ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Kategorie: Créativité

La méthode holistique dans l’enseignement du français renforce l’image de soi

L’actualité sociale et économique, particulièrement turbulente depuis l’hiver 2020, se révèle quotidiennement une autre et les gens, en conséquence, à la quête de repères fiables. À chaque époque, l‘aspiration à la performance et la qualité ont été réalisées au détriment de la santé des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes âgées, de la nature et des animaux. Les racines de cette déformation résident dans les relations de pouvoir inégalitaire du système éducatif, les intérêts divergents dans la formation continue professionnelle, ignorant la réalité sur le marché du travail, dans le comportement consumériste des gens puis, finalement, dans le développement du numérique qui a transformé le système des valeurs.

Mieux comprendre les fameux critères de qualité

L’obligation pour les instituts de formation ou les entreprises de répondre de plus en plus à des critères de qualité alourdit l’appareil administratif. Lors de la pandémie, les concepts du e-learning ont montré à quel point la pratique est complexe lorsque dans les familles les installations technologiques en sont à leurs débuts et qu’aujourd’hui encore, des adultes ne savent pas écrire des courriels. Tôt ou tard, la personne apprenante ou employée dans l’entreprise se sent bernée et a besoin d’un soutien actif loin des écrans afin qu’elle puisse mieux s’organiser. Dans les instituts de formation, comme dans toutes les entreprises ou familles, la révolution technologique produit des coûts élevés non seulement administratifs. De nombreuses personnes œuvrant dans les secteurs concernés sont placées devant des problèmes de santé. L’absentéisme, la dépression, l’alcool, la drogue, les dégâts familiaux et sociaux sont considérables ; la violence et les abus sexuels restent tabous, tout comme les racines du burnout (qui, selon mon analyse, provient d’un ensemble d’interactions manipulatives au niveau du groupe/ relations de pouvoir et fixation sur un „bouc émissaire“). Créer des labels de qualité, c’est séparer l’humain de ses besoins affectifs et l’utiliser comme un produit de marketing.

Les labels de qualité devraient servir à orienter les clients ; sur le terrain la réalité est différente car ces critères ne tiennent ni compte des procédures internes ou externes ni de l’organisation des installations technologies numériques, qui demandent énormément de temps à mettre en place jusqu’à ce qu’elles fonctionnent, ni de la formation des employés à la suite du renouvellement informatique, ni du mécontentement du personnel face à ce travail administratif pesant. Le résultat des critères de qualité repose donc souvent sur des analyses et des constats flous, superficiels et faux. Le consommateur paie les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui l’intéresse. Cette problématique concerne tous les établissements sous pression du lobby des milieux économiques, qui exploitent des voies d’influence inimaginables pour atteindre leurs objectifs.

Il n’en reste pas moins qu’il est inutile de peindre le diable sur les murs. Les consommateurs sont libres de financer les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui les intéresse. Aujourd’hui, le consommateur et la consommatrice sont plus critiques, ils se laissent moins manipuler et en fin de compte, ce sont eux qui dirigent le marché.

La qualité au niveau de l’enseignement du français en Suisse

Lorsqu’il s’agit de s’exprimer en français dans les entreprises et dans les milieux de la formation professionnelle de Suisse alémanique, le constat est particulièrement flagrant : les connaissances acquises lors de la scolarité sont insuffisantes. Se vanter de la qualité professionnelle à travers l’implication de la langue anglaise, quelque peu mieux utilisée que le français mais sous un genre cow-boy typique à la Suisse traditionnelle, est un moyen d’affaiblir l’identité individuelle, comme l’estime de soi.

Le plaisir d’apprendre et de comprendre le français facilite le dialogue

Enseigner ou apprendre le français dans un esprit systémique, c’est avant tout relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. Ceux-ci renforcent la disposition au changement. Dans ce but, la prise de conscience individuelle permet de mieux cibler sa propre réalité et de gérer de manière « systématique » son savoir, son savoir-faire, son savoir-être (ses besoins et ses intentions).

Bien qu’il n’existe aucune méthode unique pour enseigner ou apprendre une langue, l’Institut de Langue Française et d’Expression a créé une approche visant à ce que tout changement puisse être réalisé à travers les relations des individus entre eux. Pour comprendre la systémique, nous pouvons nous référer à notre éducation. Quelle est notre biographie psycholinguistique ?

Dans l’enfance, nous avons été conditionnés par les différents systèmes dans lesquels nous avons vécu. Dès notre naissance, nous avons été  confrontés à l’un des premiers systèmes de pensée : celui de nos parents, puis ceux que représentent les membres de la famille d’une génération à l’autre, leur manière de s’exprimer (arbitraire, indulgente, égalitaire, différenciée, attentionnée). La variété des codes de communication et les mécanismes socio-cognitifs forment un système propre au groupe. Plus tard, nous sommes impliqués dans le système scolaire, puis professionnel, politique, culturel, artistique, et dans bien d’autres encore. Notre langue maternelle ou nos langues maternelles s’imprègnent donc d’un langage contextuel multiple. Une des caractéristiques est le fait que les composantes interagissent entre elles.

Mettre en lien les compétences facilite la mémorisation

À l’âge adulte, lorsque nous apprenons une nouvelle langue ou que nous voulons rafraîchir les connaissances acquises, la pensée systémique aide à réfléchir à l’ensemble. Cela signifie accorder de l’importance aux relations entre les différents systèmes et entre leurs différentes composantes. La Suisse, avec ses quatre langues nationales et ses multiples dialectes est composée de systèmes complexes en raison des nombreux patois – dialectes – qui existent. Prendre en compte la connaissance de soi, les conditions sociales de l’environnement dans lequel on aimerait parler le français, veut dire comprendre un système dans un contexte global. On peut parler de
« Pensée holistique ». Sur cette base, il est plus facile de poser des objectifs réalistes : qu’ai-je à dire, quelle influence aurai-je à mon tour ?  Cette question prend de l’importance dès qu’une bonne base grammaticale est acquise, accompagnée du vocabulaire nécessaire à l’usage courant.  La communication se développe dans le cadre d’un ou plusieurs systèmes selon les objectifs linguistiques : quelles sont mes expériences en entreprise, en formation continue, et quels effets ont-ils sur ma manière de concevoir la culture dans laquelle j’aimerais me développer ? À partir de cette prise de clarté, que faisons-nous de cette influence dans notre parcours d’adulte ?

Le rêve de la créativité et de l’innovation est une question de résilience

Quiconque a appris à développer l’auto-efficacité, à se redresser dans n’importe quelle situation est capable de résister aux vents contraires. La plupart d’entre nous rêve de sortir du système dans lequel nous avons grandi pour en créer un qui nous est propre ; en réalité la majorité se plaint des résistances au changement. Selon mon expérience en tant que formatrice, le temps consacré aux idées et aux projets se répartit comme suit : 20 % pour la conception et la mise en œuvre du projet ; 80 % pour surmonter les résistances et déjouer les pièges. À condition d’avoir été correctement anticipées les résistances sont pourtant évitables. Apprendre ou perfectionner une langue réactive les systèmes dans lesquels nous avons fait des expériences. Ce processus de prise de conscience nécessite de la flexibilité et de l’espace (appelée « le temps ») afin de vaincre la peur de replonger dans les souvenirs négatifs, de pouvoir rendre l’assimilation de ce qui vient d’être appris dans un nouveau contexte de la vie quotidienne.

