ANTOINETTE VONLANTHEN
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Entre gens cultivés

Les bonnes manières, je les ai apprises par cœur. Elles m’ont accompagnée dans mon enfance, ma jeunesse, ma vie d’adulte: à table, manger sans laisser tomber la tête dans l’assiette, ne pas couper la salade avec le couteau, ne pas poser les coudes sur la table, ne pas terminer l’assiette en passant le pain comme une éponge dans la sauce, même si c’est excellent. J’ai aussi appris qu’il fallait nettoyer la bouche avec la serviette avant de porter le verre à la bouche. Qu’ai-je appris encore? Que lorsque je faisais une erreur, je devais me faire excuser, qu’il ne fallait pas interrompre un dialogue, être serviable, que savoir écouter était une qualité, voire une compétence, que de se laver les dents après les repas, porter des habits propres, apporter une fleur ou un autre présent à une personne malade, dire merci, étaient des signes du respect de soi favorisant le respect des autres.

À l’adolescence, en observant les adultes, j’ai vite déchanté. Les bonnes leçons, je les avais appliquées à la lettre sans que la plupart de mes « maîtres » mettent en place leur théorie. Je ne me considérais pas pour autant soumise ou dépendante des autres. Plus tard, dans le monde des « grands », universitaires ou managers, simples employés ou sans emploi, j’ai côtoyé, mais pas seulement, un univers composé d’adultes arbitraires et sans éducation. Curieusement, ils étaient socialement intégrés, jouaient un rôle maîtrisé dans un système flou. Croyant être capable de comprendre l’essentiel et de résister aux scènes les plus brutales et les plus burlesques, j’ai passé plus d’un tiers de ma vie à tenter l’impossible: comprendre l’ignorance, la mienne et celle des autres, comprendre les vérités, apprendre à me connaître en vue de réaliser mon potentiel créatif.

Les personnes fines et généreuses, au-delà des divergences culturelles et de leurs traditions, m’ont enseigné les rouages de la vie quotidienne, transmis leurs savoirs, partagé leur savoir-faire et savoir être sans arrière-pensée, sans idéologie. Encore aujourd’hui, elles parlent de leurs échecs et de ce qui les fait grandir. La confiance et la conviction étant la base de la relation, ces valeurs sont devenues une évidence sans qu’il faille s’efforcer à être positif ou efficace.

Qu’ils soient collègues de travail, membres de la famille ou amis, les gens bienveillants s’apppuient sur leur expérience personnelle. Ils vous téléphonent la nuit pour vous partager une idée ou un concept, vous offrent une promenade en vélo, voiture ou autocar et connaissent la colline de vos rêves, évitent de consulter la montre ou le portable en votre compagnie, répondent à vos questions de manière individuelle, entrent dignement en contact avec vous, maîtrisent la distance et la proximité, sans craindre l’après d’une interaction chaleureuse, ne se grattant pas le cuir chevelu ou passant des nuits blanches à réfléchir à la distinction entre rencontre personnelle ou professionnelle. Jamais, une personne cultivée vous rappellera qu’elle a déjà été là pour vous et que son temps est limité. Dans ce contexte, la transgression n’existe pas. Elle est un mouvement perpétuel de construction et de développement dans lequel le langage représente un tissu relationnel.

Lorsque dans un cercle ou un établissement, au milieu de beaux parleurs, quels que soient leur statut et leur provenance, lorsque ni le dialogue, ni l’âme et la parole ne trouvent leur place, où le silence – ou le bruit – devient à lui seul ordinaire, je me sens soulagée en disant à haute voix :

« C’est le bordel ». Une manière personnelle de redonner un peu de lumière, de me laisser guider par elle. Une familiarité facile pour ne pas me laisser tenter par la face obscure de la force qui gouverne notre monde. Car, entre gens cultivés, nous comprenons le langage des êtres vivants: il ouvre des portes sur de nouveaux horizons.

Ce privilège, je dirais même cet art de vivre, je le souhaite à chacun et à chacune d’entre vous pour l’Année 2018 !

 

Apprendre le français, un enjeu social – Interactions et conduites relationnelles

L’art du dialogue et du contact. Les francophones sont champions de l’émotion maîtrisée!

Qui ne connaît pas la séparation, malsaine à mon avis, entre comportement «professionnel» ou «privé»? À notre époque, cette distinction est obsolète et n’entre plus dans la logique d’une carrière réussie. L’intégrité d’une personnalité se reflète dans une conduite irréprochable, un fil rouge, qu’elle soit professionnelle ou privée.

Trop souvent, l’amabilité est confondue avec la familiarité, une forme de relation intime à la bonne franquette mais peu professionnelle et inefficace. La générosité, la faculté d’empathie, d’écoute et de compréhension sont confondues avec de la faiblesse. L’art d’être bon, au contraire, est le résultat d’un long processus de développement personnel, la maîtrise d’une bonne estime de soi, d’intellect mêlé à l’expérience et à l’émotion.

La langue française, fondée sur l’empathie et l’authenticité, réserve un charme auquel personne ne reste indifférent. S’exprimer verbalement de manière précise et aimable, avec une intention sincère, détend une situation. Un sourire, accompagné d’un regard bienveillant crée une proximité avec la personne en face de soi et facilite la bonne humeur.

La fausse gentillesse se reconnaît à travers une voix trop haute, roucoulante ou cassante, reflet d’une dissonance émotionnelle basée sur une structure de conditionnement éducatif figé, laissant peu de place à la spontanéité. Une gentillesse masquée peut provenir de souffrances mal vécues et de conflits non résolus.

Exprimer la sympathie et pratiquer des gestes aimables renforcent le système immunitaire et favorisent largement l’apprentissage d’une seconde langue ou d’une langue étrangère. Dans ce cas, l’interaction relationnelle prend le pas sur le vocabulaire, une énergie contagieuse facilitant la mémorisation. Soyez concis, courtois et pertinents, vous apprendrez rapidement le français et rencontrerez des personnalités intéressantes !

Le secteur hospitalier est directement touché par l’apprentissage des langues et la performance de l’amabilité, enjeu essentiel pour son avenir

S’inspirer du français pour développer de nouvelles compétences linguistiques et sociales dans un milieu germanophone, une nouvelle stratégie pour les organisations apprenantes: la satisfaction du patient est le résultat d’une performance globale et multidimensionnelle. Une communication efficace se mesure dans la disponibilité du personnel à faire face à des situations complexes, dans l’utilisation optimale des ressources comme les données digitales, la stratégie à adopter pour gagner en visibilité tout en tenant compte de la protection de la personne, dans la qualité de services appropriés: une communication maîtrisée à tous les échelons de la hiérarchie et non seulement à travers un contrôle de la qualité et de la sécurité visant la réduction des coûts. La gentillesse, voire le dévouement, est liée à la connaissance et au savoir-faire et au savoir-être.

