ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Kategorie: Français sur objectifs spécifiques

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

Le succès de Jules Brand (Une conversation chez les Benoît)

Aujourd’hui, à dîner, M. Benoît et Germaine ont eu une conversation vraiment intéressante. A peine assise à table, Germaine a demandé à son père:

— Pourquoi as-tu justement choisi ce Jules Brand comme apprenti, au bureau, ce matin?

— Eh, ma fille, Jules Brand n’a-t-il pas l’air intelligent et comme il faut?

— Je veux bien… Mais sur les neuf candidats qui se sont présentés, lui seul est venu sans certificats, sans recommandations et nous ne connaissons même pas sa famille.

— Cela est vrai, Germaine. Mais les Brand sont sûrement des gens d’ordre et de propreté.

— Comment le sais-tu papa?

— Je vais te le dire. Avant d’entrer dans mon bureau, ce jeune homme a frappé discrètement à la porte. Puis, il s’est soigneusement essuyé les pieds sur le paillasson. Ensuite, il a ôté poliment son chapeau et, sur mon invitation, s’est assis tranquillement sur une chaise et non brusquement comme les autres… N’est-ce pas la preuve que Jules Brand est bien élevé?

— Si, papa, mais encore?

— Ensuite, il a dit simplement et distinctement ce qu’il avait à dire. Il a écouté attentivement mes questions et m’a avoué franchement qu’il ne sait rien ou peu de chose. Il a ramassé promptement une feuille de papier tombée à terre, au lieu de marcher dessus comme les autres jeunes gens, pourtant chaudement recommandés … Cette action …

— Ah ! Je comprends maintenant …

— Oui, ma fille, cette action a suffi pour me déterminer. J’ai engagé Jules Brand tout de suite, parce que ses certificats et ses recommandations, il les porte sur lui et dans sa conduite …

Les frères et sœurs de Germaine ont écouté silencieusement cette conversation. Mais, en sortant de table, Charlot s’est dit: Oh! Plus tard, je veux aussi faire comme Jules Brand.

 

 

Cours intuitif de français, deuxième année, À LA MAISON von Albert Schenk und Ernest Trösch, Verlag W. Trösch, 1922, Leçon 24, page 60, Lecture

La question de l’engagement

Antoinette Vonlanthen

Vouloir se comprendre entre individus exige un regard bienveillant sur sa propre trajectoire de vie. La rencontre avec des personnes engagées a un lien étroit avec la relation que nous entretenons avec nous-même. Rester dans de mauvaises relations favorise les mauvaises énergies et donne l’illusion de pouvoir être libéré un jour de nos responsabilités. Face au devenir adulte, la réalité quotidienne reflète une coupure brutale avec notre désir d’être compris. C’est comme apprendre à jouer d’un instrument. La voix et la mélodie, ça se peaufine. Apprendre à peindre, les formes et les couleurs, ça se travaille. S’exercer à entrer en contact avec les autres, créer une relation, s’investir personnellement, démontre la capacité à gérer les contraintes émotives tout en étant capable d’intégrer la notion de conflit et de solution. À la base du contact personnel, il y a la joie que procure la rencontre, le désir du partage d’idées et d’informations. Ensuite, dans la relation, il y a le désir du partage des valeurs, de la coopération, de biens matériels et immatériels. Beaucoup de personnes ont un esprit encombré et font la distinction continuelle entre contact, rencontre, échange relationnel et relation amoureuse, échange entre homme et femme – le couple –, entre hommes – homosexuels –, entre femmes – lesbiennes–, entre parents et enfants, entre membres de la famille, entre employeurs et employés. Être en contact avec une personne est une chose simple, spontanée, une expérience directe. Changer le cours de l’histoire ne se restreint ni à la connaissance intellectuelle, ni au contrôle permanent de l’individu afin de mieux le maîtriser.

