ANTOINETTE VONLANTHEN
Institut de Langue Française et d'Expression ILFE • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 22
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Gespräche im medizinischen Alltag auf Französisch.

Die Digitaltechnologien und das autonome Lernen verändern unser Denken und Verhalten. Vorgegebene Schemen und Programme in der Informatik und in den Sozialen Medien verstärken die Tendenz, sich anpassen zu müssen und sich gegen aussen zu richten. Die Sprache orientiert sich nach Erwartungen und Mustern, die nicht unbedingt unserem wahren Selbst entsprechen, was viele Missverständnisse und auch Leid verursacht. Müssen Sie zudem noch Französisch sprechen, ist das Chaos programmiert! Nicht immer fehlt das Vokabular, oft geht es um nonverbale Kommunikation. Glaubwürdigkeit und Attraktivität beginnen im Kopf!

Wörter widerspiegeln die eigene Persönlichkeit, Französisch sprechen hat mit Charisma zu tun:

  • Sprechen Sie mit den Patienten „personenzentriert“
  • denken Sie nach wie Sie Deutsch sprechen
  • lernen und verbessern Sie Schritt für Schritt Französisch und suchen Sie Berufskollegen (oder Trainer, Trainerinnen) mit denen Sie „en face-à-face“ diskutieren können
  • gehen Sie sparsam mit Kommunikations-, Lern- und Arbeitsabläufen um
  • stellen Sie souverän Ihre Eigenart in den Vordergrund
  • entwickeln Sie eine ganzheitliche Denkweise, die sowohl Ihre Sensibilität als auch Ihren Intellekt miteinschliesst
  • schreiben Sie Ihre Gesprächsabsichten auf und setzen Sie diese bewusst um
  • bilden Sie kurze Sätze, sprechen Sie klar und deutlich
  • führen Sie heikle Gespräche in dem Sie das Vokabular nach bestimmten Kriterien gestalten
  • berücksichtigen Sie die eigene Identität und die des Unternehmens, des Spitals, der Praxis
  • gestalten Sie Gespräche zwischen Frau und Mann neu
  • beobachten Sie Missverständnisse zwischen den Linien oder auf nichtsprachlicher Ebene
  • lösen Sie blockierte Kommunikation zwischen mehreren Hierarchieebenen
  • nehmen Sie Integritätsverletzungen und Einschränkungen der Selbstbestimmung von Frauen wahr und formulieren Sie Ihre Einwände
  • seien Sie zuerst herzlich, dann sachlich
  • zeigen Sie Wertschätzung und schenken Sie viel Zeit. In der heutigen Zeit ist es ein Zeichen von Exzellenz!
  • bauen Sie authentische Beziehungen auf
  • suchen Sie nicht nur den Erfolg

 

Das Einzeltraining „Ärztliche Gespräche auf Französisch führen“ findet im Institut de Langue Française et d’Expression (ILFE) in 4900 Langenthal, statt: +41 31 312 68 68

 

 

 

 

La bienveillance, une compétence à développer en toute urgence

24Heures publie le 27 août sous la rubrique « Santé psychique »: Les tentatives de suicide explosent chez les jeunes filles. Nombreuses étudiantes ruminent de bien sombres pensées. Un phénomène complexe, difficile à expliquer (Lucie Monnat) .

Mes réflexions se dirigent d’abord vers de nouvelles voies dans la formation continue et la communication verbale. Celles-ci sont construites sur un modèle psychanalytique. Comment pourrait-il en être autrement? Mieux comprendre les interactions humaines, la transformation des rôles entre les hommes et les femmes, l’augmentation de la violence physique et morale, les conditions environnementales et la dégradation des écosystèmes, les exigeances excessives sur le marché de l’emploi et dans le domaine professionnel, où tout se définit à travers la fureur du marketing et des diplômes,  demande une lucidité extrême. Même si la plupart des adultes, hyperactifs, rechignent à réfléchir sur leurs comportements, préférant la tyrannie de la routine, ils suivent les mêmes mécanismes depuis leur enfance et refusent de grandir. Ils tiennent pour responsables de tous les maux ceux qui pensent différemment. Cette constatation me pousse à poser la question de savoir dans quelle mesure la bienveillance pourrait redonner un certain équilibre dans une société axée sur le divertissement, la rentabilité et l’efficacité. Le marketing des entreprises diffuse la promesse de la qualité alors que les employés, à plus de 60% des cas, se sentent bernés, deviennent dépendants de leurs supérieurs hiérarchique et, finalement, perdent leurs emplois. Non seulement les jeunes voient leur avenir avec angoisse, ils vivent chaque jour le drame des adultes, impuissants devant les défis de la société. Les entreprises créatives rassemblent des personnes autonomes, dont les perspectives de vie sont basées sur la constructivité et l’innovation.

Les souvenirs agréables nourrissent l’espoir

Avoir vécu une enfance dans laquelle la communication verbale a été au centre des relations sociales, facilite plus tard l’attention portée aux autres. Elle comporte également la capacité à gérer la pensée divergente et l’accueillir naturellement. De nombreux exemples montrent qu’il est possible de transformer le sentiment d’abandon ou de haine. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste français, après avoir été recueilli dans son enfance par une institutrice bordelaise pendant l’Occupation en 1941, en témoigne sur ses recherches et récits dus à la résilience et la construction de la personnalité.

Dans la dynamique des relations humaines, la bienveillance va bien au-delà de l’intimité entre les personnes. Elle touche l’identité, c’est-à-dire l’existence de la personne. Aimer l’enfant pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il devrait être est un modèle également valable dans l’éducation des adultes. L’interprétation de la bienveillance est souvent confondue au désir du contact amoureux, voire physique. Cette attente répond plus souvent à l’imaginaire de l’adulte, son ego, ses fantasmes, plutôt qu’au plaisir de partager ou de construire. Dans ce contexte, que signifie « le développement de l’intelligence artificielle » si le message renvoie à la disparition de l’interaction humaine, de la bienveillance et de la tendresse, voire de la race humaine ? Comment redéfinir notre vocabulaire et nos actes ? Être capable de porter un sentiment sincère d’amitié, une attention délicate à quelqu’un, devient une vraie compétence.

À peine savent-ils parler, les enfants sont confrontés aux recommandations des adultes : « Dis bonjour à la dame! », « Dis bonjour au monsieur! » ou encore: « Qu’est-ce qu’ON dit ? ». Cette manière  de mettre la pression ressemble fortement à la caractétistique des robots ! Les petits enfants ignorent les convenances et ont besoin de développer un sentiment naturel du « déjà vécu ». À l’école, sur 10 élèves, au moins 2* subissent des situations de violence physique, d’abus ou de maltraitance sous différentes formes. Tous, comme il se doit, apprennent à bien se comporter. Sur les réseaux sociaux, une forme de courtoisie est devenue un vrai programme. Son contraire également, le blocage, la dénonciation, l’insulte, le dénigrement ! Ce n’est qu’une retransmission modifiée de ce qui se vit au réel, mais fait perdre énormément de temps et d’énergie au faible maillon de la société.

Un tabou dans le monde du travail

Nos émotions basiques se répercutent dans tous les systèmes dans lesquels nous vivons: notre entourage, un parti politique ou un domaine d’activité particulier. Encore de nos jours, une barrière féroce s’élève entre vie privée et vie professionnelle. Pourtant, le mode des interactions sociales professionnelles est identique à celui de la vie privée: qui aime dicter dans sa famille, dicte dans l’entreprise, qui s’abaisse devant son père s’abaisse devant le directeur, qui ne veut pas chercher sa propre vérité, bafouille dans ses contradictions !

Les tabous explosent sous différentes formes : les transgressions sexuelles sont de plus en plus dénoncées, les relations amoureuse secrètes provoquent des conflits d’intérêts au niveau hiérarchique de l’entreprise, le résultat des bilans baigne (saigne) dans l’intransparence ! Gérer une quantité de chiffres demande un système de pensée linéaire. L’émotion étant absente lors d’attachement excessif à l’argent, elle déséquilibre la structure du raisonnement. La fermeture, la rigidité, les blocages, sont propices à toutes sortes de dérèglements.

La bienveillance crée la confiance et favorise le raisonnement

La chaleur humaine provient d’une énergie individuelle s’exprimant sous différentes formes. Ni le langage codé des collègues tactiles, forme d’attouchement paternaliste pour démontrer sa supériorité, ni les bisous et les accolades, souvent exagérés dans les entreprises, ne manifestent des attentions délicates. Ces comportements justifient une sorte de collégialité mais excluent parallèlement toute personne ayant un système de pensée différent. L’émancipation des femmes a bouleversé les rôles. L’exigence professionnelle, la dureté des jeux de pouvoirs les a rendues plus réservées, plus froides, hautaines, moins serviables et moins tolérantes. Ce comportement, certainement transitoire, est le résultat d’une grande fragilité en rapport avec l’égalité entre hommes et femmes.

