Une question que j’aime soulever est de savoir ce qu’est l’intelligence. Le mot est magique, dans la vie réelle la signification est plutôt diffuse et laisse place à l’interprétation. Depuis mon enfance, je m’intéresse au sens des mots, à la recherche linguistique et à ce que nous faisons du langage. Instinctivement, je l’expérimente et le ressens comme une histoire personnelle intense. L’essence que j’en tire est la suivante : penser que le langage, la communication, la capacité de cultiver des relations et d’aimer sont des vertus innées, est extrêmement déroutant. Cette illusion conduit à une profonde solitude, comme si nous nous égarions dans une forêt sans panneaux indicateurs. Grâce à la luminosité du soleil et de la lune, et ayant confiance en soi, nous pourrions peut-être trouver notre chemin. Mais notre présence sur terre a-t-elle pour but de communiquer avec les oiseaux, les arbres, les plantes et les insectes ?

La publicité suggère que l’intelligence est un fragment intellectuel appartenant à ceux qui savent où ils vont et ce qu’ils font. Par expérience, je suis convaincue que chacun d’entre nous – à quelques exceptions près – est capable de vivre l’intelligence en tant que force supérieure. L’intelligence n’est ni économique, ésotérique, politique, scientifique ou religieuse. Elle est étroitement liée à la capacité de se forger une opinion, se positionner, trouver une intention et s’engager individuellement.

Si nous considérons le dialogue comme une vertu, nous sommes enclins à remettre en question notre attitude, puis à prendre des décisions. Inconsciemment, ce processus de pensée se déroule d’une manière ou d’une autre. Il s’agit de donner forme à notre intention, car pouvons-nous dialoguer avec autrui sans nous aligner sur le „soi“ profond ?

En réfléchissant sur le vécu de nos ancêtres et en analysant notre histoire familiale, nous pouvons relever les traces qui se construites et accumulées au fil des générations : comment nos aînés parlaient-ils entre eux ? Quels rôles tenaient-ils ? Par qui étaient-ils définis ?  Les avons-nous repris ? Quelle était notre place au sein de la fratrie ? Quelles scènes avons-nous en mémoire ? Sont-elles en lien avec le langage, la maladie, les vacances, l’affection, la sexualité, le travail, la relation entre père-mère, l’argent, l’infidélité, l’abus de pouvoir ?

Découvrir nos racines et mettre de nouveaux mots sur la manière de dire, nous libèrent des fardeaux du passé. C’est cette capacité que nous avons de penser, faire différemment et d’innover qui nous permet de nous démarquer. C’est également dans cet esprit que nous pouvons créer une nouvelle histoire avec des images, mettre notre expérience et nos idées au profit des enjeux familiaux et professionnels.