La simplicité facilite les relations humaines

La fragmentation des formes de relations humaines, l’avarice, la fermeture sur soi, l’anxiété, séparent les individus, elle les effraie, les déstabilise. Ils ne comprennent alors pas qu’ils puissent être la source d’intérêt authentique et se ferment aux autres. La peur de trop donner est devenue une stratégie de survie. Les mauvaises expériences se cristallisent dans un modèle standard. Prendre sur soi la frustration, le négativisme dévalorise profondément l’humain. Il s’installe la méfiance, un calcul froid, une exigence démesurée face aux autres, loin de la sagesse potentielle de son propre fonctionnement. La générosité et l’ouverture renforcent la sensitivité et l’émotion. L’impression de trop avoir donné et de ne pas en avoir reçu autant cache un désespoir profond. Je pense aux parents d’enfants handicapés mentalement, ou aussi aux enfants dont un parent est malade et qu’ils doivent accompagner. Je pense surtout à tous ces innocents traités comme des objets, les personnes du troisième âge, considérées comme inutiles dans une société de performance. Curieusement, ce ne sont pas eux qui se plaignent. Non, ce sont ceux qui s’ennuient dans la vie, courent après les fantômes et cherchent des fautifs à leur malheur. Les arbres, les oiseaux, les montagnes, le vent, tout ce qui se meut dans le monde les endurcit alors que la simplicité est une ouverture aux signes intérieurs des choses. Au lieu de nourrir un esprit souple, clair et vif, ils propagent une énergie destructrice autour d’eux parce qu’ils veulent tout: un statut honorable, un bon travail, la voiture, la villa, la résidence secondaire – souvent vide –, les vacances, la richesse, l’amour, le glamour. Ils restent fermés dans leur système de pensée, de solitude, car ils semblent plus protecteurs que l’engagement personnel.

Lorsque j’entre en contact avec une personne, je prends l’initiative de m’investir dans cette interaction, je n’éprouve pas le besoin de l’instruire, de la faire changer de pensée. J’essaie de partager avec elle quelque chose de moi-même, mon expérience. La communication interpersonnelle n’est pratiquement jamais réalisée entièrement. Se sentir compris par une personne que nous ne connaissons pas est une expérience rare, unique, porteuse d’espoir. Le désir du partage avec autrui et l’ouverture envers les autres valent la peine d’être vécus. Porter de l’intérêt aux divergences nous aide à mieux nous connaître.

S’ouvrir aux autres, demande des efforts considérables

«Être intéressé à sa propre conscience et comprendre le processus de notre fonctionnement est un exercice ardu. Nous ne devons laisser subsister aucune réserve intérieure, nous devons donc être mus par une impulsion irrésistible à connaître jusqu’au tréfonds de soi-même le processus de notre être, ce qui sous-tend d’être éveillés à chaque appel intérieur, à chaque murmure, à nos craintes, à nos espoirs et y pénétrer tout en se libérant, de plus en plus. Ce n’est qu’alors – lorsque l’esprit et le cœur sont réellement simples, non cristallisés −, que nous pouvons résoudre les nombreux problèmes qui se dressent devant nous.» (Jiddu Krishnamurti).

Encore aujourd’hui, l’expérience de l’investissement personnel est considéré comme une valeur morale intime et non pas comme un processus de changement dans la détermination des valeurs. Chaque compétence professionnelle doit être supervisée, la connaissance est soumise à des contrôles permanents bien que la perte d’emploi devienne vertigineuse. Désobéir est mal, gagner de l’argent est bien, apprendre dans un cursus universitaire est hautement désirable, lire pour le plaisir n’est pas recommandable, tricher est intelligent, aimer son prochain constitue le plus grand bien, quitte à lui mentir s’il devient une charge trop lourde, même si un sentiment de honte, de peur, de méfiance, de désespoir l’envahit. Sortir de son cadre de référence représente une forme de trahison dans le système familial. Malgré l’avancement des nouvelles technologies, l’homme moderne est fondamentalement aliéné par rapport à lui-même. La conséquence est visible dans l’augmentation des dépressions et l’obésité, mais également dans le nombre élevé de suicides en Suisse, dans la manière complexe et peu compréhensible de communiquer, de garder son intelligence et ses richesses pour soi. Est-ce que ce n’est justement pas ce qui engendre l’envie, l’intolérance, le désir de vengeance et finalement la violence généralisée au niveau mondial?

