ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Kategorie: Langage politique et économique

La méthode holistique dans l’enseignement du français renforce l’image de soi

L’actualité sociale et économique, particulièrement turbulente depuis l’hiver 2020, se révèle quotidiennement une autre et les gens, en conséquence, à la quête de repères fiables. À chaque époque, l‘aspiration à la performance et la qualité ont été réalisées au détriment de la santé des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes âgées, de la nature et des animaux. Les racines de cette déformation résident dans les relations de pouvoir inégalitaire du système éducatif, les intérêts divergents dans la formation continue professionnelle, ignorant la réalité sur le marché du travail, dans le comportement consumériste des gens puis, finalement, dans le développement du numérique qui a transformé le système des valeurs.

Mieux comprendre les fameux critères de qualité

L’obligation pour les instituts de formation ou les entreprises de répondre de plus en plus à des critères de qualité alourdit l’appareil administratif. Lors de la pandémie, les concepts du e-learning ont montré à quel point la pratique est complexe lorsque dans les familles les installations technologiques en sont à leurs débuts et qu’aujourd’hui encore, des adultes ne savent pas écrire des courriels. Tôt ou tard, la personne apprenante ou employée dans l’entreprise se sent bernée et a besoin d’un soutien actif loin des écrans afin qu’elle puisse mieux s’organiser. Dans les instituts de formation, comme dans toutes les entreprises ou familles, la révolution technologique produit des coûts élevés non seulement administratifs. De nombreuses personnes œuvrant dans les secteurs concernés sont placées devant des problèmes de santé. L’absentéisme, la dépression, l’alcool, la drogue, les dégâts familiaux et sociaux sont considérables ; la violence et les abus sexuels restent tabous, tout comme les racines du burnout (qui, selon mon analyse, provient d’un ensemble d’interactions manipulatives au niveau du groupe/ relations de pouvoir et fixation sur un „bouc émissaire“). Créer des labels de qualité, c’est séparer l’humain de ses besoins affectifs et l’utiliser comme un produit de marketing.

Les labels de qualité devraient servir à orienter les clients ; sur le terrain la réalité est différente car ces critères ne tiennent ni compte des procédures internes ou externes ni de l’organisation des installations technologies numériques, qui demandent énormément de temps à mettre en place jusqu’à ce qu’elles fonctionnent, ni de la formation des employés à la suite du renouvellement informatique, ni du mécontentement du personnel face à ce travail administratif pesant. Le résultat des critères de qualité repose donc souvent sur des analyses et des constats flous, superficiels et faux. Le consommateur paie les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui l’intéresse. Cette problématique concerne tous les établissements sous pression du lobby des milieux économiques, qui exploitent des voies d’influence inimaginables pour atteindre leurs objectifs.

Il n’en reste pas moins qu’il est inutile de peindre le diable sur les murs. Les consommateurs sont libres de financer les coûts engendrés pour la mise en place des labels et non pour la qualité du produit qui les intéresse. Aujourd’hui, le consommateur et la consommatrice sont plus critiques, ils se laissent moins manipuler et en fin de compte, ce sont eux qui dirigent le marché.

La qualité au niveau de l’enseignement du français en Suisse

Lorsqu’il s’agit de s’exprimer en français dans les entreprises et dans les milieux de la formation professionnelle de Suisse alémanique, le constat est particulièrement flagrant : les connaissances acquises lors de la scolarité sont insuffisantes. Se vanter de la qualité professionnelle à travers l’implication de la langue anglaise, quelque peu mieux utilisée que le français mais sous un genre cow-boy typique à la Suisse traditionnelle, est un moyen d’affaiblir l’identité individuelle, comme l’estime de soi.

Le plaisir d’apprendre et de comprendre le français facilite le dialogue

Enseigner ou apprendre le français dans un esprit systémique, c’est avant tout relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. Ceux-ci renforcent la disposition au changement. Dans ce but, la prise de conscience individuelle permet de mieux cibler sa propre réalité et de gérer de manière « systématique » son savoir, son savoir-faire, son savoir-être (ses besoins et ses intentions).

Bien qu’il n’existe aucune méthode unique pour enseigner ou apprendre une langue, l’Institut de Langue Française et d’Expression a créé une approche visant à ce que tout changement puisse être réalisé à travers les relations des individus entre eux. Pour comprendre la systémique, nous pouvons nous référer à notre éducation. Quelle est notre biographie psycholinguistique ?

Dans l’enfance, nous avons été conditionnés par les différents systèmes dans lesquels nous avons vécu. Dès notre naissance, nous avons été  confrontés à l’un des premiers systèmes de pensée : celui de nos parents, puis ceux que représentent les membres de la famille d’une génération à l’autre, leur manière de s’exprimer (arbitraire, indulgente, égalitaire, différenciée, attentionnée). La variété des codes de communication et les mécanismes socio-cognitifs forment un système propre au groupe. Plus tard, nous sommes impliqués dans le système scolaire, puis professionnel, politique, culturel, artistique, et dans bien d’autres encore. Notre langue maternelle ou nos langues maternelles s’imprègnent donc d’un langage contextuel multiple. Une des caractéristiques est le fait que les composantes interagissent entre elles.

Mettre en lien les compétences facilite la mémorisation

À l’âge adulte, lorsque nous apprenons une nouvelle langue ou que nous voulons rafraîchir les connaissances acquises, la pensée systémique aide à réfléchir à l’ensemble. Cela signifie accorder de l’importance aux relations entre les différents systèmes et entre leurs différentes composantes. La Suisse, avec ses quatre langues nationales et ses multiples dialectes est composée de systèmes complexes en raison des nombreux patois – dialectes – qui existent. Prendre en compte la connaissance de soi, les conditions sociales de l’environnement dans lequel on aimerait parler le français, veut dire comprendre un système dans un contexte global. On peut parler de
« Pensée holistique ». Sur cette base, il est plus facile de poser des objectifs réalistes : qu’ai-je à dire, quelle influence aurai-je à mon tour ?  Cette question prend de l’importance dès qu’une bonne base grammaticale est acquise, accompagnée du vocabulaire nécessaire à l’usage courant.  La communication se développe dans le cadre d’un ou plusieurs systèmes selon les objectifs linguistiques : quelles sont mes expériences en entreprise, en formation continue, et quels effets ont-ils sur ma manière de concevoir la culture dans laquelle j’aimerais me développer ? À partir de cette prise de clarté, que faisons-nous de cette influence dans notre parcours d’adulte ?