Apprendre le français au niveau intermédiaire: chacun peut y accéder de manière naturelle

En Suisse, la majorité des adultes a appris le français à l’école mais nombreux d’entre eux ne savent pas l’utiliser en contexte, sauf les personnes ayant été scolarisées dans les régions bilingues français-allemand. Ainsi, à l’hôpital de l’Ile à Berne, le personnel soignant parle couramment au moins deux langues: l’allemand et le français, tandis qu’en province, l’utilisation des langues dans le milieu hospitalier est quasi nulle. Utiliser l’anglais dans un contexte professionnel social-médical laisse prévoir beaucoup de malentendus, d’erreurs et de complications. Dans les secteurs économiques, bien des dirigeants et des cadres ne savent pas s’exprimer en français ou très mal, raison pour laquelle les enseignants de langue et les formateurs ont intérêts, eux aussi, à maîtriser la langue allemande. Cette compétence facilite la compréhension pour les thèmes interculturels, psycholinguistiques mais également économiques et politiques.

Voici quelques réflexions pour faciliter le passage de la langue allemande à la langue française: développez une vision sur la manière dont vous aimeriez que les autres communiquent avec vous et expérimentez dans la pratique. Attirez l’attention sur vous en faisant de même envers autrui. Aimeriez-vous être invité par une organisation? Proposez vous-même de lui rendre visite ou invitez la personne responsable pour un dîner d’affaires.

  • Ayez toujours un journal, une revue, un livre en français près de vous pour y lire quelques lignes.
  • Créez des contacts avec des francophones et offrez de vraies valeurs humaines en invitant une ou des personnes.
  • Refusez les comportements douteux, la communication nébuleuse, exigez la clarté et ayez le courage de formuler clairement.
  • Ne mettez pas en pratique d’anciennes constructions de mots apprises par cœur si le contexte est inapproprié. Elles ne servent strictement à rien.
  • Si vous êtes hostile à l’égard de quelqu’un, l’animosité et l’antipathie, la violence et l’agressivité ne sont pas un terrain fertile pour créer de bons arguments, des objectifs, des concepts.
  • Construisez vos arguments sur la base de faits réels et intégrez-y l’innovation ainsi qu’une stratégie transparente.
  • Lors d’un entretien, lors de la lecture d’une lettre, d’un manuscrit, si vous n’êtes pas sûr de bien avoir compris, posez des questions, par écrit, par téléphone, par e-mail. Reformulez, confirmez, demandez-une confirmation. Ne pas interpréter soi-même un état nébuleux.
  • Écoutez, cherchez à comprendre, analysez, agissez.
  • Faites preuve de bienveillance: soyez généreux, offrez des «mots», un comportement constructif, mais également des cadeaux non-verbaux (certaines personnes n’ont encore jamais offert des fleurs à une personne!). Offrez et recevez sans arrière-pensée.

Voici quelques formules de remerciements. Elles peuvent être utilisées à l’écrit comme à l’oral:

  • Je vous remercie.
  • Je suis très reconnaissant, merci.
  • Merci pour votre soutien.
    … pour votre patience.
    … pour vos bons arguments.
    … pour votre disponibilité.
    … je vous remercie de votre amabilité.
    … de votre engagement.
    … de vos bonnes paroles.
    … de votre gentillesse.
    … de votre excellente idée.
    … de votre confiance.

→   N’attendez pas de l’autre qu’il vous donne ce dont vous êtes vous-même incapable d’offrir.

Les compétences communicatives, un facteur (inter-)culturel et psychologique déterminant pour notre santé

Faire des compliments c’est aussi, bien sûr, s’intéresser à la personne, à l’objet, à l’appartement, au bureau, à la profession, ou à un autre thème. Pourquoi un psychologue ou un médecin ne devrait-il pas remercier la clientèle de la confiance qu’il lui témoigne? Le monde professionnel serait-il en train de devenir uniquement un champ de relations narcissiques ?

Encore de nos jours, le statut universitaire définit avant tout l’intelligence rationnelle. Les personnes appartenant à une catégorie intellectuelle ou à une hiérarchie supérieure sont considérées comme peu efficaces si elles se définissent à travers la gentillesse. Autrefois, la courtoisie était attendue des employés envers leurs supérieurs, tel un ordre infantilisant. En politique, la dureté et la froideur font plutôt bon ménage. Cette époque est révolue. La superficialité des nouvelles technologiques exigent de nouveaux comportements dirigés vers plus d’humanité et de chaleur. Le mot «empathie» a remplacé la gentillesse, la bonté est devenue «professionnelle». Même si le vocabulaire entre adultes est controversé, le sentiment pour lequel nous nous investissons est le même: une forme d’amour et de chaleur partagée dans la communication verbale.

Dites à une personne comme c’est agréable de travailler avec elle, comme elle vous rend la vie agréable (en donnant des arguments clairs). Prenez l’habitude de formuler des compliments sincères:

  • J’ai apprécié votre manière de négocier (d’établir cette liste, etc.)
  • J’apprécie votre manière insouciante de communiquer, etc.
  • Vous êtes une personne bien agréable.
  • Je suis content de discuter de cela (de ça) avec vous.
  • Vous avez fait du beau travail.
  • Vous avez fait du bon travail.

 Comment dire?

Répondre à quelqu’un qui vous a dit ou écrit quelque chose de très agréable

  • Les aimables paroles que vous venez de m’adresser, Monsieur Martin, m’ont beaucoup touché et je vous en remercie vivement (par écrit).
  • Les aimables paroles que vous venez d’exprimer, Madame Martin, me touchent beaucoup et je vous en remercie sincèrement (oral, interaction directe).
  • Les gentilles paroles que vous exprimez, Monsieur Martin, me touchent beaucoup (oral, interaction directe).
  • Je vous remercie de vos aimables paroles («pour» est également correct mais un peu plus familier, c’est un germanisme: ich danke Ihnen für…)

Proposer, accepter ou refuser une invitation personnelle ou professionnelle

  • Tu es libre?
  • Tu serais libre?
  • Vous êtes libre?
  • Vous seriez libres, disponibles?
  • Je peux vous inviter au restaurant?
  • Vous avez quelque chose de prévu?
  • Vous n’avez rien de prévu?
  • Vous avez quelque chose de prévu ce soir? Vous avez quelque chose de prévu jeudi prochain?
  • Tu as quelque chose de prévu?
  • Ça te dirait de venir?
  • Ça vous dirait de venir chez moi (chez nous)?
  • Ça vous dirait de dîner à la maison?
  • J’aimerais vous inviter au restaurant, vous êtes libre?
  • J’aimerais vous inviter au restaurant, vous acceptez de venir?