Parallèlement à l’enseignement de la langue française, l’Institut de Langue Française et d’Expression propose des outils concrets de pilotage du changement en tenant compte de la sémantique, c’est-à-dire chercher à comprendre les transactions linguistiques d’un système à l’autre comme l’utilisation d’un mot dans un contexte donné ainsi que sa résonance, comment ce mot peut signifier une opposition et analyser le refoulement affectif qu’il implique dans un autre système.

L’organisation du vocabulaire dans le monde du travail conduit à des solutions innovantes.

Maîtriser les outils linguistiques présuppose d’anticiper et promouvoir le changement à travers de multiples disciplines :

  • Sociolinguistique
    Diversité culturelle et identitaire, particularités linguistiques : dialectes (diglossie), argot, jargon, expressions (citations), styles de communication.
  • Linguistique
    Vocabulaire, grammaire et syntaxe, terminologie, phonétique.
  • Psychologie
    Aspects cognitifs de l’apprendre, du savoir être, du savoir-faire, conceptions d’apprentissage des valeurs, utilisation des expériences implicites ; biographie des compétences à travers les souvenirs d’enfance ; connaissances humaines interpersonnelles ; sources de résistance et solutions de résilience.
  • Psychanalyse
    Réflexion sur l’identité individuelle et collective.
  • Créativité
    Expérimentation ; gestion de la nouveauté.
  • Philosophie
    Éthique et bien-être.
  • Management
    Gestion culturelle ; apprentissage et communication organisationnelles en entreprise.

Construire une relation de confiance entre personne formatrice et personne apprenante facilite grandement l’acquisition ou la transmission des compétences linguistiques. Une participation commune permet de prioriser les sujets pertinents, de les analyser, de choisir plusieurs options, d’apprendre à gérer la nouveauté, de la développer et de la consolider.

 Le public concerné

Les cours de français, les séances de communication/développement personnel et de conseil sont destinés à toute personne active dans la vie privée ou œuvrant dans les entreprises : cadres et dirigeants d’entreprises, concepteurs et porteurs de projets, entrepreneurs, consultants et formateurs, responsables en ressources humaines.

La créativité dans le phénomène du changement

Chercher à comprendre le monde est un défi autre que celui de tenir un titre ou suivre une formation rétribuée par un diplôme et la promesse qu’il ouvrira de nouvelles portes à notre destinée. Ce savoir-faire est étroitement lié au phénomène du changement, donc au lâcher prise et au rebondissement.

Réfléchir sur l’expression verbale, la sienne et celle des autres, signifie toujours avoir une intention. Qui ressent le besoin de communiquer ne peut le mettre en pratique sans être coopératif en même temps. Pour simuler, nourrir et finalement réaliser mes propres intentions, j’ai besoin de connaître les normes qui prévalent dans mon entourage ainsi que les nombreuses valeurs ancrées dans mon quotidien. Nous nous sentons reliés aux gens qui partagent les mêmes idéaux et les mêmes convictions politiques que nous, même si parfois, en les connaissant mieux, nous préférerions les ignorer. Le fait de vouloir comprendre nous place devant de gros enjeux et déclenche une abondance d’intentions, passage symbolique à l’inspiration et la créativité. Pour laisser évoluer des relations, on invente la roue.

Pour les penseurs indépendants, le fonctionnement des systèmes freine le développement

Depuis le début des années deux mille, le vivre ensemble est défini sous des sociétés différenciées : les systèmes. Chacun d’entre eux revendique le monopole de son fonctionnement sans préciser les raisons qui soutiennent ou mènent à l’enrichissement de l’ensemble de la société. Wikipedia, en allemand, décrit la politique comme « régulant les affaires d’une communauté par le biais de décisions contraignantes ». Or, l’Église et l’État, l’économie et la politique, la médecine et l’éducation, représentent des systèmes dans lesquels il s’agit d’interagir en fonction d’une administration et de sa représentation vers l’extérieur au lieu de développer un – précieux – réservoir d’idées. Le système perd donc son attractivité et devient inefficace, raison pour laquelle les changements sont difficiles à mettre en place. Une personne étroitement liée à un ou plusieurs systèmes est souvent empruntée lorsqu’il s’agit de mettre en scène une rhétorique individuelle. Peu habile dans les capacités cognitives, elle s’en remet plus au concept global du système que d’instaurer la confiance, tendre vers l’égalité entre hommes et femmes, rejeter la violence, favoriser l’innovation.  Au centre d’un système déterminé, la personne considère plus facilement les activités artistiques – en particulier celles des femmes – comme des compétences professionnelles peu rentables.

La raison de cette division au sein de la société est liée à la croyance que la vérité n’appartient qu’à des groupes distincts capables de lier les pires contradictions. La finesse nécessaire dans un système est de toujours de garder un œil ouvert « avec l’autre » et non « sur l’autre ». Accepter des opinions divergentes est le meilleur instrument pour de meilleures solutions. On pourrait donc dire qu’un système devrait faciliter la transparence, la propagation d’un mouvement social et économique équilibré, représenter des entités morales visant à encourager des actions créant du sens. Or, les systèmes sont principalement constitués de différentes parties en réseau dans lesquelles les contraintes étouffent la créativité et où personne ne se sent moralement responsable. Pour cela et pour d’autres raisons, de moins en moins de gens parmi nous sont habitués à gérer quelque chose et ne recherchent pas non plus des moyens pour en être capables. L’inquiétude, la peur ou la lâcheté en sont probablement les motifs principaux. Il est facile de justifier sa position à travers le mépris et le rejet d’un présupposé « idéalisme subjectif », reflet d’une profonde amertume appelée « consensus, plus précisément élimination ».  Ce manque de réflexion et d’analyse favorise les systèmes frauduleux de la cybercriminalité. Non pas des personnes individuelles sont remises en cause, mais les groupes dirigeants des systèmes qui fonctionnent dans l’anonymité administrative. Ces mécanismes invisibles forment un terrain idéal pour les transgressions d’ordre juridique. Les auteurs ou les organisations frauduleuses, repérables seulement après l’analyse concrète du fonctionnement d’un système, utilisent le manque de transparence, l’anonymat ainsi que les mécanismes techniques à leur avantage.