Que veut dire «avoir le courage de s’investir et de vivre des relations interpersonnelles»?

Ci-dessous, quelques caractéristiques:

• connaître ses capacités
• être en confiance avec son intuition
• être simple, authentique
• être libre de choisir
• ne pas se sentir obligé de satisfaire les attentes des autres
• reconnaître, jongler et accepter ses propres limites
• accepter le doute et être capable de le formuler
• pouvoir faire une erreur et en supporter les conséquences
• chercher à être clair
• avoir la capacité de s’amuser avec sa connaissance, avec les faits
• jouer avec les mots
• accepter d’être critiqué
• aller au bout de soi, sans calcul
• savoir recevoir
• favoriser la découverte
• se dépasser
• innover

et aussi

• se faire respecter
• refuser la manipulation
• refuser une manière de communiquer infantilisante

Comprendre le désengagement pour mieux y faire face

Sur le lieu du travail, lors de voyages, de réceptions, nous sommes parfois en présence de personnes que nous n’avons pas choisies. Elles nous donnent l’occasion de nous ouvrir à notre propre expérience et à intégrer en soi le processus même du changement. Mais, que faire lorsqu’un interlocuteur est fermé, introverti, refuse le dialogue? L’expérience dans notre entourage, la connaissance en sciences humaines nous apprend, par exemple, que les enfants manipulés psychologiquement, c’est-à-dire exploités par leurs parents, ou qui ont subi des actes de violence ou ont été abusés sexuellement, restent souvent jusqu’à un âge avancé, ou même durant toute leur vie, dans l’incapacité de formuler leur pensée, de mettre des mots sur leurs émotions. Le corps et l’âme sont déchirés.
Pour croire profondément en l’humain, il est intéressant de saisir les raisons diverses du désengagement personnel. Derrière les façades, le cynisme glacial et l’arrogance peuvent se cacher la maladie, la pauvreté, les envies suicidaires, la peur existentielle, l’ignorance et aussi la méchanceté, la frustration, un comportement destructeur. Le refus de s’investir et d’entretenir des relations représente l’incapacité de franchir les limites d’un monde étriqué, d’un quotidien figé. Celui dans lequel chacun de nous est vite emprisonné si nous ne faisons pas de l’investissement personnel un exercice quotidien.

L’indépendance d’esprit, la créativité, la confiance en soi sont facilitées lorsque l’autocritique et l’autoévaluation sont considérées comme fondamentales et que l’évaluation par autrui est vue comme secondaire. Suivre des cours de français, ou une autre langue, chercher à mieux communiquer, sont des moyens puissants pour se libérer des contraintes qui nous sont imposées ou que nous nous imposons à nous-même! Bien que les relations humaines ne puissent être définies dans un simple catalogue, il est intéressant de connaître les valeurs que nous voulons défendre et suivre un fil rouge de notre développement personnel.

Quelles sont les qualités attribuées à une personne libre et engagée?

