ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Kategorie: Communiquer en entreprise

La méthode holistique dans l’enseignement du français renforce l’image de soi

L’actualité sociale et économique, particulièrement turbulente depuis l’hiver 2020, se révèle quotidiennement une autre et les gens, en conséquence, à la quête de repères fiables. À chaque époque, l‘aspiration à la performance et la qualité ont été réalisées au détriment de la santé des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes âgées, de la nature et des animaux. Les racines de cette déformation résident dans les relations de pouvoir inégalitaire du système éducatif, les intérêts divergents dans la formation continue professionnelle, ignorant la réalité sur le marché du travail, dans le comportement consumériste des gens puis, finalement, dans le développement du numérique qui a transformé le système des valeurs.

Mieux comprendre les fameux critères de qualité

L’obligation pour les instituts de formation ou les entreprises de répondre de plus en plus à des critères de qualité alourdit l’appareil administratif. Lors de la pandémie, les concepts du e-learning ont montré à quel point la pratique est complexe lorsque dans les familles les installations technologiques en sont à leurs débuts et qu’aujourd’hui encore, des adultes ne savent pas écrire des courriels. Tôt ou tard, la personne apprenante ou employée dans l’entreprise se sent bernée et a besoin d’un soutien actif loin des écrans afin qu’elle puisse mieux s’organiser. Dans les instituts de formation, comme dans toutes les entreprises ou familles, la révolution technologique produit des coûts élevés non seulement administratifs. De nombreuses personnes œuvrant dans les secteurs concernés sont placées devant des problèmes de santé. L’absentéisme, la dépression, l’alcool, la drogue, les dégâts familiaux et sociaux sont considérables ; la violence et les abus sexuels restent tabous, tout comme les racines du burnout (qui, selon mon analyse, provient d’un ensemble d’interactions manipulatives au niveau du groupe/ relations de pouvoir et fixation sur un „bouc émissaire“). Créer des labels de qualité, c’est séparer l’humain de ses besoins affectifs et l’utiliser comme un produit de marketing.

Les labels de qualité devraient servir à orienter les clients ; sur le terrain la réalité est différente car ces critères ne tiennent ni compte des procédures internes ou externes ni de l’organisation des installations technologies numériques, qui demandent énormément de temps à mettre en place jusqu’à ce qu’elles fonctionnent, ni de la formation des employés à la suite du renouvellement informatique, ni du mécontentement du personnel face à ce travail administratif pesant. Le résultat des critères de qualité repose donc souvent sur des analyses et des constats flous, superficiels et faux. Le consommateur paie les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui l’intéresse. Cette problématique concerne tous les établissements sous pression du lobby des milieux économiques, qui exploitent des voies d’influence inimaginables pour atteindre leurs objectifs.

Il n’en reste pas moins qu’il est inutile de peindre le diable sur les murs. Les consommateurs sont libres de financer les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui les intéresse. Aujourd’hui, le consommateur et la consommatrice sont plus critiques, ils se laissent moins manipuler et en fin de compte, ce sont eux qui dirigent le marché.

La qualité au niveau de l’enseignement du français en Suisse

Lorsqu’il s’agit de s’exprimer en français dans les entreprises et dans les milieux de la formation professionnelle de Suisse alémanique, le constat est particulièrement flagrant : les connaissances acquises lors de la scolarité sont insuffisantes. Se vanter de la qualité professionnelle à travers l’implication de la langue anglaise, quelque peu mieux utilisée que le français mais sous un genre cow-boy typique à la Suisse traditionnelle, est un moyen d’affaiblir l’identité individuelle, comme l’estime de soi.

Le plaisir d’apprendre et de comprendre le français facilite le dialogue

Enseigner ou apprendre le français dans un esprit systémique, c’est avant tout relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. Ceux-ci renforcent la disposition au changement. Dans ce but, la prise de conscience individuelle permet de mieux cibler sa propre réalité et de gérer de manière « systématique » son savoir, son savoir-faire, son savoir-être (ses besoins et ses intentions).

Bien qu’il n’existe aucune méthode unique pour enseigner ou apprendre une langue, l’Institut de Langue Française et d’Expression a créé une approche visant à ce que tout changement puisse être réalisé à travers les relations des individus entre eux. Pour comprendre la systémique, nous pouvons nous référer à notre éducation. Quelle est notre biographie psycholinguistique ?

Dans l’enfance, nous avons été conditionnés par les différents systèmes dans lesquels nous avons vécu. Dès notre naissance, nous avons été  confrontés à l’un des premiers systèmes de pensée : celui de nos parents, puis ceux que représentent les membres de la famille d’une génération à l’autre, leur manière de s’exprimer (arbitraire, indulgente, égalitaire, différenciée, attentionnée). La variété des codes de communication et les mécanismes socio-cognitifs forment un système propre au groupe. Plus tard, nous sommes impliqués dans le système scolaire, puis professionnel, politique, culturel, artistique, et dans bien d’autres encore. Notre langue maternelle ou nos langues maternelles s’imprègnent donc d’un langage contextuel multiple. Une des caractéristiques est le fait que les composantes interagissent entre elles.

Mettre en lien les compétences facilite la mémorisation

À l’âge adulte, lorsque nous apprenons une nouvelle langue ou que nous voulons rafraîchir les connaissances acquises, la pensée systémique aide à réfléchir à l’ensemble. Cela signifie accorder de l’importance aux relations entre les différents systèmes et entre leurs différentes composantes. La Suisse, avec ses quatre langues nationales et ses multiples dialectes est composée de systèmes complexes en raison des nombreux patois – dialectes – qui existent. Prendre en compte la connaissance de soi, les conditions sociales de l’environnement dans lequel on aimerait parler le français, veut dire comprendre un système dans un contexte global. On peut parler de
« Pensée holistique ». Sur cette base, il est plus facile de poser des objectifs réalistes : qu’ai-je à dire, quelle influence aurai-je à mon tour ?  Cette question prend de l’importance dès qu’une bonne base grammaticale est acquise, accompagnée du vocabulaire nécessaire à l’usage courant.  La communication se développe dans le cadre d’un ou plusieurs systèmes selon les objectifs linguistiques : quelles sont mes expériences en entreprise, en formation continue, et quels effets ont-ils sur ma manière de concevoir la culture dans laquelle j’aimerais me développer ? À partir de cette prise de clarté, que faisons-nous de cette influence dans notre parcours d’adulte ?

Le rêve de la créativité et de l’innovation est une question de résilience

Quiconque a appris à développer l’auto-efficacité, à se redresser dans n’importe quelle situation est capable de résister aux vents contraires. La plupart d’entre nous rêve de sortir du système dans lequel nous avons grandi pour en créer un qui nous est propre ; en réalité la majorité se plaint des résistances au changement. Selon mon expérience en tant que formatrice, le temps consacré aux idées et aux projets se répartit comme suit : 20 % pour la conception et la mise en œuvre du projet ; 80 % pour surmonter les résistances et déjouer les pièges. À condition d’avoir été correctement anticipées les résistances sont pourtant évitables. Apprendre ou perfectionner une langue réactive les systèmes dans lesquels nous avons fait des expériences. Ce processus de prise de conscience nécessite de la flexibilité et de l’espace (appelée « le temps ») afin de vaincre la peur de replonger dans les souvenirs négatifs, de pouvoir rendre l’assimilation de ce qui vient d’être appris dans un nouveau contexte de la vie quotidienne.

Parallèlement à l’enseignement de la langue française, l’Institut de Langue Française et d’Expression propose des outils concrets de pilotage du changement en tenant compte de la sémantique, c’est-à-dire chercher à comprendre les transactions linguistiques d’un système à l’autre comme l’utilisation d’un mot dans un contexte donné ainsi que sa résonance, comment ce mot peut signifier une opposition et analyser le refoulement affectif qu’il implique dans un autre système.