Je me souviens d’une belle expérience lorsque jeune mère, j’avais repris mon activité professionnelle à Berne. Une collègue de travail tapait chaque matin à la porte de mon bureau et l’entrouvrait : « Bonjour, je vous souhaite une bonne journée! »

Je rapporte ici également le récit d’une femme qui, à une époque de sa vie, était très malade. Le médecin spécialiste l’avait examinée, puis il s’était intéressé à ses activités. Elle lui avait raconté que dans ses moments de désespoir, elle faisait de la confiture. « Vous avez utilisé quels fruits? » Elle avait répondu : « Des abricots séchés ». Le médecin : « Des abricots séchés? Comment avez-vous procédé ? » Étonnée de son intérêt, elle lui avait expliqué qu’elle avait créé la recette elle-même. En se concentrant sur la partie saine de la patiente, il avait renforcé le lien de confiance avec elle.

Ce comportement avant-gardiste présente une forte probabilité de contribuer à l’évolution de notre société.

Une société en plein malaise

Que ce soit chez un homme ou une femme, la bienveillance engendre des malentendus et des attentes irréalistes, débouche sur des fantasmes, comme le désir d’une relation amoureuse. Reconsidérer la générosité à un niveau élargi nous remet en question, ce qui est parfois désagréable et pourtant si utile.

Développer non pas la sentimentalité, mais la bonté et l’intuition

Elles constituent un bagage spirituel utile à la survie de la communauté. Contrairement aux méthodes modernes relaxantes, il importe d’entraîner également la résistance à la frustration, l’acceptation de l’échec et au renoncement, à l’adaptation à des situations déplaisantes à certains moments de la vie, donc :

  • développer l’autonomie
  • apprendre à s’aimer
  • développer la pensée constructiviste
  • développer la créativité
  • s’entourer de bonnes personnes
  • se relier à la nature
  • offrir des mots, partager sa résidence secondaire, offrir des fleurs, partager ses repas
  • vivre au présent
  • se faire confiance
  • cultiver la solitude

Voir ce qui est bien chez l’autre, et le lui dire en face (et pas seulement sur les réseaux sociaux)

Contrairement à l’admiration, la générosité et l’ouverture sauvent du désespoir, n’importe où et n’importe quand : par exemple, être capable d’exprimer spontanément à une personne ce que nous voyons de bien en elle. Bien que le face-à-face reste le luxe de l’interaction humaine, l’objectif premier de Facebook était le partage social, une forme de bienveillance « en ligne ».

Dans le management, la bienveillance est considérée comme un signe d’inefficacité ou de faiblesse, voire de fragilité. La prise de pouvoir est déterminée par un sentiment unilatéral de survie, par un rapport de forces entre plusieurs groupes, et moins par un besoin de reconnaissance et d’approbation générale pour le bien commun. Le sentiment de survie est alors mêlé, comme chez les animaux, au désir de domination. La plupart des managers craignent la perte d’une quelconque marque d’objectivité. La bienveillance n’entre pas dans le catalogue de la qualité de travail et ne sert pas à créer du potentiel. Par contre, le passage de l’émotion à l’action nécessite la force du raisonnement. Cette énergie pourrait être un modèle en vue de trouver des solutions face à la violence, à la pollution de l’air, à la capacité à s’exprimer dans plusieurs langues, mener une entreprise pour le bénéfice de tous.

La bienveillance évoquée provient de cet échange particulier auquel nous aspirons : créer des relations humaines lucides et courageuses où ni l’âge, l’état civil, la profession et le statut, la nationalité et ni l’appartenance à un groupe ne jouent un rôle et où la divergence d’opinions mène à des solutions.

 

 

 

 

 

*Les enfants exposé∙e∙s à la violence conjugale : état des lieux de leur prise en charge dans la République et Canton du Jura
Août 2015

La promenade de Camille et Virgule

Sur le chemin parsemé de cailloux, de sable mêlé à la terre, quelques brindilles de foin pendent aux buissons épineux. Camille, avec une joie féerique, marche d’un pas alerte, tenant en laisse le Briquet Griffon vendéen. Les yeux de Virgule, foncés et vifs, avec des sourcils bien prononcés, garnissent le contour de l’œil.

Par cette chaude journée d’été de juillet, la jeune fille, déterminée et pleine d’initiative comme son ami Virgule, s’arrête pour écouter un oiseau, le suivre des yeux, pour tremper le pied dans l’eau claire ou rebrousser chemin pour suivre un lézard.

Dans le léger sac au dos, un livre, qu’elle vient de trouver à la bibliothèque, l’accompagne. S’asseyant sur une grosse pierre, elle le dépose sur ses genoux et choisit une page au hasard. Une de ces phrases sur le concept du refoulement, imaginé par Sigmund Freud, l’exalte à en méditer le sens. Attentive au bruissement du feuillage, elle s’en sert d’interprétation : la tendresse au cœur du refoulement peut-être ? Elle se souvient de cette vipère qu’elle avait vue autrefois dans les montagnes, lors d’une course d’école. De couleur brune grise, glissant entre les pierres dorées au soleil, elle avait disparu rapidement comme si elle avait pour unique raison d’être de faire trembler de peur les promeneurs.

« Cette dangereuse bête lui apparaissait comme une preuve de l’indifférence de cette nature qui n’a d’autre souci que de multiplier la vie, bienfaisante ou meurtrière, avec la même inépuisable prodigalité »¹.

Établir un lien entre les choses, entre les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes, entre les animaux et les êtres humains, entre les sortes d’arbres et de fleurs, mais également entre les idées et les désirs, les contraires animent la jeune fille. Toute chose coupée du monde lui renvoie une image trouble de la vie. Bien qu’elle en ait parlé à ses camarades, ils avaient souri d’un air angoissé, les lèvres serrées, les sourcils tombant sur les paupières, comme immergés par la honte.

À cet instant, Camille avait compris que la vérité appartenait à chaque individu, comme une entrée au paradis ou en enfer, ou éventuellement avec un pied au paradis et un pied en enfer. Cette idée, rejoignant la pensée triviale que tout était séparé, l’avait persuadée qu’il devait y avoir une dimension spirituelle aussi apaisante que la rivière devant elle. Une force à peine nommable s’était emparée d’elle. Son moi intérieur s’était alors dressé comme un édifice que personne ne pouvait ébranler.

Maintenant, le ciel bleu devenu rose attendrit les petites vagues de l’eau. Ni tumulte, ni hâte, tout semble réglé selon un ordre majestueux de la lumière et de la température.

Sous le tilleul, Virgule jappe en suivant des yeux les moineaux, sautillant d’une branche à l’autre. L’Aar, la rivière dont personne ne peut retenir le courant, se la coule douce, le jour comme la nuit. Sans sortir de son lit, elle se laisse pousser par l’air du temps.

Camille imagine vivre avec les arbres, les pierres et les animaux. Avec l’autorité d’une reine, elle se dresse soudain devant un saule pleureur monumental. Lui caressant l’écorce du tronc, une voix s’élève de l’arbre :

– Toi, tu es différente des autres humains, dit le saule.

– En quoi suis-je différente? demande Camille.

– Les individus bougent sans arrêt. Tu es tranquille à me regarder et à sentir mes rainures. La plupart des êtres vivants se déplacent continuellement, poursuivent des activités ennuyeuses et fatigantes. Moi, je reste des années au même endroit sans me lasser. Sur le chemin, je vois courir des hommes et des femmes, leurs visages grimaçants, les muscles du corps figés par l’effort. Quand ils voyagent dans leur cage en métal, le bruit de la ferraille me casse les oreilles, dit le saule.

–  Tu ne désires pas voir autre chose que la rivière, les buissons et le ciel ? demande Camille.

–  Tu parles comme une fille de l’humanité, dit l’arbre, étonné. Viens, appuie le dos contre moi et regarde : la rivière change d’habit à tout instant. De ses reflets, jaillissent des perles au soleil, le vert turquoise fond dans un bleu azur, puis le vent remue les coloris au brun. La couleur des vagues s’adapte aux humeurs du ciel. Dans la splendeur de l’hiver, le lever du soleil miroite sur les vagues et danse le tango. Au coucher du soleil, l’horizon flambe et la rivière appelle les pierres à glisser avec elle.

Le saule continue:

–  les humains se dispersent et perdent le sens de la beauté. En vain, ils s’efforcent d’oublier ou alors, ils cachent leurs angoisses, mais ils perdent l’orientation pour le vrai. L’expression de leur visage distant m’attriste. Moi, je m’engage dans une grande entreprise naturelle. Je ne fuis pas la solitude comme le font les individus. Lorsque la pluie tombe, je laisse déverser les nuages de leurs larmes. Lorsque le vent souffle, mes rameaux baissent les bras et pleurent avec la pluie. Lorsque le vent souffle, mes branches se dépensent sans compter. En hiver, elles craquent sous le blanc de la neige.

–  Dis-moi, saule pleureur, as-tu déjà entendu parler de Noël? demande Camille.

–  Oui, bien sûr! Les sapins s’en effraient. Lorsqu’ils arrivent à leur plus bel âge, les êtres humains les scient pour les vendre aux hyperactifs. Pour le peu d’heures où les individus restent assis dans le salon, bien au chaud, mes amis les sapins sont garnis de guirlandes et de bougies. Je ne sais pas ce qu’il faut en penser. Certains de mes amis sont terrifiés de se voir ainsi tronqués. Ils se sentent traités avec injustice. Mais, je connais également des sapins généreux, prêts à offrir leur vie uniquement pour faire le bonheur des enfants à Noël. Il existe des sapins, pour qui cette fête est une révélation, car jamais de leur vie ils ne sont tant admirés. Ils ne comprennent pas que c’est uniquement la parure qui excite les individus et non leurs branches et les aiguilles vertes.