 Accepter ou refuser

  • Oui, volontiers! Désolé(e), je suis pris(e).
  • Oui, ça me ferait très plaisir. C’est dommage, je ne suis pas libre.
  • Oui, je veux bien. J’aimerais bien, mais je ne peux pas!
  • Oui, avec plaisir! Ce serait bien.
  • Oui, super! Génial (fam.) Cette semaine, ça me paraît difficile.
  • Samedi, ça devrait aller. Ça va être difficile. (Impossible!)

 Annuler ou remettre une invitation

  • Je vais être obligé(e) d’annuler notre rendez-vous-vous, je suis désolé(e)!
  • Je suis obligé(e) de repousser/reporter/remettre notre rendez-vous.
  • Je suis désolé(e), j’ai un empêchement.
  • Est-ce que nous pouvons remettre notre dîner à la semaine prochaine?
  • Malheureusement, je ne vais pouvoir venir, je suis vraiment désolé(e)!

Féliciter

  • Félicitations !
  • Toutes mes félicitations! Toutes nos félicitations!
  • Je te félicite! Je vous félicite!
  • Tu l’as bien mérité! Vous l’avez bien mérité!
  • Je suis fier (fière) de toi! Je suis fier (fière) de vous!
  • Nous sommes très contents pour toi / pour vous!
  • Je suis vraiment heureux(se) pour toi / pour vous!
  • On va arroser ça (fam.) On va fêter ça! (fam.)

Répondre à quelqu’un qui vous a dit ou écrit quelque chose de désagréable

Positionnez-vous selon l’importance du contact: questionnez, montrez votre déception, ou ignorez et laissez tomber.

  • Vos paroles sont injustifiées, pouvons-nous en discuter? (écrit et oral)
  • Le ton de votre critique nous a déplu (écrit et oral)
  • Les propos que vous avez tenus au sujet de… sont inacceptables et je tiens à vous exprimer ma déception (par écrit).
  • Les propos que vous tenez dans votre lettre du 31 mars sont désobligeants. Nous vous prions de clarifier vos propos (écrit).
  • Votre manière de vous exprimer me déçoit (oral).
  • Je refuse votre manière de vous exprimer, Madame Martin (oral, interaction directe).
  • Vos mots, Monsieur Martin, me blessent. (oral, interaction directe)
  • Je suis déçu(e) de vos paroles désagréables.
  • Je me sens mal traité(e) par vos paroles.

Accéder à une meilleure connaissance de soi clarifie le style de communication et facilite l’acquisition d’une langue

La fidélité à soi-même, c’est ce refuge, cette liberté que je me donne et pour laquelle je m’engage afin de répondre à mon besoin de cohérence interne. Lorsque je m’engage vis-à-vis de l’autre, je ne peux pas savoir à l’avance comment elle va se développer, grandir ou végéter.

Nous savons que

  • pour se «centrer», il est essentiel de rester fidèle à soi
  • toute expression ne devient pas communication.
  • toute relation ne se développe pas en attachement.
  • tout échange ne se traduit pas par un engagement.

Clarifier nos images, élucider ses peurs, réapprendre à formuler, se positionner plus clairement dans la rencontre avec autrui, tout cet apprentissage est caractérisé par la volonté de ne plus se laisser définir par l’autre.

 

 

  

Institut de Langue Française et d’Expression ILFE
Antoinette Vonlanthen, novembre 2017

 

Les jardins de Versailles en automne

C’est toujours un lieu sans pareil que les jardins de Versailles; mais il est un instant où ils atteignent une beauté insolite et où ils donnent aux yeux une fête incomparable qui est comme le moment de leur gloire suprême. C’est celui où l’automne, prince de l’année, les visite et y promène sa mélancolie sous sa couronne de feuilles d’or. À Versailles, l’automne est souverain; son sceptre y crée une féerie. Pour le recevoir, les arbres se teintent des plus riches et des plus somptueuses couleurs, se dorent, s’empourprent de feuillages fastueux, jonchent les allées et les bassins, emplissent la solitude de l’éclat de leur parure.

Jamais Versailles n’est plus royal qu’en ces jours d’apothéose qui durent peu et qu’il ne faut pas laisser passer sans en aller admirer l’éblouissant brièveté. Comme un feu d’artifice auquel ce prodigieux spectacle ressemble, il n’en reste bientôt plus que des branches noires et dénudées.

Le prestige s’est évanoui, la splendeur s’est éteinte: la semaine des arbres est terminée.

 

 

(Dictée d’un auteur inconnu)

Kraft ist Energie, kein Erfolgsmodell

Sensible Menschen, von denen viele überdurchschnittlich intelligent sind, glauben, dass ihre Intelligenz die breite Masse erreichen müsse und dass alle Kreise sie verstehen sollen. Sie vergeuden viel Zeit mit der Überzeugung von durchschnittlichen Leuten, weil sie ursprünglich ihre Gabe nutzen, ihnen überlegen zu sein.
Das führt zwangsläufig dazu, dass das blosse Streben nach der Befriedigung der eigenen Wünsche in den Hintergrund und der Genuss in den Vordergrund rücken.

Der Mensch braucht Drogen, weil er zur Jugend, zum Geld, zum Erfolg und zur Sexualität verdammt ist. Den Rausch dieses Glücksgefühls will er aufrechterhalten, weil er dem Glauben folgt, auf diese Art könne er den Durchschnittlichen auf Augenhöhe begegnen. Diese beeindrucken mit den vielfältigsten Diplomen und Abschlüssen, weil sie nicht selbst denken können. Begegnet man ihnen, breiten sie zahlreiche Kärtchen mit goldenen Lösungen aus, aus denen man nur die richtigen wählen müsse. Ihre Wortwahl ist aber selten partizipierend, sondern besserwissend.

Echte Kreativität setzt Selbstüberzeugung voraus und nicht die Befriedigung von Bewunderern. Sie löst sich vom Kärtchen-Denken, denn sie will das Neue jeden Moment selbst erfassen. Dieses Kärtchen-Denken gibt es auch in vielen Familien, indem die Eltern die Kreativität ihrer Kinder fördern wollen. Ist ihnen dies gelungen, wollen sie als Zeichen der Dankbarkeit auch ihren Anteil daran haben. Erziehung ist kein Mittel zur eigenen Kapitalressource, sie ist Schöpfung, die nicht an Macht gebunden ist. Sie ist das, was sie ist, ohne Anspruch darauf, dass etwas zurückkommen müsse.

Schöpfung ist Kraft. Kraft verteilt sich immer gerecht. Sie ist weder intellektuell noch emotional. Sie ist Ausgleich für sich und für das Universum.

