ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
Headbild Blog
< Startseite Blog < www.ilfe.ch

Kategorie: Créativité

L’excès de modestie, une mise en scène guindée

À toutes les époques, l’imposture et la fanfaronnade envahissent les rues. En revanche, la fausse modestie et le style empesé détruisent les villes, les continents et les sociétés.

Savoir mettre en relief sa personnalité est un comportement naturel et légitime sans qu’il faille le comparer à une pathologie. Les gens bouffis d’orgueil acceptent mal cette réalité quotidienne. Placer la vérité plus haut que soi les rend vulnérables. Ils soulèvent des thèmes politiques, économiques, religieux, philosophiques ou autres, persuadés qu’ils agissent en toute innocence pour le bien de la collectivité. Leur voix trahit le besoin de reconnaissance et d’estime, ils se mettent donc maladroitement en scène et envahissent l’espace sans y construire l’essentiel.

L’humilité demande de façonner de manière créative son propre avenir de manière bienveillante et aussi lucide que possible, en position de découverte, de progression et d’amélioration. Développer consciemment un style de communication, placer ses forces et ses expériences au centre de ses intérêts représentent un support puissant pour le langage, pour soi et son entourage.

J’entends souvent des critiques très dures à l’intention de personnalités menant avec succès leur vie professionnelle ou personnelle. « Elle est désagréable, tout le monde l’évite, elle est seule à donner le ton, elle déteste la critique, elle est difficile, elle est spéciale ».

La réalité est ainsi. Qui veut atteindre un objectif a besoin de persévérance et de conviction, reste indifférent aux ragots.

Lorsqu’une personne est remise en question pour sa force de caractère – et tous les renoncements que cela suppose – il serait intéressant de se demander d’où vient cette curieuse envie de couper la tête aux gens qui réussissent.

Serait-ce un sentiment de culpabilité de ne pas avoir tout entrepris pour se dépasser ? La fausse modestie est trompeuse, elle ressemble fortement à de l’oisiveté.

DÉVELOPPEMENT PERSONNEL ET COMMUNICATION


Une personne charismatique séduit le public par ses attitudes dirigées vers la simplicité, le courage et l’originalité.

Vous rêvez de vivre votre différence ? Devenez humble, exprimez vos pensées clairement et partagez le meilleur en vous.
Un entraînement en quelques lignes :

de● Faciliter la résilience
Être capable de travailler à sa cohérence, accepter ses erreurs en restant libre de préjugés à son égard, s’excuser de ses faux pas auprès de partenaires démontre les caractéristiques de notre propre vulnérabilité et par là, une plus grande humanité.

Véhiculer un sentiment d’appartenance
Il vaut mieux partager les privilèges qui nous ont été octroyés que de les étaler au grand jour en vue de nous donner un sentiment de puissance par rapport aux autres.

Réfléchir sur le passé
Contrairement à ce que nous font croire beaucoup de personnes rationnelles, éprises de positivisme et de recettes psychologiques, ruminer de temps en temps fait partie du processus de développement. Les étapes de la dépression servent à récupérer de l’énergie. Analyser, par contre, facilite la compréhension, la transformation et la résolution de problèmes. Regarder en arrière est une condition pour repartir avec de nouvelles lunettes et permet de poser des objectifs plus près de notre réalité.

Mettre des priorités
aide à se projeter plus sereinement et prendre pied dans l’inconnu.

Transmettre son énergie
Créer de l’atmosphère soi-même évite de chercher la force à l’extérieur ainsi qu’auprès de personnes sensées nous aider à vivre, voire prendre la responsabilité pour notre vie.

Rester libre
Ne pas se disperser dans des associations ou des comités laisse une grande marge de manœuvre pour les réels problèmes. Les groupes, de par leurs systèmes conventionnels, cimentent plus facilement les racines d’un malaise.

Dégager le sens du contact
Être généreux.se dans notre manière d’être est bien plus important que le choix de vêtements à la mode. Pourtant, avoir du style dégage un esprit souple.

Ce qui nous rend digne
Faire attention à la tonalité, la tenue de son corps, ses gestes, la clarté des mots, la manière de s’exprimer, même avec un physique mutilé par un accident ou une maladie, renforce la beauté d’une personne.

L’ouverture d’esprit
Coopérer tout en étant orienté vers la pratique, planifier son savoir, par exemple l’apprentissage des langues, démontre la joie de vivre.

La vie est autre chose qu’un programme défini
La société, c’est-à-dire l’homme, se construit sur la base d’expériences inattendues et poursuit une logique naturelle comme le renouvellement des saisons. Être attentif à chaque chose démontre une forme de respect et de bienveillance.