Être une personne bien (morale), une vertu acquise dans l’enfance et sans lien avec un titre attribué

Se diriger vers le futur, c’est être capable de comprendre le passé, de l’avoir géré et d’en tirer le meilleur. Ces trois conditions forment le sens moral. Ils font partie d’un processus créatif qui remonte à la petite enfance, à l’instant où le développement du langage et de la pensée du nourrisson se construit, même s’il ne parle pas encore. Les mots et leur résonance sont, dans une large mesure, une question d’intimité, de soins et de compassion. Le petit enfant entouré d’affection et d’interactions émotionnelles bienfaisantes avec les adultes, ressentira plus de facilité à vivre avec eux que s’il avait vécu des sentiments d’abandon. C’est le cas des enfants hospitalisés sur une longue durée, des migrants ou tous ceux qui ont été isolés pour une cause ou une autre. La plupart d’entre nous, à l’âge adulte, démontrent une grande flexibilité et s’adaptent facilement, conditions permettant notre survie. Nos besoins matériels et sociaux changent selon des contextes qui, malgré nous, ont été constamment modifiés. Ces modifications favorisent la vulnérabilité et influencent la manière de réfléchir sur notre statut. Se remettre en question définit notre personnalité car lorsqu’il s’agit de planifier notre devenir, nous sommes quotidiennement en opposition avec la nature humaine. Le statut est devenu le résultat d’un endoctrinement quotidien, le culte de notre société, l’obsession par le biais de la publicité
« être quelqu’un » ou acquérir quelque chose pour devenir ce quelqu’un, en quelque sorte représenter un objet parmi d’autres. En poussant la réflexion, on pourrait ajouter „être le produit d’un système déterminé“.

Comment les gens devraient-ils savoir ce qu’ils veulent et ce dont ils ont vraiment besoin s’ils se sentent comme ceux qui n’ont consommé que des aliments dont le goût a été altéré – trop sucré, trop salé, aromatisé artificiellement – et qui ne peuvent plus goûter les fines nuances des produits naturels. Le « quoi » et le « combien » – dominent le quotidien et le « comment faire » appris au jardin d’enfant a perdu du sens.

Comprendre les intentions des autres sans monnayer les tissus de relations

Le raisonnement est le résultat d’une communication de groupe sur un esprit de fond partagé. Notre intelligence sociale et notre langage vont de pair. En tant qu’êtres vivants naturellement doués, nous pouvons reconnaître les intentions des autres et ainsi, nous sentir reliés, prêts à nous mettre au diapason des autres. De ce point de vue, l’attitude créative pourrait être considérée comme un acte moral : se distinguer des autres, non pas pour être mieux ou chercher le pouvoir, mais pour souligner sa différence et tenir en équilibre le groupe.

Dans les relations de la vie sociale et la vie des affaires, les interactions humaines profondes facilitent le raisonnement. Elles nous permettent de nous sentir concernés par une expérience, un thème, une vision et nous donnent envie d’être responsables. En revanche, l’indifférence représente en quelque sorte une rébellion lors de laquelle le langage et l’action sociale sont subtilement monnayés ou utilisés à des fins autres que le partage. L’altruisme, attitude généreuse libre et gratuite, libérée des contraintes, ressemble fort à l’attitude créative, à l’expérience spirituelle. Non seulement, elle apporte du réconfort, elle sert de modèle de société. Beaucoup parmi nous, interprètent les mots de „morale“ et „créativité“ de manière fantaisiste. Pour ma part, j’ai fait l’expérience qu’être une personne morale ne veut pas dire renoncer au plaisir, mais à la frivolité. Comprendre le renoncement ne concerne donc pas seulement une cause matérielle mais comprendre une forme de toxicité mentale, celle que nous retrouvons dans les cercles des relations imposées. Là où le motif du profit plane, le partenariat social propage une fausse idée de la sécurité matérielle. Le fruit d’un système sous-développé peut être comparé au constat du nombre élevé de personnes âgées ayant porté la plus grande partie de leur vie une responsabilité professionnelle et qui malgré tout, perdent leur emploi et/ou reçoivent des retraites indignes de leurs engagements. Cette réalité donne le vertige.

Les créateurs et créatrices redonnent la vie

L’adulte doté d’une curiosité insatiable se renseigne, pose des questions, cherche des liens de causalité pour les mettre en relation. Il lui est plus facile de lâcher la bride. Le défi des gens créateurs – sans lien avec les capacités artistiques – est donc bel et bien de sortir du rang et de transgresser les idées reçues. Ils ne le font pas pour jouer un rôle, mais pour donner du sens. Porter une attention particulière à ces éléments engendre des résultats extrêmement bénéfiques. Créer une nouvelle dimension en vue de préserver l’intégrité des créateurs est essentielle. Elle répond à un besoin intuitif de comprendre à partir de l’observation, l’écoute, la vue, le ressenti et d’associer ces différents éléments entre eux, afin d’obtenir une réponse. La motivation de la curiosité de l’enfant part de là. Par contre, la créativité vantée dans les milieux professionnels débouche trop souvent sur des considérations économiques. Les managers, formés avant tout à mesurer, comparer, produire, calculer, taisent leur intuition. Donc, quand un collaborateur fait preuve de curiosité, elle est considérée comme un danger, un risque à éviter, un idéal sans consistance.

Ne pas savoir, taire un fait, refuser, une réalité quotidienne

Chercher à comprendre et amorcer le changement ne donnent pas de réponses immédiates, d’où le malaise ressenti par de nombreuses personnes en quête de résultats rapides. Dans une société déterminée par l’efficacité, ne pas pouvoir répondre à une attente, une question, un désir, signifie pour certains afficher une faiblesse, un échec. Il n’y a rien de honteux à dire que nous n’avons ni la connaissance ni l’expérience de ce qui nous est demandé. Le désastre réside dans le fait d’être incapable de le reconnaître ou de donner l’impression à la personne censée apporter une réponse,  que si elle n’en a pas, elle est sur le mauvais chemin, ou du moins sur un chemin classé idéologiquement comme malsain.

Admettre de ne pas savoir nous met sur une piste de ce quelque chose d’inconnu qui pourrait être développé, vers lequel un nouveau regard pourrait être tendu, afin d’y coller un nom. Dire non ou je ne sais pas, c’est dire à l’autre que je suis différent de lui, mais surtout que je suis à une autre « place » que celle que l’autre attend de moi.

Face au non-savoir, il n’y a qu’une façon d’être sincère, il y en a cent d’être habile, comme faire des recherches, se renseigner auprès d’experts ou poser des questions au bon endroit. Devant un refus, nous pouvons en rechercher les raisons, proposer des alternatives, redéfinir un projet ou simplement admettre que le moment pour un oui n’est pas le bon ou que le contexte est inopportun à notre demande. Les caractéristiques de notre personnalité ne déclenchent que rarement la cause d’un refus. Elle est souvent due à la variabilité inhérente de la situation actuelle, à un jugement hâtif ou aux préjugés, à la divergence des intérêts ou à la conformité hiérarchique. Lorsque le non caractérise le mal-être, le désintérêt, l’égocentrisme ou une attitude arrogante, notre responsabilité n’est pas non plus engagée. C’est sa formule inadéquate qui en est la cause ou si le « non-savoir » dissimule une vérité plus profonde, parfois adéquatement tue ou manipulée, la cachoterie, c’est le caractère moral de la personne qui est en jeu.