Le rêve de la créativité et de l’innovation est une question de résilience

Quiconque a appris à développer l’auto-efficacité, à se redresser dans n’importe quelle situation est capable de résister aux vents contraires. La plupart d’entre nous rêve de sortir du système dans lequel nous avons grandi pour en créer un qui nous est propre ; en réalité la majorité se plaint des résistances au changement. Selon mon expérience en tant que formatrice, le temps consacré aux idées et aux projets se répartit comme suit : 20 % pour la conception et la mise en œuvre du projet ; 80 % pour surmonter les résistances et déjouer les pièges. À condition d’avoir été correctement anticipées les résistances sont pourtant évitables. Apprendre ou perfectionner une langue réactive les systèmes dans lesquels nous avons fait des expériences. Ce processus de prise de conscience nécessite de la flexibilité et de l’espace (appelée « le temps ») afin de vaincre la peur de replonger dans les souvenirs négatifs, de pouvoir rendre l’assimilation de ce qui vient d’être appris dans un nouveau contexte de la vie quotidienne.

Parallèlement à l’enseignement de la langue française, l’Institut de Langue Française et d’Expression propose des outils concrets de pilotage du changement en tenant compte de la sémantique, c’est-à-dire chercher à comprendre les transactions linguistiques d’un système à l’autre comme l’utilisation d’un mot dans un contexte donné ainsi que sa résonance, comment ce mot peut signifier une opposition et analyser le refoulement affectif qu’il implique dans un autre système.

L’organisation du vocabulaire dans le monde du travail conduit à des solutions innovantes.

Maîtriser les outils linguistiques présuppose d’anticiper et promouvoir le changement à travers de multiples disciplines :

  • Sociolinguistique
    Diversité culturelle et identitaire, particularités linguistiques : dialectes (diglossie), argot, jargon, expressions (citations), styles de communication.
  • Linguistique
    Vocabulaire, grammaire et syntaxe, terminologie, phonétique.
  • Psychologie
    Aspects cognitifs de l’apprendre, du savoir être, du savoir-faire, conceptions d’apprentissage des valeurs, utilisation des expériences implicites ; biographie des compétences à travers les souvenirs d’enfance ; connaissances humaines interpersonnelles ; sources de résistance et solutions de résilience.
  • Psychanalyse
    Réflexion sur l’identité individuelle et collective.
  • Créativité
    Expérimentation ; gestion de la nouveauté.
  • Philosophie
    Éthique et bien-être.
  • Management
    Gestion culturelle ; apprentissage et communication organisationnelles en entreprise.

Construire une relation de confiance entre personne formatrice et personne apprenante facilite grandement l’acquisition ou la transmission des compétences linguistiques. Une participation commune permet de prioriser les sujets pertinents, de les analyser, de choisir plusieurs options, d’apprendre à gérer la nouveauté, de la développer et de la consolider.

 Le public concerné

Les cours de français, les séances de communication/développement personnel et de conseil sont destinés à toute personne active dans la vie privée ou œuvrant dans les entreprises : cadres et dirigeants d’entreprises, concepteurs et porteurs de projets, entrepreneurs, consultants et formateurs, responsables en ressources humaines.

La créativité dans le phénomène du changement

Chercher à comprendre le monde est un défi autre que celui de tenir un titre ou suivre une formation rétribuée par un diplôme et la promesse qu’il ouvrira de nouvelles portes à notre destinée. Ce savoir-faire est étroitement lié au phénomène du changement, donc au lâcher prise et au rebondissement.

Réfléchir sur l’expression verbale, la sienne et celle des autres, signifie toujours avoir une intention. Qui ressent le besoin de communiquer ne peut le mettre en pratique sans être coopératif en même temps. Pour simuler, nourrir et finalement réaliser mes propres intentions, j’ai besoin de connaître les normes qui prévalent dans mon entourage ainsi que les nombreuses valeurs ancrées dans mon quotidien. Nous nous sentons reliés aux gens qui partagent les mêmes idéaux et les mêmes convictions politiques que nous, même si parfois, en les connaissant mieux, nous préférerions les ignorer. Le fait de vouloir comprendre nous place devant de gros enjeux et déclenche une abondance d’intentions, passage symbolique à l’inspiration et la créativité. Pour laisser évoluer des relations, on invente la roue.

Pour les penseurs indépendants, le fonctionnement des systèmes freine le développement

Depuis le début des années deux mille, le vivre ensemble est défini sous des sociétés différenciées : les systèmes. Chacun d’entre eux revendique le monopole de son fonctionnement sans préciser les raisons qui soutiennent ou mènent à l’enrichissement de l’ensemble de la société. Wikipedia, en allemand, décrit la politique comme « régulant les affaires d’une communauté par le biais de décisions contraignantes ». Or, l’Église et l’État, l’économie et la politique, la médecine et l’éducation, représentent des systèmes dans lesquels il s’agit d’interagir en fonction d’une administration et de sa représentation vers l’extérieur au lieu de développer un – précieux – réservoir d’idées. Le système perd donc son attractivité et devient inefficace, raison pour laquelle les changements sont difficiles à mettre en place. Une personne étroitement liée à un ou plusieurs systèmes est souvent empruntée lorsqu’il s’agit de mettre en scène une rhétorique individuelle. Peu habile dans les capacités cognitives, elle s’en remet plus au concept global du système que d’instaurer la confiance, tendre vers l’égalité entre hommes et femmes, rejeter la violence, favoriser l’innovation.  Au centre d’un système déterminé, la personne considère plus facilement les activités artistiques – en particulier celles des femmes – comme des compétences professionnelles peu rentables.

La raison de cette division au sein de la société est liée à la croyance que la vérité n’appartient qu’à des groupes distincts capables de lier les pires contradictions. La finesse nécessaire dans un système est de toujours de garder un œil ouvert « avec l’autre » et non « sur l’autre ». Accepter des opinions divergentes est le meilleur instrument pour de meilleures solutions. On pourrait donc dire qu’un système devrait faciliter la transparence, la propagation d’un mouvement social et économique équilibré, représenter des entités morales visant à encourager des actions créant du sens. Or, les systèmes sont principalement constitués de différentes parties en réseau dans lesquelles les contraintes étouffent la créativité et où personne ne se sent moralement responsable. Pour cela et pour d’autres raisons, de moins en moins de gens parmi nous sont habitués à gérer quelque chose et ne recherchent pas non plus des moyens pour en être capables. L’inquiétude, la peur ou la lâcheté en sont probablement les motifs principaux. Il est facile de justifier sa position à travers le mépris et le rejet d’un présupposé « idéalisme subjectif », reflet d’une profonde amertume appelée « consensus, plus précisément élimination ».  Ce manque de réflexion et d’analyse favorise les systèmes frauduleux de la cybercriminalité. Non pas des personnes individuelles sont remises en cause, mais les groupes dirigeants des systèmes qui fonctionnent dans l’anonymité administrative. Ces mécanismes invisibles forment un terrain idéal pour les transgressions d’ordre juridique. Les auteurs ou les organisations frauduleuses, repérables seulement après l’analyse concrète du fonctionnement d’un système, utilisent le manque de transparence, l’anonymat ainsi que les mécanismes techniques à leur avantage.

