquer d’être pleinement authentique, lorsque le changement devient inévitable, la décision irrévocable.

Sortir de son cadre de référence

Se sentir digne de vivre, se découvrir, c’est faire confiance à son besoin de transformation. Vouloir être soi-même, c’est tout mettre en œuvre pour y parvenir, soit:

• se former
• prendre soin de soi
• connaître ses besoins
• se respecter
• apprendre à être seul
• être créatif
• s’exercer à s’exprimer
• se passionner pour quelque chose
• considérer l’expérience comme une richesse
• prendre en compte les difficultés de la vie comme un processus naturel
• travailler sur la motivation
• accepter de ne pas tout savoir

L’engagement, un signe de liberté et de maturité

La responsabilité personnelle est d’une importance cruciale. Prendre l’initiative de tracer un nouveau chemin tout en gardant les pieds sur terre, regarder ses angoisses en face et prendre le dessus, personne ne peut le faire à notre place. Si nous n’arrivons pas en tant qu’humain, en tant que société, à utiliser notre potentiel dans l’engagement avec les autres, l’humanité court à sa perte.
La meilleure leçon de courage, je l’ai apprise à l’école, au cours d’histoire. Appelée à m’exprimer sur une leçon que nous avions dû apprendre sur L’Empire romain et les Barbares d’Occident, j’étais debout sur le podium, face à une vingtaine de camarades de classe. Le professeur m’interrogeait sans que je sois capable de répondre. Première, deuxième, troisième question, ainsi de suite.

− Antoinette, tu n’as pas appris ta leçon ? avait-il demandé.
− J’ai lu les chapitres et j’ai oublié, avais-je répondu.

J’étais incapable de rétorquer qu’il n’y avait rien de valable à devoir comprendre les batailles des barbares. Ne pas savoir, quelle belle leçon d’humilité! J’avais obtenu la note 1 sur 10 et me suis souvenue que dans la vie, il fallait se contenter de peu! À douze ans, mes activités quotidiennes, le dessin, les bonnes rédactions que j’écrivais, les tortues qui s’échappaient du jardin, le déménagement prochain de notre domicile m’absorbaient. Tout au fond de moi, quelque chose de très fort se rebiffait à la pensée que la date de l’abdication de Romulus Augustule puisse changer le cours de ma vie!
Ce qui est difficile nous donne l’occasion de vivre des relations humaines riches, de nous investir là où c’est important, même si à certains instants, nous avons l’impression de sombrer dans le doute.

 

 

 

 

L’utilisation du genre masculin a été adoptée afin de faciliter la lecture. Elle n’a aucune intention discriminatoire.

Langenthal, le 20 mars 2017

 

 

L’esprit systémique dans le perfectionnement de la langue française

L’Institut de Langue Française et d’Expression enseigne selon un esprit systémique, c’est-à-dire une tendance à organiser, à relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. La prise de conscience de l’activité de chaque individu dans les différents systèmes de la société permet de mieux cibler sa propre réalité et de prendre en considération de manière «systématique» son savoir, son savoir-faire, ses besoins, ses intentions, dans le but de concevoir un changement et une efficacité linguistique et communicative dans un contexte précis.

Bien qu’il n’y ait pas une méthode unique pour enseigner une langue, l’Institut a créé une approche visant à ce que tout changement conscient et réel puisse être réalisé à travers les relations des individus entre eux. Pour comprendre la systémique, nous pouvons nous référer à notre éducation. Quelle est notre biographie psycholinguistique?


Dès l’enfance, nous sommes conditionnés par les différents systèmes dans lesquels nous avons vécu ou vivons actuellement. A notre naissance, nous sommes influencés par le système langagier de l’environnement familial, avec son propre style de communication et ses codes particuliers, son système cognitif distinct. Plus tard, nous sommes impliqués dans le système scolaire, puis professionnel, politique, culturel, artistique, et dans bien d’autres encore. Notre langue maternelle s’imprègne de ces codes. Une des caractéristiques des systèmes est le fait que les composantes interagissent entre elles.

À l’âge adulte, lorsque nous apprenons une nouvelle langue, la pensée systémique aide à réfléchir à l’ensemble, cela signifie accorder de l’importance aux relations entre les différents systèmes et entre leurs différentes composantes. La Suisse, avec ses quatre langues nationales et ses multiples dialectes est composée de systèmes complexes en raison des nombreux patois – dialectes – qui existent. Prendre en compte le contexte, les conditions ou l’environnement du système dans lequel on aimerait parler le français, par exemple, est une pensée contextuelle. Cela veut dire comprendre le système dans un contexte global. On peut parler de „pensée holistique“. Sur la base de cette pensée, il est plus facile, surtout plus sensé, de poser des objectifs par rapport à ses systèmes de pensées. Qu’ai-je à dire, quelle influence aurai-je à mon tour, dans un contexte donné?  Cette question prend de l’importance dès qu’une bonne base grammaticale, en français, a été acquise, accompagnée du vocabulaire nécessaire à l’usage courant.  La communication se développe dans le cadre d’un ou plusieurs systèmes selon les objectifs linguistiques posés.  Les questions qui se posent sont les suivantes : quels effets les différents systèmes de pensée ont-ils eus sur son éducation? A partir de là, quelle influence décide-t-on d’exercer à l’âge adulte ?

Tout le monde rêve de créativité et d’innovation

En réalité tout le monde se plaint des résistances au changement. Le temps consacré aux idées et aux projets se répartit souvent comme suit: 20 % pour la conception et la mise en œuvre du projet; 80 % pour surmonter les résistances et déjouer les pièges. Les résistances coûtent cher. Elles sont pourtant en majeure partie évitables à condition d’avoir été correctement anticipées. Apprendre une langue nécessite de la flexibilité et de l’espace (qu’on appel en terme commun « le temps ») afin de permettre l’assimilation de ce qui vient d’être appris et l’intégration de ce qui est mémorisé dans un contexte réel de la vie quotidienne: contexte professionnel, contexte politique, contexte environnemental, etc. Parallèlement à l’enseignement de la langue française, l’Institut de Langue Française et d’Expression propose des outils concrets de pilotage des changements en tenant compte des transactions linguistiques d’un système à l’autre.

La formation linguistique comme tremplin du changement

Maîtriser les outils linguistiques dans un contexte systémique présuppose de savoir préparer les changements en utilisant les outils systémiques tant pour les aspects techniques (vocabulaire terminologique, par exemple) qu’humains (psychologiques et comportementaux). Savoir piloter les changements en anticipant et en traitant convenablement les résistances. L’Institut de Langue Française et d’Expression se pose comme objectif de former ses apprenants/clients de manière à ce qu’ils possèdent suffisamment de ressources linguistiques pour s’exprimer en français de manière aisée et convaincante dans un contexte systémique.

Les sept étapes de la démarche de l’Institut de Langue Française et d’Expression: planifier et organiser les cours ou les séances de coaching, préparer les thèmes à traiter, les analyser, diagnostiquer, choisir plusieurs options/décisions, apprendre à vivre avec la nouveauté, en développer les divers éléments en contexte, consolider.

 Le public concerné

Les cours de français et les coachings en communication sont destinés à toute personne œuvrant dans les entreprises, aux coachs, cadres et dirigeants d’entreprises, chefs, concepteurs et porteurs de projet, entrepreneurs, consultants et formateurs en entreprise, directeurs en ressources humaines.