 

SICH VERTEIDIGEN LERNEN

Wenn jede Person ihre Wut und Enttäuschung denjenigen mitteilen würde, die der Grund dafür sind, gäbe es weniger Depressionen. Die Angst vor Gesichtsverlust führt oft dazu, dass wir unseren Ärger gegenüber Freunden, Kollegen oder Familienmitgliedern äussern, statt jene direkt ansprechen, die die Ursache für unsere Probleme sind. Dieses Verhalten ist sinnlos. Wir müssen die Dinge beim Namen nennen und uns unter allen Umständen Gehör verschaffen. Dabei sollen wir nicht jedes Detail, das uns stört, zerpflücken, sondern vielmehr für unsere Rechte und Werte geradestehen.

Gerade heute sagte mir ein privater Anbieter in der Telekommunikationsbranche: „Wenn wir bei einer Kundschaft von 33‘000 Personen für jede, bei der wir einen Fehler begehen, einen Schadenersatz auszahlen müssten, könnten wir die Bude schliessen.“ Ich antwortete, dass ich in 70 Prozent der Fälle, in denen ich etwas kaufe oder auf Mandatsbasis erledigen lasse wie EDV-Unterstützung, professionelle Anzeigen in einer Zeitung etc. beim Leistungserbringer reklamieren muss und damit nicht nur Geld, sondern auch Zeit mit Erklärungen verliere.

Immer mehr Unternehmen oder Dienstleister verlangen von den Kunden eine Toleranz, die nicht mehr verhältnismässig ist. Sobald der Kunde bezahlt hat, hat er das Recht auf ein einwandfreies Produkt. Eine klärende Aussprache ist in solchen Angelegenheiten wichtig, auch wenn wir als schwierige Person wahrgenommen werden.

Wir verschaffen uns einfacher Gehör, wenn wir durch das „Ich“ sprechen. Etwa so: „Ich bin nicht zufrieden mit Ihrem Produkt“, statt „Ihr Produkt ist nichts wert.“
„Ich möchte entschädigt werden“ oder „Ich finde, Sie sollten mich entschädigen“, statt „Sie müssen mich entschädigen.“ Manchmal genügt es, wenn wir uns selbst hören. Bei der Anhebung unserer Stimme müssen wir sie anpassen, um eine unnötige Provokation des Gesprächspartners zu vermeiden.
Manchmal ist auch die Anwendung radikaler Kommunikationsstrategien nötig. Wenn ich beruflich jemanden anrufe, und das Gegenüber schreit seinen Namen ins Telefon (Ich finde diese Art und Weise schockierend) handle ich sofort. Ich schreie ebenfalls meinen Namen, als ob ich im Militär wäre. Dann spreche ich ohne Kommentar mit ruhiger Stimme weiter. Die Person am Telefon erkennt meistens, dass es der Ton ist, der die Musik macht beziehungsweise jenen seiner Gesprächspartnerin.

Nur ab und zu gibt es Wunder, grundsätzlich muss jeder von uns lernen sich selbst zu verteidigen. Aus dieser Sicht ist das Leben überhaupt nicht lustig. Aber sind wir dazu auf der Welt? Das ist eine enge Sicht der Dinge. Nachdem wir uns einige Male erfolgreich verteidigt haben, entdecken wir ein reiches, alternatives Feld aus Emotionen und Mitgefühl. Eine Tür öffnet sich „GANZ WEIT“. Das ist noch schöner, als das Leben nur als „lustig“ zu empfinden.

 

 

 

 

APPRENDRE À SE DÉFENDRE

Si chacun transmettait sa colère et sa déception auprès des personnes qui ont causé un désagrément, il y aurait moins de dépressions. La peur de s’exprimer en face renforce le désir de se plaindre auprès des amis, des collègues de travail ou des membres de la famille. C’est inutile!
Il faut dire les choses directement, se faire entendre à tout prix. Non pas qu’il faille s’attarder sur le moindre détail qui ne nous plaît pas, il s’agit de se positionner pour nos droits et nos valeurs. Dans le monde des affaires, de nombreux managers pratiquent systématiquement la politique de l’autruche lorsqu’il s’agit de se confronter aux thèmes désagréables. La loyauté et l’égalité sont considérées comme des valeurs subjectives, donc non rentables. Ils s’attardent sur leur propre statut, sur le bilan de l’entreprise sans prendre en considération la satisfaction des employés ou de la clientèle, bien qu’elle soit mise en avant dans leur publicité ou leur stratégie de communication. De plus en plus, le marketing sonne faux et tend un piège à l’observateur le plus chevronné, celui qui pourrait devenir un employé, un partenaire, un client potentiel. Le management fondé sur la peur et le bluff ne correspond plus aux valeurs et aux normes de la société et la met en danger.

Encore dernièrement, un fournisseur privé dans la télécommunication me disait: «Avec nos 33 000 clients, si l’on devait rembourser chaque erreur que nous faisons, nous pourrions fermer la boutique.» Je lui ai répondu que lors des 70% de mes achats ou mandats, par exemple un travail de support informatique, une publicité professionnelle dans un journal ou autre, je devais signaler une erreur au prestataire et que je perdais non seulement de l’argent mais surtout du temps à devoir expliquer, respectivement argumenter. Comme la personne est de moins en moins protégée dans son identité, de nombreuses entreprises en profitent et exigent de la clientèle une tolérance qui dépasse le bon entendement. Selon mon expérience, ces entreprises sont sur la pente du déclin, la communication est à l’agonie.

Pour en revenir aux prestations fournies: à partir du moment où le client paie, il a le droit d’exiger un produit impeccable. Il est capital de s’exprimer, quitte à se faire traiter de personne pénible.
Il est plus facile de se faire entendre lorsque nous nous exprimons à travers le «Je». Donc, dire «Je ne suis pas satisfaite de votre produit» et non «Votre produit ne vaut rien.»
«J’aimerais être dédommagée» ou «Je trouve que vous devriez me dédommager» et non «Vous devez me dédommager.»

Il suffit également de s’écouter soi-même. Dès que nous élevons la voix, il faut la réajuster pour ne pas provoquer inutilement l’interlocuteur. Mais, parfois, il s’agit de trouver une stratégie de communication un peu plus radicale. Lorsque j’appelle quelqu’un que je ne connais pas, pour régler une affaire professionnelle, par exemple, et que cette personne crie en s’annonçant (Je trouve cette manière de faire choquante), je crie à mon tour en prononçant mon nom comme si j’étais au militaire. Ensuite, je continue avec une voix sereine. La personne au bout du fil a compris qu’elle devait ménager sa tonalité, respectivement son interlocutrice.

Les managers intéressés aux relations humaines, à la qualité des prestations,  au rendement économique à long terme, acceptent les revendications de leurs employés ou de leurs clients. Dans le cas contraire, ils perdent leurs plus chers collaborateurs et clients. Pire, ils perdent leur dignité.