Tandis que l’arbre parle ainsi, Camille s’éloigne de lui. Non loin, elle s’assied sur un tronc coupé et couché au bord de la rivière. Virgule prend place près de la jeune fille. Tous deux, impressionnés par la personnalité du saule, restent pantois. Virgule, assommé par tant de vérité, pose son menton sur les genoux de son maître.

Camille lui passe la main sur la tête et, remplie de doutes, lui demande :

– Tu crois, toi, ce que raconte le saule ?

– Pourquoi poses-tu cette question? répond Virgule. Accepte ses paroles comme lui, il laisse tomber la pluie, comme il subit la tempête et honore le soleil. Il ne faut pas lui en vouloir. As-tu vu comme il s’est mis en quatre pour nous faire profiter de sa science? L’air fâché, Virgule aboie sans méchanceté :

– Allons jouer!

Les deux, joyeux et insouciants, se mettent à gambader le long de la rivière.

– Virgule, regarde ! Un nuage de moustiques! s’exclame Camille.

Avec ses bras, elle cherche à s’en protéger alors que Virgule cherche à les attraper avec son museau.

– Des centaines et des centaines ! s’exclame Camille d’une voix étonnée.

Du sol, une voix s’élève:

– On ne compte pas les moustiques!

Camille regarde par terre et aperçoit une pierre plate, vert gris, avec un filet doré sur le dos.

– Pourquoi pas? s’offusque-t-elle.

– Te viendrait-il à l’idée de compter combien nous sommes de pierres, ici, au bord de la rivière ?

– Mais, c’est impossible! rétorque la jeune fille.

– Tu vois! Et pourtant, vous, les êtres humains, vous comptez tout ce qui vous tombe sous la main. Vous définissez la vie à travers les chiffres. Vous n’y comprenez rien. L’argent file comme les moustiques s’envolent au vent. Nous, les pierres, nous avons la chance de vivre une éternité sans compter.

– Nous, les êtres humains, nous vivons parfois jusqu’à cent ans, réplique Camille.

– Ah! Encore ces chiffres, grimace la pierre.

– Oui, imagine, je vais bientôt fêter mes 16 ans. Nous, les êtres humains, nous avons reçu une âme, raison pour laquelle je peux en toute liberté réfléchir, me réjouir, discuter avec toi, avec l’arbre, avec Virgule, avec les moustiques, mais aussi avec ma famille. Si j’aime compter, c’est aussi parce que je préfère mettre cent pierres dans ma poche que d’avoir un cœur de pierre.

La pierre, stupéfaite, se tait et se laisse ramasser par Camille qui l’emporte dans sa main et la dépose précieusement dans sa poche.

– Viens, Virgule, nous devons rentrer, la nuit tombe, dit-elle.

 

 

 

 

 

¹Le disciple, 1889, IV, Confession d’un jeune homme d’aujourd’hui, paragraphe II, Mon milieu d’idées.

26 juin 2018

Gute Vorträge auf Französisch halten – worauf es ankommt

Weshalb ist es für Deutschsprachige so schwierig, eine Rede auf Französisch zu halten? Meistens deshalb, weil genau die gleichen Fehler passieren wie auf Deutsch: zu wenig vorbereiten, zu viel in eine Rede verpacken, kompliziert und langweilig sprechen, unpassende Kleidung tragen, oberflächlich-locker – aber nicht charmant – sprechen. Worauf sollten Sie als Referent oder Referentin besonders achten? Erobern Sie die Herzen des Publikums, zeigen Sie eine starke Präsenz, die kombiniert ist mit Gesprächsführung, Zentriertheit, Empathie, Originalität und Liebe zum Detail im richtigen Moment:

  • Sprechen Sie unverkrampft, deutlich und langsam Französisch.
  • Lassen Sie Ihre Persönlichkeit durch die Sätze fliessen.
  • Unterscheiden Sie zwischen Information, Kommunikation und Zielvorgaben,
    stellen Sie diese leicht verständlich dar.
  • Atmen Sie tief, entspannt und locker aus.
  • Tragen Sie nur stilvolle Kleider, die zu Ihrer Persönlichkeit passen („Individuell“ heisst nicht „exzentrisch“oder „teuer“).
  • Lassen Sie sich nichts von der Mode diktieren.
  • Achten Sie auf natürliche Gesten.

Ein gutes Referat zu halten bedingt ausserdem:

  • Sich Zeit nehmen für die Vorbereitung.
  • Sich des Abstands und der Nähe zum Publikum, bewusst sein.
  • Eine Strategie erarbeiten

a) aufgrund einer Vision,
b) mit den vielfältigen Informationen, die zur Verfügung stehen, und: mit Erfahrungen ergänzen.

  • Parallele und wertvolle Ziele benennen.
  • Auf Stimme und Intonation achten, Gesichtsmuskulatur trainieren, um besser Französisch zu sprechen und den deutschen Dialekt loszuwerden.

 

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Möchten Sie eine Rede auf Französisch halten? Schreiben Sie ein E-Mail an Antoinette Vonlanthen in Langenthal BE.

 

In Beziehung zu sich und mit der Welt

Wissen, was gute Lehre ist, gehört zu den Zielen einer jeden pädagogischen Institution. Die Humanwissenschaften vermitteln uns neue Erkenntnisse, die uns helfen, den Menschen in seiner Ganzheit besser zu verstehen. Bei genauer Betrachtung zeigt sich, dass sich diese Themen seit Jahrhunderten wiederholen. In einer Fachzeitung für Supervision und Organisationsentwicklung vom Dezember 2015 habe ich folgendes Zitat gelesen: «Der Mensch hat geistige, psychische und materielle Bedürfnisse» (Glasl und Lievegoed 2011). Es gab wohl kaum eine Epoche, in welcher dieser Gedanken die Menschheit nicht beschäftigte und jeder versucht hat, darauf Antworten zu finden aufgrund seiner Herkunft, seines Wissens und seiner Überzeugung.

Die Rechthaberei der guten Lehre

Die Essenz der Vernunft der guten Lehre liegt in obigem Zitat darin, dass jeder von uns gefordert ist, täglich seine geistigen, psychischen und materiellen Bedürfnisse wahrzunehmen, um ein erfülltes Leben führen zu können. Das Zitat suggeriert aber auch die Meinung, die meisten Menschen seien unfähig zu denken, unwissend und naiv. Die Zeiten, in denen Forscher und Wissenschaftler allein das Monopol auf die Wahrheit besassen, sind längst vorbei. Akademiker zu werden, ist heute nicht mehr das Mass aller Dinge. Die gute Lehre ist die, die Kinder beobachten, forschen und experimentieren lässt, damit sie etwas auf ihre eigene Art und Weise umsetzen können. Wenn Erwachsene, Eltern, Lehrer und andere Pädagogen sie im Namen der Besserwisserei, des pädagogischen Diktats eines Denksystems oder mangelnden Selbstwertgefühls in ihrem Entdeckerdrang hindern, damit sie nachahmen, was ihnen vorgezeigt wird, liegt es auf der Hand, dass sie als Erwachsene zutiefst depressiv werden. Erziehung und gute Lehre fordern einen klaren Rahmen, Regeln und verständliche Inhalte. Für mich bedeuten diese beiden Begriffe Förderung, Begleitung, Ermunterung und Unterstützung. Ich bin mit dem Wort «Liebe» zurückhaltend, da es nicht ins Denkschema der guten Lehre passt und jeder von uns etwas anderes darunter versteht. Reine Intellektualität und rationales Handeln führen zu Minderwertigkeitsgefühlen und zu Gewalt, beeinflussen das Zusammenleben im privaten und beruflichen Bereich sowie die politische und wirtschaftliche Auseinandersetzung.

Die freudsche Verdrängung

Die Unterdrückung – oder das Ignorieren – des kindlichen Vorstellungsvermögens (Kreativität) seitens der Erwachsenen hat einen neuen Beruf hervorgebracht: den Coach. Seine Mission ist es, vereinfacht gesagt, Strategien wie im Sport zu entwickeln, um dem Klienten sein Potenzial und seine Einzigartigkeit erkenntlich zu machen. Eigentlich genau das, was dem Kind vorenthalten wurde. Kinder haben sich schon immer gerne bewegt, Sport getrieben, die Welt in ihren eigenen Worten erklärt. Durch allwissende Menschenkenner wurde ihnen jedoch ihre Fähigkeit des Denkens entzogen. Später sprachen Fachpersonen von ethischen Werten in Erziehung, Politik und Wirtschaft, die zwar gut klingen, jedoch kaum in einer zielgerichteten kapitalistischen Gesellschaft durchsetzbar sind.
Kapital und Wachstum sind die bestgeeignetsten Bausteine, um eine Gesellschaft effizient zu entwickeln. Der dramatische Klimawandel hat seinen Ursprung in der Zerstörung des Natürlichen, dem Fundament der menschlichen Seele. Er ist die Quittung für die Besserwisserei.