Être une personne bien (morale), une vertu acquise dans l’enfance et sans lien avec un titre attribué

Se diriger vers le futur, c’est être capable de comprendre le passé, de l’avoir géré et d’en tirer le meilleur. Ces trois conditions forment le sens moral. Ils font partie d’un processus créatif qui remonte à la petite enfance, à l’instant où le développement du langage et de la pensée du nourrisson se construit, même s’il ne parle pas encore. Les mots et leur résonance sont, dans une large mesure, une question d’intimité, de soins et de compassion. Le petit enfant entouré d’affection et d’interactions émotionnelles bienfaisantes avec les adultes, ressentira plus de facilité à vivre avec eux que s’il avait vécu des sentiments d’abandon. C’est le cas des enfants hospitalisés sur une longue durée, des migrants ou tous ceux qui ont été isolés pour une cause ou une autre. La plupart d’entre nous, à l’âge adulte, démontrent une grande flexibilité et s’adaptent facilement, conditions permettant notre survie. Nos besoins matériels et sociaux changent selon des contextes qui, malgré nous, ont été constamment modifiés. Ces modifications favorisent la vulnérabilité et influencent la manière de réfléchir sur notre statut. Se remettre en question définit notre personnalité car lorsqu’il s’agit de planifier notre devenir, nous sommes quotidiennement en opposition avec la nature humaine. Le statut est devenu le résultat d’un endoctrinement quotidien, le culte de notre société, l’obsession par le biais de la publicité
« être quelqu’un » ou acquérir quelque chose pour devenir ce quelqu’un, en quelque sorte représenter un objet parmi d’autres. En poussant la réflexion, on pourrait ajouter „être le produit d’un système déterminé“.

Comment les gens devraient-ils savoir ce qu’ils veulent et ce dont ils ont vraiment besoin s’ils se sentent comme ceux qui n’ont consommé que des aliments dont le goût a été altéré – trop sucré, trop salé, aromatisé artificiellement – et qui ne peuvent plus goûter les fines nuances des produits naturels. Le « quoi » et le « combien » – dominent le quotidien et le « comment faire » appris au jardin d’enfant a perdu du sens.

Comprendre les intentions des autres sans monnayer les tissus de relations

Le raisonnement est le résultat d’une communication de groupe sur un esprit de fond partagé. Notre intelligence sociale et notre langage vont de pair. En tant qu’êtres vivants naturellement doués, nous pouvons reconnaître les intentions des autres et ainsi, nous sentir reliés, prêts à nous mettre au diapason des autres. De ce point de vue, l’attitude créative pourrait être considérée comme un acte moral : se distinguer des autres, non pas pour être mieux ou chercher le pouvoir, mais pour souligner sa différence et tenir en équilibre le groupe.

Dans les relations de la vie sociale et la vie des affaires, les interactions humaines profondes facilitent le raisonnement. Elles nous permettent de nous sentir concernés par une expérience, un thème, une vision et nous donnent envie d’être responsables. En revanche, l’indifférence représente en quelque sorte une rébellion lors de laquelle le langage et l’action sociale sont subtilement monnayés ou utilisés à des fins autres que le partage. L’altruisme, attitude généreuse libre et gratuite, libérée des contraintes, ressemble fort à l’attitude créative, à l’expérience spirituelle. Non seulement, elle apporte du réconfort, elle sert de modèle de société. Beaucoup parmi nous, interprètent les mots de „morale“ et „créativité“ de manière fantaisiste. Pour ma part, j’ai fait l’expérience qu’être une personne morale ne veut pas dire renoncer au plaisir, mais à la frivolité. Comprendre le renoncement ne concerne donc pas seulement une cause matérielle mais comprendre une forme de toxicité mentale, celle que nous retrouvons dans les cercles des relations imposées. Là où le motif du profit plane, le partenariat social propage une fausse idée de la sécurité matérielle. Le fruit d’un système sous-développé peut être comparé au constat du nombre élevé de personnes âgées ayant porté la plus grande partie de leur vie une responsabilité professionnelle et qui malgré tout, perdent leur emploi et/ou reçoivent des retraites indignes de leurs engagements. Cette réalité donne le vertige.

Les créateurs et créatrices redonnent la vie

L’adulte doté d’une curiosité insatiable se renseigne, pose des questions, cherche des liens de causalité pour les mettre en relation. Il lui est plus facile de lâcher la bride. Le défi des gens créateurs – sans lien avec les capacités artistiques – est donc bel et bien de sortir du rang et de transgresser les idées reçues. Ils ne le font pas pour jouer un rôle, mais pour donner du sens. Porter une attention particulière à ces éléments engendre des résultats extrêmement bénéfiques. Créer une nouvelle dimension en vue de préserver l’intégrité des créateurs est essentielle. Elle répond à un besoin intuitif de comprendre à partir de l’observation, l’écoute, la vue, le ressenti et d’associer ces différents éléments entre eux, afin d’obtenir une réponse. La motivation de la curiosité de l’enfant part de là. Par contre, la créativité vantée dans les milieux professionnels débouche trop souvent sur des considérations économiques. Les managers, formés avant tout à mesurer, comparer, produire, calculer, taisent leur intuition. Donc, quand un collaborateur fait preuve de curiosité, elle est considérée comme un danger, un risque à éviter, un idéal sans consistance.

Ne pas savoir, taire un fait, refuser, une réalité quotidienne

Chercher à comprendre et amorcer le changement ne donnent pas de réponses immédiates, d’où le malaise ressenti par de nombreuses personnes en quête de résultats rapides. Dans une société déterminée par l’efficacité, ne pas pouvoir répondre à une attente, une question, un désir, signifie pour certains afficher une faiblesse, un échec. Il n’y a rien de honteux à dire que nous n’avons ni la connaissance ni l’expérience de ce qui nous est demandé. Le désastre réside dans le fait d’être incapable de le reconnaître ou de donner l’impression à la personne censée apporter une réponse,  que si elle n’en a pas, elle est sur le mauvais chemin, ou du moins sur un chemin classé idéologiquement comme malsain.

Admettre de ne pas savoir nous met sur une piste de ce quelque chose d’inconnu qui pourrait être développé, vers lequel un nouveau regard pourrait être tendu, afin d’y coller un nom. Dire non ou je ne sais pas, c’est dire à l’autre que je suis différent de lui, mais surtout que je suis à une autre « place » que celle que l’autre attend de moi.