Elle

a.   répond à vos questions, à votre lettre et e-mails
b.   pose des questions si elle ne comprend pas
c.   s’intéresse à vous, à vos idées
d.   cherche à vous faire plaisir
e.   vous remercie
f.    ne cherche pas à vous séduire pour obtenir quelque chose de vous
g.   sait convaincre par des mots simples
h.   sait écouter
i.    montre ses émotions
j.    n’a pas peur de donner des raisons à ses refus
k.   encourage le partage
l.    ne mentionne jamais le temps qu’elle pourrait perdre
m.  ne dit jamais «pas de problème»
n.   vous fait sentir que vous êtes important
o.   formule ses propres doutes
p.   se fait excuser si elle fait des erreurs
q.   ne délègue pas une demande personnelle qui lui est adressée
r.   vous donne son avis si vous le lui demandez
s.   vous conseille spontanément si vous le lui demandez et ne vous répond pas immédiatement «C’est à vous de savoir»
t.   vous fait de meilleures propositions si elle critique votre activité
u.  prend contact avec vous si la sympathie s’installe et n’attend pas que vous fassiez le premier pas
v.   a le courage de parler avec «je» et non pas «on / nous» lorsqu’il s’agit de prendre position et de décider
w.  vous critique en donnant des raisons concrètes
x.   pense ce qu’elle dit et elle fait ce qu’elle dit
y.   se réjouit que vous pensiez différemment d’elle
z.   vous sourit et a un minimum d’humour

L’investissement personnel est comme une marque protégée, une marque de santé. Elle se trouve partout et nulle part; là où l’on s’y attend le moins!

Le goût du risque

Dans notre société moderne, se sentir victime est devenu une banalité, presque une mode: sous l’emprise des responsables politiques, d’un système familial malsain, d’une entreprise visant des rendements toujours plus élevés, la liste est longue. Chacun de nous a vécu au moins une fois un événement traumatique ou même plusieurs, graves parfois. Cela ne justifie pas notre mauvaise habitude de donner plus de pouvoir aux autres qu’à nous-même et de croire qu’ils participeront à la résolution de nos conflits. Apprendre à s’investir devient possible lorsqu’il n’y a pas d’autre choix que de risquer d’être pleinement authentique, lorsque le changement devient inévitable, la décision irrévocable.

Sortir de son cadre de référence

Se sentir digne de vivre, se découvrir, c’est faire confiance à son besoin de transformation. Vouloir être soi-même, c’est tout mettre en œuvre pour y parvenir, soit:

• se former
• prendre soin de soi
• connaître ses besoins
• se respecter
• apprendre à être seul
• être créatif
• s’exercer à s’exprimer
• se passionner pour quelque chose
• considérer l’expérience comme une richesse
• prendre en compte les difficultés de la vie comme un processus naturel
• travailler sur la motivation
• accepter de ne pas tout savoir

L’engagement, un signe de liberté et de maturité

La responsabilité personnelle est d’une importance cruciale. Prendre l’initiative de tracer un nouveau chemin tout en gardant les pieds sur terre, regarder ses angoisses en face et prendre le dessus, personne ne peut le faire à notre place. Si nous n’arrivons pas en tant qu’humain, en tant que société, à utiliser notre potentiel dans l’engagement avec les autres, l’humanité court à sa perte.
La meilleure leçon de courage, je l’ai apprise à l’école, au cours d’histoire. Appelée à m’exprimer sur une leçon que nous avions dû apprendre sur L’Empire romain et les Barbares d’Occident, j’étais debout sur le podium, face à une vingtaine de camarades de classe. Le professeur m’interrogeait sans que je sois capable de répondre. Première, deuxième, troisième question, ainsi de suite.

− Antoinette, tu n’as pas appris ta leçon ? avait-il demandé.
− J’ai lu les chapitres et j’ai oublié, avais-je répondu.

J’étais incapable de rétorquer qu’il n’y avait rien de valable à devoir comprendre les batailles des barbares. Ne pas savoir, quelle belle leçon d’humilité! J’avais obtenu la note 1 sur 10 et me suis souvenue que dans la vie, il fallait se contenter de peu! À douze ans, mes activités quotidiennes, le dessin, les bonnes rédactions que j’écrivais, les tortues qui s’échappaient du jardin, le déménagement prochain de notre domicile m’absorbaient. Tout au fond de moi, quelque chose de très fort se rebiffait à la pensée que la date de l’abdication de Romulus Augustule puisse changer le cours de ma vie!
Ce qui est difficile nous donne l’occasion de vivre des relations humaines riches, de nous investir là où c’est important, même si à certains instants, nous avons l’impression de sombrer dans le doute.