L’organisation du vocabulaire dans le monde du travail conduit à des solutions innovantes.

Maîtriser les outils linguistiques présuppose d’anticiper et promouvoir le changement à travers de multiples disciplines :

  • Sociolinguistique
    Diversité culturelle et identitaire, particularités linguistiques : dialectes (diglossie), argot, jargon, expressions (citations), styles de communication.
  • Linguistique
    Vocabulaire, grammaire et syntaxe, terminologie, phonétique.
  • Psychologie
    Aspects cognitifs de l’apprendre, du savoir être, du savoir-faire, conceptions d’apprentissage des valeurs, utilisation des expériences implicites ; biographie des compétences à travers les souvenirs d’enfance ; connaissances humaines interpersonnelles ; sources de résistance et solutions de résilience.
  • Psychanalyse
    Réflexion sur l’identité individuelle et collective.
  • Créativité
    Expérimentation ; gestion de la nouveauté.
  • Philosophie
    Éthique et bien-être.
  • Management
    Gestion culturelle ; apprentissage et communication organisationnelles en entreprise.

Construire une relation de confiance entre personne formatrice et personne apprenante facilite grandement l’acquisition ou la transmission des compétences linguistiques. Une participation commune permet de prioriser les sujets pertinents, de les analyser, de choisir plusieurs options, d’apprendre à gérer la nouveauté, de la développer et de la consolider.

 Le public concerné

Les cours de français, les séances de communication/développement personnel et de conseil sont destinés à toute personne active dans la vie privée ou œuvrant dans les entreprises : cadres et dirigeants d’entreprises, concepteurs et porteurs de projets, entrepreneurs, consultants et formateurs, responsables en ressources humaines.

La créativité dans le phénomène du changement

Chercher à comprendre le monde est un défi autre que celui de tenir un titre ou suivre une formation rétribuée par un diplôme et la promesse qu’il ouvrira de nouvelles portes à notre destinée. Ce savoir-faire est étroitement lié au phénomène du changement, donc au lâcher prise et au rebondissement.

Réfléchir sur l’expression verbale, la sienne et celle des autres, signifie toujours avoir une intention. Qui ressent le besoin de communiquer ne peut le mettre en pratique sans être coopératif en même temps. Pour simuler, nourrir et finalement réaliser mes propres intentions, j’ai besoin de connaître les normes qui prévalent dans mon entourage ainsi que les nombreuses valeurs ancrées dans mon quotidien. Nous nous sentons reliés aux gens qui partagent les mêmes idéaux et les mêmes convictions politiques que nous, même si parfois, en les connaissant mieux, nous préférerions les ignorer. Le fait de vouloir comprendre nous place devant de gros enjeux et déclenche une abondance d’intentions, passage symbolique à l’inspiration et la créativité. Pour laisser évoluer des relations, on invente la roue.

Pour les penseurs indépendants, le fonctionnement des systèmes freine le développement

Depuis le début des années deux mille, le vivre ensemble est défini sous des sociétés différenciées : les systèmes. Chacun d’entre eux revendique le monopole de son fonctionnement sans préciser les raisons qui soutiennent ou mènent à l’enrichissement de l’ensemble de la société. Wikipedia, en allemand, décrit la politique comme « régulant les affaires d’une communauté par le biais de décisions contraignantes ». Or, l’Église et l’État, l’économie et la politique, la médecine et l’éducation, représentent des systèmes dans lesquels il s’agit d’interagir en fonction d’une administration et de sa représentation vers l’extérieur au lieu de développer un – précieux – réservoir d’idées. Le système perd donc son attractivité et devient inefficace, raison pour laquelle les changements sont difficiles à mettre en place. Une personne étroitement liée à un ou plusieurs systèmes est souvent empruntée lorsqu’il s’agit de mettre en scène une rhétorique individuelle. Peu habile dans les capacités cognitives, elle s’en remet plus au concept global du système que d’instaurer la confiance, tendre vers l’égalité entre hommes et femmes, rejeter la violence, favoriser l’innovation.  Au centre d’un système déterminé, la personne considère plus facilement les activités artistiques – en particulier celles des femmes – comme des compétences professionnelles peu rentables.

La raison de cette division au sein de la société est liée à la croyance que la vérité n’appartient qu’à des groupes distincts capables de lier les pires contradictions. La finesse nécessaire dans un système est de toujours de garder un œil ouvert « avec l’autre » et non « sur l’autre ». Accepter des opinions divergentes est le meilleur instrument pour de meilleures solutions. On pourrait donc dire qu’un système devrait faciliter la transparence, la propagation d’un mouvement social et économique équilibré, représenter des entités morales visant à encourager des actions créant du sens. Or, les systèmes sont principalement constitués de différentes parties en réseau dans lesquelles les contraintes étouffent la créativité et où personne ne se sent moralement responsable. Pour cela et pour d’autres raisons, de moins en moins de gens parmi nous sont habitués à gérer quelque chose et ne recherchent pas non plus des moyens pour en être capables. L’inquiétude, la peur ou la lâcheté en sont probablement les motifs principaux. Il est facile de justifier sa position à travers le mépris et le rejet d’un présupposé « idéalisme subjectif », reflet d’une profonde amertume appelée « consensus, plus précisément élimination ».  Ce manque de réflexion et d’analyse favorise les systèmes frauduleux de la cybercriminalité. Non pas des personnes individuelles sont remises en cause, mais les groupes dirigeants des systèmes qui fonctionnent dans l’anonymité administrative. Ces mécanismes invisibles forment un terrain idéal pour les transgressions d’ordre juridique. Les auteurs ou les organisations frauduleuses, repérables seulement après l’analyse concrète du fonctionnement d’un système, utilisent le manque de transparence, l’anonymat ainsi que les mécanismes techniques à leur avantage.

Être une personne bien (morale), une vertu acquise dans l’enfance et sans lien avec un titre attribué

Se diriger vers le futur, c’est être capable de comprendre le passé, de l’avoir géré et d’en tirer le meilleur. Ces trois conditions forment le sens moral. Ils font partie d’un processus créatif qui remonte à la petite enfance, à l’instant où le développement du langage et de la pensée du nourrisson se construit, même s’il ne parle pas encore. Les mots et leur résonance sont, dans une large mesure, une question d’intimité, de soins et de compassion. Le petit enfant entouré d’affection et d’interactions émotionnelles bienfaisantes avec les adultes, ressentira plus de facilité à vivre avec eux que s’il avait vécu des sentiments d’abandon. C’est le cas des enfants hospitalisés sur une longue durée, des migrants ou tous ceux qui ont été isolés pour une cause ou une autre. La plupart d’entre nous, à l’âge adulte, démontrent une grande flexibilité et s’adaptent facilement, conditions permettant notre survie. Nos besoins matériels et sociaux changent selon des contextes qui, malgré nous, ont été constamment modifiés. Ces modifications favorisent la vulnérabilité et influencent la manière de réfléchir sur notre statut. Se remettre en question définit notre personnalité car lorsqu’il s’agit de planifier notre devenir, nous sommes quotidiennement en opposition avec la nature humaine. Le statut est devenu le résultat d’un endoctrinement quotidien, le culte de notre société, l’obsession par le biais de la publicité
« être quelqu’un » ou acquérir quelque chose pour devenir ce quelqu’un, en quelque sorte représenter un objet parmi d’autres. En poussant la réflexion, on pourrait ajouter „être le produit d’un système déterminé“.