Dans mes coachings de communication, je précise qu’il n’existe aucun miracle, à part celui de s’assumer et d’apprendre à se défendre. De ce point de vue, la vie n’est pas marrante du tout, mais sommes-nous au monde pour nous «marrer»? C’est bien étroit comme vision. Lorsque nous avons gagné quelquefois après s’être défendu ou battu, nous découvrons un champ d’alternatives riches en émotion et compassion. Une porte s’ouvre «TOUTE GRANDE». Et ça, c’est encore plus beau que de se marrer.

 

 

Le succès de Jules Brand (Une conversation chez les Benoît)

Aujourd’hui, à dîner, M. Benoît et Germaine ont eu une conversation vraiment intéressante. A peine assise à table, Germaine a demandé à son père:

— Pourquoi as-tu justement choisi ce Jules Brand comme apprenti, au bureau, ce matin?

— Eh, ma fille, Jules Brand n’a-t-il pas l’air intelligent et comme il faut?

— Je veux bien… Mais sur les neuf candidats qui se sont présentés, lui seul est venu sans certificats, sans recommandations et nous ne connaissons même pas sa famille.

— Cela est vrai, Germaine. Mais les Brand sont sûrement des gens d’ordre et de propreté.

— Comment le sais-tu papa?

— Je vais te le dire. Avant d’entrer dans mon bureau, ce jeune homme a frappé discrètement à la porte. Puis, il s’est soigneusement essuyé les pieds sur le paillasson. Ensuite, il a ôté poliment son chapeau et, sur mon invitation, s’est assis tranquillement sur une chaise et non brusquement comme les autres… N’est-ce pas la preuve que Jules Brand est bien élevé?

— Si, papa, mais encore?

— Ensuite, il a dit simplement et distinctement ce qu’il avait à dire. Il a écouté attentivement mes questions et m’a avoué franchement qu’il ne sait rien ou peu de chose. Il a ramassé promptement une feuille de papier tombée à terre, au lieu de marcher dessus comme les autres jeunes gens, pourtant chaudement recommandés … Cette action …

— Ah ! Je comprends maintenant …

— Oui, ma fille, cette action a suffi pour me déterminer. J’ai engagé Jules Brand tout de suite, parce que ses certificats et ses recommandations, il les porte sur lui et dans sa conduite …

Les frères et sœurs de Germaine ont écouté silencieusement cette conversation. Mais, en sortant de table, Charlot s’est dit: Oh! Plus tard, je veux aussi faire comme Jules Brand.

 

 

Cours intuitif de français, deuxième année, À LA MAISON von Albert Schenk und Ernest Trösch, Verlag W. Trösch, 1922, Leçon 24, page 60, Lecture

Französisch im Mittelpunkt der menschlichen Interaktion

Antoinette Vonlanthen

 

Wie oft höre ich, die französische Sprache sei schwierig zu lernen! Und doch ist sie wegen ihres Schwungs, der Melodie, der klaren Artikulation und des Sinnlichen, das ihr eigen ist, sehr beliebt. Es wäre falsch zu glauben, eine andere Sprache sei leichter zu lernen.
Wer sprachlich überzeugen will, braucht nicht ein umfassendes Vokabular, sondern in erster Linie braucht es gute Umgangsformen, eine ehrliche, authentische Art der Kommunikation, verbunden mit der Lust zu entdecken, zu spielen, die eigenen Grenzen zu erproben.

Vorurteile in den Vordergrund zu stellen hindert grundsätzlich den Fluss der Worte. Sie haben nichts mit der Sprachlehre zu tun, sondern mit der Persönlichkeit. Eine schüchterne Person glaubt zum Beispiel, sie müsse viel lernen, um sich überhaupt auszudrücken zu können – und dann erst noch auf Französisch! Das sollte man mal von einer anderen Seite her denken: Schüchternheit, so glauben wir oft, sei eine eher negative Eigenschaft, da die Spontaneität fehlt. In der Realität erweisen sich schüchterne Menschen allerdings als effizient: Sie geben den Rednern die Macht, sich zu äussern, und geben ihnen den Platz, den sie selber für sich nicht beanspruchen. Gäbe es keine Menschen, die sich beim Kommunizieren zurücknehmen, gäbe es keine Wortmächtigen, die uns ihre Gedanken und Einsichten zum Leben mitteilen könnten.

Das Wort zu ergreifen hängt mit verschiedenen Faktoren zusammen, unter anderem mit der Motivation sowie mit den verschiedenen Aspekten der verbalen Interaktion. Die Unkenntnis dieser Zusammenhänge und mangelndes Selbstbewusstsein können zu problematischen Missverständnissen, zu destruktiver Gesprächsführung und zu Konflikten führen. Auch in der Muttersprache. Sie sind eng mit der Persönlichkeit verbunden.

Auch Menschen, die es gewohnt sind, das Wort zu ergreifen, sind oft verunsichert, wenn sie eine neue Sprache lernen müssen. Nicht weil sie an ihrer Intelligenz zweifeln, nein. Es geht darum, sich neu zu positionieren, in eine andere Kultur einzutauchen, sich an einer neuer Denkweise zu reiben, theoretische Inhalte zu verknüpfen und diese durch die Anwendung in der Praxis zu vertiefen. Aus dem eigenen Denksystem herauszutreten, damit man nicht der Aussensteuerung unkritisch und hilflos ausgeliefert ist, fördert ein neues Selbstbewusstsein. Es ist eine treibende Kraft, um Französisch zu lernen.

Die Wahl der Worte, um erfolgreich einen Dialog, ein Gespräch, einen Vortrag auf Französisch zu führen, steht im Mittelpunkt der menschlichen Interaktion.
Im Institut de Langue Française et d’Expression setzen sich die Kursteilnehmerinnen und -teilnehmer aus der Geschäftswelt in Privatlektionen mit der französischen Sprache, der frankophonen Kommunikation sowie mit der Kunst des Ausdrucks und der praktischen Führungsdialektik intensiv auseinander.

 

 

 

 

La question de l’engagement

Antoinette Vonlanthen

Vouloir se comprendre entre individus exige un regard bienveillant sur sa propre trajectoire de vie. La rencontre avec des personnes engagées a un lien étroit avec la relation que nous entretenons avec nous-même. Rester dans de mauvaises relations favorise les mauvaises énergies et donne l’illusion de pouvoir être libéré un jour de nos responsabilités. Face au devenir adulte, la réalité quotidienne reflète une coupure brutale avec notre désir d’être compris. C’est comme apprendre à jouer d’un instrument. La voix et la mélodie, ça se peaufine. Apprendre à peindre, les formes et les couleurs, ça se travaille. S’exercer à entrer en contact avec les autres, créer une relation, s’investir personnellement, démontre la capacité à gérer les contraintes émotives tout en étant capable d’intégrer la notion de conflit et de solution. À la base du contact personnel, il y a la joie que procure la rencontre, le désir du partage d’idées et d’informations. Ensuite, dans la relation, il y a le désir du partage des valeurs, de la coopération, de biens matériels et immatériels. Beaucoup de personnes ont un esprit encombré et font la distinction continuelle entre contact, rencontre, échange relationnel et relation amoureuse, échange entre homme et femme – le couple –, entre hommes – homosexuels –, entre femmes – lesbiennes–, entre parents et enfants, entre membres de la famille, entre employeurs et employés. Être en contact avec une personne est une chose simple, spontanée, une expérience directe. Changer le cours de l’histoire ne se restreint ni à la connaissance intellectuelle, ni au contrôle permanent de l’individu afin de mieux le maîtriser.