 

 

 

 

L’utilisation du genre masculin a été adoptée afin de faciliter la lecture. Elle n’a aucune intention discriminatoire.

Langenthal, le 20 mars 2017

 

 

L’esprit systémique dans le perfectionnement de la langue française

L’Institut de Langue Française et d’Expression enseigne selon un esprit systémique, c’est-à-dire une tendance à organiser, à relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. La prise de conscience de l’activité de chaque individu dans les différents systèmes de la société permet de mieux cibler sa propre réalité et de prendre en considération de manière «systématique» son savoir, son savoir-faire, ses besoins, ses intentions, dans le but de concevoir un changement et une efficacité linguistique et communicative dans un contexte précis.

Bien qu’il n’y ait pas une méthode unique pour enseigner une langue, l’Institut a créé une approche visant à ce que tout changement conscient et réel puisse être réalisé à travers les relations des individus entre eux. Pour comprendre la systémique, nous pouvons nous référer à notre éducation. Quelle est notre biographie psycholinguistique?


Dès l’enfance, nous sommes conditionnés par les différents systèmes dans lesquels nous avons vécu ou vivons actuellement. A notre naissance, nous sommes influencés par le système langagier de l’environnement familial, avec son propre style de communication et ses codes particuliers, son système cognitif distinct. Plus tard, nous sommes impliqués dans le système scolaire, puis professionnel, politique, culturel, artistique, et dans bien d’autres encore. Notre langue maternelle s’imprègne de ces codes. Une des caractéristiques des systèmes est le fait que les composantes interagissent entre elles.

À l’âge adulte, lorsque nous apprenons une nouvelle langue, la pensée systémique aide à réfléchir à l’ensemble, cela signifie accorder de l’importance aux relations entre les différents systèmes et entre leurs différentes composantes. La Suisse, avec ses quatre langues nationales et ses multiples dialectes est composée de systèmes complexes en raison des nombreux patois – dialectes – qui existent. Prendre en compte le contexte, les conditions ou l’environnement du système dans lequel on aimerait parler le français, par exemple, est une pensée contextuelle. Cela veut dire comprendre le système dans un contexte global. On peut parler de „pensée holistique“. Sur la base de cette pensée, il est plus facile, surtout plus sensé, de poser des objectifs par rapport à ses systèmes de pensées. Qu’ai-je à dire, quelle influence aurai-je à mon tour, dans un contexte donné?  Cette question prend de l’importance dès qu’une bonne base grammaticale, en français, a été acquise, accompagnée du vocabulaire nécessaire à l’usage courant.  La communication se développe dans le cadre d’un ou plusieurs systèmes selon les objectifs linguistiques posés.  Les questions qui se posent sont les suivantes : quels effets les différents systèmes de pensée ont-ils eus sur son éducation? A partir de là, quelle influence décide-t-on d’exercer à l’âge adulte ?

Tout le monde rêve de créativité et d’innovation

En réalité tout le monde se plaint des résistances au changement. Le temps consacré aux idées et aux projets se répartit souvent comme suit: 20 % pour la conception et la mise en œuvre du projet; 80 % pour surmonter les résistances et déjouer les pièges. Les résistances coûtent cher. Elles sont pourtant en majeure partie évitables à condition d’avoir été correctement anticipées. Apprendre une langue nécessite de la flexibilité et de l’espace (qu’on appel en terme commun « le temps ») afin de permettre l’assimilation de ce qui vient d’être appris et l’intégration de ce qui est mémorisé dans un contexte réel de la vie quotidienne: contexte professionnel, contexte politique, contexte environnemental, etc. Parallèlement à l’enseignement de la langue française, l’Institut de Langue Française et d’Expression propose des outils concrets de pilotage des changements en tenant compte des transactions linguistiques d’un système à l’autre.