Die natürliche Intelligenz des Menschen zu unterdrücken, wirkt wie ein Pestizid und kann eine Ursache für Depressionen, Gewichtszunahme, Rauchen und Drogenkonsum sein. Dies erinnert fast ein wenig an das Sterben der Bienen.

Die verlorene Kindheit teuer zurückkaufen

Auf dem Arbeitsmarkt spriessen heutzutage Coachs wie Unkraut auf einem ausgetrockneten Boden. Sie verfolgen meist ähnliche Ziele: die Wiederentdeckung der Menschlichkeit und der Menschenwürde sowie das Umdenken. Doch wie soll dieses Umdenken erfolgen?
Umdenken findet individuell statt und ist kein leichtes Unterfangen. Das Fertigprodukt der Coachings lautet: Lebensglück, Effizienz und Erfolg. Menschlichkeit und Strategien zur Förderung der Humanwissenschaften sind unser Kapital und unsere Innovationsfähigkeit. Sagt «man». Dabei ist „Verstehen“ kein intellektueller Prozess.

Müssen sich die Erwachsenen ihre verlorene Kindheit wieder zurückkaufen? In den Coaching-Angeboten erscheinen immer mehr Inhalte auf Englisch, weil es zum guten Ton gehört. Es gibt immer mehr Schweizer Unternehmen, die nur noch zwei Geschäftssprachen zulassen: Deutsch und Englisch. Französisch wird dabei ignoriert. Es ist eine Besserwisserei, eine Arroganz sondergleichen, wenn der Staat die Kinder zwingt, mehrere nationale Sprachen zu beherrschen, während einige Parteien daran denken, die Grenzen zu schliessen: JA zur Internationalität im Namen des Kapitals, NEIN hingegen zu mehr Globalität und Verbindlichkeit im eigenen Land. Worin unterscheidet sich dies von gravierenden Grenzverletzungen und den Fehlern der Banken? Jeder dritte Erwachsene in der deutschen Schweiz wird einmal in seinem Leben gezwungen, sich mit der französischen Sprache auseinanderzusetzen. Und wir staunen, dass der Rechtsextremismus wächst? Nicht jeder hat die nötigen Mittel, um sich seine verlorene Kindheit zurückzukaufen.

Reputation als kostbares Gut

«Menschlichkeit» wird immer mehr zur käuflichen Ware und verkörpert Qualität in Bezug auf die menschliche Leistungsfähigkeit. Das Wort «authentisch» ist gerade bei Coachs sehr beliebt, nicht wahr? Wer nicht authentisch ist, ist tot, unmenschlich, bewegungslos, man könnte auch sagen «dumm».

Unter Psychotherapeuten, Psychologen, Ärzten, Pädagogen, Supervisoren, Heilern, Wissenschaftlern, Lehrern und Ingenieuren herrscht Uneinigkeit, wie das Ganze einzuordnen ist, wenn Coachs bezüglich der psychischen Symptome beim Menschen mitreden. Und wie ist das Verhältnis der Coachs untereinander? Wie gehen sie mit ihren beruflichen «Konkurrenten» um? Sie ziehen selten am gleichen Strick, obwohl sie so tun, als ob sie zum Wohle der Menschheit alle das Gleiche wollen: andere zum Umdenken bringen, damit alles besser wird. Früher wussten nur Pfarrer, was unter «menschlich» zu verstehen ist. Mediziner und einige Heiler kannten die Definition von «gesund». Heute hat sich die Bedeutung dieser Worte verändert. «Gesund sein» ist gleichbedeutend mit «menschlich sein». Wer seine Grenzen kennt, überfordert sich weniger und ist produktiver. Wer nicht raucht lebt länger. Wem kommt das nicht bekannt vor? Wer lügt kann alt werden und kommt vielleicht nie zur Vernunft, weil er nie etwas von Moral gehört hat. Oder wer kreativ wird, wird aus seinem seelischen Tief herausfinden.

Was wollen also all diese Coachs oder Berater? Ich würde sagen, ein grosses Stück Lebenserfahrung vermitteln, aber eben auch vor allem die Wahrheit als Produkt verkaufen. Denn ein Berater ist auf keinen Fall ein Coach. Und ein Mediziner ist – leider – kein Berater, so gut wie ein Psychiater kein Psychologe ist. Man könnte es auch so zusammenfassen: Ein Apfelbaum ist kein Birnbaum, und Erdbeeren sind keine Brombeeren. Die einen sind im Frühling, die anderen im Spätsommer reif. Dies ist der immer gleichbleibende Rhythmus der Natur. Der Mensch in seinem natürlichen Drang nach Veränderung versucht seit je, Früchte, Gemüse und Pflanzen zu kreuzen. Dies fordert die Auseinandersetzung mit der Molekulargenetik. Dazu muss man Begriffe kennen wie Zelle, Eukaryoten, Prokaryoten, Zellkern, Chromosomen, Mitose, Meiose, DNA, Transkription, Translation und Proteinbiosynthese sowie deren Vorgänge verstehen.

Jetzt kann man sich vorstellen, wie schwierig es für einen Coach ist, sein Fachjargon so zu beherrschen, dass er es überzeugend und leicht verständlich vermitteln kann, damit sich seine Klienten erfolgreich weiterentwickeln und ihr Leben einigermassen harmonisch und mutig gestalten können.
Wer alles so klar, wie oben anhand der Molekulargenetik dargestellt, unterscheiden und trennen kann, dem wird nachgesagt, er sei «sachlich und prägnant». Diese Ausdrücke werden auch oft im Zusammenhang mit der Politik gebraucht. Jede Partei hat die Wahrheit für sich gepachtet: die einen wollen Velos für alle, die anderen befürworten den Individualverkehr, weil sie ein Leben ohne Auto als realitätsfern betrachten. Die Mitteparteien schlagen vor, das Velo auf dem Dach des Autos zu befestigen, weil beides notwendig ist und somit weniger Veloabstellplätze benötigt werden. Niemand weiss, was die Realität ist, zumindest kann sie niemand sachlich erklären. Niemand nimmt die Warnsignale der Erde wahr, die sie beispielswiese wegen des Klimawandels aussendet. Jetzt schliesst sich der Kreis. Wir befinden uns im Bereich der Philosophie, in dem sich zahlreiche Coachs als «Lebenserfinder» betätigen.

In Unternehmen tummeln sich Coachs in allen Abteilungen, mit der Folge, dass mit der Zeit beinahe allen Mitarbeitenden der gesunde Menschenverstand abhandenkommt. Eines ist sicher: Manager werden immer unfähiger, selbst zu denken, zu urteilen und zu entscheiden. Renditen sind möglich dank Leuten, die noch nicht verstanden haben, dass das Denken und die Eigenständigkeit der Verantwortung bei ihnen selbst liegen, was nichts anderes bedeutet, als dass Wissen und Erfahrung gute Lehre sind.

In Beziehung zu sich und mit der Welt

Doch mit welchem Recht gehe ich mit Coach-Kollegen so hart ins Gericht?
Weil Lernen immer mehr mit Erfolg verbunden wird, weit entfernt von Aufmerksamkeit, Konzentration und Beziehungsfähigkeit. Der Zwang nach Erfolg bedeutet, dass wir fertige Rezepte haben wollen. In der Tat heisst es, dass wir träge, autoritätsgläubig und abhängig sind.
Wer emotionale Reife vermitteln kann bringt uns weiter: einander begreifen.

Psychohygiene, eine riesige Kulturarbeit

Emotionen und Gefühle zulassen, uns selbst betrachten und erforschen, bewusst lernen, sprechen und handeln, ist Beziehungs- und Arbeitsfähigkeit zugleich.

 

 

©Antoinette Vonlanthen

L’égalité des salaires rejoint l’égalité de la communication verbale dans les interactions entre hommes et femmes

Question de perception et de dignité, les hommes modernes reconnaissent les discriminations et prennent ouvertement position. Aussi en public

S’exprimer verbalement de manière convaincante dans sa langue maternelle et s’exprimer dans d’autres langues dépend fortement de l’évolution de la société. Depuis la petite enfance, le langage peut être bloqué à la suite de circonstances biographiques complexes et difficiles. La transformation des thèmes au fil du temps et le transfert pratique dans la pratique influence la connaissance et l’expérience individuelle. Le thème de l’argent est tabou, il constitue non seulement le fondement des inégalités, mais engendre des conflits, renforce les prestiges internes qui s’y rattachent dans le milieu économique, politique, entrepreneurial, familial ainsi que le développement individuel de la personne. De nombreuses femmes ont longtemps été dépendantes de l’argent d’un homme. Il y a certes de grands avantages, par exemple pouvoir éduquer – sereinement – un ou des enfants, préparer les repas, faire le ménage, bref, s’occuper de tout. Ce modèle est révolu, non pas parce qu’il n’a plus ses raisons d’être; les hommes modernes évoluent et s’engagent pour de nouvelles valeurs.