Comment les gens devraient-ils savoir ce qu’ils veulent et ce dont ils ont vraiment besoin s’ils se sentent comme ceux qui n’ont consommé que des aliments dont le goût a été altéré – trop sucré, trop salé, aromatisé artificiellement – et qui ne peuvent plus goûter les fines nuances des produits naturels. Le « quoi » et le « combien » – dominent le quotidien et le « comment faire » appris au jardin d’enfant a perdu du sens.

Comprendre les intentions des autres sans monnayer les tissus de relations

Le raisonnement est le résultat d’une communication de groupe sur un esprit de fond partagé. Notre intelligence sociale et notre langage vont de pair. En tant qu’êtres vivants naturellement doués, nous pouvons reconnaître les intentions des autres et ainsi, nous sentir reliés, prêts à nous mettre au diapason des autres. De ce point de vue, l’attitude créative pourrait être considérée comme un acte moral : se distinguer des autres, non pas pour être mieux ou chercher le pouvoir, mais pour souligner sa différence et tenir en équilibre le groupe.

Dans les relations de la vie sociale et la vie des affaires, les interactions humaines profondes facilitent le raisonnement. Elles nous permettent de nous sentir concernés par une expérience, un thème, une vision et nous donnent envie d’être responsables. En revanche, l’indifférence représente en quelque sorte une rébellion lors de laquelle le langage et l’action sociale sont subtilement monnayés ou utilisés à des fins autres que le partage. L’altruisme, attitude généreuse libre et gratuite, libérée des contraintes, ressemble fort à l’attitude créative, à l’expérience spirituelle. Non seulement, elle apporte du réconfort, elle sert de modèle de société. Beaucoup parmi nous, interprètent les mots de „morale“ et „créativité“ de manière fantaisiste. Pour ma part, j’ai fait l’expérience qu’être une personne morale ne veut pas dire renoncer au plaisir, mais à la frivolité. Comprendre le renoncement ne concerne donc pas seulement une cause matérielle mais comprendre une forme de toxicité mentale, celle que nous retrouvons dans les cercles des relations imposées. Là où le motif du profit plane, le partenariat social propage une fausse idée de la sécurité matérielle. Le fruit d’un système sous-développé peut être comparé au constat du nombre élevé de personnes âgées ayant porté la plus grande partie de leur vie une responsabilité professionnelle et qui malgré tout, perdent leur emploi et/ou reçoivent des retraites indignes de leurs engagements. Cette réalité donne le vertige.

Les créateurs et créatrices redonnent la vie

L’adulte doté d’une curiosité insatiable se renseigne, pose des questions, cherche des liens de causalité pour les mettre en relation. Il lui est plus facile de lâcher la bride. Le défi des gens créateurs – sans lien avec les capacités artistiques – est donc bel et bien de sortir du rang et de transgresser les idées reçues. Ils ne le font pas pour jouer un rôle, mais pour donner du sens. Porter une attention particulière à ces éléments engendre des résultats extrêmement bénéfiques. Créer une nouvelle dimension en vue de préserver l’intégrité des créateurs est essentielle. Elle répond à un besoin intuitif de comprendre à partir de l’observation, l’écoute, la vue, le ressenti et d’associer ces différents éléments entre eux, afin d’obtenir une réponse. La motivation de la curiosité de l’enfant part de là. Par contre, la créativité vantée dans les milieux professionnels débouche trop souvent sur des considérations économiques. Les managers, formés avant tout à mesurer, comparer, produire, calculer, taisent leur intuition. Donc, quand un collaborateur fait preuve de curiosité, elle est considérée comme un danger, un risque à éviter, un idéal sans consistance.

Ne pas savoir, taire un fait, refuser, une réalité quotidienne

Chercher à comprendre et amorcer le changement ne donnent pas de réponses immédiates, d’où le malaise ressenti par de nombreuses personnes en quête de résultats rapides. Dans une société déterminée par l’efficacité, ne pas pouvoir répondre à une attente, une question, un désir, signifie pour certains afficher une faiblesse, un échec. Il n’y a rien de honteux à dire que nous n’avons ni la connaissance ni l’expérience de ce qui nous est demandé. Le désastre réside dans le fait d’être incapable de le reconnaître ou de donner l’impression à la personne censée apporter une réponse,  que si elle n’en a pas, elle est sur le mauvais chemin, ou du moins sur un chemin classé idéologiquement comme malsain.

Admettre de ne pas savoir nous met sur une piste de ce quelque chose d’inconnu qui pourrait être développé, vers lequel un nouveau regard pourrait être tendu, afin d’y coller un nom. Dire non ou je ne sais pas, c’est dire à l’autre que je suis différent de lui, mais surtout que je suis à une autre « place » que celle que l’autre attend de moi.

Face au non-savoir, il n’y a qu’une façon d’être sincère, il y en a cent d’être habile, comme faire des recherches, se renseigner auprès d’experts ou poser des questions au bon endroit. Devant un refus, nous pouvons en rechercher les raisons, proposer des alternatives, redéfinir un projet ou simplement admettre que le moment pour un oui n’est pas le bon ou que le contexte est inopportun à notre demande. Les caractéristiques de notre personnalité ne déclenchent que rarement la cause d’un refus. Elle est souvent due à la variabilité inhérente de la situation actuelle, à un jugement hâtif ou aux préjugés, à la divergence des intérêts ou à la conformité hiérarchique. Lorsque le non caractérise le mal-être, le désintérêt, l’égocentrisme ou une attitude arrogante, notre responsabilité n’est pas non plus engagée. C’est sa formule inadéquate qui en est la cause ou si le « non-savoir » dissimule une vérité plus profonde, parfois adéquatement tue ou manipulée, la cachoterie, c’est le caractère moral de la personne qui est en jeu.

Être créateur ou créatrice dans le sens de l’acte social

Être véritablement créatif signifie reconnaître que nous sommes prisonniers de nous-mêmes et donc que nous sommes capables de nous libérer des opinions des autres, de nourrir notre fascination pour les choses qui nous entourent, nous libérer des apparences trompeuses et des préjugés, „être éveillé.e“, trouver les mots justes pour qu’ils aient un impact. Il n’existe aucun catalogue garantissant notre devenir. En revanche, il existe des pistes intéressantes.

Quelles sont les caractéristiques psychologiques des « créateurs » ?

1. Quitter le berceau

Quitter tôt ou tard l’environnement familial ne veut pas dire le trahir, c’est vouloir aller à la conquête de sa propre vie et ainsi, partager cette richesse. Prendre le risque de s’affirmer est une condition pour devenir adulte.

2. Être motivé et s’engager

Être convaincu d’un sentiment ou d’une idée mène à une prise de décision et pousse à agir. L’échec n’est pas perçu comme une défaite, mais comme un signe lucide et révélateur : il y a une autre piste à prendre ! La motivation se trouve dans l’intérêt que nous portons aux choses, aux différents thèmes, dans la compassion que nous témoignons aux personnes.

3. S’accepter

Reconnaître ses émotions, être ouvert.e à toutes les pensées, prêt.e à faire évoluer ses croyances personnelles, favorise l’innovation. L’ouverture à l’expérience, à l’originalité dans tous les domaines révèle un terrain propice à la création. L’acceptation de soi s’impose alors comme l’achèvement d’un travail de développement personnel.

4. S’estimer

La maîtrise émotionnelle est liée à un comportement extraverti, favorisant les contacts sociaux. Le créateur valorise son œuvre, l’échec fait ainsi l’objet d’un véritable renouvellement et non pas d’une simple défaite. L’estime de soi présuppose enfin ne pas plaire à tout le monde.

5. Être différencié

Accepter d’avoir des idées inhabituelles, en grand nombre, dans différents domaines, donne à l’élan créateur toute sa force. Se connaître permet finalement d’accepter l’autre tel qu’il est.