La formation linguistique comme tremplin du changement

Maîtriser les outils linguistiques dans un contexte systémique présuppose de savoir préparer les changements en utilisant les outils systémiques tant pour les aspects techniques (vocabulaire terminologique, par exemple) qu’humains (psychologiques et comportementaux). Savoir piloter les changements en anticipant et en traitant convenablement les résistances. L’Institut de Langue Française et d’Expression se pose comme objectif de former ses apprenants/clients de manière à ce qu’ils possèdent suffisamment de ressources linguistiques pour s’exprimer en français de manière aisée et convaincante dans un contexte systémique.

Les sept étapes de la démarche de l’Institut de Langue Française et d’Expression: planifier et organiser les cours ou les séances de coaching, préparer les thèmes à traiter, les analyser, diagnostiquer, choisir plusieurs options/décisions, apprendre à vivre avec la nouveauté, en développer les divers éléments en contexte, consolider.

 Le public concerné

Les cours de français et les coachings en communication sont destinés à toute personne œuvrant dans les entreprises, aux coachs, cadres et dirigeants d’entreprises, chefs, concepteurs et porteurs de projet, entrepreneurs, consultants et formateurs en entreprise, directeurs en ressources humaines.

 

 

 

 

 

 

Un peu de grammaire! L’ORDRE DES PRONOMS l’un par rapport à l’autre

Créer des conditions favorables pour l’apprentissage de la langue française consiste, entre autres, à comprendre les rouages de la grammaire. Nécessaire à une bonne expression verbale, elle est  fortement liée aux interactions humaines. Les exercices et l’entraînement pratique sollicitent l’attention, la concentration, l’esprit d’observation, la réflexion, la mémoire, ainsi que les connaissances,  les facultés communicatives, l’expérience et l’imagination.

En apprenant les pronoms comme dans la liste ci-après, vous trouverez toujours très facilement la place d’un pronom par rapport à l’autre :

ME, TE, SE, NOUS, VOUS, LE, LA, LES, LUI, LEUR, Y, EN

Donc, vous dites : Il ME LA donne, et non : Il la me donne, car dans la liste ME est placé avant LA.
Nous la leur écrivons, car dans la liste LA est placé avant LEUR.

Autres exemples:

Elle te les donne.
Elle vous en parle.
Il les y a mis.
Je les lui offrirai.
Il m’y conduira.
J’ai entendu Françoise ouvrir la fenêtre. → Je l’ai entendue l’ouvrir.
J’ai vu mon ami aller à l’hôtel. → Je l’ai vu y aller.
Je me suis fait couper les cheveux. → Je me les suis fait couper.

Avec la négation: Je montre ma nouvelle montre à mon frère. → Je la lui montre / Je ne la lui montre pas.

Exception
A la forme impérative-positive, les pronoms sont toujours placés après le verbe;
ME est remplacé par MOI et MOI + EN + M’EN TE est remplacé par TOI et TOI + EN = T’EN Téléphone-moi
Donne-m’en ! Va-t’en!

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Réflexion didactique

Pour que les élèves et les adultes (français langue secondaire) mémorisent bien les pronoms, il vaut mieux enseigner les pronoms à petites doses, de manière conséquente, mais sur une longue durée. Faire intervenir l’idée – ou la pensée – de l’interaction humaine est une méthode puissante et authentique. Par ex. en faisant des jeux de rôle, ou selon des modèles donnés, faire écrire des phrases spontanées, courtes, dans lesquelles ils peuvent jouer avec les me, te, le, etc. Lorsque les élèves doivent apprendre les pronoms et qu’ils n’ont pas compris les règles, „ils traînent“ les erreurs jusqu’à l’âge adulte. C’est ce qui provoque des blocages. En enseignant les pronoms de manière imagée et théâtrale, les élèves réalisent qu’ils entrent dans le processus des relations humaines: l’interaction. C’est cet enjeu qui est important, car ils se sentent concernés personnellement. Dans notre société, nous parlons de „globalisation“, d’intégration, de transparence. Dans le milieu scolaire, la grammaire devrait être enseignée de manière „globalisée“, avec beaucoup de transparence, afin qu’elle soit intégrée dans la communication verbale.