S’en remettre à l’autorité de l’autre engendre des résistances et des angoisses archaïques

Pour avoir longtemps travaillé dans les entreprises, j’ai vu de nombreuses femmes donner trop de pouvoir aux employeurs. De nombreux hommes, jusqu’à un âge avancé, donnent encore la préférence aux jeunes femmes. En psychanalyse, ce comportement serait dirigé par la détermination à vivre avec une femme capable d’enfanter. Les femmes plus âgées sont, à leurs yeux, peu rentables au sens large du terme. Ce conditionnement fait que même les jeunes filles s’expriment avec crainte, ou au contraire avec une verve démesurée, par compensation, sur leurs savoirs et leur savoir-faire. Devant cet effacement, je refuse cependant le terme savoir se vendre“ car il implique une forme de manipulation psychique. Dans leur entourage, les femmes engagées sont souvent peu soutenues dans leur vision du monde professionnel. Au centre de la critique, elles se sentent isolées dans l’image qu’elles transmettent. Les critiques fusent comme des sanctions: « Tu es carriériste », « Tu négliges ta famille », « Tu fais peur aux hommes », « C’est la raison pour laquelle tu ne trouves pas de mari (d’enfant).

L’image d’une société dans laquelle une femme ne met plus la famille au centre de ses préoccupations réveille une peur archaïque existentielle. L’homme était seul responsable pour la survie économique de sa famille et la femme seule responsable de l’éducation de ses enfants et la survie de ses proches. Si cette représentation semble vieillotte, l’inconscient poursuit son travail cérébral basé sur ce qui est connu depuis des siècles. Raison pour laquelle les femmes n’obtiennent pas gain de cause. Non seulement le regard valorisant de la famille est en mutation, mais tous les mécanismes qui s’ensuivent dans la société. Ainsi, le choix des formes d’individuation poussent à bout chacun et chacune d’entre nous. Renforcer son autonomie renforce l’individualité. Celle-ci a pour mission de devenir collective.

L’égalité des salaires est liée à une dimension immense dans de nombreux domaines

L’analyse approfondie de l’évolution de la défense de notre pays en situation de grands conflits s’impose. Les hommes, et quelques femmes, s’investissent dans le militaire et la cyberdéfense. Il est urgent de trouver des compromis de types créatifs et transparents dans ces secteurs, mais également dans la poussée capitaliste des entreprises et leurs ramifications dans la formation professionnelle. Cet aspect est totalement mis à l’écart bien que l’égalité des salaires et la transformation de la communication verbale s’y rapportant soient liées à une réforme des mœurs, à de nouveaux projets performants, de nouvelles fonctions et de nouveaux rôles. Les femmes prenant la relève dans des infrastructures variées dans différents domaines, elles endossent des activités gratuites ou mal rémunérées alors que le salaire égalitaire renforce leur désir de donner. Il faudrait se demander également comment va évoluer l’assistance des femmes auprès d’un proche. Bataille immense et sans issue ? Non, de nombreux hommes s’engagent dans le bénévolat, ne l’oublions pas. Mais, la source des problèmes provient encore des jugements de valeur qui n’ont plus leur raison d’être avec la réalité d’aujourd’hui. Créer de nouveaux concepts et de nouveaux modèles de financement, ou de reconnaissance, semblent la meilleure option/solution pour régler les inégalités de salaire.

La dépendance face aux nouvelles technologiques prend trop de place dans la gestion d’entreprise. Elle étouffe l’égalité des salaires

La volonté politique est mise à rude épreuve. Les débats s’enlisent. Continuer à exiger l’égalité des salaires dans les entreprises, c’est porter un regard romantique sur la transformation « entrepreneuriale ». Leur mission, difficile à assumer lorsqu’il s’agit de créer des prestations, fournir des produits et en même temps répondre de manière satisfaisante aux inégalités des salaires, de financer la formation des employés et les congés de paternité tout en soutenant le travail à temps partiel se fera de plus en plus en coopération avec différents partenaires.

Dans les entreprises, ce questionnement et son application opérative ne représentent pas uniquement un thème économique. Bien que la création d’un nouveau modèle sur l’égalité salariale risque, dans un premier temps, de réduire de manière drastique le chiffre d’affaires, à long terme, la dépendance des entreprises face aux nouvelles technologiques est plus onéreuse que l’égalité salariale dont on connaît le fondement moral et économique. Les bénéfices servent à mieux équilibrer les discriminations, et non seulement à investir dans de nouveaux produits. Certaines entreprises l’ont compris depuis longtemps.

Parallèlement, l’employé et l’employée sera encouragée individuellement à s’engager de manière consciente dans son développement professionnel et personnel, même de manière autodidactique.

Le secteur militaire est appelé à se réformer socialement: Messieurs, lâchez prise!

Il y a un débat qui me manque, c’est celui de la défense de notre pays en situation de grands conflits: si les hommes s’investissent dans le service militaire, y compris la cyberdéfense, il est capital que les femmes puissent prendre la relève dans de nombreux domaines professionnels et personnels en cas de catastrophe. Le salaire égalitaire renforce la motivation non seulement des femmes mais aussi des hommes, qui au fond, sont très conscients de la problématique. Si le domaine de la guerre est réservé à une majorité d’hommes, il n’en reste pas moins que ce secteur doit réviser sa manière d’être sur le plan social. Un langage fleuri n’a jamais tué personne, il représente une arme par excellence.

La confiance renforce une communication verbale égalitaire

Les femmes sont appelées à s’exprimer de manière solidaire entre elles car la concurrence „féminine“ fait rage et leurs peurs bien réelles ! Elles ont beaucoup de peine à accepter le succès des autres femmes. Améliorer sa manière de s’exprimer verbalement, c’est ouvrir la porte à une nouvelle vision identitaire, à l’égalité entre hommes et femmes, c’est refuser le gaspillage mental face aux autres langues. Cette vision permet d’aller dans le bon sens, de se rapprocher de maints domaines inexplorés avec un nouveau dynamisme.

Dans une nouvelle compréhension du monde économique, la didactique des langues et le leadership interculturel y trouvent leur place

L’information sur les discriminalités fait partie d’un marché juste et sain. L’égalité salariale touche également les approches éducatives ainsi que la formation continue au sein des entreprises, mais peu de dirigigeants s’intéressent au leadership interculturel. Dans ce contexte, la formation n’appartient pas seulement, tout comme la recherche, au monde scientifique et universitaire. Le langage et l’interdisciplinarité représentent une science perpétuellement en mouvement. Il s’agit de mettre en lien

  • différents systèmes de pensées,
  • les thèmes qui en découlent et de
  • vouloir comprendre les différences,
  • les transformer dans un objectif de nouveauté,
  • de les discuter avec des acteurs différents provenant de tous les milieux professionnels et
  • créer de nouvelles coopérations tout en respectant l‚éthique déontologique de chacune d’entre elles.
     

Tout est à refaire, le résultat est là !

APPRENDRE UNE LANGUE AVEC ENTHOUSIASME ET CONVICTION

Dans la didactique des langues, la formation continue et la communication interpersonnelle, le processus créateur implique les capacités et les savoir-faire suivants:

Visualiser les objectifs

  • Écouter sa voix intérieure
  • Supporter le doute
  • Accepter la difficulté
  • Croire en l’impossible
  • Vaincre la peur de faire des fautes
  • Être prêt à prendre du recul

«Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin». Youcenar
«Wo Aufmerksamkeit ist, da geschieht Lernen».  Tim Gallwey

Prendre du recul

  • Chercher la solitude
  • Supporter la tranquillité
  • Se centrer
  • Se valoriser
  • Ne pas vouloir plaire à tout le monde
  • Être prêt à la réflexion du « devenir »

«La vie doit être une éducation incessante; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu’à mourir». Gustave Flaubert – Correspondance
«Und jedem Anfang wohnt ein Zauber inne …» Hermann Hesse

Réfléchir au «devenir»

  • Observer et comprendre les faits pratiques
  • Évaluer ses compétences
  • Sélectionner ses modèles de références
  • Définir les ressources à disposition
  • Refuser la passivité et l’oisiveté
  • Être prêt à sortir de son cadre de référence

«Deviens celui que tu es. Fais ce que toi seul peux faire». Nietzsche
«Lebe so, dass du sagen kannst: Die Vergangenheit ist Geschichte, die Zukunft ist ein Geheimnis, doch dieser Augenblick ist ein Geschenk». alte indische Weisheit

Sortir de son cadre de référence

  • Agir de manière autonome
  • Agir courageusement
  • Refuser les alibis
  • Ne pas se perdre dans les comparaisons
  • Accepter d’être différent
  • Sortir du rôle de victime
  • Être prêt à fixer des objectifs ambitieux et les appliquer

«Il n’est pas indispensable de garder toujours le même point de vue; personne ne peut nous empêcher de devenir plus intelligent». Konrad Adenauer
«Um an den Ort zu gelangen wohin du möchtest, mußt du den Ort verlassen wo du gerade bist». Antoinette Vonlanthen

Fixer des objectifs ambitieux

  • Faire face aux résistances
  • Faire face aux déceptions
  • Créer de nouveaux rapports humains
  • Affronter la peur
  • Se protéger contre les distractions et les tentations
  • Planifier et organiser
  • Être prêt à découvrir la nouveauté

«Mieux vaut tomber de très haut que de voler comme un moineau». Dimitri T. Analis
«Das Beste was du für dich selbst und für die ganze Welt tun kannst, ist, das Beste aus dir selbst zu machen». Rudolf Steiner

