ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
Headbild Blog
< Startseite Blog < www.ilfe.ch

Kategorie: Management

Un bagage spirituel

Face à l’autre, une personne bienveillante engendre parfois des malentendus, comme le désir de séduction. Reconsidérer la bonté à un niveau élargi consiste non pas à développer la sentimentalité, mais à entraîner la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, donc,  à

  • développer l’autonomie et la créativité
  • apprendre à s’analyser
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude
  • s’accepter

Une femme bienveillante est considérée comme bien socialisée. Par contre, un homme bienveillant signalise un comportement paternaliste quelque peu déplacé. Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité ou encore mieux, comme la perte de l’autorité. Elle entre dans le catalogue de la qualité de travail uniquement si elle sert à satisfaire des rapports de force, considérés comme un signe d’assurance et de détermination. Comme chez les animaux, la prise de pouvoir est dictée par un sentiment unilatéral de survie, un désir de domination, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. Cette angoisse archaïque nécessite une prise de conscience et un entraînement spirituel difficiles. Mêler l’autorité à la bienveillance est un arrangement charismatique dans lequel l’émotion et la force du raisonnement sont étroitement liées. C’est exactement le fondement des méthodes agiles, si préconisées de nos jours.

 

 

ÜBER DEN KONFLIKT

Unter Konflikt versteht jede Person, jede Gruppe und jede Firma, ja sogar jede einzelne Kultur etwas anderes. Hauptsächlich von Männern höre ich regelmässig: «Kein Problem!» Kaum ist dieser Satz ausgesprochen, beginnt auch schon der Konflikt!

Methoden und Strategien tragen nur bedingt zur Konfliktlösung bei. Aus psychoanalytischer Sicht scheint es eine Realität zu sein, dass (fast) jeder von uns es vorzieht, die eigenen Fehler auf andere zu projizieren. Wirkt eine Person oder eine Situation bedrohlich, entsteht daraus schnell ein Konflikt.

Für Menschen, die an sich selbst oder unter der Leitung eines Psychotherapeuten in Balint-Gruppen arbeiten, liegt es eher auf der Hand, Konflikte zu analysieren.

In der Partnerschaft, in der Familie oder im Unternehmen sind die Struktur der Leitlinien, die Hierarchie, die Definition von Funktionen sowie die Rollen und Ziele nach identischen oder variablen Mustern aufgebaut. Konflikte, obwohl sie nicht verallgemeinerbar sind, entwickeln sich meistens, wenn konkrete Antworten auf die folgenden Fragen fehlen: Welche Ressentiments, Fakten und Umstände müssen geklärt werden? Wer besitzt das Geld, wer verfügt darüber und kontrolliert es, welche Interessen gibt es und wie ist die Macht verteilt?

Hinter Geldfragen verbergen sich weitere individuelle Ursachen, die zu Konflikten führen. Dazu gehören beispielsweise Armut, Arbeitslosigkeit, Gesundheitsprobleme, Persönlichkeitsstörungen wie Eifersucht, geringes Selbstwertgefühl, Dominanz, Hass, Rivalität, Diskriminierung, Faulheit, lineares Denken, Prestige und übertriebenes Verlangen nach Ablenkung.

Noch viel zu wenig werden Konflikte aufgrund von Werten wie Wohlstand, Gesundheit, Persönlichkeitsstärke, Empathie, Selbstwertgefühl, Gleichheit, Teilen, Wohlwollen, Toleranz, Initiative, Querdenken, kulturellem Reichtum und Tiefe angegangen.

Diskussionen mit kreativen Köpfen sind manchmal unerträglich. Sie betonen Schwierigkeiten, um sie bewusster zu machen. Wenn das Gefühl der Zugehörigkeit zur Gruppe gegeben ist, sind Lösungen eher möglich.
Für schöpferisch denkende Leute steht nicht allein das Thema Geld im Zentrum des Lösungsprozesses, sondern das Zusammenspiel von Ursachen und Lösungen. Dieser Ansatz bedeutet nicht, dass diese Menschen von einem altruistischen Geist geleitet sind. Ganz im Gegenteil, sie erheben Anspruch auf das Teilen der Verantwortung.