Face au non-savoir, il n’y a qu’une façon d’être sincère, il y en a cent d’être habile, comme faire des recherches, se renseigner auprès d’experts ou poser des questions au bon endroit. Devant un refus, nous pouvons en rechercher les raisons, proposer des alternatives, redéfinir un projet ou simplement admettre que le moment pour un oui n’est pas le bon ou que le contexte est inopportun à notre demande. Les caractéristiques de notre personnalité ne déclenchent que rarement la cause d’un refus. Elle est souvent due à la variabilité inhérente de la situation actuelle, à un jugement hâtif ou aux préjugés, à la divergence des intérêts ou à la conformité hiérarchique. Lorsque le non caractérise le mal-être, le désintérêt, l’égocentrisme ou une attitude arrogante, notre responsabilité n’est pas non plus engagée. C’est sa formule inadéquate qui en est la cause ou si le « non-savoir » dissimule une vérité plus profonde, parfois adéquatement tue ou manipulée, la cachoterie, c’est le caractère moral de la personne qui est en jeu.

Être créateur ou créatrice dans le sens de l’acte social

Être véritablement créatif signifie reconnaître que nous sommes prisonniers de nous-mêmes et donc que nous sommes capables de nous libérer des opinions des autres, de nourrir notre fascination pour les choses qui nous entourent, nous libérer des apparences trompeuses et des préjugés, „être éveillé.e“, trouver les mots justes pour qu’ils aient un impact. Il n’existe aucun catalogue garantissant notre devenir. En revanche, il existe des pistes intéressantes.

Quelles sont les caractéristiques psychologiques des « créateurs » ?

1. Quitter le berceau

Quitter tôt ou tard l’environnement familial ne veut pas dire le trahir, c’est vouloir aller à la conquête de sa propre vie et ainsi, partager cette richesse. Prendre le risque de s’affirmer est une condition pour devenir adulte.

2. Être motivé et s’engager

Être convaincu d’un sentiment ou d’une idée mène à une prise de décision et pousse à agir. L’échec n’est pas perçu comme une défaite, mais comme un signe lucide et révélateur : il y a une autre piste à prendre ! La motivation se trouve dans l’intérêt que nous portons aux choses, aux différents thèmes, dans la compassion que nous témoignons aux personnes.

3. S’accepter

Reconnaître ses émotions, être ouvert.e à toutes les pensées, prêt.e à faire évoluer ses croyances personnelles, favorise l’innovation. L’ouverture à l’expérience, à l’originalité dans tous les domaines révèle un terrain propice à la création. L’acceptation de soi s’impose alors comme l’achèvement d’un travail de développement personnel.

4. S’estimer

La maîtrise émotionnelle est liée à un comportement extraverti, favorisant les contacts sociaux. Le créateur valorise son œuvre, l’échec fait ainsi l’objet d’un véritable renouvellement et non pas d’une simple défaite. L’estime de soi présuppose enfin ne pas plaire à tout le monde.

5. Être différencié

Accepter d’avoir des idées inhabituelles, en grand nombre, dans différents domaines, donne à l’élan créateur toute sa force. Se connaître permet finalement d’accepter l’autre tel qu’il est.

6. Aimer la contradiction

Être prêt à changer d’idée afin de transgresser une opinion au départ estimée pourtant juste. Les souvenirs, notre expérience et notre imagination nous amènent à recréer quelque chose de nouveau. La contradiction n’est pas le début de la défaite, c’est aller au contraire au-devant de la difficulté pour mieux la transformer.

7. Prendre du recul

Lâcher prise permet de se dégager des mécanismes comportementaux, par exemple rejeter ses propres erreurs sur les autres, remettre en question des stéréotypes sociaux sur la condition féminine ou masculine, faire le vide pour s’ouvrir à quelque chose de nouveau, être prêt à vivre une expérience unique.

Rechercher la solitude est la preuve d’une grande maturité et non pas d’un refus social (ou d’une sociophobie).

8. Jongler mentalement

Pour le créateur, peser le pour et le contre d’une idée, d’une décision, la refuser, l’accepter pour mieux l’abandonner, renverser une situation, toutes ces composantes font partie d’un processus naturel. La complexité apparaît alors comme l’élément moteur de la motivation. Le jeu n’est pas seulement réservé aux enfants, il démontre un esprit souple (flexible) et constructif.

9. Imaginer, simuler et mettre en scène

Sortir du cadre de référence donne au créateur le sentiment de vivre plus amplement, car il étouffe dans l’habitude. Il met en scène une nouvelle version de sa découverte. Celle-ci peut être perçue comme infantile, alors que ce n’est que la représentation d’une transgression par rapport à ce qui est déjà connu. L’imagination n’est jamais quelque chose de dangereux ! Que nous le voulions ou non, elle bouillonne sans cesse. Nous avons tout intérêt à l’accepter telle quelle.

10. Prendre des décisions rapidement

Le créateur, tout en jouant avec la complexité, conscient de la dynamique créative, arrive à se positionner naturellement. Ce n’est certes point une solution de facilité, mais plutôt un aboutissement du processus de transformation qu’il peut vite décider ainsi.

11. Associer librement les idées et les images

Que ce soit dans la littérature, dans le vécu, la connaissance ou les rêves, le créateur a besoin de combiner, consciemment ou inconsciemment les images, les idées et les sentiments.

Qu’est-ce qui empêche la créativité ?

a) Se définir à travers des valeurs traditionnelles sans lien avec notre talent
b) Vouloir le beurre et l’argent du beurre
c) Accepter la malveillance
d) Refuser la critique
d) La dépendance

Qu’est-ce qui favorise la créativité ?

a) Se définir à travers son potentiel
b) Faire des choix
c) Refuser la malveillance
d) Accepter la critique
d) L’autonomie

Design linguistique à l’ère de la numérisation

La maîtrise de la langue maternelle – si elle s’avère possible –, d’une seconde langue ou étrangère,  dépasse la fonction linguistique comme l’utilisation du vocabulaire, la grammaire ou de la prononciation. S’exprimer verbalement prend sa source dans des fonctions psychologiques comme l’image de soi, la mémorisation, l’empathie, la capacité de se faire une idée des faits, de ressentir l’émotion, d’observer, d’imaginer, pouvoir nommer, comparer et décrire. Maîtriser une langue, c’est rendre l’énoncé accessible à des milieux différents et le faire accepter par la majorité d’entre eux.  Plus que jamais, à l’époque du numérique, c’est résister et préserver le feu intérieur. Les systèmes ou classification de catégories rendent la perception de l’identité humaine au sein d’une collectivité plus transparente. Des sous-groupes seraient imaginables, par exemple pour le discernement, l’imagination et la raison. Cependant, le danger est de se perdre dans la nébulosité des thèmes, une forme d’intellect inintelligible, et ainsi de s’écarter de l’essentiel : la dignité humaine.