Découvrir la nouveauté

  • Se libérer du connu
  • Se confronter aux approches créatives
  • Croire en son imagination
  • Se faire confiance
  • Accepter ses erreurs
  • Être prêt à expérimenter

«La vie doit être une éducation incessante; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu’à mourir». Gustave Flaubert – Correspondance
«Die Gedanken, die wir uns auswählen, sind die Werkzeuge, mit denen wir die Lein Die Gedanken, die wir uns auswählen, sind die Werkzeuge, mit denen wir die Leinwand unseres Lebens anmalen». Louise L. Hay

Expérimenter son potentiel

  • Renoncer à la médiocrité
  • Faire fructifier son savoir
  • Accepter sa peur
  • Recommencer
  • Se dépasser
  • Développer sa volonté
  • Être prêt à persévérer

«Exposez-vous à vos peurs les plus profondes ; après cela, la peur ne pourra plus vous atteindre». Jim Morrison
«Das Außerordentliche geschieht nicht auf glattem gewöhnlichem Wege».  Goethe

Persévérer

  • Se fixer une ou plusieurs lignes directrices
  • Revoir ce qui donne du sens
  • Intégrer les connaissances acquises dans sa propre expérience
  • Refuser et éviter l’arrogance, l’ignorance, la malhonnêteté, la méchanceté, la médiocrité, l’hypocrisie, la manipulation visant la déstabilisation
  • Savoir se reposer et bien se nourrir
  • Être prêt à se positionner

 «Les deux secrets d’un succès: la qualité et la création». Bocuse
«Die Welt wird nicht bedroht von den Menschen, die böse sind sondern von denen, die das Böse zulassen». Einstein

Se positionner face à des conditions d’incertitude

  • Affronter ouvertement le ou les conflits
  • Analyser et essayer de comprendre 
  • Transformer les difficultés constructivement
  • Réfléchir aux retombées
  • Mesurer les risques
  • Prendre des décisions
  • Compter sur ses amis et discuter avec eux
  • Être prêt à mettre en valeur ses talents

«L’harmonie naît du choix des risques. La liberté ce n’est pas faire n’importe quoi mais choisir ses contraintes». Joël de Rosnay
 «Wenn man zwei oder drei Menschen hat, aber was sage ich denn, wenn man nur einen einzigen Menschen hat, dem gegenüber man schwach, armselig und zerknirscht sein darf und der einem dafür nicht wehe tut, dann ist man reich».  Milena Jesenskà

Mettre en valeur ses talents

  • Exercer sa passion pour le plaisir et non pour l’argent
  • Entretenir sa curiosité
  • Être capable de se détacher de toute chose
  • Oser entrer en contact avec des personnalités connues
  • Défendre ses convictions
  • S’exposer
  • Publier
  • Être prêt à miser sur le succès tout en pouvant accepter l’échec

«L’imagination est plus importante que la connaissance car la connaissance est limitée».
«Phantasie ist wichtiger als Wissen, denn Wissen ist begrenzt». Einstein

Miser sur le bien-être

  • Accepter la reconnaissance du public
  • Ne pas succomber devant l’admiration des autres
  • Savoir apprécier d’être «unique»
  • Rester modeste
  • Être conscient que rien n’est acquis définitivement
  • Remercier à tous les compliments reçus
  • Saisir la chance du succès pour créer de nouvelles relations, de nouveaux objectifs

«Mon point fort, si j’en ai un, c’est la performance. J’en fais toujours plus que ce que je dis.  Je produis toujours plus que ce que je promets». Richard Nixon
«Eine Erfolgsformel kann ich dir nicht geben; aber ich kann dir sagen, was zum Misserfolg führt: der Versuch jedem gerecht zu werden». Herbert Bayard Swope

 

© Texte: Antoinette Vonlanthen, 2018

Viele Deutschschweizer lernen und sprechen ungern französisch. Woher rührt dieses Unwohlsein?

Hochdeutsch ist bloss ein Werkzeug

Es gibt viele Gründe wieso Französisch unbeliebt ist. Ursprünglich ist ja das neu geborene Kind mit der Mutter eng verbunden, von ihrer Anwesenheit abhängig. Das Kind erkennt unter anderem seine Mutter an den Klang ihrer Stimme. Eine liebliche Umgebung, in der angenehm gesprochen oder sogar gesungen wird, gibt dem Kind Geborgenheit. Das Eintreten in der Schule ändert das Sprachverhalten, es gelten andere Kommunikationskodexe. Jeden kleinsten Schritt der Ablösung des Kindes zu seiner Familie bedeutet auch sich eine neue Sprache aneignen. In der Schweiz lernen die meisten Kinder zwei Sprachen. Die Muttersprache als Dialekt, dann Hochdeutsch in der Schule. Diese Zweitsprache scheint mir wie ein Konstrukt mit dem sich das Kind nicht identifizieren kann. Hochdeutsch ist bloss ein Werkzeug. Immerhin muss die Sprache gelernt werden und nicht richtig erlebt werden. Psychologisch gesehen ist das Erlernen der Hochdeutsche Sprache ein emotionaler Schnitt der nicht mehr rückgängig gemacht werden kann. Das gelernte wird selten im Alltag integriert. Dann kommt in der Schule den Moment wo Französisch gelernt wird. Eine zusätzliche mentale und emotionale Belastung. Beim auswendig lernen geht einen die Lust definitiv weg. Was sollen derart Konstrukte wenn sie emotional nicht im Alltag eingebunden sind? Das Kind reagiert natürlich wenn es mit der französischen Sprache Mühe empfindet, sich nicht zu Recht findet.

Wie wird in der Familie gesprochen?

Viele Elemente kommen hinzu: die Art der menschliche Beziehungen in der eigene Familie, im Freundeskreis, in der Schule. Gibt es Zwänge, Autoritätsprobleme, Gewalt? Wie gehen Frauen und Männer miteinander um und wie sprechen sie miteinander?

Wird das Kind in seiner Spontaneität gefördert? Manchmal hängt es mit einem Unwohlsein in der eigenen Muttersprache zusammen. All diese Faktoren beeinflussen das Sprachverhalten. Der Gebrauch jeder Sprache wirft einen auf existenzielle Fragen zurück: Werde ich verstanden mit meiner Sprache und meiner Art? Kommt das, was ich sage, an? Die Sprache ist immer sehr eng an die Person geknüpft, entsprechend ist der Sprachgebrauch eng verbunden mit existenziellen Ängsten, vor allem mit der Angst, abgelehnt zu werden. Wer sich in seiner Haut nicht wohl fühlt, wird sich kaum in (s)einer Sprache wohl fühlen.

Spielt der Aspekt, in welchem Kontext eine Sprache erlernt wurde, eine wichtige Rolle?

Und wie! Das ist ein weiterer Grund, weshalb viele Deutschschweizer sich schwer tun mit Französisch. Für viele ist diese Sprache mit negativen Schulerlebnissen verknüpft. Wenn jemand das Französische nicht mit Landschaften, mit Gesehenem und Gehörtem, verbinden kann, bleibt es tote Materie. Dem zufolge wirkt Französisch wie eine befohlene Sprache. Für etwas Natürliches wie der sprachliche Ausdruck ist dies eben eine hohe Hypothek. „Man hat nie den gleichen Zugang zu einer Fremdsprache wie zu seiner Muttersprache.“

Selbstbewusste Lehrkräfte sind gefragt

Umso wichtiger ist es, dass Lehrkräfte sich ihrer Sprachbiographie bewusst werden. Können sie ihren Erfahrungsschatz in den Unterricht einbringen und dem Kind früh die Möglichkeit geben, sich mit dem neu erworbenen Wortschatz auseinanderzusetzen, miteinander auszutauschen, Beziehungen zu knüpfen, um dann persönliche oder berufliche Projekte umsetzen zu können, die ihnen wichtig sind, dann ist es eher möglich das die französische Sprache als ein lohnendes Miteinander bewirkt.

Wenn Kaderleute Französisch lernen wollen

kommen sie mit klaren Vorstellungen. Sie wollen nicht „zu Hause sein“ in der Sprache und nicht lernen Beziehungen knüpfen, sondern gute Vorträge halten und souverän Sitzungen leiten können.

Im Vordergrund steht die Frage „Was habe ich zu sagen?“.  Während man in der Muttersprache mit vielen Worten von ihr ablenken kann, ist es in einer Fremdsprache unentbehrlich, dass man das Ziel und die Kernaussage klar vor Augen hat. Oft werden sich die Lernenden durch die Auseinandersetzung mit der Fremdsprache bewusster, was sie eigentlich sagen wollen. Darüber hinaus verhilft einem das Erlernen einer Fremdsprache zu einem tieferen Verständnis der Muttersprache und des eigenen Sprachgebrauchs.

Persönliche Entwicklung

Nur wer die Sprache nicht auf Wortschatz und Grammatik allein reduziert, sondern sie darüber hinaus als Ausdruck der Kultur, der Traditionen und Gewohnheiten einer Bevölkerung versteht, wird befähigt in einen echten Austausch mit den Menschen zu treten. Deshalb ist es wichtig, aus welchem Bewusstsein heraus ein Gespräch geführt wird. Dessen Charakter wird nicht allein dadurch bestimmt, am richtigen Ort das Richtige zu sagen.