La simplicité facilite les relations humaines

La fragmentation des formes de relations humaines, l’avarice, la fermeture sur soi, l’anxiété, séparent les individus, elle les effraie, les déstabilise. Ils ne comprennent alors pas qu’ils puissent être la source d’intérêt authentique et se ferment aux autres. La peur de trop donner est devenue une stratégie de survie. Les mauvaises expériences se cristallisent dans un modèle standard. Prendre sur soi la frustration, le négativisme dévalorise profondément l’humain. Il s’installe la méfiance, un calcul froid, une exigence démesurée face aux autres, loin de la sagesse potentielle de son propre fonctionnement. La générosité et l’ouverture renforcent la sensitivité et l’émotion. L’impression de trop avoir donné et de ne pas en avoir reçu autant cache un désespoir profond. Je pense aux parents d’enfants handicapés mentalement, ou aussi aux enfants dont un parent est malade et qu’ils doivent accompagner. Je pense surtout à tous ces innocents traités comme des objets, les personnes du troisième âge, considérées comme inutiles dans une société de performance. Curieusement, ce ne sont pas eux qui se plaignent. Non, ce sont ceux qui s’ennuient dans la vie, courent après les fantômes et cherchent des fautifs à leur malheur. Les arbres, les oiseaux, les montagnes, le vent, tout ce qui se meut dans le monde les endurcit alors que la simplicité est une ouverture aux signes intérieurs des choses. Au lieu de nourrir un esprit souple, clair et vif, ils propagent une énergie destructrice autour d’eux parce qu’ils veulent tout: un statut honorable, un bon travail, la voiture, la villa, la résidence secondaire – souvent vide –, les vacances, la richesse, l’amour, le glamour. Ils restent fermés dans leur système de pensée, de solitude, car ils semblent plus protecteurs que l’engagement personnel.

Lorsque j’entre en contact avec une personne, je prends l’initiative de m’investir dans cette interaction, je n’éprouve pas le besoin de l’instruire, de la faire changer de pensée. J’essaie de partager avec elle quelque chose de moi-même, mon expérience. La communication interpersonnelle n’est pratiquement jamais réalisée entièrement. Se sentir compris par une personne que nous ne connaissons pas est une expérience rare, unique, porteuse d’espoir. Le désir du partage avec autrui et l’ouverture envers les autres valent la peine d’être vécus. Porter de l’intérêt aux divergences nous aide à mieux nous connaître.

S’ouvrir aux autres, demande des efforts considérables

«Être intéressé à sa propre conscience et comprendre le processus de notre fonctionnement est un exercice ardu. Nous ne devons laisser subsister aucune réserve intérieure, nous devons donc être mus par une impulsion irrésistible à connaître jusqu’au tréfonds de soi-même le processus de notre être, ce qui sous-tend d’être éveillés à chaque appel intérieur, à chaque murmure, à nos craintes, à nos espoirs et y pénétrer tout en se libérant, de plus en plus. Ce n’est qu’alors – lorsque l’esprit et le cœur sont réellement simples, non cristallisés −, que nous pouvons résoudre les nombreux problèmes qui se dressent devant nous.» (Jiddu Krishnamurti).

Encore aujourd’hui, l’expérience de l’investissement personnel est considéré comme une valeur morale intime et non pas comme un processus de changement dans la détermination des valeurs. Chaque compétence professionnelle doit être supervisée, la connaissance est soumise à des contrôles permanents bien que la perte d’emploi devienne vertigineuse. Désobéir est mal, gagner de l’argent est bien, apprendre dans un cursus universitaire est hautement désirable, lire pour le plaisir n’est pas recommandable, tricher est intelligent, aimer son prochain constitue le plus grand bien, quitte à lui mentir s’il devient une charge trop lourde, même si un sentiment de honte, de peur, de méfiance, de désespoir l’envahit. Sortir de son cadre de référence représente une forme de trahison dans le système familial. Malgré l’avancement des nouvelles technologies, l’homme moderne est fondamentalement aliéné par rapport à lui-même. La conséquence est visible dans l’augmentation des dépressions et l’obésité, mais également dans le nombre élevé de suicides en Suisse, dans la manière complexe et peu compréhensible de communiquer, de garder son intelligence et ses richesses pour soi. Est-ce que ce n’est justement pas ce qui engendre l’envie, l’intolérance, le désir de vengeance et finalement la violence généralisée au niveau mondial?

Que veut dire «avoir le courage de s’investir et de vivre des relations interpersonnelles»?

Ci-dessous, quelques caractéristiques:

• connaître ses capacités
• être en confiance avec son intuition
• être simple, authentique
• être libre de choisir
• ne pas se sentir obligé de satisfaire les attentes des autres
• reconnaître, jongler et accepter ses propres limites
• accepter le doute et être capable de le formuler
• pouvoir faire une erreur et en supporter les conséquences
• chercher à être clair
• avoir la capacité de s’amuser avec sa connaissance, avec les faits
• jouer avec les mots
• accepter d’être critiqué
• aller au bout de soi, sans calcul
• savoir recevoir
• favoriser la découverte
• se dépasser
• innover

et aussi

• se faire respecter
• refuser la manipulation
• refuser une manière de communiquer infantilisante

Comprendre le désengagement pour mieux y faire face

Sur le lieu du travail, lors de voyages, de réceptions, nous sommes parfois en présence de personnes que nous n’avons pas choisies. Elles nous donnent l’occasion de nous ouvrir à notre propre expérience et à intégrer en soi le processus même du changement. Mais, que faire lorsqu’un interlocuteur est fermé, introverti, refuse le dialogue? L’expérience dans notre entourage, la connaissance en sciences humaines nous apprend, par exemple, que les enfants manipulés psychologiquement, c’est-à-dire exploités par leurs parents, ou qui ont subi des actes de violence ou ont été abusés sexuellement, restent souvent jusqu’à un âge avancé, ou même durant toute leur vie, dans l’incapacité de formuler leur pensée, de mettre des mots sur leurs émotions. Le corps et l’âme sont déchirés.
Pour croire profondément en l’humain, il est intéressant de saisir les raisons diverses du désengagement personnel. Derrière les façades, le cynisme glacial et l’arrogance peuvent se cacher la maladie, la pauvreté, les envies suicidaires, la peur existentielle, l’ignorance et aussi la méchanceté, la frustration, un comportement destructeur. Le refus de s’investir et d’entretenir des relations représente l’incapacité de franchir les limites d’un monde étriqué, d’un quotidien figé. Celui dans lequel chacun de nous est vite emprisonné si nous ne faisons pas de l’investissement personnel un exercice quotidien.