Certitudes et solitudes

Porter de l’importance à son style d’expression verbale sous-entend « être » maître de soi dans un système individuel et collectif :

  • considérer au plus près ses besoins et convictions pour être compris là où il importe, 
  • connaître les systèmes de pensée dans lesquels nous désirons progresser,
  • prendre des risques, faire des erreurs, vivre l’échec ou le succès

 Plus nous combinons nos facultés, plus nous nous approchons d’une manière originale de nous exprimer et de nous faire comprendre.

1. LE SYSTÈME DE LA RELATION SOCIALE

Le patriarcat, les familles monoparentales, l’immigration, les problèmes écologiques, les épidémies, la globalisation, la pauvreté, l’alcoolisme, le manque de formation, le chômage sur une longue durée, l’immigration, la violence psychique et physique ou même le refus de la pensée émancipatoire favorisent les troubles du développement affectif de l’enfant. Ils peuvent engendrer des traumatismes au cours de la petite enfance, la scolarité obligatoire, la formation professionnelle et l’entrée dans le monde du travail : blocage langagier intense, utilisation des rapports de force, incapacité de concentration, manque d’enthousiasme, difficulté de mémorisation, dépression et problème relationnel. D’autres facteurs peuvent créer un barrage mental à la créativité comme une maladie chronique s’intègre à la personnalité. Mais, ces mêmes mécanismes peuvent également inciter un individu dans certains cas à découvrir et utiliser un énorme potentiel dans de nouveaux domaines. Ce processus de résilience génère une énergie considérable et donne une qualité exceptionnelle à la relation avec les autres. Promouvoir ces compétences dépend de l’expérience et des conditions vécues entre enfants et parents ou autres personnes nourricières, éducateurs, étudiants avec enseignants, formateurs et professionnels avec mentors dotés de capacités permettant de reconnaître l’efficacité prête à germer des apprenants et d’en tenir compte lors de l’instruction.

2. LE SYSTÈME DE L’ORGANISATION EN ENTREPRISE

Dans les entreprises, en raison de la séparation des compétences personnelles et professionnelles, les relations humaines sont amputées de leurs dimensions émotionnelles. La majorité des adultes rêvent de pouvoir vivre une intelligence simple et fluide, d’être compris simplement à travers un dialogue plausible, sans devoir se justifier, expliquer ou raisonner dans une atmosphère tendue. Comprendre l’organisation en entreprise simplifie l’explication de la vie psychique et de la conscience personnelle, à savoir

  • la représentation de notre position sociale
  • le savoir être et le savoir faire face aux relations humaines
  • les enjeux et la réorientation professionnelle
  • la marche de l’entreprise

3. LE SYSTÈME DES CROYANCES

Classifier l’utilisation de catégories (ou sous-systèmes) facilite la compréhension pour la pensée divergente dans une orientation terminologique.  En vue du dénouement des tensions relationnelles et des situations conflictuelles dans divers milieux, elle facilite la vulgarisation et l’interaction entre les divers acteurs. Ce sont les catégories suivantes :

  • familiaux,
  • religieux,
  • artistiques,
  • économiques,
  • politiques,
  • informatiques,
  • culturels,
  • de santé ou de sport. 

4.  LE SYSTÈME DE LA COMMUNICATION VERBALE

Dans ce système, la classification sert à comprendre la nécessité de se réinventer, créer son propre style d’expression en jouant avec les influences, les enchaînements relationnels, les connexions, les coopérations, l’équilibre entre l’image de soi, les attentes extérieures, l’interaction sociale et les retombées sur sa personnalité et dans la collectivité. Il s’agit de construire une identité flexible dont les composantes reposent sur un choix varié d’intérêts  :

  • la langue relationnelle ou sociale,
  • la langue de l’information,
  • la langue professionnelle : journalistique, informatique, médicale, psychologique, etc.
  • la langue littéraire 

À l’intérieur du système de communication, il y a la représentation de notre personnalité : pouvoir se créer une sphère de réflexion, « se réfléchir » en soi-même. C’est une force qu’on pourrait également appeler de « lumière », d’entendement (Vernunft), de raison, de conscience. Les forces de notre âme ne sont rien d’autre que des abstractions, des opérations métaphysiques.

5. LE SYSTÈME DE LA LINGUISTIQUE APPLIQUÉE

Relativiser l’idéologie digitale
À l’intersection des connaissances informatiques et digitales, l’acquisition et la construction de la langue prend une dimension inédite, dont la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe, la sémantique, la phonétique, la compétence discursive et les outils de formation à la communication orale et écrite. En raison des formes de communication à distance sur Internet, le langage dialogique et spontané rend sa viabilité limitée. La liberté de l’intervention individuelle à toute heure dans chaque circonstance s’écarte de l’instruction en formation continue. Trop longtemps, les milieux politiques, scientifiques, économiques ou journalistiques ont détenu le monopole de la communication. Au fil du temps, de simples personnes civiles, ignorées par ces milieux, ont réalisé qu’elles avaient, elles aussi, leur mot à dire. Elles se sont saisies de l’idéologie digitale pour mener la résistance. S’en servir uniquement en vue de prendre sa place dans la société, à savoir partager ses opinions et donner des réponses avant que les vraies questions soient posées est devenue un modèle de fonctionnement efficace. La capacité naturelle à s’ouvrir à de nouvelles choses facilite la transgression de vieux schémas et renforce le sentiment d’appartenance. En même temps, cette ouverture est devenue une zone saturée d’informations, ce qui atténue la cohérence du propos, l’effet de surprise et l’authenticité de la personne.

Linguistique connectée aux réalités
S’impliquer individuellement, comme l’encadrement des collègues, la prise de parole, conduire un entretien d’embauche, valoriser un proche ou une collaboratrice, demande une proximité physique, du moins une présence attentive sur la durée. Le langage en face-à-face renforce l’image/l’estime de soi dans laquelle la voix, l’articulation et la manière de dire, le regard des yeux et le comportement mental alternent dans un rythme naturel. Éveiller la créativité – l’innovation – relève d’une richesse intérieure et extérieure essentielle à l’avancement de la société. Dans un premier temps, ce potentiel est invisible, voire inconscient. Le son résonne en différentes parties du corps et d’autres phénomènes, comme les mouvements du corps, l’odeur de la peau, des vêtements et du lieu où l’on se trouve, se propagent seulement dans une interaction physique. Ni les contacts sur les plates-formes dans internet, ni la technologie vocale ne tiennent compte des ondes vibratoires de l’individu.

