ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Schlagwort: Communication professionnelle

Apprendre le français en toute décontraction ? Une réussite communicative pour les pragmatiques !

Comme pour l’acquisition de la (des) langue(s) maternelle(s), le développement de nouvelles compétences langagières est lié au vocabulaire et à l’action. Ce processus d’apprentissage suscite inévitablement la curiosité de déchiffrer son propre comportement langagier, élément essentiel qui nous relie à travers les cultures :

  • s’exprimer de manière intelligible,
  • porter des jugements,
  • être compris par autrui et pouvoir comprendre les autres.

Jeter un regard neuf sur la langue à apprendre incite à

  • surmonter les peurs,
  • approfondir les connaissances générales,
  • renforcer l’estime de soi,
  • construire des relations humaines.

Former sa propre expression verbale

Certains parlent d’une « soif d’apprendre », d’autres du « désir de mieux comprendre leur rapport avec le monde et les situations ». D’autres encore comparent la soif de connaissance à la prière, au charisme ou à la démarche psychanalytique. Admettre ne pas tout maîtriser et réaliser que, dans certaines circonstances, l’imprévu nous dépasse, sont de puissants facteurs d’apprentissage. Se cultiver naît du doute, de la volonté de vouloir savoir, car si nous sommes sûrs de nous, nous n’apprenons rien. Cependant, le doute provoque un sentiment désagréable, raison pour laquelle de nombreux adultes abandonnent leur formation en cours de route.

L’apprentissage d’une seconde langue crée d’une part des tensions entre espoir, sentiments de plaisir, de volonté et de peur, ruses de l’inconscient (manque de temps !) et rejet d’autre part.

1. Chaque type d’apprentissage implique des défis psychologiques différents :

a) Informer

Informer les personnes de son environnement ou dans l’entreprise sur la formation linguistique, sur l’introduction d’un nouveau style de communication ou de gestion, prépare à un changement de paradigme.

b) Initier de nouvelles manières de penser et de faire

La maîtrise du français permet de mettre en œuvre plus facilement de nouvelles pratiques dans d’autres domaines en vue d’atteindre un objectif ou d’exercer une nouvelle activité.

c) Identifier les approches processus

L’échange de connaissances et d’expériences facilite les relations, en particulier à travers

  • la compréhension des mécanismes de communication de genre,
  • la confrontation à des perspectives différentes,
  • la capacité de réinterpréter des situations et de formaliser de nouveaux faits.

Il ne s’agit plus seulement de faire quelque chose ou de vérifier la qualité, mais d’analyser les processus, quelle que soit la complexité de la situation.

d) Viser le progrès avec résilience

Les approches processus permettent d’initier de façon méthodique un projet ou une activité pour détecter les points faibles, initier et suivre des actions d’amélioration. Refléter les processus et se poser des questions est une condition nécessaire à toute démarche de progrès. Cette capacité évite les explications inutiles, facilite la résolution des conflits et permet de mettre en œuvre des objectifs avec plus de grâce. Le progrès concerne chaque personne jusqu’au plus profond de son existence, raison pour laquelle une information facile à comprendre est indispensable.

2. Acquérir des connaissances linguistiques avec du bon sens

Vivre des relations sociales, y compris professionnelles, demande ouverture, humilité et capacité de vivre des liens affectifs. Fini le temps où les émotions relevaient de la sphère privée. En revanche, répondre aux injonctions de l’entreprise – soucieuse de disposer de compétences spécifiques en rapport à la concurrence internationale – suscite des états d’esprit différents. Ils représentent une source de vulnérabilité qui pousse le personnel à vivre une guerre par procuration. Pour y contrer, il est relativement facile de poser un cadre dans lequel la personne pourra tendre vers une image de soi enrichissante. Elle accentuera l’envie de partager un projet commun et évitera les rapports de force dans les relations interpersonnelles.

Afin de répondre aux attentes de la clientèle et des entreprises, l’Institut complète l’enseignement du français avec une approche interculturelle. Les éléments anthropologiques visent à mieux comprendre la nature et le mode de vie des individus et aussi comment les mécanismes sociaux et leurs conséquences fonctionnent à travers le langage. Ces compétences sont étroitement liées à l’identité individuelle et à celle de l’entreprise.

3. S’inspirer de la connaissance et de l’expérience

La formation à l’Institut de Langue Française et d’Expression privé (ILFE) soutient l’autonomie de l’apprenant afin qu’il puisse adopter des attitudes, des réactions et des actions plus favorables. Celles-ci facilitent l’amélioration des performances, notamment professionnelles, permettent de s’appuyer sur le présent pour se projeter dans l’avenir. Les prérequis indispensables pour intégrer une nouvelle forme de communication sont : définition, compréhension et acceptation d’objectifs pertinents, volonté de réussir de tous les acteurs, préparation d’une analyse des besoins, qualité d’écoute et de communication bienveillante, et enfin assurer un climat de confiance et de confidentialité absolue.

4. Se reconnaître au plus profond de soi-même dans une deuxième langue

Connaître différents systèmes de communication dans lesquels nous vivons, permet d’une part de se pencher avec un nouveau regard sur la performance de la formation linguistique, modèle dual qui fait gagner du temps et de l’argent. D’autre part, il importe d’apprendre la langue française de manière holistique en étant le plus proche possible des situations de travail réelles, de lier connaissances linguistiques et professionnelles. La formation en alternance, c’est-à-dire le passage de la formation linguistique à la formation professionnelle ou à la gestion d’entreprise est un modèle d’avenir. Non seulement en raison de l’acquisition différenciée du vocabulaire, de la maîtrise du français oral ou écrit ou de la maîtrise de la grammaire, mais parce que les clients sont constamment au milieu de l’action (processus d’identification).