L’indépendance d’esprit, la créativité, la confiance en soi sont facilitées lorsque l’autocritique et l’autoévaluation sont considérées comme fondamentales et que l’évaluation par autrui est vue comme secondaire. Suivre des cours de français, ou une autre langue, chercher à mieux communiquer, sont des moyens puissants pour se libérer des contraintes qui nous sont imposées ou que nous nous imposons à nous-même! Bien que les relations humaines ne puissent être définies dans un simple catalogue, il est intéressant de connaître les valeurs que nous voulons défendre et suivre un fil rouge de notre développement personnel.

Quelles sont les qualités attribuées à une personne libre et engagée?

Elle

a.   répond à vos questions, à votre lettre et e-mails
b.   pose des questions si elle ne comprend pas
c.   s’intéresse à vous, à vos idées
d.   cherche à vous faire plaisir
e.   vous remercie
f.    ne cherche pas à vous séduire pour obtenir quelque chose de vous
g.   sait convaincre par des mots simples
h.   sait écouter
i.    montre ses émotions
j.    n’a pas peur de donner des raisons à ses refus
k.   encourage le partage
l.    ne mentionne jamais le temps qu’elle pourrait perdre
m.  ne dit jamais «pas de problème»
n.   vous fait sentir que vous êtes important
o.   formule ses propres doutes
p.   se fait excuser si elle fait des erreurs
q.   ne délègue pas une demande personnelle qui lui est adressée
r.   vous donne son avis si vous le lui demandez
s.   vous conseille spontanément si vous le lui demandez et ne vous répond pas immédiatement «C’est à vous de savoir»
t.   vous fait de meilleures propositions si elle critique votre activité
u.  prend contact avec vous si la sympathie s’installe et n’attend pas que vous fassiez le premier pas
v.   a le courage de parler avec «je» et non pas «on / nous» lorsqu’il s’agit de prendre position et de décider
w.  vous critique en donnant des raisons concrètes
x.   pense ce qu’elle dit et elle fait ce qu’elle dit
y.   se réjouit que vous pensiez différemment d’elle
z.   vous sourit et a un minimum d’humour

L’investissement personnel est comme une marque protégée, une marque de santé. Elle se trouve partout et nulle part; là où l’on s’y attend le moins!

Le goût du risque

Dans notre société moderne, se sentir victime est devenu une banalité, presque une mode: sous l’emprise des responsables politiques, d’un système familial malsain, d’une entreprise visant des rendements toujours plus élevés, la liste est longue. Chacun de nous a vécu au moins une fois un événement traumatique ou même plusieurs, graves parfois. Cela ne justifie pas notre mauvaise habitude de donner plus de pouvoir aux autres qu’à nous-même et de croire qu’ils participeront à la résolution de nos conflits. Apprendre à s’investir devient possible lorsqu’il n’y a pas d’autre choix que de risquer d’être pleinement authentique, lorsque le changement devient inévitable, la décision irrévocable.

Sortir de son cadre de référence

Se sentir digne de vivre, se découvrir, c’est faire confiance à son besoin de transformation. Vouloir être soi-même, c’est tout mettre en œuvre pour y parvenir, soit:

• se former
• prendre soin de soi
• connaître ses besoins
• se respecter
• apprendre à être seul
• être créatif
• s’exercer à s’exprimer
• se passionner pour quelque chose
• considérer l’expérience comme une richesse
• prendre en compte les difficultés de la vie comme un processus naturel
• travailler sur la motivation
• accepter de ne pas tout savoir

L’engagement, un signe de liberté et de maturité

La responsabilité personnelle est d’une importance cruciale. Prendre l’initiative de tracer un nouveau chemin tout en gardant les pieds sur terre, regarder ses angoisses en face et prendre le dessus, personne ne peut le faire à notre place. Si nous n’arrivons pas en tant qu’humain, en tant que société, à utiliser notre potentiel dans l’engagement avec les autres, l’humanité court à sa perte.
La meilleure leçon de courage, je l’ai apprise à l’école, au cours d’histoire. Appelée à m’exprimer sur une leçon que nous avions dû apprendre sur L’Empire romain et les Barbares d’Occident, j’étais debout sur le podium, face à une vingtaine de camarades de classe. Le professeur m’interrogeait sans que je sois capable de répondre. Première, deuxième, troisième question, ainsi de suite.

− Antoinette, tu n’as pas appris ta leçon ? avait-il demandé.
− J’ai lu les chapitres et j’ai oublié, avais-je répondu.

J’étais incapable de rétorquer qu’il n’y avait rien de valable à devoir comprendre les batailles des barbares. Ne pas savoir, quelle belle leçon d’humilité! J’avais obtenu la note 1 sur 10 et me suis souvenue que dans la vie, il fallait se contenter de peu! À douze ans, mes activités quotidiennes, le dessin, les bonnes rédactions que j’écrivais, les tortues qui s’échappaient du jardin, le déménagement prochain de notre domicile m’absorbaient. Tout au fond de moi, quelque chose de très fort se rebiffait à la pensée que la date de l’abdication de Romulus Augustule puisse changer le cours de ma vie!
Ce qui est difficile nous donne l’occasion de vivre des relations humaines riches, de nous investir là où c’est important, même si à certains instants, nous avons l’impression de sombrer dans le doute.

 

 

 

 

L’utilisation du genre masculin a été adoptée afin de faciliter la lecture. Elle n’a aucune intention discriminatoire.

Langenthal, le 20 mars 2017

 

 

Unternehmen, die ethische Werte vertreten, verbinden Französisch und Handlung mit dem Kooperationsprinzip

In der Familie, im Freundeskreis, in der Schule, während der Ausbildung und im Beruf, auch auf der akademischen Ebene kommt das menschliche und faire Handeln viel zu kurz. Wer will sich schon dauerhaft (auf eigene Kosten) mit einem Gegenüber auseinandersetzen, ohne sicherzugehen, dass er oder sie einem beim Erklimmen der Karriereleiter helfen könnte? Gerade dieses Risiko gilt es, in Balance zu halten. Im Berufsleben kommt jeder von uns weiter, wenn wir zusammen einen Raum und einen Kontext schaffen, in dem wir motiviert sind, zu arbeiten und zu kommunizieren. Leider herrscht in Unternehmen sehr oft eine Atmosphäre der Abwertung. Regelmässig begegnen wir Menschen, die unfreundlich sind oder Mühe haben, sich auszudrücken und so Misstrauen – teils auch irrtümlicherweise – wecken. Ein Stück Lebendigkeit ist in ihnen verschüttet, die Sprache ist für sie lediglich ein Informationsinstrument.