6. Aimer la contradiction

Être prêt à changer d’idée afin de transgresser une opinion au départ estimée pourtant juste. Les souvenirs, notre expérience et notre imagination nous amènent à recréer quelque chose de nouveau. La contradiction n’est pas le début de la défaite, c’est aller au contraire au-devant de la difficulté pour mieux la transformer.

7. Prendre du recul

Lâcher prise permet de se dégager des mécanismes comportementaux, par exemple rejeter ses propres erreurs sur les autres, remettre en question des stéréotypes sociaux sur la condition féminine ou masculine, faire le vide pour s’ouvrir à quelque chose de nouveau, être prêt à vivre une expérience unique.

Rechercher la solitude est la preuve d’une grande maturité et non pas d’un refus social (ou d’une sociophobie).

8. Jongler mentalement

Pour le créateur, peser le pour et le contre d’une idée, d’une décision, la refuser, l’accepter pour mieux l’abandonner, renverser une situation, toutes ces composantes font partie d’un processus naturel. La complexité apparaît alors comme l’élément moteur de la motivation. Le jeu n’est pas seulement réservé aux enfants, il démontre un esprit souple (flexible) et constructif.

9. Imaginer, simuler et mettre en scène

Sortir du cadre de référence donne au créateur le sentiment de vivre plus amplement, car il étouffe dans l’habitude. Il met en scène une nouvelle version de sa découverte. Celle-ci peut être perçue comme infantile, alors que ce n’est que la représentation d’une transgression par rapport à ce qui est déjà connu. L’imagination n’est jamais quelque chose de dangereux ! Que nous le voulions ou non, elle bouillonne sans cesse. Nous avons tout intérêt à l’accepter telle quelle.

10. Prendre des décisions rapidement

Le créateur, tout en jouant avec la complexité, conscient de la dynamique créative, arrive à se positionner naturellement. Ce n’est certes point une solution de facilité, mais plutôt un aboutissement du processus de transformation qu’il peut vite décider ainsi.

11. Associer librement les idées et les images

Que ce soit dans la littérature, dans le vécu, la connaissance ou les rêves, le créateur a besoin de combiner, consciemment ou inconsciemment les images, les idées et les sentiments.

Qu’est-ce qui empêche la créativité ?

a) Se définir à travers des valeurs traditionnelles sans lien avec notre talent
b) Vouloir le beurre et l’argent du beurre
c) Accepter la malveillance
d) Refuser la critique
d) La dépendance

Qu’est-ce qui favorise la créativité ?

a) Se définir à travers son potentiel
b) Faire des choix
c) Refuser la malveillance
d) Accepter la critique
d) L’autonomie

Design linguistique à l’ère de la numérisation

La maîtrise de la langue maternelle – si elle s’avère possible –, d’une seconde langue ou étrangère,  dépasse la fonction linguistique comme l’utilisation du vocabulaire, la grammaire ou de la prononciation. S’exprimer verbalement prend sa source dans des fonctions psychologiques comme l’image de soi, la mémorisation, l’empathie, la capacité de se faire une idée des faits, de ressentir l’émotion, d’observer, d’imaginer, pouvoir nommer, comparer et décrire. Maîtriser une langue, c’est rendre l’énoncé accessible à des milieux différents et le faire accepter par la majorité d’entre eux.  Plus que jamais, à l’époque du numérique, c’est résister et préserver le feu intérieur. Les systèmes ou classification de catégories rendent la perception de l’identité humaine au sein d’une collectivité plus transparente. Des sous-groupes seraient imaginables, par exemple pour le discernement, l’imagination et la raison. Cependant, le danger est de se perdre dans la nébulosité des thèmes, une forme d’intellect inintelligible, et ainsi de s’écarter de l’essentiel : la dignité humaine.

Certitudes et solitudes

Porter de l’importance à son style d’expression verbale sous-entend « être » maître de soi dans un système individuel et collectif :

  • considérer au plus près ses besoins et convictions pour être compris là où il importe, 
  • connaître les systèmes de pensée dans lesquels nous désirons progresser,
  • prendre des risques, faire des erreurs, vivre l’échec ou le succès

 Plus nous combinons nos facultés, plus nous nous approchons d’une manière originale de nous exprimer et de nous faire comprendre.

1. LE SYSTÈME DE LA RELATION SOCIALE

Le patriarcat, les familles monoparentales, l’immigration, les problèmes écologiques, les épidémies, la globalisation, la pauvreté, l’alcoolisme, le manque de formation, le chômage sur une longue durée, l’immigration, la violence psychique et physique ou même le refus de la pensée émancipatoire favorisent les troubles du développement affectif de l’enfant. Ils peuvent engendrer des traumatismes au cours de la petite enfance, la scolarité obligatoire, la formation professionnelle et l’entrée dans le monde du travail : blocage langagier intense, utilisation des rapports de force, incapacité de concentration, manque d’enthousiasme, difficulté de mémorisation, dépression et problème relationnel. D’autres facteurs peuvent créer un barrage mental à la créativité comme une maladie chronique s’intègre à la personnalité. Mais, ces mêmes mécanismes peuvent également inciter un individu dans certains cas à découvrir et utiliser un énorme potentiel dans de nouveaux domaines. Ce processus de résilience génère une énergie considérable et donne une qualité exceptionnelle à la relation avec les autres. Promouvoir ces compétences dépend de l’expérience et des conditions vécues entre enfants et parents ou autres personnes nourricières, éducateurs, étudiants avec enseignants, formateurs et professionnels avec mentors dotés de capacités permettant de reconnaître l’efficacité prête à germer des apprenants et d’en tenir compte lors de l’instruction.

2. LE SYSTÈME DE L’ORGANISATION EN ENTREPRISE

Dans les entreprises, en raison de la séparation des compétences personnelles et professionnelles, les relations humaines sont amputées de leurs dimensions émotionnelles. La majorité des adultes rêvent de pouvoir vivre une intelligence simple et fluide, d’être compris simplement à travers un dialogue plausible, sans devoir se justifier, expliquer ou raisonner dans une atmosphère tendue. Comprendre l’organisation en entreprise simplifie l’explication de la vie psychique et de la conscience personnelle, à savoir

  • la représentation de notre position sociale
  • le savoir être et le savoir faire face aux relations humaines
  • les enjeux et la réorientation professionnelle
  • la marche de l’entreprise

3. LE SYSTÈME DES CROYANCES

Classifier l’utilisation de catégories (ou sous-systèmes) facilite la compréhension pour la pensée divergente dans une orientation terminologique.  En vue du dénouement des tensions relationnelles et des situations conflictuelles dans divers milieux, elle facilite la vulgarisation et l’interaction entre les divers acteurs. Ce sont les catégories suivantes :

  • familiaux,
  • religieux,
  • artistiques,
  • économiques,
  • politiques,
  • informatiques,
  • culturels,
  • de santé ou de sport. 

4.  LE SYSTÈME DE LA COMMUNICATION VERBALE

Dans ce système, la classification sert à comprendre la nécessité de se réinventer, créer son propre style d’expression en jouant avec les influences, les enchaînements relationnels, les connexions, les coopérations, l’équilibre entre l’image de soi, les attentes extérieures, l’interaction sociale et les retombées sur sa personnalité et dans la collectivité. Il s’agit de construire une identité flexible dont les composantes reposent sur un choix varié d’intérêts  :

  • la langue relationnelle ou sociale,
  • la langue de l’information,
  • la langue professionnelle : journalistique, informatique, médicale, psychologique, etc.
  • la langue littéraire 

À l’intérieur du système de communication, il y a la représentation de notre personnalité : pouvoir se créer une sphère de réflexion, « se réfléchir » en soi-même. C’est une force qu’on pourrait également appeler de « lumière », d’entendement (Vernunft), de raison, de conscience. Les forces de notre âme ne sont rien d’autre que des abstractions, des opérations métaphysiques.