Être créateur ou créatrice dans le sens de l’acte social

Être véritablement créatif signifie reconnaître que nous sommes prisonniers de nous-mêmes et donc que nous sommes capables de nous libérer des opinions des autres, de nourrir notre fascination pour les choses qui nous entourent, nous libérer des apparences trompeuses et des préjugés, „être éveillé.e“, trouver les mots justes pour qu’ils aient un impact. Il n’existe aucun catalogue garantissant notre devenir. En revanche, il existe des pistes intéressantes.

Quelles sont les caractéristiques psychologiques des « créateurs » ?

1. Quitter le berceau

Quitter tôt ou tard l’environnement familial ne veut pas dire le trahir, c’est vouloir aller à la conquête de sa propre vie et ainsi, partager cette richesse. Prendre le risque de s’affirmer est une condition pour devenir adulte.

2. Être motivé et s’engager

Être convaincu d’un sentiment ou d’une idée mène à une prise de décision et pousse à agir. L’échec n’est pas perçu comme une défaite, mais comme un signe lucide et révélateur : il y a une autre piste à prendre ! La motivation se trouve dans l’intérêt que nous portons aux choses, aux différents thèmes, dans la compassion que nous témoignons aux personnes.

3. S’accepter

Reconnaître ses émotions, être ouvert.e à toutes les pensées, prêt.e à faire évoluer ses croyances personnelles, favorise l’innovation. L’ouverture à l’expérience, à l’originalité dans tous les domaines révèle un terrain propice à la création. L’acceptation de soi s’impose alors comme l’achèvement d’un travail de développement personnel.

4. S’estimer

La maîtrise émotionnelle est liée à un comportement extraverti, favorisant les contacts sociaux. Le créateur valorise son œuvre, l’échec fait ainsi l’objet d’un véritable renouvellement et non pas d’une simple défaite. L’estime de soi présuppose enfin ne pas plaire à tout le monde.

5. Être différencié

Accepter d’avoir des idées inhabituelles, en grand nombre, dans différents domaines, donne à l’élan créateur toute sa force. Se connaître permet finalement d’accepter l’autre tel qu’il est.

6. Aimer la contradiction

Être prêt à changer d’idée afin de transgresser une opinion au départ estimée pourtant juste. Les souvenirs, notre expérience et notre imagination nous amènent à recréer quelque chose de nouveau. La contradiction n’est pas le début de la défaite, c’est aller au contraire au-devant de la difficulté pour mieux la transformer.

7. Prendre du recul

Lâcher prise permet de se dégager des mécanismes comportementaux, par exemple rejeter ses propres erreurs sur les autres, remettre en question des stéréotypes sociaux sur la condition féminine ou masculine, faire le vide pour s’ouvrir à quelque chose de nouveau, être prêt à vivre une expérience unique.

Rechercher la solitude est la preuve d’une grande maturité et non pas d’un refus social (ou d’une sociophobie).

8. Jongler mentalement

Pour le créateur, peser le pour et le contre d’une idée, d’une décision, la refuser, l’accepter pour mieux l’abandonner, renverser une situation, toutes ces composantes font partie d’un processus naturel. La complexité apparaît alors comme l’élément moteur de la motivation. Le jeu n’est pas seulement réservé aux enfants, il démontre un esprit souple (flexible) et constructif.

9. Imaginer, simuler et mettre en scène

Sortir du cadre de référence donne au créateur le sentiment de vivre plus amplement, car il étouffe dans l’habitude. Il met en scène une nouvelle version de sa découverte. Celle-ci peut être perçue comme infantile, alors que ce n’est que la représentation d’une transgression par rapport à ce qui est déjà connu. L’imagination n’est jamais quelque chose de dangereux ! Que nous le voulions ou non, elle bouillonne sans cesse. Nous avons tout intérêt à l’accepter telle quelle.

10. Prendre des décisions rapidement

Le créateur, tout en jouant avec la complexité, conscient de la dynamique créative, arrive à se positionner naturellement. Ce n’est certes point une solution de facilité, mais plutôt un aboutissement du processus de transformation qu’il peut vite décider ainsi.

11. Associer librement les idées et les images

Que ce soit dans la littérature, dans le vécu, la connaissance ou les rêves, le créateur a besoin de combiner, consciemment ou inconsciemment les images, les idées et les sentiments.

Qu’est-ce qui empêche la créativité ?

a) Se définir à travers des valeurs traditionnelles sans lien avec notre talent
b) Vouloir le beurre et l’argent du beurre
c) Accepter la malveillance
d) Refuser la critique
d) La dépendance

Qu’est-ce qui favorise la créativité ?

a) Se définir à travers son potentiel
b) Faire des choix
c) Refuser la malveillance
d) Accepter la critique
d) L’autonomie

Design linguistique à l’ère de la numérisation

La maîtrise de la langue maternelle – si elle s’avère possible –, d’une seconde langue ou étrangère,  dépasse la fonction linguistique comme l’utilisation du vocabulaire, la grammaire ou de la prononciation. S’exprimer verbalement prend sa source dans des fonctions psychologiques comme l’image de soi, la mémorisation, l’empathie, la capacité de se faire une idée des faits, de ressentir l’émotion, d’observer, d’imaginer, pouvoir nommer, comparer et décrire. Maîtriser une langue, c’est rendre l’énoncé accessible à des milieux différents et le faire accepter par la majorité d’entre eux.  Plus que jamais, à l’époque du numérique, c’est résister et préserver le feu intérieur. Les systèmes ou classification de catégories rendent la perception de l’identité humaine au sein d’une collectivité plus transparente. Des sous-groupes seraient imaginables, par exemple pour le discernement, l’imagination et la raison. Cependant, le danger est de se perdre dans la nébulosité des thèmes, une forme d’intellect inintelligible, et ainsi de s’écarter de l’essentiel : la dignité humaine.

Certitudes et solitudes

Porter de l’importance à son style d’expression verbale sous-entend « être » maître de soi dans un système individuel et collectif :

  • considérer au plus près ses besoins et convictions pour être compris là où il importe, 
  • connaître les systèmes de pensée dans lesquels nous désirons progresser,
  • prendre des risques, faire des erreurs, vivre l’échec ou le succès

 Plus nous combinons nos facultés, plus nous nous approchons d’une manière originale de nous exprimer et de nous faire comprendre.