 

Un miracle économique

Il y avait une fois un jeune homme de quinze ans qui s’appelait Laurenzo. Il habitait avec ses parents, ses deux frères et sa sœur, dans une ville au sud de l’Italie, plus exactement à Catanzaro, la capitale de la Calabre en Sicile. Son père cultivait le blé dur, dont le rendement était plutôt faible. Il possédait aussi des cultures d’arbres fruitiers: des agrumes, des pêchers, des poiriers, mais aussi des oliviers et des vignes. Sa mère cousait les costumes traditionnels que portaient les femmes aux jours de fête. Laurenzo aimait observer les animaux, les gens, la mer et le ciel. Il était de nature solitaire et se promenait dans la forêt de chênes verts et de pins, dégradée en garrigues ou en maquis. Tôt le matin, il longeait les quais où étaient accostés les bateaux. Il regardait les pêcheurs partir au large. A leur retour, ils s’empressaient de livrer leurs produits aux poissonniers. Laurenzo se promettait qu’un jour il serait «pescatore». Lorsqu’il parla à son père de son avenir, celui-ci s’en étonna et lui répondit:

— Comme pêcheur, tu ne gagneras pas ton pain à la mesure de ton intelligence! De plus, les poissons sont de plus en plus atteints de maladies et meurent. Un jour, ils auront disparu.

Laurenzo ne s’attendait pas à cette prise de position. Lui, son père, qui aimait tant la nature.

— Quelle autre profession pourrais-je exercer si ce n’est la pêche? demanda le jeune homme à son père.

— Va travailler à l’Istituto per la Ricostruzione Industriale, qui regroupe diverses sociétés nationales dans ses différentes branches et qui contrôle des secteurs entiers de la production, tels que Fiat, Pirelli et Olivetti. Tu iras à Milan où se situent les sièges de la plupart des sociétés italiennes, répondit son père.

La mère de Laurenzo venait de rentrer par la porte de la terrasse, portant à son bras un corbeille d’olives vertes. Elle avait entendu les propos du père. Elle y ajouta:

— Oui, Laurenzo, et tu porteras une chemise blanche, une cravate de soie et un costume noir! Son père continua:

— Dans notre famille, tu seras qualifié de miracle économique!

— Je préfère m’en aller au loin, sur la mer étincelante sous le ciel bleu, ou rugissante, mauve et profonde sous la tempête, y attendre le poisson, regarder le soleil et les étoiles qui flottent dans l’air libre, trouver le bonheur et vendre la pêche aux habitants et aux touristes de la région, répondit Laurenzo.

— Ecoutez donc ce jeune homme! Quelle naïveté! s’exclama le père, qui poursuivit:

— Etudie les écrivains de la Renaissance florentine: Dante, Pétrarque, Boccace. Ainsi, tu deviendras quelqu’un de bien!

Sous l’influence de son père, Laurenzo se sentit démuni et vulnérable. Ne voulant déplaire ni à son père, ni à sa mère, il pensa qu’ils avaient certainement raison, que les adultes savaient de quoi était faite la vie.

Après sa scolarité, le jeune homme partit étudier l’économie à Milan. Plus tard, il trouva un poste à responsabilité à l’usine Fiat. Il fut entouré de managers pleins de verve et très efficaces. Laurenzo gagna beaucoup d’argent et devint une personnalité reconnue et estimée. Il dépensa son argent pour des restaurants et des voitures de luxe, des bijoux qu’il offrait aux femmes. Lorsqu’il se déplaçait en taxi et que le chauffeur lui demandait où il devait le conduire, Laurenzo répondait en riant:

— Où que vous alliez, tout le monde m’attend! Le chauffeur pensa que son passager était blindé et que le succès lui avait tourné la tête. Souvent, Laurenzo pensait à ce que son père lui avait dit: «Tu seras un miracle économique».