Découvrir le charisme à travers la découverte des mots
Les mots donnent du relief à la pensée et déclenchent l’action. Entraîner la parole sur le vécu met en route de nouvelles perspectives, permet d’avancer en osant l’argumentation. S’exprimer différemment, en combinant l’expérience d’adulte avec le vocabulaire et le ressenti de l’enfant intérieur, révèle un potentiel sous de nouvelles formes.

Trop d’activités sont le résultat du refoulement. Elles masquent les contraintes du quotidien, de l’éducation ou des traumatismes dans l’enfance. Être sans cesse occupé.e empêche une bonne gestion du temps, la motivation et le sens de la relation. Chacun de nous possède l’énergie de création. Plus nous aimons ce que nous entreprenons, plus nous nous faisons confiance et plus la force se manifeste facilement.  Nous nous laissons guider par ce qui nous tire vers l’action.

Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE)

AV-2019

Créativité langagière

Quand on parle d’éducation des adultes, trois éléments y participent : la nature, la culture, la société dans laquelle les relations humaines jouent un rôle prédominant.

Parmi les principaux défis à relever aujourd’hui dans l’enseignement des langues, plus particulièrement du français, figurent sans aucun doute la nécessité de concilier le respect des différences et comprendre la maîtrise de l’information, le transfert d’un élément à l’autre ainsi que les complexes transformations qui en découlent au niveau cognitif.

Les exigences sociales, politiques et économiques, perçues comme des crises passagères, s’infiltrent de manière subtile dans notre quotidien et nous influencent bien plus que nous ne le pensons. L’informatique et les applications numériques et téléphoniques ainsi que les technologies associées sont conçues pour une communication brève, éliminant les rouages de la communication humaine. Ils sont donc à redéfinir dans une perspective de créativité facile à mémoriser.

Se découvrir à travers le langage, un enrichissement

La découverte passe inévitablement par sa propre remise en question: dans quel milieu suis-je né ? Quelles images en ai-je, quelles expériences ai-je faites ? Quelles sont mes compétences sociales ? Suis-je apte à prendre du recul par rapport à des situations différentes ? Quelle est mon attitude envers les autres ? Quelles sont mes valeurs ? Comment ma manière de communiquer est-elle perçue par mon environnement ? L’individu étant le centre de la collectivité, le retour sur soi à travers l’acquisition d’une langue est paradoxalement une approche sociologique collective. Reconstruire un univers de pensée déclenche l’empathie et l’ouverture à la connaissance, à l’expérience, d’où en découle la compétence en communication.

Représentations dans la pratique

Selon mon expérience, l’application du français est plus facile lorsque divers éléments sont combinés entre eux. Par exemple,

  1. la grammaire et le vocabulaire sont liés à des facteurs autobiographiques, des visions, des situations d’apprentissage réelles.
  2. la sémantique linguistique cognitive est liée aux segments de la communication. La définition et l’interprétation des mots et leurs sources représentent des images utiles dans la mémorisation des acquis.
  3. la phonétique, liste des sons, articulation, acoustique, est liée au langage non verbal et inconscient. Apprendre à décrypter la gestuelle renseigne sur le ressenti, dévoile les émotions cachées. Le mouvement des mains informe sur l’authenticité ou la spontanéité du discours.
  4. la syntaxe – structure des phrases, conditions de bonne formation et règles – est liée à l’expression verbale de l’expérience. Elle rend le dire authentique.
  5. la conversation – ou dialogue – est liée à la conduite d’entretien. L’échange participatif authentique en est renforcé.
  6. la lecture est liée à la compréhension réciproque en situation d’échange; le développement d’idées en est stimulé.
  7. apprendre à apprendre est lié à la mise en œuvre d’un projet en relation avec la langue apprise.


Acquérir une langue, c’est également apprendre à s’orienter de manière différente.  L’expérience est une transmutation qui se reflète de manière naturelle dans l’approche linguistique.

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

Un bagage spirituel

Face à l’autre, une personne bienveillante engendre parfois des malentendus, comme le désir de séduction. Reconsidérer la bonté à un niveau élargi consiste non pas à développer la sentimentalité, mais à entraîner la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, donc,  à

  • développer l’autonomie et la créativité
  • apprendre à s’analyser
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude
  • s’accepter

Une femme bienveillante est considérée comme bien socialisée. Par contre, un homme bienveillant signalise un comportement paternaliste quelque peu déplacé. Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité ou encore mieux, comme la perte de l’autorité. Elle entre dans le catalogue de la qualité de travail uniquement si elle sert à satisfaire des rapports de force, considérés comme un signe d’assurance et de détermination. Comme chez les animaux, la prise de pouvoir est dictée par un sentiment unilatéral de survie, un désir de domination, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. Cette angoisse archaïque nécessite une prise de conscience et un entraînement spirituel difficiles. Mêler l’autorité à la bienveillance est un arrangement charismatique dans lequel l’émotion et la force du raisonnement sont étroitement liées. C’est exactement le fondement des méthodes agiles, si préconisées de nos jours.