5. LE SYSTÈME DE LA LINGUISTIQUE APPLIQUÉE

Relativiser l’idéologie digitale
À l’intersection des connaissances informatiques et digitales, l’acquisition et la construction de la langue prend une dimension inédite, dont la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe, la sémantique, la phonétique, la compétence discursive et les outils de formation à la communication orale et écrite. En raison des formes de communication à distance sur Internet, le langage dialogique et spontané rend sa viabilité limitée. La liberté de l’intervention individuelle à toute heure dans chaque circonstance s’écarte de l’instruction en formation continue. Trop longtemps, les milieux politiques, scientifiques, économiques ou journalistiques ont détenu le monopole de la communication. Au fil du temps, de simples personnes civiles, ignorées par ces milieux, ont réalisé qu’elles avaient, elles aussi, leur mot à dire. Elles se sont saisies de l’idéologie digitale pour mener la résistance. S’en servir uniquement en vue de prendre sa place dans la société, à savoir partager ses opinions et donner des réponses avant que les vraies questions soient posées est devenue un modèle de fonctionnement efficace. La capacité naturelle à s’ouvrir à de nouvelles choses facilite la transgression de vieux schémas et renforce le sentiment d’appartenance. En même temps, cette ouverture est devenue une zone saturée d’informations, ce qui atténue la cohérence du propos, l’effet de surprise et l’authenticité de la personne.

Linguistique connectée aux réalités
S’impliquer individuellement, comme l’encadrement des collègues, la prise de parole, conduire un entretien d’embauche, valoriser un proche ou une collaboratrice, demande une proximité physique, du moins une présence attentive sur la durée. Le langage en face-à-face renforce l’image/l’estime de soi dans laquelle la voix, l’articulation et la manière de dire, le regard des yeux et le comportement mental alternent dans un rythme naturel. Éveiller la créativité – l’innovation – relève d’une richesse intérieure et extérieure essentielle à l’avancement de la société. Dans un premier temps, ce potentiel est invisible, voire inconscient. Le son résonne en différentes parties du corps et d’autres phénomènes, comme les mouvements du corps, l’odeur de la peau, des vêtements et du lieu où l’on se trouve, se propagent seulement dans une interaction physique. Ni les contacts sur les plates-formes dans internet, ni la technologie vocale ne tiennent compte des ondes vibratoires de l’individu.

6. LE SYSTÈME PRAXÉOLOGIQUE

Être sur cette planète est le signe que nous devons accepter de se faire confiance car nous sommes nés seuls et mourrons seuls et non sur une plate-forme invisible. Raconter des histoires, acquérir des connaissances, apprendre le savoir être, enseigner, partager des expériences en présence d’une ou plusieurs personnes est le seul moyen de partager notre vulnérabilité, les joies et les moments de découragement, de connaître ses propres qualités et celles des autres, ses défauts et ceux des autres, de découvrir la beauté d’un mot, d’un regard ou d’un visage, d’un coucher ou lever de soleil.

 

Formation d’adultes, développement linguistique, construction identitaire et créativité, Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE)

L’excès de modestie, une mise en scène guindée

À toutes les époques, l’imposture et la fanfaronnade envahissent les rues. En revanche, la fausse modestie et le style empesé détruisent les villes, les continents et les sociétés.

Savoir mettre en relief sa personnalité est un comportement naturel et légitime sans qu’il faille le comparer à une pathologie. Les gens bouffis d’orgueil acceptent mal cette réalité quotidienne. Placer la vérité plus haut que soi les rend vulnérables. Ils soulèvent des thèmes politiques, économiques, religieux, philosophiques ou autres, persuadés qu’ils agissent en toute innocence pour le bien de la collectivité. Leur voix trahit le besoin de reconnaissance et d’estime, ils se mettent donc maladroitement en scène et envahissent l’espace sans y construire l’essentiel.

L’humilité demande de façonner de manière créative son propre avenir de manière bienveillante et aussi lucide que possible, en position de découverte, de progression et d’amélioration. Développer consciemment un style de communication, placer ses forces et ses expériences au centre de ses intérêts représentent un support puissant pour le langage, pour soi et son entourage.

J’entends souvent des critiques très dures à l’intention de personnalités menant avec succès leur vie professionnelle ou personnelle. « Elle est désagréable, tout le monde l’évite, elle est seule à donner le ton, elle déteste la critique, elle est difficile, elle est spéciale ».

La réalité est ainsi. Qui veut atteindre un objectif a besoin de persévérance et de conviction, reste indifférent aux ragots.

Lorsqu’une personne est remise en question pour sa force de caractère – et tous les renoncements que cela suppose – il serait intéressant de se demander d’où vient cette curieuse envie de couper la tête aux gens qui réussissent.

Serait-ce un sentiment de culpabilité de ne pas avoir tout entrepris pour se dépasser ? La fausse modestie est trompeuse, elle ressemble fortement à de l’oisiveté.

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

Entre gens cultivés

Les bonnes manières, je les ai apprises par cœur. Elles m’ont accompagnée dans mon enfance, ma jeunesse, ma vie d’adulte: à table, manger sans laisser tomber la tête dans l’assiette, ne pas couper la salade avec le couteau, ne pas poser les coudes sur la table, ne pas terminer l’assiette en passant le pain comme une éponge dans la sauce, même si c’est excellent. J’ai aussi appris qu’il fallait nettoyer la bouche avec la serviette avant de porter le verre à la bouche. Qu’ai-je appris encore? Que lorsque je faisais une erreur, je devais me faire excuser, qu’il ne fallait pas interrompre un dialogue, être serviable, que savoir écouter était une qualité, voire une compétence, que de se laver les dents après les repas, porter des habits propres, apporter une fleur ou un autre présent à une personne malade, dire merci, étaient des signes du respect de soi favorisant le respect des autres.

À l’adolescence, en observant les adultes, j’ai vite déchanté. Les bonnes leçons, je les avais appliquées à la lettre sans que la plupart de mes « maîtres » mettent en place leur théorie. Je ne me considérais pas pour autant soumise ou dépendante des autres. Plus tard, dans le monde des « grands », universitaires ou managers, simples employés ou sans emploi, j’ai côtoyé, mais pas seulement, un univers composé d’adultes arbitraires et sans éducation. Curieusement, ils étaient socialement intégrés, jouaient un rôle maîtrisé dans un système flou. Croyant être capable de comprendre l’essentiel et de résister aux scènes les plus brutales et les plus burlesques, j’ai passé plus d’un tiers de ma vie à tenter l’impossible: comprendre l’ignorance, la mienne et celle des autres, comprendre les vérités, apprendre à me connaître en vue de réaliser mon potentiel créatif.

Les personnes fines et généreuses, au-delà des divergences culturelles et de leurs traditions, m’ont enseigné les rouages de la vie quotidienne, transmis leurs savoirs, partagé leur savoir-faire et savoir être sans arrière-pensée, sans idéologie. Encore aujourd’hui, elles parlent de leurs échecs et de ce qui les fait grandir. La confiance et la conviction étant la base de la relation, ces valeurs sont devenues une évidence sans qu’il faille s’efforcer à être positif ou efficace.