Au fil des ans, l’activité professionnelle du célèbre économiste s’avéra de plus en plus difficile. La lenteur du système économique italien, les réformes et la multiplication des scandales politiques aggravaient le mécontentement des gens et commença à provoquer grèves sur grèves. Les clients de la société Fiat se mirent à manquer. Le contrat de Laurenzo fut résilié et il fut nommé à la tête d’un nouveau département. Ses collaborateurs lui firent des remarques sur son célibat, ce qui déstabilisa quelque peu notre italien arriviste. Pour une personnalité de cet ordre, il n’était pas difficile de séduire une femme. Marcella, une Milanaise, tomba sous son charme. Ils annoncèrent leur mariage peu après leur rencontre. Les parents de Laurenzo et ses amis se réjouirent de la bonne tournure que prenait l’avenir du beau couple. Ils eurent deux enfants. Arrivé au sommet de la gloire, Laurenzo devint au fil des ans hargneux et violent. Il commença à boire des alcools forts.

Une nuit, il fit un rêve qui transforma sa vie: un ange l’attendit un matin, alors qu’il sortait de la maison. L’ange était habillé de blanc, son regard était lumineux et plein de sagesse, ses paroles l’étaient encore plus. Il chuchota à Laurenzo:

— N’écoute que toi-même et ne répète jamais ce que les autres te font dire.

Puis, l’ange disparut. Laurenzo prit peur. Il se réveilla en sursaut, se leva, se mit devant la fenêtre et l’ouvrit. Dans la nuit obscure, il entendit le cri d’une chouette. Puis, dans l’espace de quelques secondes, il vit une image défiler devant ses yeux: l’eau de la mer reflétait son visage et son corps, tenant dans sa main une canne à pêche. Laurenzo ne sut plus si cela tenait de la réalité ou du rêve. Il avait le sentiment d’être retombé dans un piège et se sentit menacé.

Il réalisa alors combien il avait agit pour le plaisir des autres. Il avait renoncé au plus humble de ses plaisirs, la pêche et la nature, pour satisfaire aux exigences de ses parents. Maintenant, il comprenait l’enchaînement de ses actes. Une grande colère mêlée de tristesse monta en lui. Son avenir n’avait plus de sens. Vivre pour l’amour des autres? Non. Le matin, quand il descendit à la cuisine, il en parla à Marcella. Elle devint neurasthénique. Elle fit ses valises, quitta Laurenzo sur le champ et alla se réfugier avec leurs enfants chez sa mère, dans la banlieue de Rome. Laurenzo pleura leur départ mais ne fit rien pour les retenir. Il quitta Milan et le somptueux appartement qu’il avait partagé avec Marcella et les enfants. Il s’installa à Cosenza, ville située non loin de celle de ses parents, au bord de la mer tyrrhénienne.

Là, il créa une entreprise où tous les pêcheurs de la région étaient regroupés. Ensemble, ils fixèrent le prix de vente du poisson, discutèrent de l’environnement, de l’écologie, du tourisme, de l’avenir des pêcheurs, des poissonniers, mais aussi de l’avenir des requins, de la raie, de la carpe, de l’anguille, du saumon et de la perche, ainsi que d’autres espèces.

Tout le monde aimait Laurenzo. A 34 ans, il commença à être vraiment heureux. Il baptisa son entreprise «Miracolo».
Bien plus tard, un de ses fils, Antonio, vint le rejoindre à Cosenza lorsqu’il eut 24 ans.

Il dit alors à son père: «J’aimerais te parler de mon avenir, veux-tu?»