Je nach Veränderungen im Unternehmen wird plötzlich eine Kehrtwende notwendig: Man hat die Wahl entweder anzuklagen, sich zu verändern, davonzulaufen oder zu schweigen und den Dingen ihren Lauf lassen. Wenn wir verpflichtet sind, uns mit den Mitarbeitern oder Partnern von anderen Firmen auszutauschen und in diesem Moment Sprach- und/oder Sprechbarrieren in den Mittelpunkt rücken, sind wir oft überfordert.
Gespräche führen und Dialoge pflegen fordern eine innere Haltung, die von viel Empathie und gleichzeitig Abstand zeugt. Wie können wir uns in diesem Rahmen in einer Fremd- oder Zweitsprache ausdrücken und argumentieren?
Wir sind gefordert, neue Wege zu finden, um eine Sprache zu lernen und gleichzeitig neue Erkenntnisse zu gewinnen, wie wir zusammen eine innovative, tragbare, individuelle und kollektive unternehmerische Denkweise erreichen können. Eine gewählte menschliche Haltung im Bildungsbereich, die sowohl metakognitive Trainings als auch ein selektives Vokabular und eine sinnvolle Grammatik einschliesst, ist der einzige praxisorientierte, sachliche Weg, der uns alle weiterbringt.


Selbstkritik üben und mehrdimensional denken

Als Folge der Migrationswelle gehen wir einer neuen Ära entgegen. Es gilt, mit den Fähigkeiten und den Ressourcen des Menschen zu arbeiten und nicht in den komplexen, unbeantwortbaren Fragestellungen wie Menschen miteinander leben zu verharren. So oder so ist jedem seine Nationalität in seiner Haltung, in seiner Sprache inhärent. Es liegt an jedem einzelnen von uns, den Kommunikationskodex zu entschlüsseln. Wir werden merken, dass wir Europäer im Denken und Handeln gar nicht so weit von der fremden Person entfernt sind, wenn es darum geht, unseren täglichen Unterhalt zu verdienen. Anders ist es, wenn es darum geht, den Fremden nur für den eigenen Nutzen zu missbrauchen. Das Interesse an diesem vernetzten Denken wird zeigen, ob wir in Europa fähig sind, „partizipativ“ zu handeln. Die Frage, ob Französisch oder Deutsch, wird sich als nebensächlich erweisen. Es gilt, neue Hürden des Einander-Verstehens zu überwinden.


Die Sprache neu erfassen und erleben

Es geht darum, eine neue Ordnung zu schaffen. Nicht eine rationelle, sondern eine ganzheitliche Denkweise zu lernen, die die Sensibilität, den Intellekt, das eigene Verhalten miteinschliesst und in der man sich selber als Instrument der Veränderung betrachtet. Sie fordert, dass man sich entfernt vom Gedanken: Leben gleich Konflikt, Arbeit gleich Mühe oder sogar Strafe, Unterhaltung gleich Leichtigkeit. So beginnt man eine ganzheitliche Perspektive zu entwickeln, die möglichst allem einen Sinn gibt. Die Erinnerung und die Zukunftsperspektive werden mit elementaren Bedürfnissen verknüpft, sei es die Autonomie, den Drang sich auszudrücken, Freude zu spüren oder Neues aufzunehmen.


Autonomes Lernen, eine lohnende Entdeckung

Während der beruflichen Entwicklung können wir vom Angebot unterschiedlicher Aus- und Weiterbildungen profitieren. An jedem Arbeitsplatz machen wir von der Sprache Gebrauch. Diese orientiert sich nach einem Schema, einem Programm, das nicht unbedingt unserem wahren Selbst entspricht. Wir sind uns dessen nicht oder zu wenig bewusst. Genau an diesem Punkt stellen sich auch Fragen zur Sprach- und Sprechkompetenz sowohl in der Muttersprache als auch in anderen Sprachen. Durch den zunehmenden Einfluss der neuen Digitaltechnologien ist heute das autonome Lernen von grosser Wichtigkeit. Dies bedeutet, dass man sich die Aufgaben nicht nur selber organisiert, sondern im Bereich des innovativen Sprachenlernens ganz neue Wege beschreitet, ohne ausschliesslich neue Technologien zu nutzen.

Hier einige Denkanstösse für die Praxis:

• Wie in kurzer Zeit Lern- und Arbeitsabläufe wahrnehmen?
• Wie den Transfer des Gelernten bewusst in die Praxis umsetzen?
• Wie mit unterschiedlichen Menschen umgehen und an realistischen Zielen arbeiten?
• Wie die Kommunikationsstrategie und die Identität des Unternehmens berücksichtigen?
• Wie das Vokabular anhand dieser Kriterien gestalten?

Der kreative Ansatz spielt beim autonomen Lernen nur eine nebensächliche Rolle. Es gilt, auf eine auf die Bedürfnisse abgestimmte Weise seine Ressourcen zu nutzen und damit das Wirtschaftsleben zu beeinflussen, damit eine gesunde Wechselwirkung entsteht.


Selbstvertrauen und Mut zum Handeln

Das stark konkurrenzorientierte Denken in Unternehmen, die heute noch hauptsächlich von Männern geführt werden, macht sich in der modernen Gesellschaft auch in Organisationen breit, die von Frauen geleitet werden. Kooperatives Verhalten ist nur durch Sprache und Haltung möglich. Dies bedeutet: offen für Neues sein, sich äussern und mitteilen können, also Sachverhalte, Situationen, Meinungen sowie Gefühle wahrnehmen und ausdrücken, Unstimmigkeiten frühzeitig ansprechen, konstruktive Feedbacks geben, Zusammenhänge erkennen und Mut zum strategischen Denken haben – und dies stetig weiterentwickeln.

Partizipationsdenken oder kooperatives Verhalten findet man in Unternehmen, deren Handeln nicht bloss vom Streben nach Rendite, sondern auch von ethischen Werten geleitet wird. Moderne, lebendige und junge Führungspersönlichkeiten können sich kaum noch etwas anders vorstellen. Es gilt längst nicht mehr die altmodische Geschlechtertrennung zwischen Mann und Frau. Jeder und jede ist gefordert, über den eigenen Tellerrand zu schauen und das Hierarchiedenken infrage zu stellen. Auf Französisch sagt man «On va s’arranger».