Qu’ils soient collègues de travail, membres de la famille ou amis, les gens bienveillants s’apppuient sur leur expérience personnelle. Ils vous téléphonent la nuit pour vous partager une idée ou un concept, vous offrent une promenade en vélo, voiture ou autocar et connaissent la colline de vos rêves, évitent de consulter la montre ou le portable en votre compagnie, répondent à vos questions de manière individuelle, entrent dignement en contact avec vous, maîtrisent la distance et la proximité, sans craindre l’après d’une interaction chaleureuse, ne se grattant pas le cuir chevelu ou passant des nuits blanches à réfléchir à la distinction entre rencontre personnelle ou professionnelle. Jamais, une personne cultivée vous rappellera qu’elle a déjà été là pour vous et que son temps est limité. Dans ce contexte, la transgression n’existe pas. Elle est un mouvement perpétuel de construction et de développement dans lequel le langage représente un tissu relationnel.

Lorsque dans un cercle ou un établissement, au milieu de beaux parleurs, quels que soient leur statut et leur provenance, lorsque ni le dialogue, ni l’âme et la parole ne trouvent leur place, où le silence – ou le bruit – devient à lui seul ordinaire, je me sens soulagée en disant à haute voix :

« C’est le bordel ». Une manière personnelle de redonner un peu de lumière, de me laisser guider par elle. Une familiarité facile pour ne pas me laisser tenter par la face obscure de la force qui gouverne notre monde. Car, entre gens cultivés, nous comprenons le langage des êtres vivants: il ouvre des portes sur de nouveaux horizons.

Ce privilège, je dirais même cet art de vivre, je le souhaite à chacun et à chacune d’entre vous pour l’Année 2018 !

 

Apprendre le français, un enjeu social – Interactions et conduites relationnelles

L’art du dialogue et du contact. Les francophones sont champions de l’émotion maîtrisée!

Qui ne connaît pas la séparation, malsaine à mon avis, entre comportement «professionnel» ou «privé»? À notre époque, cette distinction est obsolète et n’entre plus dans la logique d’une carrière réussie. L’intégrité d’une personnalité se reflète dans une conduite irréprochable, un fil rouge, qu’elle soit professionnelle ou privée.

Trop souvent, l’amabilité est confondue avec la familiarité, une forme de relation intime à la bonne franquette mais peu professionnelle et inefficace. La générosité, la faculté d’empathie, d’écoute et de compréhension sont confondues avec de la faiblesse. L’art d’être bon, au contraire, est le résultat d’un long processus de développement personnel, la maîtrise d’une bonne estime de soi, d’intellect mêlé à l’expérience et à l’émotion.

La langue française, fondée sur l’empathie et l’authenticité, réserve un charme auquel personne ne reste indifférent. S’exprimer verbalement de manière précise et aimable, avec une intention sincère, détend une situation. Un sourire, accompagné d’un regard bienveillant crée une proximité avec la personne en face de soi et facilite la bonne humeur.

La fausse gentillesse se reconnaît à travers une voix trop haute, roucoulante ou cassante, reflet d’une dissonance émotionnelle basée sur une structure de conditionnement éducatif figé, laissant peu de place à la spontanéité. Une gentillesse masquée peut provenir de souffrances mal vécues et de conflits non résolus.

Exprimer la sympathie et pratiquer des gestes aimables renforcent le système immunitaire et favorisent largement l’apprentissage d’une seconde langue ou d’une langue étrangère. Dans ce cas, l’interaction relationnelle prend le pas sur le vocabulaire, une énergie contagieuse facilitant la mémorisation. Soyez concis, courtois et pertinents, vous apprendrez rapidement le français et rencontrerez des personnalités intéressantes !

Le secteur hospitalier est directement touché par l’apprentissage des langues et la performance de l’amabilité, enjeu essentiel pour son avenir

S’inspirer du français pour développer de nouvelles compétences linguistiques et sociales dans un milieu germanophone, une nouvelle stratégie pour les organisations apprenantes: la satisfaction du patient est le résultat d’une performance globale et multidimensionnelle. Une communication efficace se mesure dans la disponibilité du personnel à faire face à des situations complexes, dans l’utilisation optimale des ressources comme les données digitales, la stratégie à adopter pour gagner en visibilité tout en tenant compte de la protection de la personne, dans la qualité de services appropriés: une communication maîtrisée à tous les échelons de la hiérarchie et non seulement à travers un contrôle de la qualité et de la sécurité visant la réduction des coûts. La gentillesse, voire le dévouement, est liée à la connaissance et au savoir-faire et au savoir-être.

Apprendre le français au niveau intermédiaire: chacun peut y accéder de manière naturelle

En Suisse, la majorité des adultes a appris le français à l’école mais nombreux d’entre eux ne savent pas l’utiliser en contexte, sauf les personnes ayant été scolarisées dans les régions bilingues français-allemand. Ainsi, à l’hôpital de l’Ile à Berne, le personnel soignant parle couramment au moins deux langues: l’allemand et le français, tandis qu’en province, l’utilisation des langues dans le milieu hospitalier est quasi nulle. Utiliser l’anglais dans un contexte professionnel social-médical laisse prévoir beaucoup de malentendus, d’erreurs et de complications. Dans les secteurs économiques, bien des dirigeants et des cadres ne savent pas s’exprimer en français ou très mal, raison pour laquelle les enseignants de langue et les formateurs ont intérêts, eux aussi, à maîtriser la langue allemande. Cette compétence facilite la compréhension pour les thèmes interculturels, psycholinguistiques mais également économiques et politiques.

Voici quelques réflexions pour faciliter le passage de la langue allemande à la langue française: développez une vision sur la manière dont vous aimeriez que les autres communiquent avec vous et expérimentez dans la pratique. Attirez l’attention sur vous en faisant de même envers autrui. Aimeriez-vous être invité par une organisation? Proposez vous-même de lui rendre visite ou invitez la personne responsable pour un dîner d’affaires.

  • Ayez toujours un journal, une revue, un livre en français près de vous pour y lire quelques lignes.
  • Créez des contacts avec des francophones et offrez de vraies valeurs humaines en invitant une ou des personnes.
  • Refusez les comportements douteux, la communication nébuleuse, exigez la clarté et ayez le courage de formuler clairement.
  • Ne mettez pas en pratique d’anciennes constructions de mots apprises par cœur si le contexte est inapproprié. Elles ne servent strictement à rien.
  • Si vous êtes hostile à l’égard de quelqu’un, l’animosité et l’antipathie, la violence et l’agressivité ne sont pas un terrain fertile pour créer de bons arguments, des objectifs, des concepts.
  • Construisez vos arguments sur la base de faits réels et intégrez-y l’innovation ainsi qu’une stratégie transparente.
  • Lors d’un entretien, lors de la lecture d’une lettre, d’un manuscrit, si vous n’êtes pas sûr de bien avoir compris, posez des questions, par écrit, par téléphone, par e-mail. Reformulez, confirmez, demandez-une confirmation. Ne pas interpréter soi-même un état nébuleux.
  • Écoutez, cherchez à comprendre, analysez, agissez.
  • Faites preuve de bienveillance: soyez généreux, offrez des «mots», un comportement constructif, mais également des cadeaux non-verbaux (certaines personnes n’ont encore jamais offert des fleurs à une personne!). Offrez et recevez sans arrière-pensée.

Voici quelques formules de remerciements. Elles peuvent être utilisées à l’écrit comme à l’oral:

  • Je vous remercie.
  • Je suis très reconnaissant, merci.
  • Merci pour votre soutien.
    … pour votre patience.
    … pour vos bons arguments.
    … pour votre disponibilité.
    … je vous remercie de votre amabilité.
    … de votre engagement.
    … de vos bonnes paroles.
    … de votre gentillesse.
    … de votre excellente idée.
    … de votre confiance.

→   N’attendez pas de l’autre qu’il vous donne ce dont vous êtes vous-même incapable d’offrir.