Der Inhalt eines Meinungsaustausches – was ein Gespräch idealerweise sein sollte – wird in der persönlichen Begegnung und Auseinandersetzung mit seinem Gegenüber aus der Situation heraus bestimmt. Wir alle wissen, dass eine Gesprächssituation davon abhängt, wie etwas gesagt wird. Um den geeigneten Ausdruck der Sprache zu treffen, genügt es deshalb nicht, fremde Vokabeln auswendig zu lernen. Vielmehr sollte man bemüht sein, sich in die neue Sprache hineinzudenken und zu fühlen. Voraussetzung dafür ist die Bereitschaft, die alte und bequeme Art des Sprechens in der Muttersprache  aufzugeben. Dies ist nicht einfach und verlangt viel Zeit und Geduld. Wer sich eine neue Sprache erfolgreich aneignen will, wird sein Verhalten zwangsläufig ändern müssen, legt gleichzeitig aber den Grundstein dafür, sich selber weiter zu entwickeln.

Ganzheitliche Kommunikationsmethode: Französisch lernen, wie wenn Sie zweisprachig aufwachsen würden.

Die Französischkurse werden Im Institut de Langue Française et d’Expression in der Zielsprache (Französisch Immersion) durchgeführt. Bei Bedarf können Wörter oder kurze Erklärungen auf Deutsch (Code-Switching) genutzt werden. Der Sprachwechsel findet in einem begrenzten Rahmen statt und unterstützt die Argumentation beim Transfer der Aussage auf Französisch.
Dieses Training fördert damit die Genauigkeit der Aussage in beiden Sprachen sowie Ihr Gedächtnis und Ihre Konzentrationsfähigkeit.

Sprache und menschliche Beziehung in einem

Die Sprachcoachings können zu hochprofessionellen Projekten sowie auch zu neuen Lernkonzepten führen, wie z. B. das Fach Französisch in Privatkursen vertiefen. Die Coachings eignen sich besonders für den medizinischen Bereich, für die Kommunikation zwischen Arzt und Patient, Mitarbeitergespräche, Gespräche zwischen Lehrer und Schüler sowie internationale, politische oder wirtschaftliche Gespräche.

Aussergewöhnlich, natürlich und professionell
Die Balance zwischen Zweisprachigkeit, intensiver inhaltlicher Arbeit und selbst organisiertem Lernen, personen- und kommunikationsorientierter Sprachbildung, macht das Institut de Langue Française et d‘Expression seit über 25 Jahren zu der bedeutendsten und modernsten Privatschule in der Schweiz.

 

 

 

HOMMAGE À GRETY SCHALTEGGER-FLÜCKIGER

Mam’ nous a quittés pour toujours le 18 janvier 2018. Elle aurait célébré son centenaire le 10 mai 2018. Elle était une personnalité forte, aimait les valeurs traditionnelles et aussi l’autonomie. Dans notre famille, elle était une manager, prenant de nombreuses décisions seule. Longtemps, elle a accompagné et soigné sa mère (ma grand-mère), ainsi que sa belle-mère (ma grand-mère paternelle) et sa propre sœur qui souffrait de problèmes de santé.

Jusqu’en 1944, maman était gérante dans l’une des premières COOP à Huttwil dans le canton de Berne. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un soldat, son futur mari, achetait des chaussettes tricotées à la main et venait souvent au magasin. Ce fut le coup de foudre. Il l’emmena en Suisse romande où ils se marièrent. Mes grands-parents maternels regardaient le départ de leur fille dans une culture étrangère avec beaucoup de scepticisme. Plus tard, à Moudon dans le canton de Vaud où mes parents s’installèrent, ils leur rendirent visite avec beaucoup de fierté.

Déjà, en tant que jeune fille, je suivais de très près les inquiétudes et les joies de maman. Dans les années 60, elle devait améliorer son français pour pouvoir travailler à temps partiel. Elle était financièrement coresponsable de la construction de notre maison nouvellement construite. Elle faisait le ménage et travaillait comme vendeuse dans le plus grand magasin de la ville „Les Galeries“.

Maman était souvent malade, accablée par son double rôle de soutien à la famille : épouse, femme au foyer, mère de trois filles et travaillant dans une région inconnue de la Suisse romande. Elle aimait cuisiner et suivait les valeurs de ses parents: cultiver les légumes de son propre jardin, les laisser pousser et récolter des légumes croquants en quelques mois.

En tant que fille, j’étais empêtrée dans tous ses rôles féminins et comprenais très bien ses besoins. La vie quotidienne ne fonctionnait que lorsque tous les membres de la famille mettaient la main à la pâte. Même lorsque nous les filles étions devenues adultes, maman est restée le centre de la famille. Nous échangions des recettes de cuisine, elle rayonnait en cuisinant et vivait sa passion jusqu’à l’épuisement. Elle possédait d’innombrables capacités et compétences: elle aimait jouer du piano, tricoter, lire, parler aux gens et était capable de classer et d’analyser rapidement les événements. Elle était aussi une bonne infirmière, elle gérait l’argent avec parcimonie, ce qui n’était souvent possible que grâce à sa sévérité et à son humilité. Avec des mots croisés, elle entretenait sa mémoire et, jalousement, je la regardais trouver les solutions.

Maman a été fortement influencée par le conditionnement de la femme, mais à l’époque personne n’en parlait. Dans les années 1950, après la Seconde Guerre mondiale, les progrès technologiques ont rapidement progressé, de même que la croissance économique engendrait la richesse matérielle. Mais, les femmes devaient se battre si elles voulaient poursuivre leurs études, travailler ou sortir des systèmes familiaux traditionnels. Pour pouvoir travailler, elles devaient avoir le consentement du mari. Les jeunes femmes étaient emprisonnées pour une histoire d’amour, et l’homme en tant que chef de famille pouvait gaspiller l’argent, sortir, avoir une affaire avec une femme sans qu’il soit remis en question. Au second plan, ou en silence, beaucoup de femmes devaient prendre des décisions existentielles. Au premier plan, elles n’avaient pas le droit de voter. Aujourd’hui, je me demande si maman était consciente de la vie difficile qu’elle menait dans une communauté francophone et, dans l’affirmative, avec qui pouvait-elle en parler?

Maman se débrouillait avec les moyens du bord comme par exemple construire un réseau germano-suisse et d’aider les autres. À travers l’amour pour son mari, elle a découvert une culture mixte composée de personnes ouvertes et réceptives à la différence de l’autre. Quand je lui ai demandé un jour si son choix linguistique était bon pour elle, elle a répondu « Oui, jamais, je ne serais retournée en Suisse alémanique. » Elle avait le sens des priorités, parfois elle disait nostalgiquement qu’elle aurait aimé étudier.

Dans les années 1980, Mam’ et Pap’ ont trouvé un emploi idéal au Camping Avenches VD, où ils ont travaillé jusqu’à leur retraite en tant que gérants de camping. Ils avaient acheté une caravane pour la saison estivale. Ainsi, le rôti du dimanche était garanti pour tout le monde. En même temps, la maison familiale devait être entretenue et maman, surorganisée, réussissait à faire en sorte que la bonne chose arrive au bon moment. Quoi qu’elle ait fait avec papa, cela demandait de l’initiative et de la force. C’était sa façon de vivre une vie intéressante et ambitieuse. Le travail a uni mes parents et les a accompagnés dans la vieillesse.

Maman reste au centre de ma vie, non seulement parce que je suis sa fille et parce qu’une relation fille-mère est automatiquement donnée. Non, je comprenais les transitions, même les transgressions, les faiblesses et les blessures de cette femme forte. Elles appartenaient à une époque où la plupart des femmes poursuivaient, aujourd’hui encore, un but commun:

Être comprise, respectée et reconnue.

 

©Rédaction et traduction, Antoinette Vonlanthen-Schaltegger  (Institut de Langue Française et d’Expression ILFE)

Langenthal, le 24 janvier 2018

 

WÜRDIGUNG FÜR MEINE MUTTER,  GRETY SCHALTEGGER-FLÜCKIGER

Mam ist am 18. Januar 2018 für immer gegangen. Sie hätte am 10. Mai dieses Jahres ihren 100. Geburtstag feiern können. Sie war eine starke Persönlichkeit, liebte traditionelle Werte, aber auch ihre Autonomie. In unserer Familie war sie eine geborene Führungskraft, die viele Entscheidungen alleine getroffen hat. Sie begleitete und pflegte nicht nur jahrelang ihre Mutter (meine Grossmutter), sondern auch ihre Schwiegermutter (meine Grossmutter väterlicherseits) sowie ihre eigene Schwester, die in ihrer Gesundheit beeinträchtigt war.

Bis 1944 war meine Mutter Geschäftsführerin einer der ersten COOP Filialen in Huttwil im Kanton Bern. Am Ende des Zweiten Weltkriegs kaufte ein Soldat, ihr zukünftiger Ehemann, dort gestrickte Socken und kam danach öfters in den Laden. Das war der Beginn ihrer Liebe. Sie folgte ihm in die Westschweiz, wo sie heirateten. Meine Grosseltern mütterlicherseits sahen der Abreise ihrer Tochter in eine fremde Kultur mit grosser Skepsis entgegen. Später waren sie stolz auf sie und besuchten ihre Tochter und ihren Schwiegersohn oft in Moudon im Kanton Waadt, wo meine Eltern eine Familie gründeten.