6. LE SYSTÈME PRAXÉOLOGIQUE

Être sur cette planète est le signe que nous devons accepter de se faire confiance car nous sommes nés seuls et mourrons seuls et non sur une plate-forme invisible. Raconter des histoires, acquérir des connaissances, apprendre le savoir être, enseigner, partager des expériences en présence d’une ou plusieurs personnes est le seul moyen de partager notre vulnérabilité, les joies et les moments de découragement, de connaître ses propres qualités et celles des autres, ses défauts et ceux des autres, de découvrir la beauté d’un mot, d’un regard ou d’un visage, d’un coucher ou lever de soleil.

 

Formation d’adultes, développement linguistique, construction identitaire et créativité, Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE)

L’excès de modestie, une mise en scène guindée

À toutes les époques, l’imposture et la fanfaronnade envahissent les rues. En revanche, la fausse modestie et le style empesé détruisent les villes, les continents et les sociétés.

Savoir mettre en relief sa personnalité est un comportement naturel et légitime sans qu’il faille le comparer à une pathologie. Les gens bouffis d’orgueil acceptent mal cette réalité quotidienne. Placer la vérité plus haut que soi les rend vulnérables. Ils soulèvent des thèmes politiques, économiques, religieux, philosophiques ou autres, persuadés qu’ils agissent en toute innocence pour le bien de la collectivité. Leur voix trahit le besoin de reconnaissance et d’estime, ils se mettent donc maladroitement en scène et envahissent l’espace sans y construire l’essentiel.

L’humilité demande de façonner de manière créative son propre avenir de manière bienveillante et aussi lucide que possible, en position de découverte, de progression et d’amélioration. Développer consciemment un style de communication, placer ses forces et ses expériences au centre de ses intérêts représentent un support puissant pour le langage, pour soi et son entourage.

J’entends souvent des critiques très dures à l’intention de personnalités menant avec succès leur vie professionnelle ou personnelle. « Elle est désagréable, tout le monde l’évite, elle est seule à donner le ton, elle déteste la critique, elle est difficile, elle est spéciale ».

La réalité est ainsi. Qui veut atteindre un objectif a besoin de persévérance et de conviction, reste indifférent aux ragots.

Lorsqu’une personne est remise en question pour sa force de caractère – et tous les renoncements que cela suppose – il serait intéressant de se demander d’où vient cette curieuse envie de couper la tête aux gens qui réussissent.

Serait-ce un sentiment de culpabilité de ne pas avoir tout entrepris pour se dépasser ? La fausse modestie est trompeuse, elle ressemble fortement à de l’oisiveté.

Créativité langagière

Quand on parle d’éducation des adultes, trois éléments y participent : la nature, la culture, la société dans laquelle les relations humaines jouent un rôle prédominant.

Parmi les principaux défis à relever aujourd’hui dans l’enseignement des langues, plus particulièrement du français, figurent sans aucun doute la nécessité de concilier le respect des différences et comprendre la maîtrise de l’information, le transfert d’un élément à l’autre ainsi que les complexes transformations qui en découlent au niveau cognitif.

Les exigences sociales, politiques et économiques, perçues comme des crises passagères, s’infiltrent de manière subtile dans notre quotidien et nous influencent bien plus que nous ne le pensons. L’informatique et les applications numériques et téléphoniques ainsi que les technologies associées sont conçues pour une communication brève, éliminant les rouages de la communication humaine. Ils sont donc à redéfinir dans une perspective de créativité facile à mémoriser.

Se découvrir à travers le langage, un enrichissement

La découverte passe inévitablement par sa propre remise en question: dans quel milieu suis-je né ? Quelles images en ai-je, quelles expériences ai-je faites ? Quelles sont mes compétences sociales ? Suis-je apte à prendre du recul par rapport à des situations différentes ? Quelle est mon attitude envers les autres ? Quelles sont mes valeurs ? Comment ma manière de communiquer est-elle perçue par mon environnement ? L’individu étant le centre de la collectivité, le retour sur soi à travers l’acquisition d’une langue est paradoxalement une approche sociologique collective. Reconstruire un univers de pensée déclenche l’empathie et l’ouverture à la connaissance, à l’expérience, d’où en découle la compétence en communication.

Représentations dans la pratique

Selon mon expérience, l’application du français est plus facile lorsque divers éléments sont combinés entre eux. Par exemple,

  1. la grammaire et le vocabulaire sont liés à des facteurs autobiographiques, des visions, des situations d’apprentissage réelles.
  2. la sémantique linguistique cognitive est liée aux segments de la communication. La définition et l’interprétation des mots et leurs sources représentent des images utiles dans la mémorisation des acquis.
  3. la phonétique, liste des sons, articulation, acoustique, est liée au langage non verbal et inconscient. Apprendre à décrypter la gestuelle renseigne sur le ressenti, dévoile les émotions cachées. Le mouvement des mains informe sur l’authenticité ou la spontanéité du discours.
  4. la syntaxe – structure des phrases, conditions de bonne formation et règles – est liée à l’expression verbale de l’expérience. Elle rend le dire authentique.
  5. la conversation – ou dialogue – est liée à la conduite d’entretien. L’échange participatif authentique en est renforcé.
  6. la lecture est liée à la compréhension réciproque en situation d’échange; le développement d’idées en est stimulé.
  7. apprendre à apprendre est lié à la mise en œuvre d’un projet en relation avec la langue apprise.


Acquérir une langue, c’est également apprendre à s’orienter de manière différente.  L’expérience est une transmutation qui se reflète de manière naturelle dans l’approche linguistique.

S’épanouir à travers les connaissances linguistiques et la qualité de l’expression verbale

Nous pensons savoir qui nous sommes et pourtant nous ne sommes jamais exactement ce que nous pensons être. L’influence de l’éducation et de l’environnement nous rappelle à quel point notre autonomie est variable, voire limitée. La carrière ne vient pas d’elle-même : le titre, la fonction et le statut du poste ne sont ni une preuve ni une garantie. Chaque changement, chaque décision nous met au-devant de nouveaux défis. La pression culturelle prônant une carrière spectaculaire ternit la qualité de la communication et freine l’amélioration des connaissances linguistiques. Apprendre ou perfectionner l’expression verbale souligne nos doutes et demande sensibilité, profondeur et engagement. Se situer à travers le manque de temps pour apprendre une langue que nous aimerions pourtant parler est un alibi, une stigmatisation servant à se protéger du changement et du risque. Mémoriser est un processus sans lien avec la parole mais avec la confiance en soi, le vécu et l’image – positive – que nous nous faisons des relations humaines, la mise en place de priorités et d’objectifs. Vouloir progresser dans ce sens, c’est faire de la vision une réalité.

La rigidité mentale nuit au groupe, à l’organisation ou à l’entreprise (au système)

En Suisse alémanique, la communication passe plutôt par le canal de l’information et en Suisse romande, par le canal de l’échange social. Rester figé dans des canaux liés à l’interculturel, aux relations interpersonnelles ou fondamentalement aux mécanismes psychologiques est un des éléments majeurs de l’échec des interactions dans la communication verbale.

