Recommencer une nouvelle vie, dans le parcours personnel, dans l’entreprise, le management ou le leadership, oblige à abandonner certaines croyances. Soudain, la peur de l’inconnu suscite le doute et la résistance : les anciennes n’étaient pas si mal après tout, elles nous confortaient dans une sorte de torpeur bienveillante. Tant d’alibis permettent de rester dans les vieux schémas ! En revanche, regarder en avant inspire et donne envie d’expérimenter. Lorsque on veut sortir de sa zone de confort, il suffit qu’une personne de notre entourage nous rappelle sa manière de juger pour que nous retombions dans les anciens modèles de pensée. Moment de colère ! Dans une certaine constellation, à une époque passée, quelque chose de connu allait bien. Puis, de nouveaux éléments s’étaient immiscés dans les habitudes et nos valeurs avaient cherché une place dans la nouvelle réalité. Et voilà qu’il faut choisir d’avancer ou reculer !

Avec la pandémie actuelle, les lois de la vie nous infligent la nouveauté à petites doses : l’exercice de nouvelles professions, d’une nouvelle manière de travailler et de voir les choses. Renoncer à certaines activités ou habitudes, bien sûr que c’est difficile ! Mais, c’est la base de la transformation. La nouveauté contribue au virement social et au progrès. Chacun de nous, et non seulement les experts, est capable d’apporter du neuf dans son quotidien.

Comment reconnaître les attitudes de résistance à la nouveauté ? Mon expérience est la suivante :

La personne dit

− J’ai toujours fait comme ça
− Je n’ai pas envie d’entrer dans le conflit, j’en ai déjà assez
− Je n’ai pas le temps
− Les gens veulent toujours TOUT changer
− Les blagueurs disent n’importe quoi
− Je suis réaliste
– Ceux qui parlent de nouveauté « n’ont qu’à le prouver»

Les adeptes de la nouveauté disent

− J’avais pensé à cette idée, je vais m’y mettre
− Il faut en discuter, je vais prendre le temps
− Je n’ai jamais essayé mais je vois que ce serait une belle expérience
− Merci de me bousculer
− Ma réalité est ennuyeuse, je vais me débrouiller pour vivre pleinement et en accepter les conséquences
– C’est le moment d’aborder mes idéaux et d’en faire une nouvelle réalité
− J’expérimente pour me prouver à moi d’abord que mon idée est juste/bonne et non pour allonger les statistiques ou avoir du succès

Les échecs, la perte d’êtres chers, les désillusions, la solitude, tout ce qui tire le bas est en même temps une forme de tremplin : accepter ce qui est, le vivre consciemment nous oblige presque naturellement à tendre vers la nouveauté. Avant de voir la lumière, pourquoi ne pas apprendre à faire de la confiture, une sauce à salade  ? Pour la confiture, c’est simple : il faut une recette pour les quantités, quelques fruits, du sucre, un peu d’eau, une marmite, un verre à cornichons bien lavé, une cuisinière électrique. D’autres options sont envisageables : devenir plus ouvert.e, se former en autodidacte, prendre contact avec des personnes qui nous semblent inaccessibles (elles aussi aiment souvent la nouveauté) ; dépasser les frontières linguistiques  et lire, lire, lire.

Pour Milton Erickson, la première chose à faire, si une personne cherche de l’aide chez un spécialiste du mental, est de ne pas essayer de contraindre l’être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l’individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser. Erickson prend tout comme un moyen de se tourner vers soi. Pour lui, la résistance est une invitation au jeu ; prendre l’aspect positif de tout et l’utiliser pour construire une interaction.