5. La politesse, l’amabilité, l’empathie et l’émotion rendent plus libres

Ne pas s’endormir avec des clichés d’apprentissage, mais jouer avec eux, telle est la devise ! Une variété d’outils permet de sortir de la pensée linéaire, d’équilibrer les rapports de force et ainsi d’éviter les conflits au travail.

L’Institut enseigne le français de manière traditionnelle et soutient un mode de communication charismatique. La professeure de langue a mis à point une pédagogie expérientielle dans laquelle les apprenants/clients appliquent leurs connaissances du français et les modules d’apprentissage en fonction de leurs contextes de vie. Cet enseignement va au-delà des implications linguistiques : observer, comparer, formuler des hypothèses, les vérifier ou non.

Ces caractéristiques équilibrent le contenu de l’expression verbale jusqu’à ce qu’elles correspondent aux aspirations personnelles des clients. Des retours mutuels complètent également un réajustement du programme de cours.

30.7.2021 Antoinette Vonlanthen©

APPRENDRE À SE DÉFENDRE

Si chacun transmettait sa colère et sa déception auprès des personnes qui ont causé un désagrément, il y aurait moins de dépressions. La peur de s’exprimer en face renforce le désir de se plaindre auprès des amis, des collègues de travail ou des membres de la famille. C’est inutile!
Il faut dire les choses directement, se faire entendre à tout prix. Non pas qu’il faille s’attarder sur le moindre détail qui ne nous plaît pas, il s’agit de se positionner pour nos droits et nos valeurs. Dans le monde des affaires, de nombreux managers pratiquent systématiquement la politique de l’autruche lorsqu’il s’agit de se confronter aux thèmes désagréables. La loyauté et l’égalité sont considérées comme des valeurs subjectives, donc non rentables. Ils s’attardent sur leur propre statut, sur le bilan de l’entreprise sans prendre en considération la satisfaction des employés ou de la clientèle, bien qu’elle soit mise en avant dans leur publicité ou leur stratégie de communication. De plus en plus, le marketing sonne faux et tend un piège à l’observateur le plus chevronné, celui qui pourrait devenir un employé, un partenaire, un client potentiel. Le management fondé sur la peur et le bluff ne correspond plus aux valeurs et aux normes de la société et la met en danger.

Encore dernièrement, un fournisseur privé dans la télécommunication me disait: «Avec nos 33 000 clients, si l’on devait rembourser chaque erreur que nous faisons, nous pourrions fermer la boutique.» Je lui ai répondu que lors des 70% de mes achats ou mandats, par exemple un travail de support informatique, une publicité professionnelle dans un journal ou autre, je devais signaler une erreur au prestataire et que je perdais non seulement de l’argent mais surtout du temps à devoir expliquer, respectivement argumenter. Comme la personne est de moins en moins protégée dans son identité, de nombreuses entreprises en profitent et exigent de la clientèle une tolérance qui dépasse le bon entendement. Selon mon expérience, ces entreprises sont sur la pente du déclin, la communication est à l’agonie.

Pour en revenir aux prestations fournies: à partir du moment où le client paie, il a le droit d’exiger un produit impeccable. Il est capital de s’exprimer, quitte à se faire traiter de personne pénible.
Il est plus facile de se faire entendre lorsque nous nous exprimons à travers le «Je». Donc, dire «Je ne suis pas satisfaite de votre produit» et non «Votre produit ne vaut rien.»
«J’aimerais être dédommagée» ou «Je trouve que vous devriez me dédommager» et non «Vous devez me dédommager.»

Il suffit également de s’écouter soi-même. Dès que nous élevons la voix, il faut la réajuster pour ne pas provoquer inutilement l’interlocuteur. Mais, parfois, il s’agit de trouver une stratégie de communication un peu plus radicale. Lorsque j’appelle quelqu’un que je ne connais pas, pour régler une affaire professionnelle, par exemple, et que cette personne crie en s’annonçant (Je trouve cette manière de faire choquante), je crie à mon tour en prononçant mon nom comme si j’étais au militaire. Ensuite, je continue avec une voix sereine. La personne au bout du fil a compris qu’elle devait ménager sa tonalité, respectivement son interlocutrice.

Les managers intéressés aux relations humaines, à la qualité des prestations,  au rendement économique à long terme, acceptent les revendications de leurs employés ou de leurs clients. Dans le cas contraire, ils perdent leurs plus chers collaborateurs et clients. Pire, ils perdent leur dignité.

Dans mes coachings de communication, je précise qu’il n’existe aucun miracle, à part celui de s’assumer et d’apprendre à se défendre. De ce point de vue, la vie n’est pas marrante du tout, mais sommes-nous au monde pour nous «marrer»? C’est bien étroit comme vision. Lorsque nous avons gagné quelquefois après s’être défendu ou battu, nous découvrons un champ d’alternatives riches en émotion et compassion. Une porte s’ouvre «TOUTE GRANDE». Et ça, c’est encore plus beau que de se marrer.