De plus, être attaché à un rôle ou une fonction était autrefois une marque de professionnalisme. Aujourd’hui, elle entrave la dynamique en entreprise car tout change à une vitesse extrême. La communication verbale est devenue un ensemble d’éléments dont il faut tenir compte dans l’immédiat. Si les formules de politesse dans la correspondance ou orales étaient autrefois une évidence, l’intégrité du propos et la manière d’être deviennent primordiales, même lorsque les intérêts boursiers dominent.

La parole axée sur des thèmes linéaires étouffe l’essentiel

La plus grande erreur que les entreprises commettent, et malheureusement elle influence la parole, consiste à engager des jeunes et relayer au second plan les personnes expérimentées. La mixité des âges donnent un souffle puissant à la culture d’entreprise et donc à la rentabilité. Éliminer un segment d’âge pour le remplacer par un autre est illogique et non conforme aux relations psychosociales et économiques. Que ce soit dans le monde des soins, de l’informatique ou du milieu managérial, le manque de personnel qualifié est le résultat d’une sélection élitaire parsemée d’échecs sur de nombreuses années. Les jeunes et les moins jeunes apprennent entre eux, ils se motivent, ce qui les rend efficaces. Ignorer ce principe est une immense perte de capital relationnel et professionnel, une dictature patriarcale dont il faut se séparer le plus vite possible.

Le renoncement pour une meilleure qualité de communication et plus de liberté

L’individu de demain, c’est celui qui partage son domicile, son job, qui étudie, exerce pendant dix ans et se réoriente vers un autre métier ou celui qui, sans formation particulière, décroche le job idéal. Celui ou celle qui renonce aux sorties, à l’achat d’une maison, aux vacances, pour investir dans une formation, le père de famille renonçant à son salaire et se débrouillant pour être près de ses enfants ou remplaçant sa conjointe occupée à plein temps.

La manière d’être, de dire et de faire en dit plus qu’un titre universitaire

La prise de conscience des inégalités entre hommes et femmes, les changements technologiques mais également le changement climatique, nous obligent à revoir nos concepts de vie. Nous le voyons actuellement, les jeunes disent aux adultes ce qu’ils ont à faire car ceux-ci n’ont pas le courage du changement.

Les connaissances linguistiques et les compétences en communication – j’entends par là la manière de dire – ne servent pas seulement à la carrière; elles sont plus que jamais utiles dans les interactions courantes, les entretiens professionnels, les relations politiques nationales et internationales.

Les systèmes de pensée varient d’une région, d’une nationalité, d’une génération à l’autre et ils sont sans cesse interconnectés et en mouvement. Personne ne nous instruit sur la manière de communiquer d’une dynamique à l’autre, car l’analyse des systèmes passe par la connaissance de soi. Elle nous renseigne sur notre sort et ainsi, dans l’acceptation de notre être, condition ultime pour progresser dans un environnement multiculturel.

S’intéresser à soi est une manière de s’intéresser aux autres

S’intéresser à soi est une démarche différente que le „nombrilisme“. Dans le premier cas, le questionnement sert à (se) comprendre pour transformer en mieux. Dans le deuxième, il n’y a pas de questionnement, c’est uniquement (souvent en groupe sectaire) „moi je“, „moi je détiens la vérité“.

Les cours de langue holistiques s’orientent vers des pistes créatives pour s’affranchir de la course infernale du „toujours vouloir plus“. Trouver les mots adéquats facilite l’évolution ou le changement de carrière. Les entretiens personnalisés tiennent compte des connaissances linguistiques, des ressources émotionnelles, de la connaissance de soi, l’expérience, les formations suivies, la trajectoire professionnelle et les attentes, les intérêts et les projets, l’importance accordée à l’ambition. La formation consiste à mettre en scène des situations en relation avec les talents.

Échanger, apprendre ensemble, agir

S’habituer à s’exprimer sur tout et rien, réfléchir au sens des mots sur une période plus ou moins longue tout en développant des sujets propices à la future carrière rend plus facile

a) l’analyse et la prise de décision

b) la mise en lien de découvertes et suppositions

c) l’incitation à l’initiative

d) le développement d’idées

e) l’organisation de projets

f) l’approche concrète de la vie personnelle, en entreprise ou en tant qu’entrepreneur.e

Les connaissances linguistiques et humaines sont étroitement liées

Les cours de langue, sous forme d’entretiens personnalisés, servent à renforcer les compétences en communication, à assurer des stratégies en fonction des choix personnels. Les personnes bilingues A/F en profitent particulièrement. Les connaissances de français mettent en relief efficacement des procédés pouvant être transférés dans la langue allemande. Ils peuvent être d’ordre sémantique, psychologique ou psychosocial. Lorsque la formatrice et la personne apprenante choisissent des thèmes actuels d’un commun accord ‒ comme mener un entretien dans diverses circonstances, résoudre des conflits, s’engager dans un groupe, diriger une entreprise, la manière d’élever ses enfants, analyser un auteur ‒ le développement ou la spécialisation d’une langue devient une leçon de vie. De ce concept holistique qui, sans aucun lien avec les cours de langue tandem, combine enseignement des langues, développement personnel, formation professionnelle, se dégage un potentiel extraordinaire.

L’égalité des salaires rejoint l’égalité de la communication verbale dans les interactions entre hommes et femmes

Question de perception et de dignité, les hommes modernes reconnaissent les discriminations et prennent ouvertement position. Aussi en public

S’exprimer verbalement de manière convaincante dans sa langue maternelle et s’exprimer dans d’autres langues dépend fortement de l’évolution de la société. Depuis la petite enfance, le langage peut être bloqué à la suite de circonstances biographiques complexes et difficiles. La transformation des thèmes au fil du temps et le transfert pratique dans la pratique influence la connaissance et l’expérience individuelle. Le thème de l’argent est tabou, il constitue non seulement le fondement des inégalités, mais engendre des conflits, renforce les prestiges internes qui s’y rattachent dans le milieu économique, politique, entrepreneurial, familial ainsi que le développement individuel de la personne. De nombreuses femmes ont longtemps été dépendantes de l’argent d’un homme. Il y a certes de grands avantages, par exemple pouvoir éduquer – sereinement – un ou des enfants, préparer les repas, faire le ménage, bref, s’occuper de tout. Ce modèle est révolu, non pas parce qu’il n’a plus ses raisons d’être; les hommes modernes évoluent et s’engagent pour de nouvelles valeurs.