1. LE SYSTÈME DE LA RELATION SOCIALE

Le patriarcat, les familles monoparentales, l’immigration, les problèmes écologiques, les épidémies, la globalisation, la pauvreté, l’alcoolisme, le manque de formation, le chômage sur une longue durée, l’immigration, la violence psychique et physique ou même le refus de la pensée émancipatoire favorisent les troubles du développement affectif de l’enfant. Ils peuvent engendrer des traumatismes au cours de la petite enfance, la scolarité obligatoire, la formation professionnelle et l’entrée dans le monde du travail : blocage langagier intense, utilisation des rapports de force, incapacité de concentration, manque d’enthousiasme, difficulté de mémorisation, dépression et problème relationnel. D’autres facteurs peuvent créer un barrage mental à la créativité comme une maladie chronique s’intègre à la personnalité. Mais, ces mêmes mécanismes peuvent également inciter un individu dans certains cas à découvrir et utiliser un énorme potentiel dans de nouveaux domaines. Ce processus de résilience génère une énergie considérable et donne une qualité exceptionnelle à la relation avec les autres. Promouvoir ces compétences dépend de l’expérience et des conditions vécues entre enfants et parents ou autres personnes nourricières, éducateurs, étudiants avec enseignants, formateurs et professionnels avec mentors dotés de capacités permettant de reconnaître l’efficacité prête à germer des apprenants et d’en tenir compte lors de l’instruction.

2. LE SYSTÈME DE L’ORGANISATION EN ENTREPRISE

Dans les entreprises, en raison de la séparation des compétences personnelles et professionnelles, les relations humaines sont amputées de leurs dimensions émotionnelles. La majorité des adultes rêvent de pouvoir vivre une intelligence simple et fluide, d’être compris simplement à travers un dialogue plausible, sans devoir se justifier, expliquer ou raisonner dans une atmosphère tendue. Comprendre l’organisation en entreprise simplifie l’explication de la vie psychique et de la conscience personnelle, à savoir

  • la représentation de notre position sociale
  • le savoir être et le savoir faire face aux relations humaines
  • les enjeux et la réorientation professionnelle
  • la marche de l’entreprise

3. LE SYSTÈME DES CROYANCES

Classifier l’utilisation de catégories (ou sous-systèmes) facilite la compréhension pour la pensée divergente dans une orientation terminologique.  En vue du dénouement des tensions relationnelles et des situations conflictuelles dans divers milieux, elle facilite la vulgarisation et l’interaction entre les divers acteurs. Ce sont les catégories suivantes :

  • familiaux,
  • religieux,
  • artistiques,
  • économiques,
  • politiques,
  • informatiques,
  • culturels,
  • de santé ou de sport. 

4.  LE SYSTÈME DE LA COMMUNICATION VERBALE

Dans ce système, la classification sert à comprendre la nécessité de se réinventer, créer son propre style d’expression en jouant avec les influences, les enchaînements relationnels, les connexions, les coopérations, l’équilibre entre l’image de soi, les attentes extérieures, l’interaction sociale et les retombées sur sa personnalité et dans la collectivité. Il s’agit de construire une identité flexible dont les composantes reposent sur un choix varié d’intérêts  :

  • la langue relationnelle ou sociale,
  • la langue de l’information,
  • la langue professionnelle : journalistique, informatique, médicale, psychologique, etc.
  • la langue littéraire 

À l’intérieur du système de communication, il y a la représentation de notre personnalité : pouvoir se créer une sphère de réflexion, « se réfléchir » en soi-même. C’est une force qu’on pourrait également appeler de « lumière », d’entendement (Vernunft), de raison, de conscience. Les forces de notre âme ne sont rien d’autre que des abstractions, des opérations métaphysiques.

5. LE SYSTÈME DE LA LINGUISTIQUE APPLIQUÉE

Relativiser l’idéologie digitale
À l’intersection des connaissances informatiques et digitales, l’acquisition et la construction de la langue prend une dimension inédite, dont la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe, la sémantique, la phonétique, la compétence discursive et les outils de formation à la communication orale et écrite. En raison des formes de communication à distance sur Internet, le langage dialogique et spontané rend sa viabilité limitée. La liberté de l’intervention individuelle à toute heure dans chaque circonstance s’écarte de l’instruction en formation continue. Trop longtemps, les milieux politiques, scientifiques, économiques ou journalistiques ont détenu le monopole de la communication. Au fil du temps, de simples personnes civiles, ignorées par ces milieux, ont réalisé qu’elles avaient, elles aussi, leur mot à dire. Elles se sont saisies de l’idéologie digitale pour mener la résistance. S’en servir uniquement en vue de prendre sa place dans la société, à savoir partager ses opinions et donner des réponses avant que les vraies questions soient posées est devenue un modèle de fonctionnement efficace. La capacité naturelle à s’ouvrir à de nouvelles choses facilite la transgression de vieux schémas et renforce le sentiment d’appartenance. En même temps, cette ouverture est devenue une zone saturée d’informations, ce qui atténue la cohérence du propos, l’effet de surprise et l’authenticité de la personne.

Linguistique connectée aux réalités
S’impliquer individuellement, comme l’encadrement des collègues, la prise de parole, conduire un entretien d’embauche, valoriser un proche ou une collaboratrice, demande une proximité physique, du moins une présence attentive sur la durée. Le langage en face-à-face renforce l’image/l’estime de soi dans laquelle la voix, l’articulation et la manière de dire, le regard des yeux et le comportement mental alternent dans un rythme naturel. Éveiller la créativité – l’innovation – relève d’une richesse intérieure et extérieure essentielle à l’avancement de la société. Dans un premier temps, ce potentiel est invisible, voire inconscient. Le son résonne en différentes parties du corps et d’autres phénomènes, comme les mouvements du corps, l’odeur de la peau, des vêtements et du lieu où l’on se trouve, se propagent seulement dans une interaction physique. Ni les contacts sur les plates-formes dans internet, ni la technologie vocale ne tiennent compte des ondes vibratoires de l’individu.

6. LE SYSTÈME PRAXÉOLOGIQUE

Être sur cette planète est le signe que nous devons accepter de se faire confiance car nous sommes nés seuls et mourrons seuls et non sur une plate-forme invisible. Raconter des histoires, acquérir des connaissances, apprendre le savoir être, enseigner, partager des expériences en présence d’une ou plusieurs personnes est le seul moyen de partager notre vulnérabilité, les joies et les moments de découragement, de connaître ses propres qualités et celles des autres, ses défauts et ceux des autres, de découvrir la beauté d’un mot, d’un regard ou d’un visage, d’un coucher ou lever de soleil.

 

Formation d’adultes, développement linguistique, construction identitaire et créativité, Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE)

Actualiser la mémoire

Dans ce texte, j’utilise le pronom „nous“ en vue d’intégrer les nombreux dialogues avec des personnes engagées dans la formation continue et le développement personnel. Il m’importe de partager mes réflexions et non pas de parler en leur nom ou dans l’intention d’imposer mes convictions.