Personen, die viel reden und alles besser wissen wollen, die auf Fragen eine sofortige Antworte parat haben und eine schnelle Lösung für jedes Problem finden, oder diejenigen, die aus falscher Bescheidenheit schweigen, neigen dazu, ihre eigenen Schwächen in den Mittelpunkt eines Konflikts zu stellen.

Es scheint also, als ob die goldene Regel darin besteht, das Richtige zum richtigen Zeitpunkt am richtigen Ort zu sagen.

Entre gens cultivés

Les bonnes manières, je les ai apprises par cœur. Elles m’ont accompagnée dans mon enfance, ma jeunesse, ma vie d’adulte: à table, manger sans laisser tomber la tête dans l’assiette, ne pas couper la salade avec le couteau, ne pas poser les coudes sur la table, ne pas terminer l’assiette en passant le pain comme une éponge dans la sauce, même si c’est excellent. J’ai aussi appris qu’il fallait nettoyer la bouche avec la serviette avant de porter le verre à la bouche. Qu’ai-je appris encore? Que lorsque je faisais une erreur, je devais me faire excuser, qu’il ne fallait pas interrompre un dialogue, être serviable, que savoir écouter était une qualité, voire une compétence, que de se laver les dents après les repas, porter des habits propres, apporter une fleur ou un autre présent à une personne malade, dire merci, étaient des signes du respect de soi favorisant le respect des autres.

À l’adolescence, en observant les adultes, j’ai vite déchanté. Les bonnes leçons, je les avais appliquées à la lettre sans que la plupart de mes « maîtres » mettent en place leur théorie. Je ne me considérais pas pour autant soumise ou dépendante des autres. Plus tard, dans le monde des « grands », universitaires ou managers, simples employés ou sans emploi, j’ai côtoyé, mais pas seulement, un univers composé d’adultes arbitraires et sans éducation. Curieusement, ils étaient socialement intégrés, jouaient un rôle maîtrisé dans un système flou. Croyant être capable de comprendre l’essentiel et de résister aux scènes les plus brutales et les plus burlesques, j’ai passé plus d’un tiers de ma vie à tenter l’impossible: comprendre l’ignorance, la mienne et celle des autres, comprendre les vérités, apprendre à me connaître en vue de réaliser mon potentiel créatif.

Les personnes fines et généreuses, au-delà des divergences culturelles et de leurs traditions, m’ont enseigné les rouages de la vie quotidienne, transmis leurs savoirs, partagé leur savoir-faire et savoir être sans arrière-pensée, sans idéologie. Encore aujourd’hui, elles parlent de leurs échecs et de ce qui les fait grandir. La confiance et la conviction étant la base de la relation, ces valeurs sont devenues une évidence sans qu’il faille s’efforcer à être positif ou efficace.

Qu’ils soient collègues de travail, membres de la famille ou amis, les gens bienveillants s’apppuient sur leur expérience personnelle. Ils vous téléphonent la nuit pour vous partager une idée ou un concept, vous offrent une promenade en vélo, voiture ou autocar et connaissent la colline de vos rêves, évitent de consulter la montre ou le portable en votre compagnie, répondent à vos questions de manière individuelle, entrent dignement en contact avec vous, maîtrisent la distance et la proximité, sans craindre l’après d’une interaction chaleureuse, ne se grattant pas le cuir chevelu ou passant des nuits blanches à réfléchir à la distinction entre rencontre personnelle ou professionnelle. Jamais, une personne cultivée vous rappellera qu’elle a déjà été là pour vous et que son temps est limité. Dans ce contexte, la transgression n’existe pas. Elle est un mouvement perpétuel de construction et de développement dans lequel le langage représente un tissu relationnel.

Lorsque dans un cercle ou un établissement, au milieu de beaux parleurs, quels que soient leur statut et leur provenance, lorsque ni le dialogue, ni l’âme et la parole ne trouvent leur place, où le silence – ou le bruit – devient à lui seul ordinaire, je me sens soulagée en disant à haute voix :

« C’est le bordel ». Une manière personnelle de redonner un peu de lumière, de me laisser guider par elle. Une familiarité facile pour ne pas me laisser tenter par la face obscure de la force qui gouverne notre monde. Car, entre gens cultivés, nous comprenons le langage des êtres vivants: il ouvre des portes sur de nouveaux horizons.

Ce privilège, je dirais même cet art de vivre, je le souhaite à chacun et à chacune d’entre vous pour l’Année 2018 !