S’en remettre à l’autorité de l’autre engendre des résistances et des angoisses archaïques

Pour avoir longtemps travaillé dans les entreprises, j’ai vu de nombreuses femmes donner trop de pouvoir aux employeurs. De nombreux hommes, jusqu’à un âge avancé, donnent encore la préférence aux jeunes femmes. En psychanalyse, ce comportement serait dirigé par la détermination à vivre avec une femme capable d’enfanter. Les femmes plus âgées sont, à leurs yeux, peu rentables au sens large du terme. Ce conditionnement fait que même les jeunes filles s’expriment avec crainte, ou au contraire avec une verve démesurée, par compensation, sur leurs savoirs et leur savoir-faire. Devant cet effacement, je refuse cependant le terme savoir se vendre“ car il implique une forme de manipulation psychique. Dans leur entourage, les femmes engagées sont souvent peu soutenues dans leur vision du monde professionnel. Au centre de la critique, elles se sentent isolées dans l’image qu’elles transmettent. Les critiques fusent comme des sanctions: « Tu es carriériste », « Tu négliges ta famille », « Tu fais peur aux hommes », « C’est la raison pour laquelle tu ne trouves pas de mari (d’enfant).

L’image d’une société dans laquelle une femme ne met plus la famille au centre de ses préoccupations réveille une peur archaïque existentielle. L’homme était seul responsable pour la survie économique de sa famille et la femme seule responsable de l’éducation de ses enfants et la survie de ses proches. Si cette représentation semble vieillotte, l’inconscient poursuit son travail cérébral basé sur ce qui est connu depuis des siècles. Raison pour laquelle les femmes n’obtiennent pas gain de cause. Non seulement le regard valorisant de la famille est en mutation, mais tous les mécanismes qui s’ensuivent dans la société. Ainsi, le choix des formes d’individuation poussent à bout chacun et chacune d’entre nous. Renforcer son autonomie renforce l’individualité. Celle-ci a pour mission de devenir collective.

L’égalité des salaires est liée à une dimension immense dans de nombreux domaines

L’analyse approfondie de l’évolution de la défense de notre pays en situation de grands conflits s’impose. Les hommes, et quelques femmes, s’investissent dans le militaire et la cyberdéfense. Il est urgent de trouver des compromis de types créatifs et transparents dans ces secteurs, mais également dans la poussée capitaliste des entreprises et leurs ramifications dans la formation professionnelle. Cet aspect est totalement mis à l’écart bien que l’égalité des salaires et la transformation de la communication verbale s’y rapportant soient liées à une réforme des mœurs, à de nouveaux projets performants, de nouvelles fonctions et de nouveaux rôles. Les femmes prenant la relève dans des infrastructures variées dans différents domaines, elles endossent des activités gratuites ou mal rémunérées alors que le salaire égalitaire renforce leur désir de donner. Il faudrait se demander également comment va évoluer l’assistance des femmes auprès d’un proche. Bataille immense et sans issue ? Non, de nombreux hommes s’engagent dans le bénévolat, ne l’oublions pas. Mais, la source des problèmes provient encore des jugements de valeur qui n’ont plus leur raison d’être avec la réalité d’aujourd’hui. Créer de nouveaux concepts et de nouveaux modèles de financement, ou de reconnaissance, semblent la meilleure option/solution pour régler les inégalités de salaire.

La dépendance face aux nouvelles technologiques prend trop de place dans la gestion d’entreprise. Elle étouffe l’égalité des salaires

La volonté politique est mise à rude épreuve. Les débats s’enlisent. Continuer à exiger l’égalité des salaires dans les entreprises, c’est porter un regard romantique sur la transformation « entrepreneuriale ». Leur mission, difficile à assumer lorsqu’il s’agit de créer des prestations, fournir des produits et en même temps répondre de manière satisfaisante aux inégalités des salaires, de financer la formation des employés et les congés de paternité tout en soutenant le travail à temps partiel se fera de plus en plus en coopération avec différents partenaires.

Dans les entreprises, ce questionnement et son application opérative ne représentent pas uniquement un thème économique. Bien que la création d’un nouveau modèle sur l’égalité salariale risque, dans un premier temps, de réduire de manière drastique le chiffre d’affaires, à long terme, la dépendance des entreprises face aux nouvelles technologiques est plus onéreuse que l’égalité salariale dont on connaît le fondement moral et économique. Les bénéfices servent à mieux équilibrer les discriminations, et non seulement à investir dans de nouveaux produits. Certaines entreprises l’ont compris depuis longtemps.

Parallèlement, l’employé et l’employée sera encouragée individuellement à s’engager de manière consciente dans son développement professionnel et personnel, même de manière autodidactique.

Le secteur militaire est appelé à se réformer socialement: Messieurs, lâchez prise!

Il y a un débat qui me manque, c’est celui de la défense de notre pays en situation de grands conflits: si les hommes s’investissent dans le service militaire, y compris la cyberdéfense, il est capital que les femmes puissent prendre la relève dans de nombreux domaines professionnels et personnels en cas de catastrophe. Le salaire égalitaire renforce la motivation non seulement des femmes mais aussi des hommes, qui au fond, sont très conscients de la problématique. Si le domaine de la guerre est réservé à une majorité d’hommes, il n’en reste pas moins que ce secteur doit réviser sa manière d’être sur le plan social. Un langage fleuri n’a jamais tué personne, il représente une arme par excellence.

La confiance renforce une communication verbale égalitaire

Les femmes sont appelées à s’exprimer de manière solidaire entre elles car la concurrence „féminine“ fait rage et leurs peurs bien réelles ! Elles ont beaucoup de peine à accepter le succès des autres femmes. Améliorer sa manière de s’exprimer verbalement, c’est ouvrir la porte à une nouvelle vision identitaire, à l’égalité entre hommes et femmes, c’est refuser le gaspillage mental face aux autres langues. Cette vision permet d’aller dans le bon sens, de se rapprocher de maints domaines inexplorés avec un nouveau dynamisme.

Dans une nouvelle compréhension du monde économique, la didactique des langues et le leadership interculturel y trouvent leur place

L’information sur les discriminalités fait partie d’un marché juste et sain. L’égalité salariale touche également les approches éducatives ainsi que la formation continue au sein des entreprises, mais peu de dirigigeants s’intéressent au leadership interculturel. Dans ce contexte, la formation n’appartient pas seulement, tout comme la recherche, au monde scientifique et universitaire. Le langage et l’interdisciplinarité représentent une science perpétuellement en mouvement. Il s’agit de mettre en lien

  • différents systèmes de pensées,
  • les thèmes qui en découlent et de
  • vouloir comprendre les différences,
  • les transformer dans un objectif de nouveauté,
  • de les discuter avec des acteurs différents provenant de tous les milieux professionnels et
  • créer de nouvelles coopérations tout en respectant l‚éthique déontologique de chacune d’entre elles.
     

Tout est à refaire, le résultat est là !