Porter de l’intérêt sur soi et sur les autres est une expérience en constante évolution. En devenant adultes, nous réalisons combien nous sommes mal préparés à l’évolution de notre personnalité et comme il est difficile de sortir des sentiers battus en restant dépendants de nos proches dans la vie privée ou professionnelle. Personne ne nous a enseigné que

  • le désir de possession étouffe la qualité de la mémoire,
  • les anciennes coutumes procurent un sentiment d’appartenance mais déstabilisent également,
  • les souvenirs sont en lien étroit avec notre style de vie, nos décisions, nos peurs ou nos talents,
  • les souvenirs influencent notre destinée.

S’attarder sur l’activité de notre mémoire fait resurgir des émotions et des craintes, d’où le désir de retenir ce qui est connu, y compris ce qui fait du mal. Les nouvelles idées surgissent dans la sérénité, elles viennent et disparaissent, resurgissent là où on ne les attend pas et s’effacent aussitôt. Avoir accès à cette intelligence fluide et cristallisée n’est pas chose aisée pour qui se détourne des obstacles et des conflits, privilégie la distraction et le gain, ne peut résister à la tendance de se comparer aux autres. Dans une société visant la performance, il faut beaucoup de courage, d’endurance et de persuasion pour affronter la complexité de la vie et faire l’expérience du vide, du non-savoir. La superficialité détruit l’estime de soi, la profondeur la renforce. Pour bien des personnes, le souvenir ressemble à de la pédanterie. Tout est question d’interprétation et de contexte. En tant qu’artiste peintre, je définis le souvenir comme libérateur et créateur, en tant que formatrice, comme motivateur et facilitateur. Au quotidien, le souvenir enrichit la mémoire, une vraie réappropriation de soi. J’ai vu des clients/participants les larmes aux yeux lorsqu’ils ont revécu une expérience lors de laquelle ils n’ont pas été jugés sur leurs erreurs de français, leur manière d’apprendre, de mal prononcer un mot, d’être sincères avec eux-mêmes. Pouvoir avouer que nous ne savons pas, que nous ne voyons pas de sens à ceci ou cela, pouvoir exprimer le souvenir enfouit qui nous a bloqués si longtemps est une vraie force. Une nouvelle vie commence exactement à ce moment-là.

 

Est-il possible d’évoluer avec le souvenir en restant attachés à ses proches ?

Je le pense, toutefois dans un nouveau contexte. Vivre et partager la singularité que nous avons difficilement construite, c’est être capable d’assumer la solitude, donc pouvoir assumer sa fragilité et la nommer. Par contre, il n’y a aucune garantie d’être accepté dans sa différence. Celle-ci est construite sur de nombreux éléments complexes : notre capacité à agir, rebondir, avoir de l’humour, d’être flexible dans notre manière de penser et d’agir. Je ressens régulièrement un déséquilibre entre ce que je crois être et les images que les autres se font de moi. Les personnes travaillant avec leur „âme et leur cœur“ sont idéalisées. Avec l’âge, nous mûrissons, la vulnérabilité est une force. Elle devient sacrée et s’explique avec peine. Il ne reste que la générosité. Elle nous préserve de la violence en chacun de nous et empêche les mauvais souvenirs de prendre le dessus. Cette expérience n’est pas quantifiable et ne peut se mesurer en matière de force ou de faiblesse, de succès ou d’échec car elle touche chaque membre de la famille ou de l’entreprise à des degrés variables. Nous nous développons grâce à nos différences. La richesse spirituelle d’une personne incite au partage et à la découverte mais peut également déclencher chez les autres un sentiment de jalousie, de mépris et de dégoût, car mieux se connaître demande la même curiosité – et non des preuves – que celle de l’enfant qui essaie de marcher : tomber et se relever ; c’est la base de l’apprendre, de la créativité et de l’innovation. En maintenant le statut quo et en continuant à tisser des fils usés et ternes, en manipulant les chiffres, la collectivité ou des tierces personnes pour se revaloriser, il est impossible de construire „avec“ le temps. Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement, dit Bouddha.

Supporter cette ambivalence influence la mémoire. Dans le chaos, des particules bienveillantes se développent et mettent de l’ordre pour que les mots émergent et résonnent. Porter une attention particulière à ce détail se répercute agréablement sur le dialogue.

Apprendre ou améliorer une langue dans un tel contexte procure un sentiment profond de liberté. Je trouve cela révolutionnaire.

 

 

Leçon de philosophie

Comme à travers mille clins d’œil, les mots expriment l’entente ou la mésentente, le consentement ou le refus, l’intérêt ou le désintérêt, la sincérité ou la duperie, l’envie ou le dégoût. Chacun de nous porte un regard différent et nuancé sur son vocabulaire, persuadé de sa propre vérité. Les malentendus ainsi provoqués nous mettent en face de notre ignorance. Les causes objectives des bien-pensants ne sont que tyrannie dans un monde agité. Elles répandent la confusion, donnent matière à l’interprétation ou à la confrontation. Raisonner sur des faits sans les avoir expérimentés soi-même, chercher à convaincre sans être capable de faire don de soi, distraire ou instruire un public sans connaître la force et la fragilité de l’autre, montrer sa supériorité à travers la morale, tout cela est tendance à chaque époque.

Les gens se considérant comme objectifs dans leur manière de réfléchir et d’entreprendre me déstabilisent. Ils nient l’émotion, la tristesse et la joie. Ils perçoivent les jeunes comme naïfs, les personnes fragiles comme inutiles et considèrent la fin de vie comme un échec. De plus en plus, les assistantes qui travaillent pour eux les quittent et se tournent vers une école de management ou vers une profession libérale. Dans les entreprises, la douceur dans l’interaction verbale ainsi que la recherche de l’harmonie pourraient être des qualités personnelles, humaines et relationnelles. Elles faciliteraient les relations hiérarchiques, permettraient d’instaurer un climat propice à l’interaction, de mieux intégrer des personnes dans un groupe, de motiver une équipe, de conduire des entretiens et de s’épanouir. Toutefois, les compétences cognitives sont encore trop perçues comme des valeurs propres à la vie privée, aux domaines psychologiques ou psychothérapeutiques.

Quel avenir?
Le monde commence à changer. Une conscience collective est en train d’éclore : l’individu saccage la nature, mais aussi sabote sa propre humanité jusqu’à son extinction. Je veux bien croire que les dinosaures aient été tués par un astéroïde il y a 65 millions d’années, mais

  • que des milliers d’espèces aient disparu en quelques années,
  • que les sols et la nourriture soient contaminés par les pesticides,
  • que des centaines de personnes se suicident en Suisse,
  • qu’une femme meure tous les quinze jours à cause de la violence d’un homme,
  • que les gens choisissent une organisation pour fixer la date de leur mort parce qu’ils ne veulent pas déranger,
  • qu’un nombre toujours plus grand de réfugiés restent bloqués aux frontières dans des tentes quasi inhabitables,
  • que le nom des plus riches du monde soit publié indécemment,
  • que de nombreux adultes ne soient pas en mesure de comprendre ou de parler une seconde langue nationale bien qu’elle ait été enseignée par des professionnels à l’école pendant plusieurs années,
  • que des travailleurs de 50 ans craignent de perdre leur emploi en raison de leur âge,

tous ces faits démontrent une réalité insupportable.