Les compétences communicatives, un facteur (inter-)culturel et psychologique déterminant pour notre santé

Faire des compliments c’est aussi, bien sûr, s’intéresser à la personne, à l’objet, à l’appartement, au bureau, à la profession, ou à un autre thème. Pourquoi un psychologue ou un médecin ne devrait-il pas remercier la clientèle de la confiance qu’il lui témoigne? Le monde professionnel serait-il en train de devenir uniquement un champ de relations narcissiques ?

Encore de nos jours, le statut universitaire définit avant tout l’intelligence rationnelle. Les personnes appartenant à une catégorie intellectuelle ou à une hiérarchie supérieure sont considérées comme peu efficaces si elles se définissent à travers la gentillesse. Autrefois, la courtoisie était attendue des employés envers leurs supérieurs, tel un ordre infantilisant. En politique, la dureté et la froideur font plutôt bon ménage. Cette époque est révolue. La superficialité des nouvelles technologiques exigent de nouveaux comportements dirigés vers plus d’humanité et de chaleur. Le mot «empathie» a remplacé la gentillesse, la bonté est devenue «professionnelle». Même si le vocabulaire entre adultes est controversé, le sentiment pour lequel nous nous investissons est le même: une forme d’amour et de chaleur partagée dans la communication verbale.

Dites à une personne comme c’est agréable de travailler avec elle, comme elle vous rend la vie agréable (en donnant des arguments clairs). Prenez l’habitude de formuler des compliments sincères:

  • J’ai apprécié votre manière de négocier (d’établir cette liste, etc.)
  • J’apprécie votre manière insouciante de communiquer, etc.
  • Vous êtes une personne bien agréable.
  • Je suis content de discuter de cela (de ça) avec vous.
  • Vous avez fait du beau travail.
  • Vous avez fait du bon travail.

 Comment dire?

Répondre à quelqu’un qui vous a dit ou écrit quelque chose de très agréable

  • Les aimables paroles que vous venez de m’adresser, Monsieur Martin, m’ont beaucoup touché et je vous en remercie vivement (par écrit).
  • Les aimables paroles que vous venez d’exprimer, Madame Martin, me touchent beaucoup et je vous en remercie sincèrement (oral, interaction directe).
  • Les gentilles paroles que vous exprimez, Monsieur Martin, me touchent beaucoup (oral, interaction directe).
  • Je vous remercie de vos aimables paroles («pour» est également correct mais un peu plus familier, c’est un germanisme: ich danke Ihnen für…)

Proposer, accepter ou refuser une invitation personnelle ou professionnelle

  • Tu es libre?
  • Tu serais libre?
  • Vous êtes libre?
  • Vous seriez libres, disponibles?
  • Je peux vous inviter au restaurant?
  • Vous avez quelque chose de prévu?
  • Vous n’avez rien de prévu?
  • Vous avez quelque chose de prévu ce soir? Vous avez quelque chose de prévu jeudi prochain?
  • Tu as quelque chose de prévu?
  • Ça te dirait de venir?
  • Ça vous dirait de venir chez moi (chez nous)?
  • Ça vous dirait de dîner à la maison?
  • J’aimerais vous inviter au restaurant, vous êtes libre?
  • J’aimerais vous inviter au restaurant, vous acceptez de venir?

 Accepter ou refuser

  • Oui, volontiers! Désolé(e), je suis pris(e).
  • Oui, ça me ferait très plaisir. C’est dommage, je ne suis pas libre.
  • Oui, je veux bien. J’aimerais bien, mais je ne peux pas!
  • Oui, avec plaisir! Ce serait bien.
  • Oui, super! Génial (fam.) Cette semaine, ça me paraît difficile.
  • Samedi, ça devrait aller. Ça va être difficile. (Impossible!)

 Annuler ou remettre une invitation

  • Je vais être obligé(e) d’annuler notre rendez-vous-vous, je suis désolé(e)!
  • Je suis obligé(e) de repousser/reporter/remettre notre rendez-vous.
  • Je suis désolé(e), j’ai un empêchement.
  • Est-ce que nous pouvons remettre notre dîner à la semaine prochaine?
  • Malheureusement, je ne vais pouvoir venir, je suis vraiment désolé(e)!

Féliciter

  • Félicitations !
  • Toutes mes félicitations! Toutes nos félicitations!
  • Je te félicite! Je vous félicite!
  • Tu l’as bien mérité! Vous l’avez bien mérité!
  • Je suis fier (fière) de toi! Je suis fier (fière) de vous!
  • Nous sommes très contents pour toi / pour vous!
  • Je suis vraiment heureux(se) pour toi / pour vous!
  • On va arroser ça (fam.) On va fêter ça! (fam.)

Répondre à quelqu’un qui vous a dit ou écrit quelque chose de désagréable

Positionnez-vous selon l’importance du contact: questionnez, montrez votre déception, ou ignorez et laissez tomber.

  • Vos paroles sont injustifiées, pouvons-nous en discuter? (écrit et oral)
  • Le ton de votre critique nous a déplu (écrit et oral)
  • Les propos que vous avez tenus au sujet de… sont inacceptables et je tiens à vous exprimer ma déception (par écrit).
  • Les propos que vous tenez dans votre lettre du 31 mars sont désobligeants. Nous vous prions de clarifier vos propos (écrit).
  • Votre manière de vous exprimer me déçoit (oral).
  • Je refuse votre manière de vous exprimer, Madame Martin (oral, interaction directe).
  • Vos mots, Monsieur Martin, me blessent. (oral, interaction directe)
  • Je suis déçu(e) de vos paroles désagréables.
  • Je me sens mal traité(e) par vos paroles.

Accéder à une meilleure connaissance de soi clarifie le style de communication et facilite l’acquisition d’une langue

La fidélité à soi-même, c’est ce refuge, cette liberté que je me donne et pour laquelle je m’engage afin de répondre à mon besoin de cohérence interne. Lorsque je m’engage vis-à-vis de l’autre, je ne peux pas savoir à l’avance comment elle va se développer, grandir ou végéter.

Nous savons que

  • pour se «centrer», il est essentiel de rester fidèle à soi
  • toute expression ne devient pas communication.
  • toute relation ne se développe pas en attachement.
  • tout échange ne se traduit pas par un engagement.

Clarifier nos images, élucider ses peurs, réapprendre à formuler, se positionner plus clairement dans la rencontre avec autrui, tout cet apprentissage est caractérisé par la volonté de ne plus se laisser définir par l’autre.

 

 

  

Institut de Langue Française et d’Expression ILFE
Antoinette Vonlanthen, novembre 2017

 

APPRENDRE À SE DÉFENDRE

Si chacun transmettait sa colère et sa déception auprès des personnes qui ont causé un désagrément, il y aurait moins de dépressions. La peur de s’exprimer en face renforce le désir de se plaindre auprès des amis, des collègues de travail ou des membres de la famille. C’est inutile!
Il faut dire les choses directement, se faire entendre à tout prix. Non pas qu’il faille s’attarder sur le moindre détail qui ne nous plaît pas, il s’agit de se positionner pour nos droits et nos valeurs. Dans le monde des affaires, de nombreux managers pratiquent systématiquement la politique de l’autruche lorsqu’il s’agit de se confronter aux thèmes désagréables. La loyauté et l’égalité sont considérées comme des valeurs subjectives, donc non rentables. Ils s’attardent sur leur propre statut, sur le bilan de l’entreprise sans prendre en considération la satisfaction des employés ou de la clientèle, bien qu’elle soit mise en avant dans leur publicité ou leur stratégie de communication. De plus en plus, le marketing sonne faux et tend un piège à l’observateur le plus chevronné, celui qui pourrait devenir un employé, un partenaire, un client potentiel. Le management fondé sur la peur et le bluff ne correspond plus aux valeurs et aux normes de la société et la met en danger.