Als junges Mädchen habe ich viel von den Sorgen und Freuden meiner Mutter mitbekommen. In den 1960er Jahren musste sie ihr Französisch verbessern, damit sie einer Teilzeitarbeit nachgehen konnte, denn sie trug die finanzielle Mitverantwortung für den Bau unseres neuen Hauses. Sie erledigte die Hausarbeit und arbeitete als Verkäuferin im grössten Geschäft der Stadt „Les Galeries“ in Moudon, wo wir wohnten.

Sie war oft krank, überfordert von ihrer Doppelrolle als Ehefrau, Miternährerin, Hausfrau, Mutter dreier Töchter sowie als Berufstätige in einer unbekannten Region in der Romandie. Meine Mutter kochte gerne und übernahm die Werte ihrer Eltern: das Gemüse im eigenen Garten anbauen, gedeihen lassen und in wenigen Monaten knackiges Gemüse ernten.

Als Mädchen waren mir all ihre Frauenrollen vertraut, und ich verstand daher ihre Nöte sehr gut. Der Alltag funktionierte nur, wenn alle Familienmitglieder mithalfen. Als wir drei Mädchen erwachsen wurden, blieb unsere Mutter das Zentrum der Familie. Wir tauschten Rezepte aus. Mam blühte beim Kochen auf und lebte ihre Leidenschaft mit Herzblut, bis zur Erschöpfung. Sie besass unzählige Fähigkeiten und Kompetenzen: Sie spielte gerne Klavier, strickte, las, redete mit Menschen und konnte Taten sowohl schnell einordnen als auch analysieren. Sie war auch eine gute Krankenpflegerin, konnte mit Geld sparsam umgehen, was oft nur dank ihrer Strenge und Demut zu sich selbst möglich war. Mit Kreuzworträtseln trainierte sie ihr Gedächtnis und voller Neid schaute ich zu, wie sie die Lösungen fand.

Meine Mutter war stark von traditionellen Frauenwerten geprägt. Nur damals sprach man nicht davon. In den 50er Jahren, nach dem Zweiten Weltkrieg, schritten sowohl der technische Fortschritt als auch das Wirtschaftswachstum rasant voran, was materiellen Wohlstand brachte. Frauen mussten aber hart kämpfen, wenn sie sich weiterbilden, beruflich engagieren oder sich den traditionellen Familienvorstellungen entziehen wollten. Damals durften sie ohne die Erlaubnis ihres Ehemannes nicht arbeiten und junge Frauen wurden wegen einer Liebelei ins Gefängnis gesteckt. Der Mann konnte als Familienoberhaupt das Geld verprassen, in den Ausgang gehen, Frauenaffären haben und die Schuld der Frau zuweisen, was teilweise auch heute noch gang und gäbe ist. Im Hintergrund mussten die Frauen existenzielle Entscheide treffen, im öffentlichen Leben hatten sie nicht einmal das Abstimmungsrecht. Heute frage ich mich, ob meiner Mutter ihr schwieriges Leben in einer frankophonen Gemeinde bewusst war, und wenn ja, mit wem hat sie darüber reden können. Mutters Lösung war damals, ein Deutschschweizer Netzwerk aufzubauen, um anderen zu helfen.

Durch die Liebe zu meinem Vater entdeckte meine Mutter das Zusammengehen verschiedener Kulturen, geprägt von Menschen, die offen und empfänglich für das Anderssein waren. Als ich sie eines Tages fragte, ob ihre neue Wahlheimat für sie richtig sei, antwortete sie mit Ja. „Niemals würde ich in die Deutschschweiz zurückgehen“, sagte sie. Sie hatte das Gespür für Prioritäten und manchmal sagte sie nostalgisch, sie hätte gerne studiert.

In den 80er Jahren fanden Mam und Pap eine ideale Arbeitsstelle auf dem Campingplatz Avenches im Kanton Waadt, wo sie bis zu ihrer Pensionierung als Campingplatz-Pächter arbeiteten. Sie hatten sich einen Wohnwagen für die Sommersaison gekauft. So war der Sonntagsbraten für alle garantiert. Gleichzeitig musste das Haus der Familie unterhalten werden, und Mutter, stets überorganisiert, schaffte es, für das Richtige im richtigen Moment zu sorgen. Was immer sie zusammen mit Vater unternahm, es brauchte Initiative und Kraft. Es war ihre Art, ein interessantes und ambitioniertes Leben zu führen.

Die Arbeit hat meine Eltern verbunden und begleitete sie bis ins hohe Alter.

Meine Mutter bleibt zentral in meinem Leben, nicht nur, weil ich ihre Tochter bin, und weil eine Tochter-Mutter-Beziehung automatisch gegeben ist. Ich konnte Übergänge, selbst Grenzüberschreitungen, Schwächen und Verletzungen dieser starken Frau nachvollziehen. Sie gehörten zu einer Epoche, in der die meisten Frauen, wie heute noch,  ein gemeinsames Ziel verfolgten:

Verständnis, Achtung und Anerkennung finden.

 

 

©Redaktion und Übersetzung: Antoinette Vonlanthen-Schaltegger (Institut de Langue Française et d’Expression ILFE)
Langenthal, 24. Januar 2018

 

 

Entre gens cultivés

Les bonnes manières, je les ai apprises par cœur. Elles m’ont accompagnée dans mon enfance, ma jeunesse, ma vie d’adulte: à table, manger sans laisser tomber la tête dans l’assiette, ne pas couper la salade avec le couteau, ne pas poser les coudes sur la table, ne pas terminer l’assiette en passant le pain comme une éponge dans la sauce, même si c’est excellent. J’ai aussi appris qu’il fallait nettoyer la bouche avec la serviette avant de porter le verre à la bouche. Qu’ai-je appris encore? Que lorsque je faisais une erreur, je devais me faire excuser, qu’il ne fallait pas interrompre un dialogue, être serviable, que savoir écouter était une qualité, voire une compétence, que de se laver les dents après les repas, porter des habits propres, apporter une fleur ou un autre présent à une personne malade, dire merci, étaient des signes du respect de soi favorisant le respect des autres.

À l’adolescence, en observant les adultes, j’ai vite déchanté. Les bonnes leçons, je les avais appliquées à la lettre sans que la plupart de mes « maîtres » mettent en place leur théorie. Je ne me considérais pas pour autant soumise ou dépendante des autres. Plus tard, dans le monde des « grands », universitaires ou managers, simples employés ou sans emploi, j’ai côtoyé, mais pas seulement, un univers composé d’adultes arbitraires et sans éducation. Curieusement, ils étaient socialement intégrés, jouaient un rôle maîtrisé dans un système flou. Croyant être capable de comprendre l’essentiel et de résister aux scènes les plus brutales et les plus burlesques, j’ai passé plus d’un tiers de ma vie à tenter l’impossible: comprendre l’ignorance, la mienne et celle des autres, comprendre les vérités, apprendre à me connaître en vue de réaliser mon potentiel créatif.

Les personnes fines et généreuses, au-delà des divergences culturelles et de leurs traditions, m’ont enseigné les rouages de la vie quotidienne, transmis leurs savoirs, partagé leur savoir-faire et savoir être sans arrière-pensée, sans idéologie. Encore aujourd’hui, elles parlent de leurs échecs et de ce qui les fait grandir. La confiance et la conviction étant la base de la relation, ces valeurs sont devenues une évidence sans qu’il faille s’efforcer à être positif ou efficace.

Qu’ils soient collègues de travail, membres de la famille ou amis, les gens bienveillants s’apppuient sur leur expérience personnelle. Ils vous téléphonent la nuit pour vous partager une idée ou un concept, vous offrent une promenade en vélo, voiture ou autocar et connaissent la colline de vos rêves, évitent de consulter la montre ou le portable en votre compagnie, répondent à vos questions de manière individuelle, entrent dignement en contact avec vous, maîtrisent la distance et la proximité, sans craindre l’après d’une interaction chaleureuse, ne se grattant pas le cuir chevelu ou passant des nuits blanches à réfléchir à la distinction entre rencontre personnelle ou professionnelle. Jamais, une personne cultivée vous rappellera qu’elle a déjà été là pour vous et que son temps est limité. Dans ce contexte, la transgression n’existe pas. Elle est un mouvement perpétuel de construction et de développement dans lequel le langage représente un tissu relationnel.

Lorsque dans un cercle ou un établissement, au milieu de beaux parleurs, quels que soient leur statut et leur provenance, lorsque ni le dialogue, ni l’âme et la parole ne trouvent leur place, où le silence – ou le bruit – devient à lui seul ordinaire, je me sens soulagée en disant à haute voix :

« C’est le bordel ». Une manière personnelle de redonner un peu de lumière, de me laisser guider par elle. Une familiarité facile pour ne pas me laisser tenter par la face obscure de la force qui gouverne notre monde. Car, entre gens cultivés, nous comprenons le langage des êtres vivants: il ouvre des portes sur de nouveaux horizons.

Ce privilège, je dirais même cet art de vivre, je le souhaite à chacun et à chacune d’entre vous pour l’Année 2018 !