Voir les choses de manière constructive
Je fais davantage confiance aux professionnels privilégiant la subjectivité individuelle. Avec eux, il est possible de découvrir ensemble

  • de quoi nous avons besoin pour (se faire) vraiment comprendre,
  • comment procéder pour être écouté,
  • … se fier à son expérience et y trouver une source d’inspiration,
  • … choisir des mots qui donnent du sens,
  • … poser les bonnes questions et trouver des réponses,
  • … découvrir la créativité avec rien,
  • … donner envie de relever un défi,
  • … donner espoir sans revenir aux mesures autoritaires d’autrefois,
  • … mieux partager les bénéfices de la qualité et des résultats,
  • … apprendre à poser des limites.

Avoir un idéal est une vertu
Les personnes curieuses et intuitives sont souvent considérées comme peu objectives, ignorant les faits nommés communément « la réalité ». Les gens objectifs visent des critères précis, sans se soucier des conditions de travail lamentables dans lesquelles les hommes et les femmes sont forcés de sélectionner et classer des faits, de fournir une preuve après l’autre.

Des termes lourds de significations et de conséquences
Les mots « qualité », « résultat » et « intelligence artificielle »  résonnent étrangement dans les bouches. La recherche permanente de la qualité dans un système défini par des lobbyistes est certes un objectif nécessaire et noble. Des résultats « objectifs » sont régulièrement publiés dans la presse. Ils ne disent rien ni sur les activités en coulisse, dirigées vers un esprit arbitraire et de compétition mais ne laissant aucune place à la découverte. Dans le domaine de l’agriculture, des soins, de l’hôtellerie et de la restauration, de l’informatique et des médias, la course à la qualité a des conséquences dramatiques sur les relations interpersonnelles. Chacun doit faire attention à ce qu’il dit et comment il le dit. Les gens, immobiles devant les écrans, deviennent insensibles. Le seul sport qu’ils exercent, c’est la course à pied d’une séance à l’autre, le collage d’étiquettes ici et là, entourés de coachs qui entrent et sortent à toutes les heures de la journée pour résoudre les conflits que ces mesures engendrent. Dans le meilleur des cas, ils parlent bien plusieurs langues, sinon, ils se débrouillent dans un anglais restreint.

La qualité, c’est quoi si les dirigeants font du profit leur but principal ?
Dans les supermarchés, les clients achètent bio et, souvent, rapportent chez eux des fruits payés cher, pourris ou durs, n’ayant jamais reçu un rayon de soleil. Dans certains hôpitaux, j’ai été personnellement confrontée à l’absence de qualité : erreur de nom lors d’analyses de sang, sol de salle de bain tapissé d’excréments, plats de nourriture distribués à la va-vite à des personnes venant d’être opérées ou incapables de manger seules, absence d’eau minérale dans les chambres, personnes souffrant de stress ou de dépression, manque de personnel pour cause de burn-out, médecins ignorant la communication centrée vers le patient avant une opération, médecin en conflit avec le personnel soignant.

Les journalistes critiques, ainsi que le simple citoyen, ont du pain sur la planche : observer, analyser, retenir, explorer encore et encore pour oser dire. Peu importe où et comment, sur le papier ou ailleurs.

Les jeunes montrent le chemin à suivre
Quand j’étais enfant, les adultes disaient : tu verras, tu verras… tu comprendras, tu comprendras… J’avais l’impression déjà de cerner l’essentiel. Surtout ne pas l’avouer et le proclamer. Les autres le feront à ma place. La liberté appartient à ceux qui, le cœur vague en faisant de la bicyclette, ne revendiquent rien et ne cherchent pas à gagner. Du moins, c’est ce que j’en déduisais. Bien sûr, je me trompais.

Léo Ferré chante « Avec le temps, tout s’en va et on oublie… la tendresse s’en va toute seule… il faut laisser faire et c’est très bien… surtout ne prends pas froid. »

Éviter les luttes de classe
Si politiciens, économistes ou autres dirigeants souhaitent rester au pouvoir, ils feraient bien de s’inspirer d’un minimum de subjectivité. Ils verraient combien ce nouveau regard sur les qualités cognitives contribue au sentiment du devoir bien fait. 

 

L’excès de modestie, une mise en scène guindée

À toutes les époques, l’imposture et la fanfaronnade envahissent les rues. En revanche, la fausse modestie et le style empesé détruisent les villes, les continents et les sociétés.

Savoir mettre en relief sa personnalité est un comportement naturel et légitime sans qu’il faille le comparer à une pathologie. Les gens bouffis d’orgueil acceptent mal cette réalité quotidienne. Placer la vérité plus haut que soi les rend vulnérables. Ils soulèvent des thèmes politiques, économiques, religieux, philosophiques ou autres, persuadés qu’ils agissent en toute innocence pour le bien de la collectivité. Leur voix trahit le besoin de reconnaissance et d’estime, ils se mettent donc maladroitement en scène et envahissent l’espace sans y construire l’essentiel.

L’humilité demande de façonner de manière créative son propre avenir de manière bienveillante et aussi lucide que possible, en position de découverte, de progression et d’amélioration. Développer consciemment un style de communication, placer ses forces et ses expériences au centre de ses intérêts représentent un support puissant pour le langage, pour soi et son entourage.

J’entends souvent des critiques très dures à l’intention de personnalités menant avec succès leur vie professionnelle ou personnelle. « Elle est désagréable, tout le monde l’évite, elle est seule à donner le ton, elle déteste la critique, elle est difficile, elle est spéciale ».

La réalité est ainsi. Qui veut atteindre un objectif a besoin de persévérance et de conviction, reste indifférent aux ragots.

Lorsqu’une personne est remise en question pour sa force de caractère – et tous les renoncements que cela suppose – il serait intéressant de se demander d’où vient cette curieuse envie de couper la tête aux gens qui réussissent.

Serait-ce un sentiment de culpabilité de ne pas avoir tout entrepris pour se dépasser ? La fausse modestie est trompeuse, elle ressemble fortement à de l’oisiveté.

DÉVELOPPEMENT PERSONNEL ET COMMUNICATION


Une personne charismatique séduit le public par ses attitudes dirigées vers la simplicité, le courage et l’originalité.

Vous rêvez de vivre votre différence ? Devenez humble, exprimez vos pensées clairement et partagez le meilleur en vous.
Un entraînement en quelques lignes :

Faciliter la résilience
Être capable de travailler à sa cohérence, accepter ses erreurs en restant libre de préjugés à son égard, s’excuser de ses faux pas auprès de partenaires démontre les caractéristiques de notre propre vulnérabilité et par là, une plus grande humanité.

Véhiculer un sentiment d’appartenance
Il vaut mieux partager les privilèges qui nous ont été octroyés que de les étaler au grand jour en vue de nous donner un sentiment de puissance par rapport aux autres.