Encore dernièrement, un fournisseur privé dans la télécommunication me disait: «Avec nos 33 000 clients, si l’on devait rembourser chaque erreur que nous faisons, nous pourrions fermer la boutique.» Je lui ai répondu que lors des 70% de mes achats ou mandats, par exemple un travail de support informatique, une publicité professionnelle dans un journal ou autre, je devais signaler une erreur au prestataire et que je perdais non seulement de l’argent mais surtout du temps à devoir expliquer, respectivement argumenter. Comme la personne est de moins en moins protégée dans son identité, de nombreuses entreprises en profitent et exigent de la clientèle une tolérance qui dépasse le bon entendement. Selon mon expérience, ces entreprises sont sur la pente du déclin, la communication est à l’agonie.

Pour en revenir aux prestations fournies: à partir du moment où le client paie, il a le droit d’exiger un produit impeccable. Il est capital de s’exprimer, quitte à se faire traiter de personne pénible.
Il est plus facile de se faire entendre lorsque nous nous exprimons à travers le «Je». Donc, dire «Je ne suis pas satisfaite de votre produit» et non «Votre produit ne vaut rien.»
«J’aimerais être dédommagée» ou «Je trouve que vous devriez me dédommager» et non «Vous devez me dédommager.»

Il suffit également de s’écouter soi-même. Dès que nous élevons la voix, il faut la réajuster pour ne pas provoquer inutilement l’interlocuteur. Mais, parfois, il s’agit de trouver une stratégie de communication un peu plus radicale. Lorsque j’appelle quelqu’un que je ne connais pas, pour régler une affaire professionnelle, par exemple, et que cette personne crie en s’annonçant (Je trouve cette manière de faire choquante), je crie à mon tour en prononçant mon nom comme si j’étais au militaire. Ensuite, je continue avec une voix sereine. La personne au bout du fil a compris qu’elle devait ménager sa tonalité, respectivement son interlocutrice.

Les managers intéressés aux relations humaines, à la qualité des prestations,  au rendement économique à long terme, acceptent les revendications de leurs employés ou de leurs clients. Dans le cas contraire, ils perdent leurs plus chers collaborateurs et clients. Pire, ils perdent leur dignité.

Dans mes coachings de communication, je précise qu’il n’existe aucun miracle, à part celui de s’assumer et d’apprendre à se défendre. De ce point de vue, la vie n’est pas marrante du tout, mais sommes-nous au monde pour nous «marrer»? C’est bien étroit comme vision. Lorsque nous avons gagné quelquefois après s’être défendu ou battu, nous découvrons un champ d’alternatives riches en émotion et compassion. Une porte s’ouvre «TOUTE GRANDE». Et ça, c’est encore plus beau que de se marrer.

 

 

Le succès de Jules Brand (Une conversation chez les Benoît)

Aujourd’hui, à dîner, M. Benoît et Germaine ont eu une conversation vraiment intéressante. A peine assise à table, Germaine a demandé à son père:

— Pourquoi as-tu justement choisi ce Jules Brand comme apprenti, au bureau, ce matin?

— Eh, ma fille, Jules Brand n’a-t-il pas l’air intelligent et comme il faut?

— Je veux bien… Mais sur les neuf candidats qui se sont présentés, lui seul est venu sans certificats, sans recommandations et nous ne connaissons même pas sa famille.

— Cela est vrai, Germaine. Mais les Brand sont sûrement des gens d’ordre et de propreté.

— Comment le sais-tu papa?

— Je vais te le dire. Avant d’entrer dans mon bureau, ce jeune homme a frappé discrètement à la porte. Puis, il s’est soigneusement essuyé les pieds sur le paillasson. Ensuite, il a ôté poliment son chapeau et, sur mon invitation, s’est assis tranquillement sur une chaise et non brusquement comme les autres… N’est-ce pas la preuve que Jules Brand est bien élevé?

— Si, papa, mais encore?

— Ensuite, il a dit simplement et distinctement ce qu’il avait à dire. Il a écouté attentivement mes questions et m’a avoué franchement qu’il ne sait rien ou peu de chose. Il a ramassé promptement une feuille de papier tombée à terre, au lieu de marcher dessus comme les autres jeunes gens, pourtant chaudement recommandés … Cette action …

— Ah ! Je comprends maintenant …

— Oui, ma fille, cette action a suffi pour me déterminer. J’ai engagé Jules Brand tout de suite, parce que ses certificats et ses recommandations, il les porte sur lui et dans sa conduite …

Les frères et sœurs de Germaine ont écouté silencieusement cette conversation. Mais, en sortant de table, Charlot s’est dit: Oh! Plus tard, je veux aussi faire comme Jules Brand.

 

 

Cours intuitif de français, deuxième année, À LA MAISON von Albert Schenk und Ernest Trösch, Verlag W. Trösch, 1922, Leçon 24, page 60, Lecture

Un peu de grammaire! L’ORDRE DES PRONOMS l’un par rapport à l’autre

Créer des conditions favorables pour l’apprentissage de la langue française consiste, entre autres, à comprendre les rouages de la grammaire. Nécessaire à une bonne expression verbale, elle est  fortement liée aux interactions humaines. Les exercices et l’entraînement pratique sollicitent l’attention, la concentration, l’esprit d’observation, la réflexion, la mémoire, ainsi que les connaissances,  les facultés communicatives, l’expérience et l’imagination.

En apprenant les pronoms comme dans la liste ci-après, vous trouverez toujours très facilement la place d’un pronom par rapport à l’autre :

ME, TE, SE, NOUS, VOUS, LE, LA, LES, LUI, LEUR, Y, EN

Donc, vous dites : Il ME LA donne, et non : Il la me donne, car dans la liste ME est placé avant LA.
Nous la leur écrivons, car dans la liste LA est placé avant LEUR.

Autres exemples:

Elle te les donne.
Elle vous en parle.
Il les y a mis.
Je les lui offrirai.
Il m’y conduira.
J’ai entendu Françoise ouvrir la fenêtre. → Je l’ai entendue l’ouvrir.
J’ai vu mon ami aller à l’hôtel. → Je l’ai vu y aller.
Je me suis fait couper les cheveux. → Je me les suis fait couper.

Avec la négation: Je montre ma nouvelle montre à mon frère. → Je la lui montre / Je ne la lui montre pas.

Exception
A la forme impérative-positive, les pronoms sont toujours placés après le verbe;
ME est remplacé par MOI et MOI + EN + M’EN TE est remplacé par TOI et TOI + EN = T’EN Téléphone-moi
Donne-m’en ! Va-t’en!

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Réflexion didactique

Pour que les élèves et les adultes (français langue secondaire) mémorisent bien les pronoms, il vaut mieux enseigner les pronoms à petites doses, de manière conséquente, mais sur une longue durée. Faire intervenir l’idée – ou la pensée – de l’interaction humaine est une méthode puissante et authentique. Par ex. en faisant des jeux de rôle, ou selon des modèles donnés, faire écrire des phrases spontanées, courtes, dans lesquelles ils peuvent jouer avec les me, te, le, etc. Lorsque les élèves doivent apprendre les pronoms et qu’ils n’ont pas compris les règles, „ils traînent“ les erreurs jusqu’à l’âge adulte. C’est ce qui provoque des blocages. En enseignant les pronoms de manière imagée et théâtrale, les élèves réalisent qu’ils entrent dans le processus des relations humaines: l’interaction. C’est cet enjeu qui est important, car ils se sentent concernés personnellement. Dans notre société, nous parlons de „globalisation“, d’intégration, de transparence. Dans le milieu scolaire, la grammaire devrait être enseignée de manière „globalisée“, avec beaucoup de transparence, afin qu’elle soit intégrée dans la communication verbale.