Réfléchir sur le passé
Contrairement à ce que nous font croire beaucoup de personnes rationnelles, éprises de positivisme et de recettes psychologiques, ruminer de temps en temps fait partie du processus de développement. Les étapes de la dépression servent à récupérer de l’énergie. Analyser, par contre, facilite la compréhension, la transformation et la résolution de problèmes. Regarder en arrière est une condition pour repartir avec de nouvelles lunettes et permet de poser des objectifs plus près de notre réalité.

Mettre des priorités
aide à se projeter plus sereinement et prendre pied dans l’inconnu.

Transmettre son énergie
Créer de l’atmosphère soi-même évite de chercher la force à l’extérieur ainsi qu’auprès de personnes sensées nous aider à vivre, voire prendre la responsabilité pour notre vie.

Rester libre
Ne pas se disperser dans des associations ou des comités laisse une grande marge de manœuvre pour les réels problèmes. Les groupes, de par leurs systèmes conventionnels, cimentent plus facilement les racines d’un malaise.

Dégager le sens du contact
Être généreux.se dans notre manière d’être est bien plus important que le choix de vêtements à la mode. Pourtant, avoir du style dégage un esprit souple.

Ce qui nous rend digne
Faire attention à la tonalité, la tenue de son corps, ses gestes, la clarté des mots, la manière de s’exprimer, même avec un physique mutilé par un accident ou une maladie, renforce la beauté d’une personne.

L’ouverture d’esprit
Coopérer tout en étant orienté vers la pratique, planifier son savoir, par exemple l’apprentissage des langues, démontre la joie de vivre.

La vie est autre chose qu’un programme défini
La société, c’est-à-dire l’homme, se construit sur la base d’expériences inattendues et poursuit une logique naturelle comme le renouvellement des saisons. Être attentif à chaque chose démontre une forme de respect et de bienveillance.

Découvrir le charisme à travers la découverte des mots
Les mots donnent du relief à la pensée et déclenchent l’action. Entraîner la parole sur le vécu met en route de nouvelles perspectives, permet d’avancer en osant l’argumentation. S’exprimer différemment, en combinant l’expérience d’adulte avec le vocabulaire et le ressenti de l’enfant intérieur, révèle un potentiel sous de nouvelles formes.

Trop d’activités sont le résultat du refoulement. Elles masquent les contraintes du quotidien, de l’éducation ou des traumatismes dans l’enfance. Être sans cesse occupé.e empêche une bonne gestion du temps, la motivation et le sens de la relation. Chacun de nous possède l’énergie de création. Plus nous aimons ce que nous entreprenons, plus nous nous faisons confiance et plus la force se manifeste facilement.  Nous nous laissons guider par ce qui nous tire vers l’action.

Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE)

AV-2019

Créativité langagière

Quand on parle d’éducation des adultes, trois éléments y participent : la nature, la culture, la société dans laquelle les relations humaines jouent un rôle prédominant.

Parmi les principaux défis à relever aujourd’hui dans l’enseignement des langues, plus particulièrement du français, figurent sans aucun doute la nécessité de concilier le respect des différences et comprendre la maîtrise de l’information, le transfert d’un élément à l’autre ainsi que les complexes transformations qui en découlent au niveau cognitif.

Les exigences sociales, politiques et économiques, perçues comme des crises passagères, s’infiltrent de manière subtile dans notre quotidien et nous influencent bien plus que nous ne le pensons. L’informatique et les applications numériques et téléphoniques ainsi que les technologies associées sont conçues pour une communication brève, éliminant les rouages de la communication humaine. Ils sont donc à redéfinir dans une perspective de créativité facile à mémoriser.

Se découvrir à travers le langage, un enrichissement

La découverte passe inévitablement par sa propre remise en question: dans quel milieu suis-je né ? Quelles images en ai-je, quelles expériences ai-je faites ? Quelles sont mes compétences sociales ? Suis-je apte à prendre du recul par rapport à des situations différentes ? Quelle est mon attitude envers les autres ? Quelles sont mes valeurs ? Comment ma manière de communiquer est-elle perçue par mon environnement ? L’individu étant le centre de la collectivité, le retour sur soi à travers l’acquisition d’une langue est paradoxalement une approche sociologique collective. Reconstruire un univers de pensée déclenche l’empathie et l’ouverture à la connaissance, à l’expérience, d’où en découle la compétence en communication.

Représentations dans la pratique

Selon mon expérience, l’application du français est plus facile lorsque divers éléments sont combinés entre eux. Par exemple,

  1. la grammaire et le vocabulaire sont liés à des facteurs autobiographiques, des visions, des situations d’apprentissage réelles.
  2. la sémantique linguistique cognitive est liée aux segments de la communication. La définition et l’interprétation des mots et leurs sources représentent des images utiles dans la mémorisation des acquis.
  3. la phonétique, liste des sons, articulation, acoustique, est liée au langage non verbal et inconscient. Apprendre à décrypter la gestuelle renseigne sur le ressenti, dévoile les émotions cachées. Le mouvement des mains informe sur l’authenticité ou la spontanéité du discours.
  4. la syntaxe – structure des phrases, conditions de bonne formation et règles – est liée à l’expression verbale de l’expérience. Elle rend le dire authentique.
  5. la conversation – ou dialogue – est liée à la conduite d’entretien. L’échange participatif authentique en est renforcé.
  6. la lecture est liée à la compréhension réciproque en situation d’échange; le développement d’idées en est stimulé.
  7. apprendre à apprendre est lié à la mise en œuvre d’un projet en relation avec la langue apprise.


Acquérir une langue, c’est également apprendre à s’orienter de manière différente.  L’expérience est une transmutation qui se reflète de manière naturelle dans l’approche linguistique.

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

Un bagage spirituel

Face à l’autre, une personne bienveillante engendre parfois des malentendus, comme le désir de séduction. Reconsidérer la bonté à un niveau élargi consiste non pas à développer la sentimentalité, mais à entraîner la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, donc,  à

  • développer l’autonomie et la créativité
  • apprendre à s’analyser
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude
  • s’accepter

Une femme bienveillante est considérée comme bien socialisée. Par contre, un homme bienveillant signalise un comportement paternaliste quelque peu déplacé. Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité ou encore mieux, comme la perte de l’autorité. Elle entre dans le catalogue de la qualité de travail uniquement si elle sert à satisfaire des rapports de force, considérés comme un signe d’assurance et de détermination. Comme chez les animaux, la prise de pouvoir est dictée par un sentiment unilatéral de survie, un désir de domination, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. Cette angoisse archaïque nécessite une prise de conscience et un entraînement spirituel difficiles. Mêler l’autorité à la bienveillance est un arrangement charismatique dans lequel l’émotion et la force du raisonnement sont étroitement liées. C’est exactement le fondement des méthodes agiles, si préconisées de nos jours.